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Officier général francais 3 etoiles.svg Józef Zajączek
Józef Zajączek

Naissance
Kamenets-Podolski
Décès (à 73 ans)
Varsovie
Origine Drapeau de la Pologne Pologne
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1768-1814
Conflits Guerre russo-polonaise de 1792
Insurrection de Kościuszko
Guerres de la Révolution française
Guerres napoléoniennes
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 26e colonne.

Józef Zajączek ou Zajonczek[note 1], voire Zajonschek, né le à Kamenets-Podolski (actuelle Ukraine) et mort le à Varsovie, est un militaire et homme politique polonais. Après avoir servi dans l'armée de la République des Deux Nations en qualité d'aide de camp de l'hetman Franciszek Ksawery Branicki, il soutient initialement ce dernier sur la scène politique avant de rallier l'opposition libérale au moment de la Grande Diète en 1790. Promu général dans l'armée polonaise, il participe à la guerre russo-polonaise de 1792 et à l'insurrection de Kościuszko. Le troisième partage de la Pologne le pousse à rejoindre l'armée française et il met son épée au service de Napoléon jusqu'à la campagne de Russie en 1812, où il est blessé et fait prisonnier. Après la chute de Napoléon, il est nommé vice-roi de Pologne par le tsar Alexandre Ier.

Sommaire

BiographieModifier

JeunesseModifier

Józef Zajączek naît le 1er novembre 1752 à Kamenets-Podolski. Il est le fils d'Antoni Zajączek et de Marianna Cieskowska, qui appartiennent à une famille noble polonaise[1]. Le jeune Zajączek effectue selon toute vraisemblance sa scolarité à Zamość puis dans une école jésuite de Varsovie[2].

À l'âge de 16 ans, il entre au service de la confédération de Bar, coalition de nobles luttant contre le roi Stanislas Auguste Poniatowski, allié à la Russie de Catherine II. Il devient secrétaire de Michał Wielhorski et, en 1770, accompagne ce dernier en mission diplomatique à Paris[3]. Il réside plusieurs années dans la capitale française et y fait la rencontre en 1773 d'un des principaux dirigeants confédérés, Casimir Pulaski[4]. Séduit, Zajączek quitte ses fonctions auprès de Wielhorski et part en 1774 pour Constantinople avec Pulaski dans le cadre d'une mission diplomatique. Sur place, il assiste à la défaite des Turcs lors de la bataille de Kozludzha le 20 juin[5]. De retour en France à la fin de l'année, il rédige une biographie hagiographique de Pulaski, publiée en français, avant d'être affecté comme sous-lieutenant dans le régiment de hussards de Bercheny en 1775. Il démissionne cependant au bout de quelques semaines pour regagner la Pologne[6]. Grâce au soutien du puissant clan Sapieha, il remplit les fonctions d'aide de camp auprès de l'hetman Franciszek Ksawery Branicki[7].

Militaire et responsable politique de Pologne-LituanieModifier

Lors de la réunion de la Diète polonaise en 1784, Zajączek représente le palatinat de Podolie et est l'un des membres les plus éloquents de la faction de l'hetman Branicki. Il est par la suite député de la voïvodie de Kiev à la session parlementaire de 1786. Durant cette période, il s'affirme comme un opposant déclaré du roi Stanislas Auguste Poniatowski[8]. À la fin de l'année 1786, il épouse Alexandra Iaura, née Pernet[9]. Il poursuit dans le même temps son ascension dans la hiérarchie militaire et obtient le grade de colonel en 1787[10]. De 1788 à 1790, lui et son unité, le 2e régiment de gardes-frontières, stationnent à la frontière ukrainienne et il ne siège donc pas au sein de la Grande Diète. Il retrouve néanmoins son mandat de représentant en 1790 et rejoint alors Branicki à Varsovie[11]. Très vite, il prend ses distances avec ce dernier et rallie le « Parti patriotique » d'Hugo Kołłątaj[12]. Zajączek prend part aux travaux de la commission chargée de la réforme de l'armée et contribue à la modernisation des exercices militaires et de la formation des officiers ; il soutient également la Constitution du 3 mai 1791 et devient membre de la société des Amis de la Constitution[13].

Craignant de voir son influence dans la région ébranlée par les réformes mises en œuvre en Pologne, la Russie envahit le territoire polonais en mai 1792. Deux semaines avant le déclenchement des hostilités, le 4 mai, Zajączek est nommé commandant du 3e régiment de gardes-frontières. Le 26 mai, il est placé à la tête d'un corps de réserve et est promu major général le 29 du même mois[14]. Après avoir rassemblé des troupes aux environs de Lublin, il se dirige sur Dubno où il fait son entrée le 7 juin[15]. Il est l'un des commandants polonais à la victorieuse bataille de Zieleńce et reçoit pour ce fait d'armes la croix de Virtuti Militari, la plus haute décoration militaire polonaise ; celle-ci vient tout juste d'être créée et Zajączek est la cinquième personne à se la voir attribuer[16]. Il prend ensuite part à plusieurs combats sans importance mais ne participe à aucune bataille d'envergure avant la reddition du roi Stanislas Auguste et le ralliement de ce dernier à la confédération de Targowica[17]. La guerre prend fin sans qu'aucun affrontement décisif n'ait été livré, avec une armée polonaise toujours apte au combat, invaincue et bien ravitaillée[18]. Ulcéré par la trahison de Stanislas Auguste, Zajączek est de ceux qui tentent d'échafauder un plan pour enlever le roi, mais le projet reste sans suite. Comme beaucoup d'autres officiers mécontents, en particulier Tadeusz Kościuszko et le prince Joseph-Antoine Poniatowski, il demande à être relevé de ses obligations militaires ; sa démission est acceptée le 18 août 1791[19],[20].

 
En 1794, Zajączek combat aux côtés de Kościuszko, ici saluant un détachement de son armée sur cette toile du peintre polonais Wojciech Kossak.

Peu après, Zajączek quitte la Pologne et se rend à Vienne, la capitale autrichienne[21]. En août 1793, il s'installe à Leipzig où un grand nombre d'émigrés polonais, à commencer par Kościuszko et Kołłątaj, se préparent à la revanche contre la Russie[22]. Il devient rapidement l'un des principaux organisateurs du conflit qui s'annonce, en étant chargé de la transmission de courriers importants ainsi que de la collecte de renseignements sur le territoire polonais. Il est particulièrement actif dans le secteur de Varsovie et Kościuszko a prévu, en cas de succès, de le nommer gouverneur de cette région[23]. Zajączek se rend également en mission à Dresde et Paris, période durant laquelle il se fait connaître comme un révolutionnaire radical, un démocrate et un partisan de l'abolition du servage en Pologne[24]. En avril 1794, il devient membre du club des « Jacobins polonais »[25].

L'insurrection de Kościuszko a éclaté un mois plus tôt. Ayant rejoint ce dernier à Luborzyca le 2 avril, Zajączek se voit confier le commandement de la division de Basse-Pologne. Le 4 avril, il prend part à la bataille de Racławice qui s'achève sur une victoire polonaise décisive, et est élevé deux jours plus tard au grade de lieutenant-général[26]. Dans les semaines suivantes, il accompagne Kościuszko et son état-major[27]. Battu le 8 juin à Chełm, il se replie sur Lublin[28]. Son impopularité augmente auprès des soldats et, le 10 juin, il doit faire face à une mutinerie finalement réprimée par Kościuszko[29]. Vers le milieu du mois, ses troupes fusionnent avec celles de Kościuszko[30]. Il dirige ensuite les forces polonaises lors de l'indécise bataille de Gołków les 9 et 10 juillet et est l'un des généraux chargés de la défense de Varsovie de mi-juillet jusqu'à début septembre[31]. Il intègre en outre le Conseil national suprême et est nommé président de la Cour pénale[32]. Le 4 novembre 1794, il est une nouvelle fois responsable de la défense de la capitale polonaise lors de la bataille de Praga, au cours de laquelle il est blessé et quitte son poste avant même la fin de la bataille. Ses préparatifs insuffisants pour défendre Varsovie et sa piètre gestion des combats ont fait l'objet de critiques de la part des historiens[33]. Zajączek parvient à s'enfuir en Galicie polonaise où il est emprisonné par les Autrichiens. Il n'est relâché qu'au bout d'un an et décide alors de se rendre à Paris[34].

Au service de la FranceModifier

Après l'échec de l'insurrection et le troisième partage de la Pologne (1795) qui met fin à l'état polonais, il regagne la France et participe à la création des Légions polonaises de Jean Henri Dombrowski. Dès 1797 il est nommé général de brigade. Il prend part à la Campagne d'Égypte et participe à la Bataille des Pyramides le 21 juillet 1798.

En 1812, il assure le commandement du 5e corps de la Grande Armée après la blessure du prince Joseph Poniatowski.

Vice-roi de PologneModifier

De 1815 à sa mort, il est vice-roi (ou « lieutenant », en polonais namiestnik) de Pologne, le duché de Varsovie créé par Napoléon en 1807 ayant été attribué par le Congrès de Vienne au tsar Alexandre, roi de Pologne. Zajączek n'est d'ailleurs pas le seul Polonais à se rallier à l'ancien adversaire. Son rôle comme vice-roi a été très limité, notamment en raison du rôle du grand-duc Constantin, frère d'Alexandre, comme commandant de l'armée du royaume de Pologne.

DistinctionsModifier

Son nom apparaît (sous la forme ZAYONSCHECK), parmi ceux des 660 officiers inscrits sur l'arc de triomphe de l'Étoile, 26e colonne).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Cf. note de la BnF relative à Karol Forster (1800-1879). Le nom Zajączek se prononce approximativement /zayontchèque/ accentué sur la deuxième syllabe.

RéférencesModifier

  1. Nadzieja 1988, p. 5.
  2. Nadzieja 1988, p. 6.
  3. Nadzieja 1988, p. 9 et 10.
  4. Nadzieja 1988, p. 12.
  5. Nadzieja 1988, p. 12 et 15.
  6. Nadzieja 1988, p. 16 et 17.
  7. Nadzieja 1988, p. 19 et 20.
  8. Nadzieja 1988, p. 20 à 23.
  9. Nadzieja 1988, p. 27 et 28.
  10. Nadzieja 1988, p. 24.
  11. Nadzieja 1988, p. 30 et 31.
  12. Nadzieja 1988, p. 31 et 32.
  13. Nadzieja 1988, p. 34, 35 et 37.
  14. Nadzieja 1988, p. 40.
  15. Nadzieja 1988, p. 42.
  16. Nadzieja 1988, p. 43 et 44.
  17. Nadzieja 1988, p. 46 et 47.
  18. (pl) Jerzy Łojek, Geneza i obalenie Konstytucji 3 maja, Wydawn. Lubelskie, (ISBN 978-83-222-0313-2), p. 293 à 296 ; 306 et 307 ; 318.
  19. Nadzieja 1988, p. 46 et 47.
  20. (pl) Alex Storozynski, Kosciuszko Ksiaze chlopow, W.A.B, (ISBN 978-83-7414-930-3), p. 232 et 233.
  21. Nadzieja 1988, p. 46 à 49.
  22. Nadzieja 1988, p. 50.
  23. Nadzieja 1988, p. 450 ; 52 à 54.
  24. Nadzieja 1988, p. 51.
  25. Nadzieja 1988, p. 85.
  26. Nadzieja 1988, p. 57, 60 et 61.
  27. Nadzieja 1988, p. 57.
  28. Nadzieja 1988, p. 68 à 71.
  29. Nadzieja 1988, p. 73.
  30. Nadzieja 1988, p. 75.
  31. Nadzieja 1988, p. 76 à 83.
  32. Nadzieja 1988, p. 86 et 87.
  33. Nadzieja 1988, p. 89 à 97.
  34. Nadzieja 1988, p. 103 et 104.

BibliographieModifier

  • (pl) Jadwiga Nadzieja, Od Jakobina do księcia namiestnika [« Du jacobin au vice-roi »], Wydawnictwo "Śląsk", , 266 p. (ISBN 978-83-216-0682-8, lire en ligne).

Liens externesModifier