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Société historique et littéraire polonaise

Ne doit pas être confondu avec Société historique polonaise.
Entrée de la SHLP.

La Société historique et littéraire polonaise (ou SHLP) est une association (établissement) reconnue d'utilité publique par l'empereur Napoléon III par décret du 10 juin 1866, créée en 1832 par les grands patriotes polonais réfugiés en France après l’échec de l’insurrection de novembre 1830. L'institution a eu une immense influence sur la préservation de l’identité nationale polonaise et la restauration de l’indépendance polonaise suite au Traité de Versailles (après 123 ans de partition).

Toujours en activité, elle favorise le développement des études de l'histoire, de la littérature, de l'art polonais. Elle a aussi pour objet le dialogue entre les cultures française et polonaise et plus généralement entre celle des pays de l'Europe centrale et de l'Est d'une part et de l'Ouest d'autre part. Son siège se trouve au 6, quai d’Orléans à Paris.

OrigineModifier

La société fut fondée en 1832, sous le titre de Société littéraire polonaise par des émigrés polonais, le prince Adam Czartoryski, qui en deviendra le premier président, et le comte Alexandre Walewski, fils naturel de Napoléon Ier et futur ministre des Affaires étrangères de Napoléon III.

Son but était de collecter les documents ayant traits à l'histoire et la culture polonaise, afin de pouvoir lutter, depuis la France, contre la germanisation et la russification de la Pologne. Les membres très éminents de cette société sont nombreux. parmi les treize membres fondateurs le général Józef Bem, héros de la révolution hongroise de 1848, Alphonse D’Herbelot, Théodore Morawski, Ludwik Plater, le général Jan Umiński. Parmi ces membres polonais prestigieux il y avait Frédéric Chopin, Adam Mickiewicz, Zygmunt Krasiński, Juliusz Słowacki, Cyprian Norwid, Joachim Lelewel et les généraux Józef Dwernicki et Henryk Dembiński, mais aussi de nombreux Français de premier plan : George Sand, Félicité de Lamennais, Alfred de Vigny, le marquis de La Fayette, David d’Angers, Charles de Montalembert, Jules Michelet, Edgar Quinet, Prosper Mérimée.

Face à la destruction des bibliothèques polonaises de Varsovie, Vilnius et de Krzemieniec, ainsi que de transfert à Saint-Pétersbourg des collections scientifiques, Adam Mickiewicz rédigea un appel invitant à fonder à Paris une bibliothèque de documentation sur la Pologne. La Bibliothèque polonaise de Paris dont les principaux créateurs sont le prince Adam Czartoryski, Adam Mickiewicz, le général Karol Kniaziewicz, le poète Julien-Ursin Niemcewicz et l’historien Karol Sienkiewicz fut ouverte au public en 1839, au 10, rue Duphot où elle réunissait alors 2194 volumes, 147 cartes et des objets d'art.

En 1854, la Société littéraire et la Bibliothèque polonaise déménagent vers leur siège actuel, au 6 quai d'Orléans. L'Institution alors prend son titre définitif de Société historique et littéraire polonaise (après la fusion de la Société littéraire, le bureau historique fondé en 1836, le bureau statistique ouvert en 1838 et la société d'aide scientifique).

Deux présidents se succéderont après Adam Czartoryski : Ladislas Mickiewicz, le fils d'Adam Mickiewicz, et Franciszek Pułaski.

Évolution au XXe siècleModifier

Jusqu'en 1918, la Société historique et littéraire polonaise et la Bibliothèque polonaise de Paris constituèrent l'incarnation intellectuelle du lien d'union avec la Pologne partagée par les empires russe, prussien et autrichien.

La renaissance de la Pologne, comme l'action de l"Académie polonaise des Sciences et des Lettres de Cracovie (PAU) favorisa une intense coopération culturelle, artistique et scientifique franco-polonaise, couronnée par la création du Centre d'études polonaises à Paris.

L'institution connaîtra des heures sombres au cours de l'occupation allemande durant la Seconde guerre mondiale, où le bâtiment fut dévasté par l'occupant et ses collections seront éparpillées et ses bâtiments détruits. À partir de 1945, elle s'efforcera de récupérer ce qui a pu être perdu durant l'Occupation. Malheureusement, les collections furent largement amputées.

Durant la guerre froide, la Société historique et littéraire polonaise et la Bibliothèque polonaise de Paris ont refusé de passer sous contrôle des autorités communistes de Varsovie. Elles s'attachèrent à défendre une culture polonaise libre, confortées dans cette attitude par la décision de l'Assemblée nationale française en 1959.

Depuis 1989 on assiste à une renaissance de l'institution grâce aux subsides accordés par le gouvernement polonais et diverses fondations polonaises telle que la Fondation Zygmunt Zaleski, mais aussi le Sénat polonais, la Fondation pour la Science polonaise, le ministère français de la culture et le Conseil régional de l'Ile de France.

Tout au long de ce siècle, l'institution restera en contact avec les intellectuels et des personnalités tels que Maria Skłodowska-Curie (vice-présidente dans les années 1920), Paul Cazin, André Gide, Henri de Monfort, Bronisław Geremek ou Hélène Carrère d'Encausse.

L'actuel Président de la Société Historique et Littéraire Polonaise et Directeur de la Bibliothèque Polonaise de Parisen est le physicien C. Pierre Zaleski.

SourcesModifier

  • Revue La Lettre diplomatique
  • Janina Ponty, Polonia : Des polonais en France de 1830 à nos jours, Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration (28 février 2011)

Articles connexesModifier