Irréversible (film)

film de Gaspar Noé
Irréversible
Réalisation Gaspar Noé
Scénario Gaspar Noé
Musique Thomas Bangalter
Acteurs principaux
Sociétés de production Studio Canal
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller
Drame
Durée 97 minutes
Sortie 2002


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Irréversible (également typographié IЯЯƎVƎЯSIBLƎ) est un film français écrit et réalisé par Gaspar Noé, sorti en 2002.

Il met en vedette Monica Bellucci, Vincent Cassel et Albert Dupontel. Formellement, la particularité de ce film est d'être composé de scènes longues (dont plusieurs plans-séquences) montées en ordre antéchronologique (le film commence par la fin de l'histoire et se termine par le début). Commençant par la fin de la journée, le film rembobine la journée jusqu'au début de cette dernière. Ce long-métrage est par ailleurs connu pour deux très longues séquences d'une extrême violence.

SynopsisModifier

Alors qu'elle rentrait de soirée, Alex, compagne de Marcus, est sauvagement violée puis battue par un pervers sanguinaire surnommé « Le Ténia ». Fou de rage, Marcus, aidé de deux inconnus qui lui proposent de l'aider en échange d'argent, et de son ami Pierre (ex compagnon d'Alex) qui le suit mais tente de le raisonner, plonge alors dans une spirale de violence avec une obsession : venger Alex.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
L'actrice Monica Bellucci au Festival de Cannes 2002.

ProductionModifier

MontageModifier

Le film est monté de sorte qu'il débute par la fin de l'histoire. Chaque scène est présentée en ordre antéchronologique. Au début du film, Marcus et Pierre sont dans une boîte de nuit, le Rectum, et Pierre frappe mortellement un homme au visage avec un extincteur. Chaque longue séquence (toujours constituée d'un seul plan, ou plan-séquence) qui suit raconte ce qui s'est passé précédemment. Le film se termine sur le début de l'histoire, montrant le couple de protagonistes se prélassant insouciants dans un parc, quelques heures avant le drame déjà accompli. Pour Gaspar Noé, ce procédé permet « d'arriver à un faux happy-end », justifie-t-il[4]. « Émotionnellement, c'est une fin heureuse, rationnellement, non. » Il dit par ailleurs[5] avoir été inspiré par Memento de Christopher Nolan, sorti deux ans plus tôt, lequel est basé sur un procédé très similaire, de même que par certains films de Quentin Tarantino (Pulp Fiction) ou encore d'Akira Kurosawa (Rashōmon), faisant un usage plus libre d'une narration non chronologique.

Bande originaleModifier

La bande originale du film a été composée par Thomas Bangalter, un des membres de Daft Punk qu'il a lui-même publié en tant qu'album solo[pas clair] (excepté pour trois œuvres dont le compositeur est mentionné ci-dessous entre parenthèses). De cette bande originale, Thomas Bangalter a extrait trois titres, et a sorti l'EP Outrage, sur son label Roulé.

  • Irreversible — 6:32
  • Tempus Edax Rerum — 1:14
  • Symphony no 9 in D Major – Adagio (Excerpt) (Gustav Mahler) — 1:49
  • Rectum — 6:23
  • Night Beats — 2:17
  • Stress — 6:41
  • Paris By Night — 6:05
  • Outrage — 6:29
  • Outrun — 5:42
  • Spinal Scratch — 6:29
  • Extra Dry — 4:57
  • Désaccords — 3:48
  • Ventura / Into the tunnel — 5:47
  • Mon Manège à moi (Étienne Daho) — 3:51
  • Symphony no 7 in A Major Op. 92 (Excerpt) (Ludwig van Beethoven) — 3:23
  • The End — 1:11

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

Nominations et sélectionsModifier

Accueil critiqueModifier

Irréversible fut l'un des films les plus controversés de l'année 2002, entraînant en France un débat extrêmement passionné, lors du festival de Cannes notamment, du fait de la présence dans le film d'une scène de viol et d'une de meurtre, toutes deux particulièrement explicites, réalistes et violentes.[réf. nécessaire]

Pour le quotidien Libération, le film est « faible, de partout »[6]. Le Nouvel Observateur le décrit comme « le scandale le plus fastidieux de Cannes », film « vaguement provocateur »[1].

Autour du filmModifier

  • Les premières minutes du film constituent une suite au précédent film de Gaspar Noé, Seul contre tous. Les dernières minutes du film annoncent le générique d'Enter the Void, le troisième film du réalisateur.
  • Le film a été tourné intégralement en Super 16, ce qui permet à Gaspar Noé d'utiliser une caméra légère et maniable, la A-Minima. L'image sera ensuite gonflée en Super 35 par procédé numérique.
  • Le film est composé de treize séquences, dont six longs plans-séquences.[Passage contradictoire]
  • Le tournage d'Irréversible débute le et se termine le . Le film est tourné dans le sens chronologique des faits (donc dans le sens inverse du montage final), excepté la scène du Parc, tournée ultérieurement.
  • Les trente premières minutes du film sont accompagnées d'un bruit de fond d'une fréquence de 27 Hz[5] (basse fréquence proche d'un infrason), difficilement audible mais pouvant être ressenti à travers la cage thoracique. Pour les humains, ce type de bruit à basse fréquence peut provoquer nausées et vertiges. En l'absence d'un système de son home cinema adéquat incluant un caisson de graves suffisamment volumineux, cette nappe de basse est plus difficile à ressentir à domicile que dans une salle de cinéma.
  • La scène de métro est tournée à la station Buttes Chaumont du métro de Paris.
  • La scène du viol a été tournée dans un passage souterrain boulevard Berthier, dans le 17e arrondissement de Paris. Celui-ci a été supprimé par la Ville de Paris quelques années après la sortie du film.
  • Un violeur en série a indiqué avoir regardé de nombreuses fois Irréversible et s'être inspiré de la scène de viol avant de violer quinze femmes[7].
  • Lorsque Marcus se met à draguer deux femmes qui dansent autour d'Alex, sous les yeux de celle-ci, il dit s'appeler « Vincent », avant de se reprendre et affirmer « Marcus ». Vincent Cassel semble donc avoir fait une erreur en donnant son vrai prénom plutôt que celui du personnage, mais la faute ne semble pas avoir dérangé Gaspar Noé, qui a finalement gardé la séquence au montage.
  • Gaspar Noé apparaît furtivement vers la quatorzième minute du film.
  • À la fin du film, le personnage de Monica Bellucci lit An Experiment with time de J.W. Dunne. Il est question de ce livre quelques scènes plus tôt durant un dialogue dans un ascenseur. Le personnage de Monica Bellucci explique la théorie du livre selon laquelle notre destin serait déjà écrit et que la preuve de cette théorie serait nos rêves prémonitoires. Plus tard dans le film, le personnage de Monica Bellucci se réveille et dit avoir rêvé d'un tunnel rouge.
  • Une nouvelle version d'Irreversible, intitulée Irréversible – inversion intégrale, est présentée à la Mostra de Venise 2019. Les plans sont alors remontés dans l'ordre chronologique, ce qui change la perception des caractères des personnages.

Notes et référencesModifier

  1. a et b "Irréversible": Noé comme nausée, tempsreel.nouvelobs.com, 23 mai 2002.
  2. « « Irréversible » : malaises pendant la projection officielle », sur Le Parisien, (consulté le )
  3. « Irréversible de Gaspar Noé : il y a 15 ans, LE choc du Festival de Cannes… », sur Allociné, (consulté le )
  4. « Gaspar Noé: "Je ne voulais pas banaliser le viol avec Irréversible" », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. a et b Gaspar Noé : « We added 27 Hz of infrasound »salon.com.
  6. Les revers d'«Irréversible», liberation.fr, 25 mai 2002.
  7. Envoyé spécial - Jugé coupable, reconnues victimes sur YouTube, h 30 min 50 s

Liens externesModifier