Malcolm X (film)

film sorti en 1992
Malcolm X
Réalisation Spike Lee
Scénario Arnold Perl
Spike Lee
Acteurs principaux
Sociétés de production 40 Acres & A Mule Filmworks
Largo International N.V.
JVC Entertainment Networks
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Biopic
Durée 193 minutes
Sortie 1992


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Malcolm X est un biopic américain réalisé par Spike Lee et sorti en 1992.

En 2010, le film est inscrit au National Film Registry pour être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique ».

SynopsisModifier

Le film débute par une séquence alternant un drapeau américain consumé par le feu et des extraits d'une célèbre vidéo amateur de George Holiday montrant le tabassage de Rodney King par la police de Los Angeles. En voix off, Denzel Washington, dans le rôle de Malcolm X, condamne avec colère l'Amérique blanche : « Le rêve américain connais pas, nous vivons chaque jour, le cauchemar américain ! » À la fin de cette ouverture, les restes non brûlés du drapeau américain forment la lettre X.

Malcolm Little, également surnommé « Red » en référence à ses cheveux roux, vit de petits emplois et de magouilles. Avec son meilleur ami Shorty, il essaie de profiter de la vie, portant des costumes zazous, se faisant défriser les cheveux, sortant à la fois avec une femme noire et une femme blanche... Plus tard, il devient gangster à Harlem pour le compte d'Archie L'Antillais. Ce dernier le prend sous son aile, mais un malentendu financier finit par brouiller les deux hommes et Malcolm est contraint de s'enfuir pour Boston. Il retrouve Shorty et sort avec une femme blanche. Après avoir cambriolé un couple de riches blancs, Malcolm et Shorty sont arrêtés et condamnés à une peine de 8 à 10 ans de prison.

Au début de son incarcération, Malcolm se rebelle contre les matons et l'aumônier. Après une période d'isolement, il rencontre Baines, un autre détenu noir, qui l'aide à sortir de son addiction à la cocaïne. Toutefois, Malcolm, fils d'un pasteur baptiste garveyiste qui mourut violemment assassiné par des membres du Ku Klux Klan, reste méfiant envers Baines qui fait la promotion de l'islam. Malcolm est toutefois progressivement convaincu et Baines l'éduque en le présentant à la Nation of Islam en insistant sur le fait que « Dieu est noir ». Lorsqu'il entend de la part d'un autre prisonnier que le joueur de baseball noir Jackie Robinson a été engagé par la célèbre équipe des Brooklyn Dodgers, Malcolm est ravi de cette avancée symbolique mais Baines lui rappelle de ne jamais oublier les quatre cents ans d'esclavage. Baines raconte à Malcolm qu'ils font partie de la Tribu de Shabazz, qu'ils sont égarés dans le désert d'Amérique du Nord, que tous les Blancs sont des démons et qu'Elijah Muhammad, leader de la Nation of Islam, les mènera vers la lumière. Cependant lorsque Baines l'encourage à prier à la manière musulmane, Malcolm n'arrive pas à s'agenouiller même si le désir s'en ressent. Plus tard, il a une révélation dans sa cellule : lisant une lettre d'Elijah Muhammad, celui-ci apparaît soudainement à Malcolm et lui dit : « Je suis venu te donner quelque chose que personne ne pourra plus te reprendre : le sentiment de ta propre valeur ». Quand la vision disparaît, Malcolm s'agenouille et prie. À sa sortie de prison, il est pleinement converti et rend visite à Elijah. Selon les préceptes de la Nation of Islam, il rejette son nom de famille, qu'il considère comme son nom d'esclave donné par un Blanc, et il adopte à la place la lettre X, symbole mathématique de l'inconnue.

Les années suivantes, Malcolm devient un imam important de la Nation of Islam, épousant les principes islamiques et les paroles d'Elijah Muhammad, qui lui ordonne d'ouvrir des mosquées dans tout le pays. Il est présenté à Betty Sanders, une infirmière musulmane ; ils se marient et ont quatre filles. Durant cette période, il retrouve aussi Shorty qui lui donne des nouvelles de ses anciens copains criminels comme Archie L'Antillais, qui vit dans le Bronx, souffre physiquement et mentalement à cause de la drogue et implore l'aide de Malcolm.

En dépit de l'ascension fulgurante de la Nation of Islam, pendant l'époque de Malcolm, un doute persistant se ressent dans l'organisation même. La faction pro[Quoi ?] d'Elijah Muhammad (celle dont Baines fait partie) estime que Malcolm se considère comme le nouveau leader de la Nation of Islam. Mais Elijah maintient sa confiance envers son protégé.

Malcolm apprend dans la presse un scandale : Elijah Muhammad est accusé d'avoir engendré huit enfants hors mariage avec six adolescentes. En confrontant ce dernier, celui-ci justifie son infidélité en arguant le besoin de « planter sa graines dans un sol fertile ». Malcolm est déstabilisé par l'hypocrisie de son mentor. Alors que Malcolm a fait des déclarations choquantes au sujet de l'assassinat du président John F. Kennedy, Elijah Muhammad, lui interdit tout commentaire et toute activité pendant quatre-vingt-dix jours.

En fin de compte, Malcolm décide de quitter l'organisation, annonçant publiquement son intention de penser par lui-même et de parler avec ses propres mots en établissant une nouvelle mosquée indépendante, la The Muslim Mosque Inc. Il annonce aussi qu'il partira faire le pèlerinage à La Mecque, ce que tout bon musulman doit faire une fois dans sa vie. Là-bas, il écrit une lettre à sa femme Betty, et celle-ci la lit à haute voix devant un groupe de personnes. Il l'informe qu'il pense être suivi par des agents de la CIA, et il précise par ailleurs qu'il a prié avec d'autres musulmans de toutes les races, y compris des Blancs, ce qui le pousse à nuancer son discours au sujet des Blancs afin de rejeter clairement toute forme de racisme. Il signe sa lettre à la fois avec son nouveau nom, « El-Hajj Malik El-Shabazz », et avec son nom usuel. Après son retour aux États-Unis, sa vision et ses pensées évoluant donc. Il annonce notamment sa volonté de travailler avec les autres leaders des droits civiques, qu'il critiqua durement dans le passé.

Son activité engendre malheureusement la colère d'Elijah Muhammad et de ses partisans. Outre des harcèlements téléphoniques, il apprend par le propre fils d'Elijah Muhammad, qui s'était allié à Malcolm X, que celui-ci avait reçu l'ordre de le tuer en plaçant un engin explosif dans la voiture de Malcolm. Plus tard, sa maison du Queens est incendiée, mais lui et sa famille réussissent à s'échapper, sains et saufs. Dans une interview donnée pour la télévision pendant que les pompiers éteignent l'incendie, il accuse ouvertement Elijah Muhammad d'avoir ordonné cet attentat. Baines réagit lui aussi publiquement, en affirmant qu'il s'agit d'une stratégie de communication de la part de Malcolm.

Le , Malcolm donne un discours à l'Audubon Ballroom Dancing à Harlem, mais des perturbations dans le public l'interrompent. Malcolm essaye de calmer la masse mais il est alors assassiné de plusieurs coups de feu. Sa femme et ses enfants, présents dans la salle, sont témoins de la scène. Les suspects sont capturés après avoir tenté de s'échapper. Plus tard, un porte-parole de l'hôpital fait une déclaration publique pour officialiser le décès de Malcolm X.

Le film s'achève par une série d'images d'archives et de films plus récents. On voit d'abord Martin Luther King évoquant l'assassinat de Malcolm X, parlant de « déplorable tragédie » qui « révèle qu'il existe encore bien des gens dans notre pays qui ont dégénéré au point d'exprimer leurs désaccords par le meurtre et que nous n'avons pas appris à exprimer de désaccords sans violence ».

Différentes images d'archives (films ou photographies) s'enchaînent ensuite, dont une part montre Malcolm X, avec en voix off l'eulogie prononcée par l'acteur et militant Ossie Davis lors des funérailles de Malcolm X.

Le film montre ensuite une enseignante noire dans une classe américaine. Derrière elle sur le tableau est écrit « Fête de Malcolm X » et elle explique à ses élèves que c'est l'anniversaire de Malcolm X. « Malcolm X c'est vous — vous tous — et vous êtes Malcolm X » dit-elle, puis les élèves se lèvent et crient l'un après l'autre « Je suis Malcolm X ! » Le film culmine avec une scène montrent le militant anti-apartheid Nelson Mandela, alors récemment libéré de prison, citant l'un des discours de Malcolm X dans une salle de classe en Afrique du Sud.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Légende : VF = Version Française[2] et VQ = Version Québécoise[3]

MusiqueModifier

Malcolm X
Music from the Motion Picture Soundtrack

Bande originale de divers artistes
Sortie 1992
Durée 49:09
Genre R'n'B, rap
Producteur Quincy Jones (exéc.), Spike Lee (exéc.)
Label Qwest / Reprise

La bande originale, éditée lors de la sortie du film, comprend les morceaux suivants :

  1. Revolution - Arrested Development
  2. Roll 'em Pete - Big Joe Turner
  3. Flying home - Lionel Hampton
  4. My Prayer - The Ink Spot
  5. Big Stuff - Billie Holiday
  6. Don't Cry Baby - Erskine Hawkins
  7. Beans and Cornbread - Louis Jordan
  8. Azure - Ella Fitzgerald)
  9. Alabama - John Coltrane
  10. That Lucky Old Sun Just Rolls Around Heaven - Ray Charles
  11. Arabesque Cookie - Duke Ellington
  12. Shotgun - Jr. Walker et The All-Stars
  13. Someday We'll All Be Free - Aretha Franklin)

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

NominationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Dates de sortie - Internet Movie Database
  2. « Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage, consulté le 18 janvier 2015
  3. « Fiche du doublage québécois du film » sur Doublage Québec, consulté le 30 décembre 2014
  4. (en) Awards - Internet Movie Database

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier