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Wikipédia:Sélection/Communisme

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Aperçu des lumières

Mur de Berlin

 
Reste du Mur de Berlin, 2004

Le Mur de Berlin (en allemand Berliner Mauer), également appelé le « Mur » vocable utilisé pour caractériser la frontière entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est, ou le « Mur de la honte », a été érigé en plein Berlin pendant la nuit du 12 au suscitant la réprobation des puissances occidentales. La République démocratique allemande (RDA) tente ainsi de mettre fin, avec l'appui du pacte de Varsovie, à l'exode croissant de ses habitants vers la République fédérale d'Allemagne (RFA). Le Mur, séparant physiquement la ville en « Berlin-Est » et « Berlin-Ouest », est pendant près de trente ans le symbole de la Guerre froide et de la partition de l'Allemagne à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Plus qu'un simple mur, il s'agit d'un dispositif défensif comportant deux murs avec chemin de ronde, miradors et dispositifs d'alarme. Plusieurs centaines de ressortissants de la RDA ont perdu la vie en essayant de le franchir, les gardes-frontière est-allemands et soldats soviétiques n'hésitant pas à tirer sur les fugitifs.

L'affaiblissement de l'Union soviétique, la politique de libéralisation conduite par Gorbatchev et la détermination des Allemands de l'Est qui ont organisé de grandes manifestations permettent, le , d'abattre le « Mur de la honte » ; leur élan a suscité l'admiration du « Monde libre ». Cet événement a conduit à la réunification allemande. Bien que détruit presque totalement, le Mur reste un lieu de mémoire auquel plusieurs musées sont consacrés et les cicatrices qu'il a laissées dans l'organisation urbaine de la capitale allemande ne sont toujours pas effacées en 2009. Le Mur de Berlin joue un rôle important dans la pensée et dans l'imaginaire allemand et occidental, comme en témoignent de nombreux livres et films.

Che Guevara

Ernesto Guevara (né le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine, et exécuté le 9 octobre 1967 à La Higuera, Bolivie), plus connu sous le nom de Che Guevara ou le Che, est un révolutionnaire marxiste et homme politique d'Amérique latine, dirigeant de la guérilla internationaliste cubaine.

Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté, dans laquelle beaucoup de gens vivent alors. Son expérience et ses observations pendant ces voyages l'amènent à la conclusion que les inégalités socio-économiques ne peuvent être changées que par la révolution, ce qui le pousse à intensifier son étude du marxisme et à voyager au Guatemala afin d’apprendre des réformes entreprises par le président Jacobo Arbenz Guzmán, renversé quelques mois plus tard par un coup d’État appuyé par la CIA.

Guevara rejoint le mouvement du 26 juillet, un groupe révolutionnaire dirigé par Fidel Castro. Après plus de deux ans de guérilla durant laquelle Guevara devient commandant, ce groupe prend le pouvoir à Cuba en renversant le dictateur Fulgencio Batista en 1959. Il occupe ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain, réussissant à influencer le passage de Cuba à une économie socialiste intégrée politiquement dans le bloc communiste et échouant dans l'industrialisation du pays en tant que ministre. Guevara écrit pendant ce temps plusieurs ouvrages théoriques sur la révolution et la guérilla.

En 1965, après avoir dénoncé l'exploitation du tiers monde par les deux blocs de la guerre froide, il disparaît de la vie politique et quitte Cuba avec l'intention d'étendre la révolution. D'abord au Congo-Léopoldville, sans succès, puis en Bolivie où il est capturé et exécuté sommairement par l'armée bolivienne entraînée et guidée par la CIA. Après sa mort, Che Guevara est devenu une icône pour les mouvements révolutionnaires marxistes du monde entier, mais demeure toujours l'objet de controverses entre historiens, notamment à cause de témoignages sur des possibles exécutions d'innocents.

Guerre civile cambodgienne (1967-1975)

La guerre civile cambodgienne est un conflit qui opposa les forces du Parti communiste du Kampuchéa, connues sous le nom de « Khmers rouges », et leurs alliés de la République démocratique du Viêt Nam (Nord-Viêt Nam) et du Việt Cộng à celles du gouvernement du Royaume du Cambodge puis, après octobre 1970, à celles de la République khmère, soutenue par les États-Unis et la République du Viêt Nam (Sud-Viêt Nam).

Dans le contexte de la guerre froide, ce conflit fut exacerbé par l'influence de la guerre du Viêt Nam, et les actions des alliés des deux parties belligérantes. En effet, l'implication de l'Armée populaire vietnamienne (armée nord-vietnamienne) était motivée par son souci de protéger ses bases et ses sanctuaires dans l'Est du Cambodge le long de la piste Hô Chi Minh, sans laquelle la poursuite de son effort militaire au Sud-Viêt Nam aurait été plus difficile, tandis que les États-Unis souhaitaient gagner du temps pour leur retrait du Sud-Est asiatique et protéger leur allié, le régime sud-vietnamien. Les Américains et les armées du Sud et du Nord-Viêt Nam participèrent directement, à un moment ou un autre, aux combats. Le gouvernement cambodgien fut principalement soutenu par des campagnes américaines de bombardements aériens massifs et des aides directes matérielles et financières.

Massacre de Katyń

Le massacre de Katyń est le meurtre de plusieurs milliers de Polonais — essentiellement des personnalités, des officiers mais aussi des étudiants (officiers de réserve), des médecins et les membres des élites polonaises réputées hostiles aux soviétiques — par la police politique de l’Union soviétique (le NKVD) au printemps 1940 dans une forêt russe proche de Smolensk. Par extension, l’expression recouvre l’ensemble des exécutions de membres de l’élite polonaise (de 20 000 à 28 000) perpétrées en 1940 en divers lieux de l’ouest de l’URSS. Ce fut l’un des crimes les plus utilisés dans la guerre idéologique entre l’Allemagne nazie et la Russie communiste, celle-ci étant soutenue par les Anglo-saxons ; la polémique fut enfin brièvement relancée par les États-Unis durant la Guerre de Corée.

Blocus de Berlin

Le blocus de Berlin est l'un des épisodes majeurs de la guerre froide en Europe durant lequel les Soviétiques bloquent les accès terrestres vers Berlin des trois puissances occidentales qui en retour organisent un grand pont aérien pour ravitailler leurs garnisons et les populations civiles berlinoises.

Le , à l’issue d’une longue dégradation des relations entre les quatre puissances occupantes de l’Allemagne, l’Union soviétique bloque toutes les voies routières et navigables par lesquelles Américains, Britanniques et Français communiquent entre leurs zones d'occupation en Allemagne et Berlin. Le blocus dure jusqu’à ce que les Soviétiques le lèvent sans contrepartie le , prenant acte ainsi de leur échec à mettre la main sur Berlin.

Le blocus de Berlin est l'une des toutes premières crises de la guerre froide. Elle en est aussi la plus grave, jusqu'à ce qu'une seconde crise à Berlin (1958-1961) — conclue par la construction du mur —, puis la crise des missiles de Cuba (1962) plongent à nouveau le monde dans la crainte de la guerre et de l'holocauste nucléaire.

Le devenir de l'Allemagne est en 1948 au cœur de l'opposition entre les États-Unis et l’Union soviétique. Staline a réussi à prendre le contrôle de tous les pays d'Europe centrale sans provoquer de réaction concrète des Occidentaux, et les mouvements communistes sont très actifs dans une Europe de l'Ouest qui peine à se relever de la guerre et dont les Américains veulent à tout prix éviter qu'elle ne passe sous le joug de Moscou. Les deux initiatives majeures prises dans cet objectif par Washington, le plan Marshall de sauvetage économique de l'Europe et la création d'une Allemagne de l'Ouest solidement arrimée à la sphère atlantique, sont contraires aux intérêts de Staline qui souhaite étendre son influence à toute l'Allemagne. Isolée au milieu de la zone d'occupation soviétique en Allemagne, Berlin est militairement indéfendable par les Occidentaux. Staline y voit une opportunité de les faire reculer sur leurs initiatives ou à défaut de les chasser de la ville ce qui serait politiquement et symboliquement une grande victoire.

L' Histoire a retenu de cette crise la détermination des alliés occidentaux à conserver leur place à Berlin et le succès du pont aérien mis en œuvre dès les premiers jours par les Américains et les Britanniques. Cette vision occulte les craintes et les incertitudes dans lesquelles furent plongés les dirigeants occidentaux, partagés sur les intentions réelles des Soviétiques et sur la capacité du pont aérien de Berlin à assurer dans la durée le ravitaillement de la population berlinoise de plus de 2 millions de personnes, dont en outre il était difficile de prévoir si elle se tournerait vers Moscou pour éviter de nouvelles privations ou si elle croirait en un avenir au sein du monde occidental. Enfin, la question de l'emploi ou non de l'arme nucléaire redevient un enjeu politique et militaire aux États-Unis pour la première fois depuis les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki.

L'échec du blocus de Berlin permet aux Occidentaux de mener à bien leurs plans relatifs à la création de l'Allemagne de l'Ouest, incluant Berlin-Ouest, et à l'introduction du Deutsche Mark. Les Soviétiques y répondent par l'instauration de l'Allemagne de l'Est. Le blocus précipite aussi la conclusion en avril 1949 du traité de l'Atlantique nord, alliance militaire transatlantique occidentale, dont l'Allemagne de l'Ouest deviendra membre en 1954, provoquant en riposte la création du Pacte de Varsovie par les Soviétiques.

Le rideau de fer entre le bloc de l'Ouest et le bloc de l'Est ne bougera plus jusqu'à la chute du mur de Berlin qui marquera la fin de la guerre froide, dont Berlin aura été le cœur symbolique pendant quarante ans.

Histoire de l'URSS sous Staline

L’URSS sous Staline est État souvent présenté comme l'un des principaux exemples de régime totalitaire, modelé par un dirigeant qui disposait de la totalité des pouvoirs. De 1927 à 1929, Joseph Staline, secrétaire général du Parti communiste soviétique depuis 1922, achève de devenir le maître absolu de l'URSS, ce qui marque le lancement d’une transformation brutale et radicale de la société soviétique. En quelques années, le visage de l’URSS est profondément changé par la intégrale des terres agricoles et par l’industrialisation « à toute vapeur » agencée par les très ambitieux plans quinquennaux.

Cette politique payée de millions de victimes conduit à une chute notable du niveau de vie des citoyens et ouvre un long règne de terreur et de délation, marqué notamment par les Grandes Purges et par l’expansion considérable des camps de travail forcé du Goulag. Mais elle permet aussi à l’URSS de devenir, après sa victoire sur l’envahisseur nazi en 1945, la deuxième superpuissance mondiale. Toute la suite de son histoire, de la mort de Staline (1953) à la désintégration-faillite de 1991, consistera à gérer le lourd héritage de l’époque stalinienne.

Manifestations de la place Tian'anmen

Les manifestations de Tian’anmen se déroulent entre le et le sur la place Tian’anmen à Pékin, la capitale de la République populaire de Chine. Elles prennent la forme d’un mouvement d’étudiants, d’intellectuels et d’ouvriers chinois, qui dénoncent la corruption et demandent des réformes politiques et démocratiques. La contestation s’étend à la plupart des grandes villes, comme Shanghai, et aboutit à Pékin à une série de grandes manifestations et de grèves de la faim organisées sur la place Tian’anmen. Après plusieurs tentatives de négociation, le gouvernement chinois instaure la loi martiale le et fait intervenir l’armée le .

La répression du mouvement provoque un grand nombre de victimes civiles (de quelques centaines à quelques milliers selon les sources), et de nombreuses arrestations dans les mois qui suivent. Plusieurs dirigeants politiques favorables au mouvement sont limogés et placés en résidence surveillée, notamment le Secrétaire général du Parti communiste chinois, Zhao Ziyang. Par la suite, un coup d’arrêt durable est porté aux réformes politiques en République populaire de Chine. Le gouvernement renvoie les journalistes étrangers et contrôle strictement la couverture de l’événement par la presse chinoise. À l’étranger, la répression provoque une condamnation générale du régime de Pékin.

Guerre civile cambodgienne (1967-1975)

La guerre civile cambodgienne est un conflit qui opposa les forces du Parti communiste du Kampuchéa, connues sous le nom de « Khmers rouges », et leurs alliés de la République démocratique du Viêt Nam (Nord-Viêt Nam) et du Việt Cộng à celles du gouvernement du Royaume du Cambodge puis, après octobre 1970, à celles de la République khmère, soutenue par les États-Unis et la République du Viêt Nam (Sud-Viêt Nam).

Dans le contexte de la guerre froide, ce conflit fut exacerbé par l'influence de la guerre du Viêt Nam, et les actions des alliés des deux parties belligérantes. En effet, l'implication de l'Armée populaire vietnamienne (armée nord-vietnamienne) était motivée par son souci de protéger ses bases et ses sanctuaires dans l'Est du Cambodge le long de la piste Hô Chi Minh, sans laquelle la poursuite de son effort militaire au Sud-Viêt Nam aurait été plus difficile, tandis que les États-Unis souhaitaient gagner du temps pour leur retrait du Sud-Est asiatique et protéger leur allié, le régime sud-vietnamien. Les Américains et les armées du Sud et du Nord-Viêt Nam participèrent directement, à un moment ou un autre, aux combats. Le gouvernement cambodgien fut principalement soutenu par des campagnes américaines de bombardements aériens massifs et des aides directes matérielles et financières.

Révolution russe

La Révolution russe est l’ensemble des événements de 1917 ayant conduit en février au renversement spontané du régime tsariste de Russie, puis en octobre à l’installation préparée d’un régime « léniniste ». Largement produite par la Grande Guerre, la Révolution russe est un événement fondateur et décisif du « court XXe siècle » ouvert par l’éclatement du conflit européen en 1914 et clos en 1991 par la disparition de l’URSS. Objet de sympathies et d’immenses espoirs pour les uns (la « grande lueur à l’Est » de Jules Romains, le « charme universel d’Octobre » décrit par François Furet), objet de sévères critiques, voire de peurs et de haines viscérales pour les autres, elle reste un des faits les plus étudiés et les plus passionnément discutés de l’histoire contemporaine.

Son déroulement et ses conséquences posent toujours de nombreuses questions. Les historiens sont encore partagés quant à savoir si Février impliquait nécessairement Octobre. La nature d’Octobre (révolution, coup d'État ou combinaison des deux ?), les raisons des violences de la guerre civile de 1918-1921, celles de la genèse de la dictature soviétique sont également très discutées. Le débat très ancien sur l’évolution conduisant au stalinisme des années 1930 n’a jamais été non plus définitivement tranché : filiation logique, ou bien déviation (voire trahison), par rapport aux idéaux et aux pratiques des bolcheviks de la Révolution ?

Zhou Enlai

Zhou Enlai (chinois simplifié : 周恩来 ; chinois traditionnel : 周恩來 ; pinyin : Zhōu Ēnlái ; Wade : Chou En-lai) né le – mort le est le premier Premier ministre de la République populaire de Chine en poste à partir d'octobre 1949 jusqu'à sa mort, sous les ordres de Mao Zedong. Il a joué un rôle dans la consolidation du contrôle du pouvoir du Parti communiste chinois, a mis en place une politique étrangère et a développé l'économie de la République populaire de Chine.

En tant que diplomate habile et qualifié, Zhou Enlai est ministre des Affaires étrangères entre 1949 et 1958. Préconisant une coexistence pacifique avec l'Occident après l'impasse de la guerre de Corée, il participe aux Accords de Genève en 1954 et aide à orchestrer la visite de Richard Nixon en Chine en 1972. Il est à l'origine des politiques menées face aux crises diplomatiques avec les États-Unis, Taïwan, l'Union soviétique (après 1960), l'Inde et le Viêt Nam. Zhou Enlai est également connu pour être un soutien de longue date de Mao Zedong, en particulier en ce qui concerne la politique étrangère chinoise. Leurs personnalités opposées en ont fait une équipe efficace selon Henry Kissinger, le diplomate américain qui a beaucoup travaillé avec les deux hommes :

« Mao dominait tous les rassemblements ; Zhou s'en imprégnait. La passion de Mao s'efforçait d'écraser l'opposition ; l'intelligence de Zhou cherchait à la persuader ou la manipuler. Mao était sardonique ; Zhou perspicace. Mao se considérait comme un philosophe ; Zhou comme un administrateur ou un négociateur. Mao était avide d'accélérer l'histoire ; Zhou se contentait de l'exploiter. »

En grande partie grâce à son expertise, Zhou Enlai parvient à survivre aux purges des grands dirigeants durant la Révolution culturelle des années 1960. Ses tentatives de réduire les dommages des Gardes rouges et ses efforts pour protéger les autres de la colère de ces derniers l'ont rendu très populaire après les évènements. Alors que la santé de Mao commence à décliner en 1971 et 1972, Zhou et la Bande des Quatre mènent une lutte interne pour prendre la direction de la Chine. Mais la santé de Zhou Enlai est également défaillante et il meurt huit mois avant Mao Zedong, le 8 janvier 1976. L'effusion de chagrin du peuple à Pékin tourne à la colère envers la Bande des Quatre, menant au mouvement du 5-Avril. Bien que Hua Guofeng lui succède, c'est Deng Xiaoping, l'allié de Zhou Enlai, qui parvient à vaincre politiquement la Bande des Quatre et à prendre finalement la place de Mao Zedong en tant que chef suprême de la Chine en 1977.

Histoire de l'URSS sous Staline

L’URSS sous Staline est État souvent présenté comme l'un des principaux exemples de régime totalitaire, modelé par un dirigeant qui disposait de la totalité des pouvoirs. De 1927 à 1929, Joseph Staline, secrétaire général du Parti communiste soviétique depuis 1922, achève de devenir le maître absolu de l'URSS, ce qui marque le lancement d’une transformation brutale et radicale de la société soviétique. En quelques années, le visage de l’URSS est profondément changé par la intégrale des terres agricoles et par l’industrialisation « à toute vapeur » agencée par les très ambitieux plans quinquennaux.

Cette politique payée de millions de victimes conduit à une chute notable du niveau de vie des citoyens et ouvre un long règne de terreur et de délation, marqué notamment par les Grandes Purges et par l’expansion considérable des camps de travail forcé du Goulag. Mais elle permet aussi à l’URSS de devenir, après sa victoire sur l’envahisseur nazi en 1945, la deuxième superpuissance mondiale. Toute la suite de son histoire, de la mort de Staline (1953) à la désintégration-faillite de 1991, consistera à gérer le lourd héritage de l’époque stalinienne.

Nikita Khrouchtchev

Nikita Sergueïevitch Khrouchtchev (né le 15 avril 1894 ( dans le calendrier grégorien) à Kalinovka, Empire russe - mort le à Moscou) est un homme politique soviétique qui dirigea l'URSS durant une partie de la guerre froide. Il fut premier secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique de 1953 à 1964 et président du conseil des ministres de 1958 à 1964. Khrouchtchev joua un rôle important dans le processus de déstalinisation, dans le développement du programme spatial soviétique et dans la mise en place de réformes relativement libérales en politique intérieure. Les autres dirigeants du parti s'arrangèrent pour l'écarter du pouvoir en 1964 et il fut remplacé par Léonid Brejnev au poste de premier secrétaire et par Alexis Kossyguine à celui de président du conseil des ministres.

Khrouchtchev est né à Kalinovka, village russe situé dans l'ancien gouvernement de Koursk (actuellement oblast de Koursk en Russie) à proximité de la frontière actuelle avec l'Ukraine. Il fut forgeron dans sa jeunesse avant de devenir commissaire politique durant la guerre civile et de gravir les échelons de la hiérarchie soviétique avec l'aide de Lazare Kaganovitch. Il défendit les Grandes Purges de Joseph Staline et approuva des milliers d'arrestations. En 1939, Staline le nomma à la tête du parti communiste en Ukraine et il poursuivit les purges dans la région. Durant la Seconde Guerre mondiale, Khrouchtchev redevint commissaire et joua le rôle d'intermédiaire entre Staline et ses généraux. Il participa à la bataille de Stalingrad et après la guerre, Khrouchtchev retourna en Ukraine avant d'être rappelé à Moscou où il devint l'un des plus proches conseillers de Staline.

Khrouchtchev émergea comme le vainqueur de la lutte de pouvoir provoquée par la mort de Staline en 1953. Le 25 février 1956, lors du XXe congrès du Parti, il prononça le « discours secret » dénonçant les politiques répressives de Staline et enclenchant un assouplissement de l'appareil coercitif en Union soviétique. Sa politique intérieure, destinée à améliorer la vie du peuple, fut souvent inefficace en particulier dans le domaine agricole. Espérant faire reposer la défense nationale sur les missiles balistiques, Khrouchtchev ordonna d'importantes coupes dans le budget consacré aux forces conventionnelles. Malgré ces réductions, ce fut sous le pouvoir de Khrouchtchev qu'eurent lieu les années les plus tendues de la guerre froide et les tensions culminèrent lors de la crise des missiles de Cuba en 1962...

Front yougoslave de la Seconde Guerre mondiale

Le Front yougoslave englobe l'ensemble des opérations militaires conduites en Yougoslavie pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce pays des Balkans devient un théâtre d'opérations du conflit mondial au printemps 1941. Le gouvernement yougoslave s'allie à l'Allemagne nazie fin mars, mais il est renversé par un coup d'État deux jours plus tard. En réaction, les forces de l'Axe envahissent le royaume le . La Yougoslavie est ensuite démembrée, et son territoire annexé ou occupé par l'Allemagne, l'Italie, la Hongrie et la Bulgarie. Deux parties du pays deviennent des États « indépendants » : la Croatie, où le mouvement fasciste des Oustachis est mis au pouvoir et installe une dictature particulièrement meurtrière, et la Serbie, où est proclamé un gouvernement collaborateur.

Les conditions d'occupation, et notamment les atrocités commises par les Oustachis, suscitent deux mouvements de résistance qui se trouvent cependant très vite en conflit l'un avec l'autre : les Tchetniks nationalistes et monarchistes commandés par Draža Mihailović, et les Partisans communistes commandés par Tito. Les Alliés apportent d'abord leur soutien aux Tchetniks, mais ceux-ci en arrivent à privilégier le combat contre les Partisans, et à nouer pour des raisons tactiques des alliances avec les occupants dans l'attente d'un débarquement des Britanniques. Jusqu'en , la guerre mondiale se double donc en Yougoslavie d'une guerre civile extrêmement violente, théâtre de nombreux massacres, de nettoyages ethniques et de crimes de guerre de toutes sortes.

Les Tchetniks sont un mouvement essentiellement serbe, associé à l'ancien régime. À l'opposé, les communistes parviennent à gagner à leur cause une partie de la population en proposant de reconstruire la Yougoslavie sur une base fédérale qui, au contraire de la monarchie serbe d'avant-guerre, mettrait ses différentes nationalités sur un pied d'égalité. Fin 1943, jugeant les Tchetniks trop compromis dans la collaboration et les Partisans plus efficaces contre les Allemands, les Britanniques reportent leur soutien sur les forces de Tito. En outre, l'idée d'une intervention anglo-américaine dans les Balkans est abandonnée pour ne pas disperser les forces au moment du débarquement en France, laissant le territoire yougoslave en proie à l'affrontement des différentes factions locales.

Après s'être emparé fin 1944 du territoire serbe avec l'aide des Soviétiques, Tito triomphe de l'ensemble de ses adversaires et s'assure très rapidement le monopole du pouvoir. La monarchie est officiellement abolie en , pour laisser place à un régime communiste qui dure ensuite jusqu'en 1992. Sous la Yougoslavie de Tito, la lutte des Partisans pendant le conflit mondial, appelée « Guerre de libération nationale », fait office de « mythe fondateur » du régime. Les souvenirs des haines ethniques et des atrocités de la guerre ne s'éteignent cependant pas, alimentant les ressentiments et les nationalismes qui conduisent, dans les années 1990, à l'éclatement définitif du pays.