Adam Jerzy Czartoryski

homme politique polonais

Adam Jerzy Czartoryski, armoiries Pogoń Litewska, né le à Varsovie et mort le à Montfermeil, est un prince et homme d'État polonais. Ministre des affaires étrangères du tsar Alexandre Ier, l’un des architectes du congrès de Vienne, il est également curateur de l'Universitaire de Vilnius qui tient le flambeau de la culture polonaise malgré l'effondremment de l'éphémère Duché de Varsovie de Napoléon (1807-1815) et durant l'existance du Royaume de Pologne sous tutelle russe (1815-1830) qui lui succède[1]. Durant l'insurrection polonaise de 1830, il prend la tête du Gouvernement national polonais, mais l'échec du soulèvement et les repressions russes l'obligent à s'exiler et devenir émigré politique en France. Pendant 30 ans, sa résidence de l'hôtel Lambert à Paris est le principal foyer culturel des émigrés politiques polonais et centre d'une intense activité diplomatique pour la cause de l'idépendance polonaise auprès des chancelleries européennes.

Adam Jerzy Czartoryski
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Adam Jerzy Czartoryski
Fonction
Ministre des Affaires étrangères (en)
Titre de noblesse
Knèze
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 91 ans)
MontfermeilVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalités
Royaume de Pologne (d), Russe, République des Deux NationsVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Enfants
Autres informations
Distinctions
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BiographieModifier

JeunesseModifier

Issu d'une des familles les plus anciennes et les plus riches de la République des Deux Nations (Pologne-Lituanie), apparentée à la puissante dynastie Jagellon, Adam Jerzy Czartoryski est le fils ainé du prince Adam Kazimierz Czartoryski et d'Izabela Czartoryska, née Flemming. Le bruit court cependant qu'il est le fruit des amours de sa mère avec l'ambassadeur de la tsarine Catherine II, le prince Nicolas Vassiliévitch Repnine. Cette rumeur poursuivra le prince tout au long de sa vie.[2] Toutefois, ses relations avec son père sont très bonnes et Repnin reste un ami de la famille. C'est lui qui conseillera aux Czartoryski d'envoyer leurs fils dans la capitale russe afin d'obtenir la révocation de la séquestration de leurs biens, soit les 3/4 de leur fortune, imposée par Catherine II[3].

Au moment de la naissance d'Adam Czartoryski en 1770, sa patrie, qui est une monarchie élective et parlementaire dans laquelle la noblesse joue un rôle prépondérant, est en position de faiblesse par rapport aux monarchies absolues voisines du Royaume de Prusse de Frédéric II, de la Monarchie de Habsbourg et de la Russie impériale de Catherine II, qui ont des visés sur les terres polonaises.

Durant le règne du dernier roi polonais Stanislas Auguste Poniatowski (1762-1795), le pays subit des invasions successives qui mettent fin à son existence politique. Le territoire de la Pologne-Lituanie est divisé entre la Russie, la Prusse et l'Autriche. Cependant avant de disparaitre de la carte de l'Europe, le royaume connait des avancées culturelles et une action réformatrice remarquable, notamment dans le domaine de l'instruction publique, avec la création en 1773 de la Commission de l'éducation nationale, le premier ministère laïc d'instruction en Europe, et dans le domaine politique, avec l'élaboration par l'assemblée nationale de la Constitution du 3 mai 1791, la deuxième au monde après celle des Etats-Unis. Ces idées des Lumières polonaises marquent profondement la jeune génération dont Adam Jerzy Czartoryski fait partie.

Le jeune prince reçoit une éducation très soignée, dispensée par des éminents pédagogues, français pour la plupart, et il voyage beaucoup. En 1786, il visite Cracovie, puis la Bohême et l'Allemagne. À Gotha, le prince entend Goethe lui-même faire la lecture de son Iphigénie en Tauride. Il fait la connaissance du philosophe Johann Gottfried Herder et du poète Christoph Martin Wieland. En 1789, lors du voyage en Angleterre avec sa mère, il assiste au procès du gouverneur-général des Indes britanniques, Lord Hastings. Lors de sa seconde visite en 1793, il se lie avec un grand nombre d'aristocrates britanniques.

Guerres pour l'indépendance de la PologneModifier

Le prince Czartoryski combat pour son pays pendant la guerre russo-polonaise de 1792. L'échec de cet effort militaire en défense de la Constitution du 3 mai 1791, entraîne le deuxième partage de la Pologne en 1793. Ce qui provoque une nouvelle révolte nationale.

Mais après la défaite de l'insurrection de Kościuszko de 1794, la Pologne subit son troisième partage qui met fin à son existence en tant qu'un état indépendant. En rétorsion à la participation des Czartoryski dans l'insurrection, la tsarine Catherine II, confisque les domaines des Czartoryski situées dans la partition russe[4].

A la cour impériale de la RussieModifier

An suivant le conseil de Repnin, le prince Adam et son frère cadet Konstanty sont envoyés à la cour de Saint-Pétersbourg. Une grande communauté polonaise vit alors dans la capitale russe : des nobles qui, comme la famille Czartoryski, essayent de récupérer leurs biens séquestrés, et ceux qui espèrent faire carrière. Le jeune prince évite tout contact avec ses compatriotes et, fort de la protection du ministre Repnin, il commence à fréquenter les salons russes. Il rejoint également l'armée de l'Empire. Il devient officier de cavalerie alors que son frère intègre la Garde impériale. C'est alors que le jeune prince Adam se lie d'amitié avec le grand duc Alexandre, le petit-fils de impératrice Catherine II[5].

Pour la tsarine, la présence de jeunes princes polonais à sa cour est un symbole précieux et un atout politique dans ses relations avec la Prusse et l'Autriche. L'importance et l'autorité de la famille Czartoryski lui permettent d'espérer le renforcement du parti pro-russe en terres polonaises.

Sans aucun doute, les jeunes princes ne se sentent pas otages de la cour russe, bien qu'ils ne sont pas sans savoir que de nombreux patriotes polonais , dont Tadeusz Kościuszko, croupissent dans les prisons de Saint-Pétersbourg. L'impératrice Catherine II est favorablement impressionnée par les deux jeunes aristocrats polonais, et elle leur restitue une partie de leurs biens en 1796.

Après l'accession au trône de Paul Ier en 1796, le prince Czartoryski est nommé aide de camp de l'héritier du trône'Alexandre, et il est autorisé à se rendre dans ses domaines polonais pour une durée de trois mois. À partir de l'automne 1797, la position du prince s'accroît encore davantage. C'est alors qu'il devient particulièrement proche des comtes Pavel Stroganov et Nikolaï Novossiltsev. Ensemble, ils forment un "triumvirat" d'amis d'Alexandre.

Ambassadeur auprès du roi de Sardaigne (1798-1801)Modifier

En août 1798, la carrière du prince Czartoryski connait un revers. Le tsar lui refuse un congé et exprime des doutes sur ses opinions politiques. On l'accuse de créer un cercle de "libre-pensée" et d'avoir une mauvaise influence sur l'héritier du trône. Le prétexte pour la mise à l'écart définitif est la naissance de la princesse Élisabeth Alexandrovna, fille d'Alexandre dont Czartoryski est le père biologique. Le tsar ordonne à Adam Jerzy de quitter immédiatement Saint-Pétersbourg. Pour l'éloigner au plus loin de la Russie, on le nomme en décembre 1798 ambassadeur à la cour de Charles Emmanuel IV de Sardaigne, un roi sans royaume, sans capitale. Le prince tue l'ennui en visitant les antiquaires. Bientôt, il fait expédier en Pologne La Dame à l'hermine, de Leonard de Vinci, un Portrait d'homme du à Raphael et nombre d'antiquités romaines qui vont enrichir les collections du future Musée Czartoryski.

Ministre des Affaires étrangères de la Russie (1802-1806)Modifier

Au printemps 1801, Alexandre, devenu tsar après l'assassinat de Paul Ier, rappelle son ami à Saint-Pétersbourg. Le , il le nomme au poste de vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie. En février 1804, le prince accède au poste de ministre des Affaires étrangères.

La politique de Czartoryski consiste à construire la position de la Russie dans les Balkans et en Géorgie et créer la troisième coalition anti-napoléonienne. Le prince proteste énergiquement contre l'exécution du duc d'Enghien et il est favorable à une rupture immédiate avec le gouvernement révolutionnaire français et le Premier Consul Napoléon Bonaparte. Le ministre français, le comte Gabriel d'Hédouville quitte donc Saint-Pétersbourg le et le 11 du même mois une note avec instructions est envoyée à l'ambassadeur de Russie à Londres. Par la convention du la Russie accepte d'aligner 115 000 hommes et l'Autriche 235 000 hommes afin de combattre Napoléon. En , le prince signe une alliance offensive et défensive avec le Royaume-Uni.

En 1805, le prince Czartoryski accompagne l'empereur Alexandre à Berlin et Olomouc. Le prince considère cette visite de rapprochement avec Berlin comme une erreur fondamentale, car il se méfie de la Prusse. Rêvant de restaurer la Pologne sous le sceptre du tsar, il lui propose d’imposer à la Prusse un droit de passage pour les troupes russes se rendant en Bohême pour y affronter Napoléon et, en cas de refus, de s’emparer des territoires polonais occupés par Berlin. La poignée de main entre le tsar Alexandre et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III sur la tombe du Grand Frédéric à Potsdam montre combien Czartoryski s'illusionne. La victoire de Napoléon à Austerlitz qui fait entrer l'armée napoléoniennen en Prusse met définitivement fin à son espoir de voir la Russie soutenir la cause polonaise. Car endossant le costume du vertueux protecteur des intérêts polonais, Napoléon convoque en octobre 1806 à Berlin l’ancien chef des Légions, le général Jan Dabrowski, et Jozef Wybicki, homme politique qu’il connait depuis 1797. Il leur promet le concours dans la libération du pays. Les Polonais commencent à préparer une insurrection antiprussienne. Czartoryski démissionne[6].

Cependant libéré de son poste le 20 juin 1806, Czartoryski n'est pas congédié. Empêtré dans les liens avec la Russie, fidèle au serment prêté au tsar et à son amitié, il ne peut qu'observer de côté l'engagement enthousiaste de ses compatriotes pour la cause napoléonienne.

Curateur de l'université de Wilno (1803-1823)Modifier

A coté de ses activités diplomatiques, le tsar lui confie également une mission culturelle en le nommant, le , curateur de l'université de Wilno (actuelle Vilnius ; en russe : Vilna), passée sous contrôle russe après le deuxième partage de la Pologne (1793).

Grâce aux efforts du prince Czartoryski, l'Académie jésuite fondée à Wilno en 1578 et transformée en 1773 par la Commission de l'éducation nationale en Ecole Centrale, est promue au rang d'université impériale, avec un statut comparable à celui des cinq autres universités de l’Empire russe (Saint-Pétersbourg, Moscou, Kharkov, Dorpat, Kazan). Sous la tutelle de son curateur nommé par le tsar, l’université de Wilno assume la mission de la Commission de l’éducation nationale et dirige à ce titre tous les établissements d'enseignement des huit gouvernorats lituaniens et ruthéniens de Wilno, Grodno, Minsk, Moguilev, Vitebsk, Kiev, de Volhynie et de Podolie, c'est-à-dire l'ensemble de l'ancien Grand-duché de Lituanie, un territoire peuplé de près de neuf millions d’habitants. L’influence de l’université est alors considérable. Elle devient le centre directeur de l'enseignement, des éditions et de la presse[7].

Sous la direction éclairée du prince, l'université de Wilno connait un développement considérable. Elle est alors la plus fréquentée de toute l'Europe centre-orientale[réf. nécessaire] et de l’Empire russe, avec 950 étudiants en 1824 et 1300 en 1830[8]. Bien que le corps enseignant y soit cosmopolite, c'est la langue polonaise et l'esprit des Lumières qui y dominent. Des tentatives d'enseignement du lituanien et du yiddish n'aboutissent pas[réf. nécessaire]. Les cours, parfois donnés en français, allemand, anglais, italien ou latin, ne laissent rien ignorer des courants les plus neufs de l'époque. Le souci de la formation scientifique est tel que les mathématiques, la physique et la chimie deviennent obligatoires pour tous les étudiants.

En 1823, Czartoryski est remplacé par Nikolaï Novossiltsev, vite surnommé l'« Hérode de Lituanie » en raison de la brutalité de ses interrogatoires des étudiants[9].

Duché de Varsovie (1807-1815) et la question polonais au Congrès de VienneModifier

En 1809, le tsar resserre à nouveau ses liens avec Czartoryski, et faisant valoir l'importance de la cause polonaise pour lui. Il veut encourager le prince à la construction d'un parti pro-russe parmi les Polonais et rallier le Duché à la Russie.

Avec le déclenchement de la guerre en 1812, la Diète de Varsovie, réunie le , s’érige, selon l’ancien usage de la République des deux Nations, en confédération. Le vieux père du prince Adam-Jerzy, Adam Kazimierz Czartoryski est porté à la présidence de cette confédération. Son fils se sent obligé de démissionner pour suivre l’élan général de sa patrie. Le prince demande au tsar de le démissionner de tous les postes, mais à nouveau Alexandre lui oppose son refus. Le prince fait donc ce qu'il est «strictement dicté par son honneur» et se tient à l'écart de la politique, abandonné, marginalisé et critiqué. Il est trop lié au tsar pour se mettre au service de Napoléon. Il part à Vienne pour la durée de la campagne de Russie, se mettant ainsi en porte-à-faux avec les deux camps.

Peu de temps avant la signature de l'alliance russo-prussienne du , après la retraite de Napoléon de Russie, Czartoryski encontre Alexandre à Kalisz. Le prince fait partie de la suite de l'empereur de Russie, lors de son entrée à la tête de ses troupes à Paris en 1814. Il est conscient de l'importantance du moment pour l'avenir des terres polonaises et décide de l'utiliser, bien qu'il ne soit pas sûr de sa position aux côtés d'Alexandre. Il en dira ensuite que "Le rôle du courtisan malheureux est le plus misérable dans le monde."

Cependant, la présence de Adam Czartoryski au Congrès de Vienne est aux yeux de ses compatriotes le plus grand espoir de la cause de l'indépenence polonaise. Il persuade le tsar de créer à partir des terres polonaises occupé par la Russie et du Duché de Varsovie un État polonais uni par une union personnelle avec l'Empire russe. L'établissement du Royaume du Congrès est le couronnement de tous les espoirs des Polonais à cette époque, mais pour le prince, il est rapidement devenu le début d'une autre disgrâce.

Royaume de Pologne (1815-1830)Modifier

Il est de notoriété publique que la création du Royaume du Congrès doit beaucoup au prince Czartoryski et qu'il est également la personne derrière sa Constitution. Tout le monde s'attend donc à sa nomination au poste de vice-roi du royaume de Pologne, mais c'est l'obéissant général Józef Zajączek qui obtient cette fonction. Les raisons exactes de ce camouflet restent inconnues. Pour masquer la disgrâce immédiate qu'il lui inflige, le tsar confère au prince la charge honorifique de présider le Sénat polonais.[10]

 
Le prince Czartoryski et ses fils Witold et Władysław

En 1816 intervient entre le prince et son ami le comte Ludwik Michał Pac, un duel qui fait beaucoup de bruit. Il a pour cause la princesse Anna Sapieha qui épouse finalement le prince, blessé à cette rencontre[11]. Le mariage a lieu le . De cette union naissent quatre enfants : Witold, Leon, Władysław et Izabella. Leon meurt à l'âge de deux ans.

Au décès de son père survenu en 1823, le prince Czartoryski se retire au domaine familial de Puławy.

Insurrection de novembre 1830Modifier

Après la mort d'Alexandre Ier en 1825, le frère de celui-ci, Nicolas Ier, cherche à restreindre d'avantage les libertés des Polonais. Une insurrection générale éclate dans le royaume en novembre 1830 et la diète polonaise du 25 janvier proclame la déchéance du tsar. L'insurrection contraint le prince à revenir à la vie politique. Devenu Président du Gouvernement provisoire de Pologne, poste auquel il est nommé le , il est élu chef du Gouvernement national polonais par 121 voix sur 138 en . Partisan des efforts diplomatiques auprès des chancelleries européennes et socialement conservateur, Czartoryski sous-estime l'effort militaire et l'élan républicain des insurgés. À la fin de la guerre, lorsque le soulèvement polonais fut écrasé par l'armée russe, il fut condamné à mort [12]mais sa peine fut commuée en condamnation à l'exil.

L'exil et l'action de l'hôtel Lambert (1831-1861)Modifier

L’échec de l’insurrection polonaise de novembre 1830 contre la Russie déclenche la Grande Emigration polonaise principalement vers la France. Dix mille patriotes sont obligés à quitter le pays. Les Czartoryski se retrouvent d'abord en Angleterre puis en France.

Grâce à son immense fortune, il achète l'hôtel Lambert sur l'île Saint-Louis à Paris, qui reste dans la famille Czartoryski jusqu'au milieu du XXe siècle. L'hôtel Lambert devient un véritable foyer de la cause polonaise en Europe. Il retentit de musiques, dans sa cour s’arrêtent de nombreux équipages : on y donne des bals, on y célèbre les anniversaires de dates importantes dans l’histoire des Polonais.

Il est centre culturel et social d’une majorité d’émigrés polonais à Paris. Ce cercle réunisse d’illustres personnalités, parmi lesquelles Honoré de Balzac, Hector Berlioz, Leonard Chodźko, Frédéric Chopin, Michał Czajkowski, Eugène Delacroix, Casimir Delavigne, Albert Grzymała, Karol Kniaziewicz, Zygmunt Krasiński, Alphonse de  Lamartine, Franz Liszt, Adam Mickiewicz, Charles de Montalembert, Julian Ursyn Niemcewicz, Ludwik Plater, George Sand, Dudley Stuart, Alexander Colonna Walewski, Władysław Zamoyski.

L'hôtel est également à l'origine des insititutions éducatives et scientifiques : la Société historique et littéraire, la Société d'assistance scientifique, la Bibliothèque polonaise à Paris et l'École nationale polonaise à Paris. C'est une façon de résister à la destructions des institutions culturelles par les Russes, la fermeture de la totalité du système scolaire et une politique de répression et de russification qui a lieu dans le pays.

Au niveau politique, l'hôtel Lambert représente la tendance conservatrice et aristocratique, contesté par les républicains comme Joachim Lelewel ou Stanisław Worcell[13]. Son programme politique prévoit une amélioration progressive du sort des paysans en vue de leur adhésion à une future insurrection nationale. Il essaye de lier les intérêts de son pays à ceux des puissances liguées contre la Russie en espérant qu'une nouvelle guerre européenne rende son indépendance à la Pologne. Les principaux hommes politiques lié avec l'hôtel Lambert sont Władysław Zamoyski, Stanisław Barzykowski, Józef Bem, Ludwik Bystrzonowski, Wojciech Chrzanowski, Michał Czajkowski, Henryk Dembiński, Julian Klaczko, Karol Kniaziewicz, Teodor Morawski, Julian Ursyn Niemcewicz, Narcyz Olizar, Ludwik Plater, Karol Sienkiewicz, Janusz Woronicz, Ludwik Zwierkowski.

En février 1846, Czartoryski reconnait par solidarité patriotique le gouvernement révolutionnaire démocratique qui s'établit suite à l'insurrection dans la République de Cracovie. La cour de Vienne riposte par le séquestre des biens de Czartoryski dans cette province. Quand son domaine de Sienawa lui est ensuite restitué par l'Autriche, Czartoryski y abolit la corvée et donne des terres en propriété aux paysans.

Pendant la guerre d'Orient, le prince Adam Czartoryski tente plusieurs fois d'unir la cause de la Pologne à celle de la Turquie et des puissances occidentales, mais ses efforts échouent comme ceux du parti démocratique, malgré les marques d'estimes et de considération accordées à sa personne par divers gouvernements.

Il aide aussi à la fondation en Turquie en 1842 d'un village polonais du nom d'Adampol.

Le prince Czartoryski meurt à l'âge de 90 ans, le , dans sa résidence d'été de Montfermeil.

GénéalogieModifier

HommagesModifier

Le prince Czartoryski fait une brève apparition dans le tome III du roman de Léon Tolstoï Guerre et paix, où il apparait lors d'une conférence qui se déroula à Olmütz le , peu avant la bataille d'Austerlitz.

ŒuvresModifier

  • Essai sur la diplomatie, Paris et Marseille, 1830
  • La correspondance d'Alexandre Ier de Czartoryski et des conversations 1801-1823, Paris, 1863
  • Mémoires et correspondances avec Alexandre Ier, Paris, 1887
  • Mémoires de Czartoryski
  • Documents relatifs à ses négociations avec Pitt et les conversations avec Palmerston en 1832, Londres, 1888
  • Zywot J. U. Niemcewicza (Vie de Julian Niemcewicz), Berlin, B. Behr, 1860

Notes et référencesModifier

  1. Norman Davies, Histoire de la Pologne, Fayard, , p. 223
  2. John P. Ledonne, La grande stratégie de l'Empire Russe, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-516100-7), p. 210
  3. prof. Małgorzata Karpinska, « Adam Jerzy Czartoryski. „Ofiara największa krajowi cierpić na sobie fałszywy kolor” », sur wszystkoconajwazniejsze.pl
  4. Agnieszka Szafarin, « Adam Jerzy Czartoryski – arystokrata, dyplomata, polityk, kochanek? », sur Historia.org.pl,
  5. Jerzy Lukowski, Hubert Zawadzki, Histoire de la Pologne, Perrin, p. 167
  6. Hubert Zawadzki, Jerzy Lukowski, Histoire de la Pologne, Perrin, p. 168
  7. Philippe Edel, « L’âge d’or de la médecine francophone à l’Université de Vilnius », Cahiers Lituaniens, no 10,‎
  8. Daniel Beauvois, « Vilna, la plus importante université de l’empire russe de 1803 à 1832, berceau des gloires polonaises du XIXe siècle », sur paris.pan.pl. L'université est fermée en 1832, suite à l'insurrection polonaise de 1830-1831.
  9. Jerzy Lukowski et Hubert Zawadzki, Histoire de la Pologne, Perrin, , p. 176
  10. Maurice Paléologue, « La mort mystérieuse d'Alexandre Ier », sur revuedesdeuxmondes.fr
  11. SHLP (cf. "Bibliographie"), p. 9.
  12. Jerzy Jan Lerski, Piotr Wróbel, Richard J. Kozicki, Historical Dictionary of Poland, 966-1945, vol. 966, Greenwood Publishing Group, (ISBN 9780313260070), p. 22
  13. Norman Davies, Histoire de la Pologne, Fayard, , p. 286

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier