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Traité de Versailles

traité de paix entre l'Allemagne et les Alliés, signé en 1919
(Redirigé depuis Traité de Versailles (1919))
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Traité de Versailles
Description de cette image, également commentée ci-après
Signature du traité à la galerie des Glaces, château de Versailles.
Traité de paix entre les Alliés et les Puissances associées et l'Allemagne
Type de traité Traité de paix
Dépôt Gouvernement français
Langues Français
Anglais
Signé
Versailles, France
Effet
(ratification par l'Allemagne
et les principales puissances alliées)
Parties
Parties Perdant[1] Vainqueurs[1]
Signataires Drapeau de la République de Weimar Reich allemand Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la France République française
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Italie Royaume d'Italie
Drapeau du Japon Empire du Japon

Wikisource logo Voir le traité sur Wikisource

Documentaire d'époque du gouvernement américain sur la signature du traité.

Le traité de Versailles est un traité de paix signé le entre l'Allemagne et les Alliés à l'issue de la Première Guerre mondiale.

Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité est signé le , date anniversaire de l'attentat de Sarajevo, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, et promulgué le . Il annonce la création de la Société des Nations (SDN) et détermine les sanctions prises à l'encontre de l'Allemagne et de ses alliés. Celle-ci, qui n'est pas représentée au cours de la conférence, est amputée de certains territoires et privée de ses colonies, et astreinte à de lourdes réparations économiques et à d'importantes restrictions de sa capacité militaire.

Sommaire

Choix du lieuModifier

Le lieu de la signature du traité permet à la France d'effacer symboliquement l'humiliation de la défaite lors de la guerre franco-allemande de 1870. C'est en effet dans la même galerie des Glaces, au château de Versailles, qu'avait eu lieu la proclamation de l'Empire allemand, le [2].

Choix de la dateModifier

La signature du traité de Versailles le commémore l'attentat de Sarajevo survenu le , qui fut le prétexte de l'ultimatum austro-hongrois adressé à la Serbie, et d'une crise qui allait entraîner la mobilisation militaire des puissances européennes puis leur entrée en guerre.

Conditions de la rédaction et de la signature du traitéModifier

 
Signature du traité.

Les puissances victorieuses invitent des représentants de territoires du monde entier à la conférence de paix, mais n'invitent aucun responsable des États vaincus, ni de la Russie (désormais bolchévique), qui avait accepté un armistice séparé en 1917, avant d'être contrainte à signer le traité de Brest-Litovsk en 1918. Certaines personnalités auront une influence déterminante. On en retient habituellement les dirigeants de cinq des principales puissances victorieuses : Lloyd George, Premier ministre britannique, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Milenko Vesnić ministre de Serbie, Georges Clemenceau, chef du gouvernement français et ministre de la Guerre, et Woodrow Wilson, le président des États-Unis.

 
Signature du traité, vue par le peintre William Orpen.

Chaque représentant est libre de travailler à la rédaction du traité, mais les positions de ces hommes divergent. Le président américain veut mettre en place la nouvelle politique internationale dont il a exposé les principes directeurs dans ses quatorze points. Pour lui, la nouvelle diplomatie doit être fondée sur le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », tout en concédant la création juridique des mandats de la Société des Nations, qui ne diffèrent des colonies que sur le papier, et sur la collaboration entre États. Il jouit d'un grand prestige et surtout d'une puissance économique sans égale, face aux Européens ruinés et saignés. Il cherche à ménager l'Allemagne, à la fois pour éviter tout revanchisme et pour y retrouver un partenaire économique.

Lloyd George, dans un premier temps, tient à « presser le citron jusqu’à ce que les pépins craquent »[3]. Mais à partir de mars 1919, il considère l'Allemagne suffisamment affaiblie et veut au contraire éviter une suprématie française : fidèle à la doctrine de l'équilibre des puissances continentales, il décide alors d'éviter qu'aucun des deux rivaux n'acquière une trop grande force[3].

Clemenceau, au contraire, cherche à imposer au vaincu le paiement de lourdes indemnités pour réduire sa puissance économique et politique, et pour financer la reconstruction de la France, ainsi que l'annexion de l'Alsace-Lorraine, voire d'autres territoires (Sarre, etc.).

Orlando tient essentiellement à récupérer les terres irrédentes.

L'acceptation contrainte de l'AllemagneModifier

Le projet de traité est remis, sur convocation au Trianon Palace, le 7 mai, date anniversaire du naufrage du Lusitania, à la délégation allemande qui comprenait les professeurs Max Weber, Albrecht Mendelssohn Bartholdy et Hans Delbrück ainsi que le général Max Graf Montgelas. Des contrepropositions ont été remises le 29 mai par notes écrites, les représentants allemands n’ayant pas été autorisés à s’exprimer oralement. La délégation allemande estime que le projet n’est pas conforme aux 14 points du Président Wilson. Ces observations très détaillées n’aboutissent qu’à de très légères modifications (consultation populaire en Haute-Silésie) sous l’influence de Lloyd George. Le traité définitif est remis le 16 juin au gouvernement allemand avec ultimatum de 5 jours au-delà duquel l’armée française envahirait l’Allemagne. Le chancelier Scheidemann ne pouvant accepter l'humiliation (« Quelle main ne se dessècherait-elle pas qui se mettrait et nous mettrait ces chaînes ? ») démissionne avec l'ensemble de son gouvernement. Le socialiste Gustav Bauer accepte le pouvoir et donne son consentement sous la menace, l’armée allemande n’étant pas en état de résister. L’assemblée allemande vote l’adoption du traité par 237 voix contre 138 pour éviter l’occupation. Le traité est signé, avec réserves, le 28 juin par deux membres du gouvernement constitué dans l’urgence, le ministre des affaires étrangères Hermann Müller (SPD) et le ministre des transports Johannes Bell (Centre)[4].

ContenuModifier

La première partie du traité établit une charte pour une Société des Nations. Elle reprend l'idéal wilsonien d'une diplomatie ouverte, organisée par un droit international. La treizième partie pose les principes du Bureau international du travail. Le reste du traité est essentiellement consacré aux conditions de la paix en Europe. Un principe, énoncé à l'article 231, structure l'ensemble : l'Allemagne et ses alliés sont déclarés seuls responsables des dommages de la guerre. Ce principe justifie les exigences très lourdes des vainqueurs à l'égard de l'Allemagne.

Remaniements territoriauxModifier

La seconde partie du traité définit les frontières de l'Allemagne, mais dans plusieurs régions, la détermination du tracé définitif est remise à plus tard. L'indépendance des nouveaux États de Pologne et de Tchécoslovaquie est également affirmée. L'indépendance de l'Autriche, dans son nouveau périmètre, est également protégée : il est interdit à l'Allemagne de l'annexer (art. 80).

L'Allemagne est amputée de 15 % de son territoire et de 10 % de sa population au profit de la France, de la Belgique, du Danemark, et surtout de la Pologne, recréée. Il s'agit essentiellement de régions que l’Allemagne avait naguère conquises par la force. Les principales transformations territoriales sont :

Dispositions militairesModifier

De nombreuses mesures sont prises pour limiter le pouvoir militaire de l'Allemagne et protéger ainsi les États voisins. Les clauses militaires forment la cinquième partie du traité :

  • l'Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses quelques blindés et toute sa flotte (qui se sabordera dans la baie écossaise de Scapa Flow) ;
  • son réarmement est strictement limité ; elle n'a plus droit aux blindés, à l'artillerie et à ses forces aériennes ;
  • son armée est limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire est aboli ;
  • la rive gauche du Rhin, plus Coblence, Mayence et Cologne, sont démilitarisées.

Dispositions économiques et financièresModifier

 
Page de couverture de la version française du traité (document publié vers le .)
  • À la suite des dommages causés pendant toute la durée de la guerre dans le nord de la France et en Belgique, l'Allemagne — considérée comme principale responsable de la guerre — doit payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en mai 1921. Il s'élève à 132 milliards de marks-or, une somme très élevée. Au taux de conversion de 1914, c'est-à-dire un mark-or pour 0,358 425 g d'or fin, ces 132 milliards de marks-or correspondent à 47 312,1 tonnes d'or, lesquelles vaudraient, au cours d'avril 2014, environ 1 420 milliards d'euros, 1 960 milliards de dollars américains, 2 160 milliards de dollars canadiens ou 1 730 milliards de francs suisses. Le montant total des dommages causés par la guerre aux Alliés a toutefois été estimé à 150 milliards de marks-or.
  • Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ce volet économique : l'Allemagne perd la propriété de tous ses brevets (l'aspirine de Bayer tombe ainsi dans le domaine public). Les fleuves Rhin, Oder et Elbe sont internationalisés et l'Allemagne doit admettre les marchandises en provenance d'Alsace-Moselle et de Posnanie sans droits de douane. En outre, le pays doit livrer aux Alliés du matériel et des produits.

Renoncement de l'Allemagne à son empire colonialModifier

Dans la quatrième partie du traité, l'Allemagne, toujours à titre de compensations, est forcée de renoncer à son empire colonial.

Juridiquement, et sous l'influence de Wilson, les Alliés, cependant, n'annexent pas purement et simplement ces territoires : ils les « administrent » sous mandat de la Société des Nations, formule ad hoc créée pour l'occasion, mais dans le pacte de la Société des Nations, et qui distingue les territoires selon différents « degrés de développement ». L'art. 22 du pacte de la SDN indique ainsi que le « régime international » dit du « mandat » a vocation à s'appliquer aux « colonies et territoires » qui, d'une part, à la suite de la guerre, avaient « cessé d'être sous la souveraineté des États qui les gouvernaient précédemment » et qui, d'autre part, étaient « habités par des peuples [alors regardés comme] non encore capables de se diriger eux-mêmes ». Dans les faits, et comme cette dernière formulation juridique l'indique, ces territoires demeuraient sous le joug colonial des puissances européennes — et du Japon.

C'est ainsi que, au sein des Alliés, les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partagent ces dernières : le Cameroun, le Togo, l'Afrique orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande a déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l'Union sud-africaine, qui la reçoit en mandat de la SDN en 1920.

Dans le Pacifique, la Nouvelle-Guinée allemande, occupée pendant la guerre, est partagée entre le Japon, l'Australie et le Royaume-Uni, qui administrent ces territoires sous mandats de la SDN (dans les faits, Nauru, sous mandat britannique, est administré par l'Australie). Les Samoa allemandes passent sous mandat néo-zélandais.

Dans la foulée, l'Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam, Maroc, Égypte, Turquie, etc.).

Les signatairesModifier

 
Fac-similé des trois pages de signature du traité de Versailles.
 
Fac-similé des trois pages de signature du traité de Versailles.
 
Signatures du traité de Versailles - p. 223.

Les signatures et les sceaux des délégués américains et britanniques au traité ont été apposés :

Ceux des délégués des dominions britanniques, de l'Inde et de la France ont été apposés :

Ceux des délégués allemands ont été apposés en dernière page (cependant ils ont signé en premier) :

La ratificationModifier

L'assemblée allemande a ratifié le traité, qualifié par l'opinion publique de Diktat, dès avant sa signature. La Chambre des Communes le ratifie sans enthousiasme mais sans longs débats le 3 juillet 1919. En France, la ratification est précédée d'une longue phase de discussions. Le traité est examiné par une commission créée le 3 juillet 1919 présidée par René Viviani devant laquelle Clémenceau doit justifier ses concessions. Malgré les critiques, le vote de la Chambre des députés est acquis le 2 octobre 1919, celui du Sénat le 11 octobre 1919[5]. Le traité ne sera pas ratifié par le Sénat américain.

Les traités annexesModifier

 
Répartition des peuples européens du Sud et de l'Est avant le conflit.

Le même jour est signé le petit traité de Versailles qui reconnaît l'indépendance de la Pologne et protège ses nouvelles minorités en vertu des dispositions de l'article 93 du traité. Des traités annexes au traité de Versailles sont signés séparément avec chacun des vaincus : les traités de Saint-Germain-en-Laye puis du Trianon avec l'Autriche-Hongrie qui est partagée en :

L'Entente signe le traité de Neuilly-sur-Seine avec la Bulgarie, et celui de Sèvres avec l'Empire ottoman.

 
Carte de l'Europe en 1923.

Accueil et conséquencesModifier

 
Trains contenant du matériel versé au titre des réparations après le traité de Versailles.
 
Photo d'archive allemande de 1920 illustrant le démontage d'un canon lourd, en application de la disposition du traité imposant la destruction des armes lourdes.

Le traité de Versailles a été l'objet de multiples critiques. Les frustrations qu'il a fait naître, ainsi peut-être que les déséquilibres qu'il a engendrés, ont joué un rôle non négligeable dans la politique européenne des décennies suivantes. Hitler s'oppose dès le début de son ascension politique au traité de Versailles qui fait reposer les conséquences de la Première Guerre mondiale sur les épaules de l'Allemagne. En effet, selon l'article 231, l'Allemagne est considérée comme responsable de la guerre.

Le Sénat des États-Unis refuse de le ratifier et empêche ainsi les États-Unis d'entrer à la Société des Nations, ce qui d'emblée réduit la portée de cette organisation.

La France, qui est pourtant un des principaux bénéficiaires des traités (retour de l'Alsace et de la Lorraine dans le giron français, démilitarisation de l'Ouest de l'Allemagne, dépeçage de l'Empire austro-hongrois et obtention d'un énorme montant pour les réparations financières), n'est pas encore satisfaite : pour assurer sa sécurité, elle aurait voulu obtenir la création d'un État tampon indépendant en Rhénanie, notamment sur la rive gauche du Rhin, mais elle n'obtient qu'une « garantie » verbale des Britanniques et des Américains de soutenir la France en cas de nouvelle agression allemande. Certains, à droite, préconisaient d'annexer la Sarre, et railleront Clemenceau, le « Père la Victoire », en le traitant de « Perd-la-Victoire »[3].

En Savoie et Haute-Savoie, l'article 435 du traité de Versailles abroge les dispositions du traité de Paris en 1815 relatives à la zone neutre. Dans le pays de Gex et en Haute-Savoie, le même article fait que certaines dispositions des traités de Paris et de Turin en 1816 relatives aux petites zones franches peuvent être remises en cause par un accord entre la France et la Suisse.

Le ressentiment est particulièrement fort encore en Italie. On a parlé de « victoire mutilée », car les Alliés n'ont pas respecté les promesses faites durant le conflit concernant l'attribution des provinces de l'Istrie et de la Dalmatie. Les fascistes italiens exploitent la situation et y trouvent un terreau propice à l'exaltation d'un nationalisme virulent.

 
Revendications de la délégation ukrainienne à la conférence de paix de Paris (1919).

La Belgique, qui est le pays qui a connu le plus d'exactions et d'exécutions de civils de la part de l'occupant, relativement à sa population, est la première nation dédommagée financièrement par l'Allemagne et la seule à l'être totalement, ce qui contribue à sa rapide reconstruction.

Autre source de ressentiments, la contradiction entre, d'une part, la proclamation solennelle du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et, d'autre part l'interdiction faite aux Autrichiens de se rattacher à l'Allemagne, ou le refus de l'Entente de faire droit aux revendications de nations telles que l'Ukraine. Dans le premier cas, ce ressentiment favorisera le bon accueil fait en Autriche à l'Anschluss en 1938, dans le second, le bon accueil fait en Ukraine à la Wehrmacht en 1941.

En Asie, les prétentions japonaises entraînent en Chine une agitation nationaliste et anti-japonaise connue sous le nom de mouvement du 4-Mai, qui pousse le gouvernement chinois à refuser de ratifier le traité[6]. La république de Chine, bien que mentionnée parmi les parties contractantes, refuse ainsi de signer le traité, parce qu'il prévoit la cession à l'empire du Japon des droits allemands sur le Shandong[7].

RéparationsModifier

 
Le traité de Versailles est vécu ou présenté comme un diktat par de nombreux Allemands.

Le paiement de réparations représente une lourde charge pour la république de Weimar. En proie à de graves difficultés financières, elle s'avère incapable d'y faire face. Les Alliés demandent alors des livraisons en nature. Face aux retards de livraison allemands, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en 1923, ce qui aggrave encore la déstabilisation économique de l'Allemagne. Toutefois, les difficultés ne sont pas réglées.

Sous la direction américaine, le plan Dawes est alors élaboré. Il facilite les conditions de remboursement pour l'Allemagne. Toutefois, la charge apparaît encore trop lourde, ce qui conduit à l'élaboration d'un nouveau plan, le plan Young, en 1929. Les dettes allemandes sont diminuées et rééchelonnées de manière considérable. En Allemagne, les réparations font tout au long de la période l'objet de vives contestations politiques, et alimentent un vif ressentiment. Celui-ci s'ajoute à la volonté qu'ont, dès 1918, l'élite militaire (Ludendorff) et les nationalistes de reprendre la guerre dans de meilleures conditions. En 1929, une pétition aboutit, contre l'avis du gouvernement, à soumettre à référendum une proposition de loi qui annule le paiement de dettes. Cependant, la participation au référendum fut très faible et la loi fut rejetée à près de 95 %.

Selon les termes du plan Young, le paiement des réparations devait s'échelonner jusqu'en 1988, mais avec la Grande Dépression, les versements furent interrompus (moratoire Hoover en 1931, conférence de Lausanne en 1932). En 1933, les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne, ils rejettent toute idée de paiement des réparations. Les paiements sont définitivement arrêtés, tandis que l'annexion de l'empire colonial allemand sera maintenue jusqu'à l'accession à l'indépendance des peuples africains concernés au début des années 1960, à l'exception de la Namibie qui n'accède à l'indépendance qu'en 1990.

L'Allemagne traînera sa dette jusqu'au , date à laquelle elle la soldera définitivement, près d'un siècle après le début du conflit[8].

L'original du traitéModifier

L'original du traité a disparu en 1940 et on ignore s'il a été détruit. Face à l'avancée des troupes allemandes vers Paris, il devait être mis à l'abri à l'ambassade de France aux États-Unis, mais ce n'est qu'une version préparatoire qui y est parvenue. On a longtemps cru qu'il se trouvait à Moscou, mais l'ouverture progressive des archives depuis 1990 n'a pas permis de le retrouver. La seule certitude est que les Allemands ont mis la main sur la ratification française du traité, cachée au château de Rochecotte[9], le 11 ou le , en même temps que sur le traité de Saint-Germain-en-Laye. Elle fut transportée par avion à Berlin pour être présentée à Adolf Hitler[10].

Utilisation de l'anglais comme seconde langue officielle du traitéModifier

Georges Clemenceau, qui parlait couramment l'anglais, accéda à la demande de ses homologues britanniques et américains concernant la langue de rédaction du traité. Alors que le français était la seule langue de la diplomatie occidentale depuis le XVIIIe siècle et le traité d'Utrecht, l'anglais fut choisi comme autre langue de travail et seconde langue officielle du traité de Versailles. Ce fut le premier signe tangible de la montée de l'anglais sur la scène internationale et de sa mise en concurrence avec le français[11].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Renouvin, Le traité de Versailles, Flammarion (réimpr. 1969).
  • Jacques Bainville, Les Conséquences politiques de la paix, Godefroy de Bouillon (réimpr. 1969) (1re éd. 1920).
  • Pierre Miquel, La Paix de Versailles et l'opinion publique française (Thèse d'État), Flammarion, coll. « Nouvelle Bibliothèque scientifique dirigée par Fernand Braudel » (réimpr. 1992) (1re éd. 1973), 611 p. (ISBN 978-2-082-10177-6).

Articles connexesModifier




Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Signé le 10 septembre 1919, concerne le démantèlement de l'Empire austro-hongrois.
  2. Signé le 27 novembre 1919, fixe les nouvelles frontières de la Bulgarie.
  3. Signé le 4 juin 1920, apporte des précisions au précédent traité de Saint-Germain-en-Laye, notamment sur les frontières de la Hongrie.
  4. Signé le 10 août 1920, à propos de l'Empire ottoman.
  5. Signé le 12 novembre 1920, traite des frontières communes entre l'Italie et la nouvelle Yougoslavie.
  6. Signé le 13 octobre 1921, sur les frontières caucasiennes entre les républiques soviétiques et la Turquie.
  7. Signé le 16 avril 1922 entre l'Allemagne et l'URSS.
  8. Signé le 24 juillet 1923 en remplacement du traité de Sèvres, à la suite de la révolution kémaliste en Turquie.
  9. Livre de John Maynard Keynes, très critique à l'égard du traité, dont il juge les conséquences économiques trop lourdes pour l'Allemagne, tandis qu'il[Qui ?] sous-estime l'affaiblissement durable de la France à la suite de la guerre.
  10. Économiste français qui livre une critique sévère de la théorie keynésienne et de l'analyse keynésienne du volet économique du traité de Versailles.
  11. Livre de Jacques Bainville, très critique à l'égard du traité dont il juge les conséquences politiques incohérentes, laissant une Allemagne trop puissante avec de nombreux motifs de ne pas respecter ses obligations. Il prévoit qu'une nouvelle guerre en résultera.
  12. a et b Sur les conditions de paiement des réparations par l'Allemagne.
  13. « La légende du coup de poignard dans le dos ».
  14. « La question de la responsabilité (allemande) dans (le déclenchement de) la guerre ».

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Préambule du traité de Versailles.
  2. Fabien Oppermann et Centre de recherche du château de Versailles, Le Versailles des présidents : 150 ans de vie républicaine chez le Roi-Soleil, Paris Versailles, Fayard Centre de recherche du chateau de Versailles, , 236 p. (ISBN 978-2-213-68355-3, OCLC 937674659), p. 65-75.
  3. a b et c À Versailles, la guerre a perdu la paix, extrait du Manuel critique d'histoire publié par Le Monde diplomatique, en ligne sur le site du mensuel, 20 juillet 2015, accès URL le 21 juillet 2015.
  4. Annie Deperchin, Les traités de paix dans l'Encyclopédie de la Grande guerre, Paris, Bayard, , 1344 p. (ISBN 2 227 13945 5), p. 1009-1010
  5. Annie Déperchin, Les traités de paix. Dans l'Encyclopédie de la Grande Guerre, Paris, Bayard, , 1043 p. (ISBN 2 227 13945 5), p. 1011
  6. Xavier Paulès, « La Chine des guerres de l'opium à nos jours, « Le mouvement du 4 mai 1919 » », La Documentation Française 8093,‎ mai-juin 2013, p. 32.
  7. « Traité de Versailles de 1919 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur université de Perpignan.
  8. « Financièrement, la Première Guerre mondiale se termine dimanche », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  9. « Le déménagement polémique des archives du Quai d'Orsay », le Figaro, (consulté le 20 décembre 2008).
  10. Sophie Coeuré, La mémoire spoliée : les archives des Français, butin de guerre nazi puis soviétique, de 1940 à nos jours, Paris, Payot, , 270 p. (ISBN 978-2-228-90148-2, OCLC 238821249), p. 27.
  11. « Traité de Versailles de 1919 », sur www.axl.cefan.ulaval.ca (consulté le 4 janvier 2018).