Suprémacisme noir

idéologie raciste fondée sur l'idée de la supériorité des personnes de couleur noire

Le suprémacisme noir est une doctrine suprémaciste et donc raciste qui affirme la supériorité des Noirs.

HistoireModifier

États-UnisModifier

Hébreux noirsModifier

D'après l'association Southern Poverty Law Center, dans un rapport de 2008, ce mouvement est né d'une interprétation religieuse de la Bible disant que Jésus va revenir pour tuer ou asservir les blancs, idéologie formulée par une frange du Black Hebrew Israelite Movement[1]. Il s'agit d'un groupuscule qui prétend que les Afro-Américains sont les descendants des Hébreux de l'Antiquité[2].

Le mouvement est mentionné en 2019 dans le New York Times parce que certains de ses partisans sont soupçonnés d'avoir commis des actes antisémites haineux et que l'un d'eux est impliqué dans la fusillade de Jersey City de 2019 (en)[3].

Les Hébreux noirs, des Noirs américains de confession israélite, sont partagés en plusieurs courants dont la plupart ne sont ni racistes ni antisémites. Le Black Hebrew Israelite Movement, une branche minoritaire des Hébreux noirs, est lui-même divisé ; Capers Funnye, un de ses principaux rabbins, cherche au contraire la reconnaissance des Hébreux noirs par le courant majoritaire du judaïsme. Certains Black Hebrew Israelites ont migré en Israël à la fin des années 1960 et, après des débuts difficiles, sont bien intégrés à la société israélienne. Mais plusieurs de leurs groupes, présents dans les grandes villes du nord-est des États-Unis, dans certains États du Sud et en Floride, manifestent publiquement la négation de la Shoah et leur hostilité envers les femmes et les homosexuels[4].

Selon le Southern Poverty Law Center, il s'agit d'un des groupuscules se réclamant du nationalisme noir, un mouvement nationaliste en réaction à des siècles de suprématie blanche institutionnalisée aux États-Unis[5].

Multiples associationsModifier

Le Southern Poverty Law Center (SPLC), association de surveillance des groupes extrémistes de Montgomery en Alabama, dénombre en 2015 180 structures de « militants séparatistes noirs ». Selon le journal Libération, ces groupuscules sont « anti-Blancs, anti-juifs, anti-forces de l’ordre »[6].

NFACModifier

Le , la milice noire NFAC (« Not Fucking Around Coalition »), de tendance séparatiste noire manifeste en armes à Stone Mountain (États-Unis)[7]. Les manifestants réclament notamment la création d'un État entièrement noir au Texas[8].

Kémi SebaModifier

En Afrique comme en Europe, le militant franco-béninois Kémi Séba, fondateur de la Tribu Ka, est considéré comme un suprématiste noir[9],[10],[11].

Notes et référencesModifier

  1. (en-US) « Intelligence Report: Angry Black Supremacist Religious Movement is on the Rise », sur Southern Poverty Law Center (consulté le )
  2. (en-US) « The Jersey City Attack and the Black Supremacist Lead », sur InsideOver, (consulté le )
  3. (en-US) Michael Gold et Ali Watkins, « Suspect in Jersey City Linked to Black Hebrew Israelite Group », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  4. Ron Kampeas, « Qui sont les Black Hebrews, le groupe lié à l’un des tireurs de Jersey City ? », The Times of Israel,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. (en-US) « Black Nationalist », sur Southern Poverty Law Center (consulté le )
  6. Estelle Pattée, « Etats-Unis : la nébuleuse du suprémacisme noir », sur Libération.fr, (consulté le )
  7. Anaïs Condomines, « Qu'est-ce que la NFAC, qui a défilé le 4 juillet à Stone Mountain, aux Etats-Unis ? », liberation.fr, 6 juillet 2020.
  8. « Bye Bye American Pie », sur Kunstler, (consulté le )
  9. Charlotte Boitiaux, « Brigade anti-négrophobie, une colère noire », France 24, (consulté le ).
  10. Salma Niasse, « Le Sénégal a expulsé vers la France le militant suprémaciste noir Kémi Séba », lemonde.fr, 6 septembre 2017.
  11. Caroline Christinaz, « Les francs CFA brûlés par Kémi Séba enflamment les réseaux », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )

AnnexesModifier

Articles connexesModifier