Malcolm X

militant américain des droits de l'homme

Malcolm Little, connu sous le nom de Malcolm X, également connu sous le nom d'El-Hajj Malek El-Shabazz (en arabe : الحاج مالك الشباز), né le à Omaha (Nebraska) et mort assassiné le à Harlem (État de New York), est un orateur, prêcheur, porte-parole de la Nation of Islam, militant politique et défenseur des droits de l'homme afro-américain.

Malcolm X
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Malcolm X en mars 1964.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
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Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Malcolm Little
Pseudonyme
Malcolm X
El-Hajj Malik El-Shabazz
Nationalité
Activité
Père
Earl Little
Mère
Louise Helen Norton Little
Conjointe
Betty Shabazz (1958-1965)
Enfant
Attallah Shabazz
Qubilah Shabazz
Ilyasah Shabazz
Gamilah Lumumba Shabazz
Malikah Shabazz
Malaak Shabazz
Autres informations
Organisation
Nation of Islam, Organization of Afro-American Unity
Religions
Site web
Distinction
signature de Malcolm X
signature

Après avoir été une voix majeure du nationalisme afro-américain et de Nation of Islam, il quitte ce dernier en 1964 pour rejoindre l'Islam sunnite et embrasser des vues plus universalistes, et devenir une figure de proue du mouvement des droits civiques aux États-Unis.

Dans les derniers mois de sa vie, il appelle à une unité des divers mouvements des droits civiques et se rapproche d'autres leaders afro-américains comme le pasteur baptiste Martin Luther King, John Lewis président du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) ou encore Fannie Lou Hamer, icône charismatique du Mississippi Freedom Democratic Party. En janvier 1965, lors d'une réunion du Congress of Racial Equality, il appelle à soutenir tout mouvement œuvrant pour les droits civiques.

Malcolm X est l'une des quatre grandes icônes des mouvements afro-américains pour abolir les discriminations raciales aux États-Unis avec Rosa Parks, Daisy Bates et Martin Luther King pour la période qui va de 1954 à 1965. Au contraire des trois autres, il suscite la polémique, certains l'aiment, l'adulent et en font un héros exemplaire de la cause des Afro-Américains, tandis que d'autres le haïssent et en font un traître qui a mérité son assassinat du 21 février 1965.

Dans certains États depuis 1979, le Malcolm X Day est un jour férié aux États-Unis.

BiographieModifier

FamilleModifier

Malcolm Little est le fils du révérend Earl Little, charpentier et prédicateur baptiste, et de Louise Little (en)[1]. Earl Little, né dans l'État de Géorgie, a trois enfants (Ella, Mary et Earl Jr.) nés d'une précédente union. De son mariage avec Louise Norton naissent sept enfants, Malcolm étant le quatrième. Leurs prénoms sont par ordre de naissance : Wilfred, Hilda, Philbert, Malcolm, Reginald, Yvonne et Wesley.

Le père de Malcolm est un prêcheur baptiste convaincu, adhérant aux idées de Marcus Garvey[2],[3], qui prône alors le retour des Afro-Américains en Afrique (Liberia), refusant l'intégration à la société américaine, ce qui a très largement marqué les vues politiques de Malcolm sur ce sujet. Earl Little et Louise Little sont membres de l'Universal Negro Improvement Association and African Communities League (UNIA-ACL)[4],[5]. Dans son autobiographie (1965), Malcolm décrit son père comme un imposant homme noir borgne (mais portant un œil de verre). Quatre de ses oncles ont été tués par des Blancs, dont un lynché.

Sa mère Louise Helen Norton Little (née Langdon), est née à la Grenade (Antilles), d'une femme afro-américaine violée par un Blanc[6]. De ce viol elle hait tout ce qui peut rappeler son géniteur, elle hait son teint clair, elle transmettra son dégoût à son fils Malcolm. Selon Malcolm, elle ressemble plutôt à une femme blanche. Elle épouse Earl Little, entre autres, parce qu'il a le teint très noir. Elle hait son sang blanc, et veut des enfants beaucoup plus noirs. Son grand-père était un homme blanc dont Malcolm ne savait rien, si ce n'est ce qu'il décrivait comme « la honte de ma mère ». C'est de lui que Malcolm tient son teint relativement clair. Il pense d'abord qu'être métissé est une chance, un « symbole de statut social ». Plus tard, il dit qu'il « haïssait chaque goutte de ce sang de violeur » en lui. Étant celui des enfants qui avaient le teint le plus clair, il pense que son père le favorise, mais sa mère en est d'autant plus dure avec lui, pour cette même raison. L'un de ses surnoms, « Red », lui est venu de la rousseur de ses cheveux. À la naissance, il a été décrit comme ayant des « cheveux blond-cendre… teints avec de la cannelle », et, à quatre ans, des cheveux « blond-roux ». Ses cheveux foncent avec le temps, mais ressemblent à ceux de sa grand-mère paternelle, « rougissant sous le soleil d’été ».

Selon son autobiographe Alex Haley[7], sa mère aurait été menacée par des membres du Ku Klux Klan (KKK) alors qu'elle était enceinte de lui, en décembre 1924. Elle se rappelait que la famille avait été sommée de quitter Omaha du fait des liens de son père avec l'UNIA, qui, selon les membres du KKK, « cherchait les ennuis »[4],[8].

Orphelin de pèreModifier

Peu après la naissance de Malcolm, en 1926, la famille vit une courte période au 3448 Pinkney Street, dans les quartiers nord d'Omaha, puis elle emménage à Milwaukee (Wisconsin) et, peu après, à Lansing (Michigan)[9]. Leur maison est incendiée en 1929 : l'incendie se produit alors que toute la famille est à l'intérieur du domicile, mais personne n'est grièvement blessé. Dans son autobiographie, Malcolm X rapporte que les pompiers n'ont pas fait grand-chose pour mettre fin à l'incendie. L'enquête conduit à l'hypothèse qu'Earl Little avait intentionnellement causé l'incendie afin de toucher une indemnité de son assurance. La police le met en garde à vue pour incendie criminel, mais cela reste sans suite[10]. La famille Little emménage ensuite dans une maison construite par Earl Little sur Logan Street, dans la banlieue proche de Lansing[11].

En 1931, son père est renversé mortellement par un tramway. Malcolm affirmera que la cause de la mort a à l'époque été remise en question par la communauté noire. Il la refusera lui-même par la suite, arguant que sa famille avait souvent été la cible de Black Legion[8], un groupe de suprématistes blancs affilié au Klu Klux Klan, que son père avait accusé d'avoir mis le feu à leur maison en 1929[12]. L'État du Michigan est à l'époque un fief du KKK, comptant entre 80 000 à 120 000 membres[13].

Bien que le père de Malcolm ait contracté deux assurances-vie, sa mère ne touche que la plus faible des deux. Malcolm affirmera que la compagnie d'assurance auprès de laquelle avait été contractée la plus importante, a soutenu qu'il s'agissait d'un suicide et a donc refusé de payer. Malcolm, à l'instar de l'ensemble de la communauté noire de la ville, se demande en effet comment son père aurait pu s’assommer en se frappant le crâne puis rejoindre les rails du tramway pour se faire écraser[13].

Louise Little, traumatisée par la mort de son époux et par la charge de ses enfants, développe une dépression nerveuse, mal soignée. Son état se dégrade : en 1937 ou 1938, voire 1939 (les sources divergent), elle est hospitalisée au Kalamazoo Regional Psychiatric Hospital (en) dans le Michigan, où elle reste jusqu'en 1963, date à laquelle sa famille obtient sa sortie[14],[15],[16].

Scolarité dans la communauté blancheModifier

Malcolm Little affirme avoir été l'un des Noirs les plus intégrés à la communauté blanche[17]. Très bon élève, il obtient le diplôme de son école en tête de la classe, mais quitte le système scolaire après qu'un professeur qu'il admire lui a dit que ses aspirations à devenir avocat ne sont « pas du tout réalistes pour un nègre ». Ce n'est pas par conviction raciste que son professeur lui explique ceci, mais pour le protéger de désillusions ultérieures en raison du caractère institutionnel du racisme dans cette partie des États-Unis[18]. Il refuse d'être charpentier, comme son professeur le lui propose. Il essaye de rendre ses cheveux moins crépus et son teint plus clair, mais, malgré la souffrance endurée, c'est un échec. Après avoir voyagé d'une maison d'accueil à l'autre, Malcolm est envoyé une première fois dans un centre de détention puis emménage à Boston pour vivre avec sa demi-sœur plus âgée, Ella Little Collins. À Boston, il accumule les petits emplois. Il est également employé par intermittence par la New York, New Haven and Hartford Railroad, une compagnie de chemin de fer. En 1942, Malcolm fait partie de la pègre bostonienne. Il doit fuir Boston avec sa compagne de l'époque, Sophia, une jeune femme blanche, à cause d'une rivalité avec un meneur de la pègre.

DélinquanceModifier

Après avoir quitté Boston, il vit quelque temps dans le Michigan. En 1943, il emménage à New York où il travaille de nouveau brièvement pour la New Haven Railroad. Il trouve même un travail de cireur de chaussures au Lindy Hop Nightclub. Dans son autobiographie, il affirme avoir ciré les chaussures de Duke Ellington et d'autres musiciens noirs célèbres. Peu de temps après, à Harlem où il est alors appelé « Detroit Red »[19], il prend part à des activités de revente de drogue, de jeu, de racket et à des cambriolages. Entre 1943 et 1946, il voyage entre Boston et New York à trois reprises. Il est arrêté en 1946 à Détroit pour cambriolage et est mis en prison.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il passe un examen médical pour être enrôlé dans l'armée ; les médecins militaires le réforment pour le motif « 4-F » (« mentalement inapte au service militaire »). Il explique dans son autobiographie qu'il dut jouer un rôle pour être réformé, et soutenir devant le médecin militaire qu'il était impatient de s'organiser avec les autres soldats noirs et mettre la main sur une arme afin de « tuer quelques crackers », c'est-à-dire des Blancs. Dans son dossier établi par le FBI apparaît une lettre dans laquelle il se désigne comme communiste et où il explique certaines raisons de son vœu d'être réformé : « J'ai toujours été un communiste. J'ai essayé de m'enrôler dans l'armée japonaise, pendant la dernière guerre, maintenant ils ne m'enrôleront ni ne m'accepteront jamais dans l'armée américaine. Tout le monde a toujours dit… Malcolm est fou donc il n'est pas difficile de convaincre les gens que je le suis »[20]. Or, l'armée japonaise n'a jamais été communiste.

Au début de l'année 1946, il retourne à Boston. Il y est arrêté le pour avoir essayé de voler à nouveau une montre de près de mille dollars US qu'il avait laissée dans une bijouterie pour la faire réparer. Deux jours plus tard, il est également poursuivi en justice pour port d'arme. Le 16 janvier, il doit faire face aux charges de vol caractérisé et d'entrée par effraction. Il est condamné à dix ans de prison (il n'en fera que sept) qu'il purge à la prison d'État de Charleston (en), dans laquelle il arrive le 27 février[21]. Ses relations sexuelles avec des femmes blanches (il y en avait deux dans sa bande, dont sa maîtresse) faillirent lui valoir en plus une condamnation pour viol, mais elles refusèrent de l'accuser malgré les incitations de l'instance judiciaire. De plus, Malcolm est dépendant à la cocaïne, qu'il a commencé à consommer lorsqu'il était dans la pègre[22].

Éducation en prisonModifier

En prison, Malcolm gagne le surnom de « Satan », du fait de sa haine pour la religion catholique[23]. Il commence à lire les livres de la bibliothèque de la prison. Il développe bientôt un appétit féroce pour la lecture, avant d'être sujet à l'astigmatisme. Dans plusieurs lettres de prison, mais aussi par la suite, Malcolm insistera sur l'importance de son éducation d'autodidacte. Ainsi, dans une lettre du , il écrit à un certain Raymond : « Mon confinement est d'une autre nature ; je finis ma quatrième année d'une peine de prison de huit à dix ans… mais ces quatre années de réclusion se sont révélées être les plus enrichissantes de mes vingt-quatre années sur cette terre et je ressens que 'ce cadeau du Temps' était un cadeau qu'Allah me fit, sa manière de me sauver de la destruction certaine vers laquelle j'avançais »[24].

On lui attribue également la phrase : « Sans éducation, on ne va nulle part dans ce monde »[25] ou encore « L'éducation est le passeport pour le futur, car demain appartient à ceux qui s'y préparent aujourd'hui »[26].

Pendant cette période, il correspond avec son frère Reginald et échange avec lui des idées à propos de Nation of Islam, mouvement auquel Malcolm se convertit par la suite. Ce sont ses frères, déjà membres, qui lui font connaître l'organisation[22],[27]. La « Nation de l'Islam » est à l'époque une petite organisation de quelques centaines de membres, basés à Chicago. L'organisation a une idéologie marquée par trois thématiques principales : une forme très hétérodoxe d'islam, un vigoureux nationalisme noir (revendication d'un État pour les Noirs dans le Sud des États-Unis) et un total rejet des Blancs considérés comme l'incarnation du démon sur la Terre. La citation suivante d'un de ses dirigeants, Elijah Muhammad, illustre cette pensée :

« Nous avons vu la race blanche (démons) dans le ciel, parmi les justes, causant des troubles […], jusqu'à ce qu'ils aient été découverts. […] Ils ont été punis en étant privés des conseils divins […], presque ravalés au rang des bêtes sauvages. […] Sautant d'arbre en arbre. Les singes en procèdent. […] Avant eux, il n'y avait ni singes ni porcs[28]. »

Fin d'incarcérationModifier

Jusqu'à la fin de son incarcération, Malcolm correspond régulièrement avec Elijah Poole, dit Elijah Muhammad, le meneur de la « Nation ». Toujours selon son autobiographie, il gagne en notoriété auprès des prisonniers, alors qu'il reste sous la surveillance attentive des autorités qui voient en lui une source potentielle de troubles. On ne lui accorde pas la possibilité d'être libéré au bout de cinq ans pour bonne conduite car il est considéré comme trop dangereux pour être libéré par anticipation.

En février 1948, notamment grâce aux efforts de sa sœur, il est transféré dans une prison expérimentale à Norfolk (Massachusetts), qui possède une bibliothèque bien plus fournie que celle de la prison d'État de Charleston. Il réfléchit par la suite sur ce temps passé en prison : « Les mois passaient, et il ne me semblait même pas être emprisonné. En fait, jusqu'à ce moment-là, je n'avais jamais été aussi libre de ma vie ».

Le , il est finalement libéré sur parole.

Nation of IslamModifier

 
Un drapeau de Nation of Islam. Les lettres signifient Justice, Freedom (liberté), Equality (égalité), Islam.

Peu après sa libération, Malcolm Little rencontre Elijah Muhammad à Chicago[29], ce qui marque son intégration complète à Nation of Islam. Assez rapidement, il change son nom de famille pour « X ». Malcolm explique que ce nom représentait le rejet de son « nom d'esclave » en l'absence de son véritable nom d'origine africaine ; en effet, dans l'Amérique esclavagiste d'avant 1863, le maître imposait à ses esclaves de prendre son nom afin de les « marquer » comme ses choses, d'où ce rejet. Le « X » représente également à la fois la marque appliquée sur le bras de certains esclaves et l'inconnue mathématique, qui symbolise l'inconnue du nom d'origine[30]. Cette vision a conduit de nombreux membres de Nation of Islam à changer leur nom pour « X », comme sa future épouse, Betty X, ou à prendre des noms musulmans, supposés plus authentiques.

Le , le FBI ouvre un dossier sur la base de la lettre dans laquelle il se disait communiste (cf. supra) en 1950, soit en pleine période de Red Scare ou de Reds under the bed (peur du communisme marquant l'Amérique des années 1950, et résumée par les passions du maccarthysme et du procès des époux Rosenberg). Selon le Church Committee, le FBI avait alors l'habitude de surveiller, bloquer et réprimer des radicaux comme Malcolm X. Sont incluses dans son dossier les deux lettres dans lesquelles il utilise le pseudonyme « Malachi Shabazz »[31]. Dans Message to the Blackman in America (en), Elijah Muhammad explique que le nom « Shabazz » était celui des descendants d'une « nation noire asiatique ». Le soupçon de communisme s'étant révélé sans fondement, Malcolm X n'est alors surveillé que pour son appartenance à un culte nationaliste noir. En mai 1953, le FBI conclut que Malcolm X a une « personnalité asociale avec des tendances paranoïaques (paranoïa schizophrénique prépsychotique) »[32] et qu'il a en réalité cherché à traiter son désordre mental[33]. Cela est soutenu plus précisément par la lettre interceptée par le FBI, datée du (cf. supra).

ResponsabilitésModifier

Plus tard dans l'année, Malcolm quitte le foyer de sa demi-sœur Ella pour aller vivre chez Elijah Muhammad à Chicago. Il devient assez vite le prêcheur du onzième temple[34] de Nation of Islam. En 1954, Malcolm est choisi pour diriger le temple no 7 de Nation of Islam sur Lenox Avenue à Harlem, NY[35] (appelé conjointement « Boulevard Malcolm X » depuis 1987). Il multiplie les effectifs des fidèles en peu de temps. Malcolm X dégage une très grande énergie et est capable de travailler d'un jour sur l'autre avec seulement quatre heures de sommeil ou moins. Il lit beaucoup, et lorsqu'il adhère à une cause, il s'y dévoue entièrement. C'est un orateur convaincant, et il devient connu nationalement après une émission de télévision locale consacrée à Nation of Islam, The Hate That Hate Produced, diffusée en 1959, émission où il est interrogé[36]. L'organisation était jusqu'alors peu connue. À la suite de l'émission, l'intérêt médiatique pour l'organisation et pour Malcolm X grandit considérablement. La presse, la radio et les émissions télévisées aux États-Unis puis dans le monde entier recherchent et retranscrivent régulièrement ses déclarations les plus marquantes.

 
Malcolm X en mars 1964.

Dans l'intervalle qui sépare sa conversion à la cause de Nation of Islam en 1952 et sa séparation de l'organisation en 1964, il épouse pleinement les enseignements d'Elijah Muhammad, notamment le fait de faire référence aux Blancs comme à des « diables », créés par un programme d'élevage mal orienté d'un scientifique noir, Yacoub[28]. X prédit l'inévitable et imminent retour des Noirs à ce qu'il voit comme leur place naturelle, à savoir en haut de l'échelle sociale et de l'ordre social. Malcolm sait que sa renommée devient une cause de jalousie considérable à Nation of Islam, et s'efforce de ne pas l'alimenter lors de ses apparitions en public. Mais il apparaît cependant bientôt comme le deuxième meneur le plus influent de Nation of Islam, après Elijah Muhammad lui-même. Il ouvre des temples supplémentaires, et notamment un à Philadelphie. On lui attribue souvent un rôle important dans la croissance de l'organisation, passée de 500 membres en 1952 à 30 000 en 1963.

Conformément à l'idéologie de Nation of Islam, il prône le repli identitaire et le séparatisme noir. Il s'oppose au mouvement afro-américain des droits civiques, non seulement parce qu'il en critique la méthode non-violente, mais surtout parce que ce mouvement est porteur d'universalisme, d'indifférenciation entre les races[37]. Malcolm X encadre l'organisation de Fruit of Islam, un groupe paramilitaire. Il organise en 1957 avec ses troupes le siège d'un poste de police puis d'un hôpital[38]. Malcolm X prononce de nombreux discours haineux, appelant à la haine des Blancs, se réjouissant lorsqu'un avion d'Air France « plein de Blancs » s'écrase ou lorsque Kennedy est assassiné. Ces discours de haine l'ont popularisé, car il se faisait ainsi l'exutoire de la rage d'une jeunesse noire défavorisée[38].

D' à , il publie une série de six d'articles sous le titre de "God’s Angry Man / Le Dieu de l'homme en colère" dans les colonnes du New York Amsterdam News[39],[40].

Il se rend à Jérusalem en 1957 et à Gaza en 1964, dans une démarche s'inscrivant dans ce qu'il conçoit comme étant une lutte de libération transnationale et cosmopolite[41].

Vie privéeModifier

Le , Malcolm épouse Betty X (née Sanders) à Lansing, Michigan. Ils auront six filles, qui toutes porteront le nom de Shabazz. Leurs prénoms (principalement issus de la langue arabe, parfois confondus avec des prénoms « musulmans ») seront : Attallah (née le ), Qubilah (née le ), Ilyasah (née le ), Gamilah Lumumbah (née le ) et les jumelles Malaak et Malikah (nées le , soit sept mois après la mort de Malcolm X).

Malcolm X était bisexuel[42],[43]. Il a eu des relations tarifées avec des hommes à l'âge de vingt ans[43], puis a ensuite vécu une véritable relation affective avec un ami[44]. Un de ses biographes, l'universitaire Manning Marable, revient sur le sujet dans Malcolm X: A Life of Reinvention et confirme ces informations sur la base de nouveaux témoignages[45],[46].

La bisexualité de Malcolm X a été souvent volontairement dissimulée, niée ou ignorée, notamment par ses partisans[43].

Conversion de Cassius ClayModifier

Malcolm X joue un rôle important dans la conversion du boxeur Cassius Clay. Cela commence le quand Cassius Clay bat Sonny Liston, le champion en titre des poids lourds, la cote des paris étaient de 7 contre 1 en faveur de Liston. Peu de gens remarquent un homme grand et silencieux se tenant au pied du ring, impeccablement vêtu d'un costume sombre, d'une cravate et d'une chemise blanche immaculée, regardant attentivement le combat. Cet inconnu est l'ami et mentor de Cassius Clay, Malcolm X. Quand Cassius Clay est déclaré vainqueur par KO au septième round, Malcolm y voit un signe divin, qu'Allah guiderait le jeune Cassius sur le ring. Le lendemain matin, lors de la traditionnelle conférence de presse du lendemain, Cassius Clay, déclare aux journalistes « Je crois en Allah et dans la paix ... Je n'essaie pas de déménager dans des quartiers blancs. Je ne veux pas épouser une femme blanche. J'ai été baptisé à l'âge de 12 ans, mais je ne savais pas ce que je faisais. Je ne suis plus chrétien. Je sais où je vais et je connais la vérité et je n'ai pas besoin d'être ce que tu veux que je sois. Je suis libre d'être ce que je veux.. » et qu'il serait désormais connu sous le nom de Cassius X en l'honneur de Malcolm X. Cassius Clay rejoint officiellement Nation of Islam en 1964, change son nom de Cassius X, pour celui de Muhammad Ali sur le conseil d'Elijah Muhammad. Ce changement de nom a lieu à un moment où Malcolm X commence sa rupture d'avec Nation of Islam. Dans un premier temps, Muhammad Ali critique X pour sa rupture, puis après la mort d'Elijah Muhammad, il rallie à son tour l'islam sunnite[47],[48],[49],[50].

Rencontre avec Fidel CastroModifier

En septembre 1960, le dirigeant révolutionnaire cubain Fidel Castro se rend aux États-Unis dans le but de s'adresser à l'Assemblée générale des Nations unies. Durant son séjour à New York, Castro reçoit un accueil chaleureux de la part des autorités des États-Unis, mais la délégation cubaine doit se déplacer de l'hôtel Shelbourne à l'hôtel Theresa à Harlem car Castro se plaint qu'on lui ait demandé de payer par avance[51].

Malcolm X rencontre Fidel Castro en tant que membre de tête d'un comité d'accueil qui avait été mis en place à Harlem plusieurs semaines auparavant. Le but de ce groupe, qui rassemble un nombre important de Noirs, est de rencontrer les chefs d'État, particulièrement ceux venant d'Afrique, qui vont s'adresser à l'Assemblée générale de l’ONU. Trois pays africains deviennent membres de l'ONU à l'occasion de cette session.

Tensions et séparationModifier

 
L'intérêt des médias pour Malcolm X.

À partir du début des années 1960, plusieurs controverses vont progressivement éloigner Malcolm X d'Elijah Muhammad.

La divergence fondamentale porte sur la politique : Malcolm X est intéressé par le mouvement pour les droits civiques des Noirs tels qu'il se développe depuis 1955. Si l'idéologie officielle du mouvement est opposée au nationalisme noir, et revendique simplement un statut d'« Américain normal » pour les Noirs, X considère qu'il doit y avoir une présence des nationalistes noirs et des Black Muslims dans ce qui apparaît alors comme le premier grand mouvement de masse noir de l'histoire des États-Unis. Il considère également que les militants pour les droits civiques et les nationalistes noirs partagent les mêmes objectifs avec des méthodes différentes[52]. Elijah Muhammad est en revanche hostile à la fin de la ségrégation raciale[53] et au soutien à un mouvement dans lequel se trouvaient de nombreux Blancs progressistes. Il craint la dissolution des Noirs dans un ensemble américain dominé par les Blancs.

Conformément à la position officielle de la Nation, Malcolm X critique la Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté (March on Washington for Jobs and Freedom) du , ne comprenant pas pourquoi les Noirs s'ébahissaient d'une manifestation « menée par les Blancs devant une statue d'un président mort depuis cent ans et qui ne nous aimait pas lorsqu'il était en vie ». Mais la tentation d'un rapprochement avec les autres organisations noires semble avoir été forte, et semble aussi avoir été un point de divergence avec Elijah Muhammad.

D'autre part, Malcolm X souhaitait séparer les combats politiques des croyances religieuses et s'organiser avec des Noirs non-musulmans : « Nous ne mélangeons pas notre religion et notre politique. Nous gardons notre religion dans notre mosquée ». Enfin, il prend parti en faveur d'une révolution qui renverserait également le système économique et affirme qu’« il n'est pas sur cette terre de système qui se soit montré plus corrompu, plus criminel que celui qui, en 1964, tient encore colonisés et en esclavage vingt-deux millions d’Afro-Américains »[52].

Le second sujet porte sur des affaires de mœurs : des rumeurs courent alors depuis quelque temps sur les nombreux adultères commis par Elijah Muhammad avec de jeunes secrétaires du mouvement. Warith Deen Muhammad, le propre fils d'Elijah Muhammad, et un ami proche de X, informe ce dernier « en 1963, que son père avait mises enceintes six de ses secrétaires »[54], l'adultère étant pourtant contraire aux enseignements de Nation of Islam. Après avoir écarté ces informations, Malcolm X aurait fini par en obtenir confirmation en 1963. Elijah Muhammad lui-même[55] aurait fini par indiquer qu'étant l'envoyé de Dieu sur Terre, il n'était pas soumis aux mêmes règles que le commun des mortels[56], expliquant que cette activité avait pour but de suivre la lignée des prophètes bibliques. Malcolm X nota qu'il ne fut pas satisfait par l'explication, mais que sa foi en Elijah Muhammad ne vacilla pas. Il indiqua aussi qu'il était navré de voir d'autres prêcheurs faire un usage personnel des fonds de Nation of Islam.

Le troisième contentieux porte sur la religion : Malcolm X a commencé à s'intéresser à l'islam sunnite officiel sous l'influence, semble-t-il, du propre fils de Muhammad, Warith Deen Muhammad, lequel indique qu'il s'était intéressé à l'islam orthodoxe dès les années 1950, en prison[57]. Or la religion prêchée par Elijah Muhammad en est assez éloignée. L'intérêt montré par X à l'égard de l'islam orthodoxe ne peut donc que l'éloigner de son mentor.

On peut enfin citer des divergences d'ambitions : l'aura de X au sein de la communauté noire en général et de Nation of Islam en particulier, sa médiatisation importante, semblent avoir inquiété Elijah Muhammad. Au printemps de 1963, Malcolm commence à collaborer avec Alex Haley pour écrire son autobiographie. En , après l'assassinat du président Kennedy, toutes les divergences éclatent sur la place publique, après une déclaration controversée de X. Celui-ci déclare en effet que la violence que Kennedy n'avait pas pu arrêter se retournait contre lui. Il ajoute : « Chickens coming home to roost never made me sad. It only made me glad » (« Les poulets revenant au perchoir [au poulailler] ne m'ont jamais rendu triste. Cela m'a toujours fait plaisir »). En français, « Chickens coming home to roost » a une signification proche de « Qui sème le vent récolte la tempête » ; Malcolm X semble ainsi affirmer que, puisque la société américaine et son président ont opté pour la violence, il n'est pas étonnant que celle-ci produise un effet boomerang. Cette phrase pouvait se comprendre comme une approbation de l'assassinat. Elijah Muhammad désavoue cette déclaration et interdit à X toute déclaration publique pendant 90 jours, injonction à laquelle Malcolm X obéit. Mais les relations entre les deux hommes atteignent leur point de rupture. Dans son autobiographie, X affirme même qu'un de ses assistants lui aurait alors dit avoir reçu l'ordre de la direction de la Nation of Islam de le tuer[58].

 
Martin Luther King et Malcolm X, le 26 mars 1964.

Le , il annonce officiellement qu'il quitte Nation of Islam. Le , il fait peser la responsabilité de la rupture sur l'organisation : « Les officiels nationaux ici, au siège de Chicago, savent que je n'ai jamais quitté Nation of Islam de ma propre initiative. Ce sont eux qui ont conspiré avec le capitaine Joseph ici, à New York, pour me forcer à quitter la Nation. Afin de sauver les officiels nationaux et le capitaine Joseph de la disgrâce d'avoir à s'expliquer (…) de m'avoir évincé, j'ai annoncé par voie de presse que j'étais parti de ma propre initiative. Je n'ai pas pris la faute sur moi pour protéger ces officiels nationaux, mais pour protéger la foi que vos fidèles ont en vous et en Nation of Islam »[59].

Le 12 mars, il annonce la fondation de sa propre organisation religieuse, « The Muslim Mosque Inc. ». Peu de temps après, il se convertit à l'islam sunnite orthodoxe[60]. Le , Malcolm X part de l'aéroport international de New York - John-F.-Kennedy pour faire le pèlerinage à La Mecque (le hajj) dont il revient sous le nom musulman de Malek El-Shabazz[61]. Son épouse et ses filles prennent alors le nom de famille de Shabazz. Il condamne le racisme antiblanc de Nation of Islam. Il écrit ainsi à propos de son pèlerinage : « Il y avait des dizaines de milliers de pèlerins, de partout dans le monde. Ils étaient de toutes les couleurs, des blonds aux yeux bleus aux Africains à la peau noire. Mais nous étions tous les participants d'un même rituel, montrant un esprit d'unité et de fraternité que mes expériences en Amérique m'avaient mené à croire ne jamais pouvoir exister entre les Blancs et les non-Blancs. L'Amérique doit comprendre l'islam, parce que c'est la seule religion qui efface de sa société le problème des races »[62]. Mais Malcolm X reste fidèle à une action tournée de façon privilégiée vers le peuple noir. Il refuse aussi de condamner la violence des opprimés et a des paroles assez dures pour les tenants de la non-violence, qu'il accuse d'encourager à la soumission. C'est ainsi le cas dans son célèbre discours The Ballot or the Bullet[63], du , peu après son retour de La Mecque, où il menace de recourir à la violence. Toutefois, elle serait usée uniquement comme autodéfense et réponse à une autre violence (celle des White Citizen Councils et du Ku Klux Klan, notamment), à une injustice que ni la police, ni le gouvernement ne veulent régler et souvent même créent[réf. nécessaire]. Il traite certains politiciens blancs du terme antiblanc de crackers. Dans le même discours, il déclare : « Si l'homme blanc ne veut pas que nous soyons contre lui, qu'il cesse de nous opprimer, de nous exploiter et de nous dégrader. Que nous (les Noirs) soyons chrétiens, ou musulmans, ou nationalistes, ou agnostiques, ou athées, nous devons d'abord apprendre à oublier nos différences. […] Nous allons être forcés d'employer le vote ou la balle. […] Je ne me considère même pas comme un Américain. Je ne suis pas un Américain. Je suis l'une de vingt-deux millions de personnes noires qui sont les victimes de l'américanisme […] Il y aura des cocktails Molotov ce mois-ci, des grenades à main le mois prochain, et autre chose le mois suivant. […] Ce sera la liberté, ou ce sera la mort[64]. C'est la liberté pour tous ou la liberté pour personne. »

Pour lui, la priorité n'est donc pas d'unir les Blancs et les Noirs ; il faut d'abord que l'union des Noirs soit complète. Peu de temps après son retour de La Mecque, Malcolm X fonde l'Organisation pour l'unité afro-américaine, un groupe politique non religieux. Il affirme ainsi sa volonté de mener à la fois une lutte religieuse pour l'islam, et une lutte politique pour les Noirs, les deux fonctionnant de façon autonome. Si Malcolm X rompt avec la Nation of Islam sur le plan religieux, il reste relativement fidèle aux idées socio-économiques de l'organisation nationaliste noire, insistant notamment sur l'importance de l'existence d'entreprises noires indépendantes des Blancs et de l'auto-organisation de la communauté.

Création de l'Organization of Afro-American Unity (OAAU)Modifier

Le , Malcolm X quitte le mouvement Nation of Islam. Converti à l'Islam sunnite[65], le 13 avril 1964, Malcolm X part de l'aéroport international de New York - John-F.-Kennedy pour faire le pèlerinage à La Mecque (le hajj)[66],[67], puis il visite l'Afrique durant les mois d'avril et de , lors de ce voyage en Afrique, Malcolm X s'intéresse à la récente Organisation de l'unité africaine, fondée en 1963 qui avait pour but de fédérer l'ensemble des états africains. De retour, aux États-Unis, c'est sur ce concept de fédération qu'il est convaincu de la nécessité de créer une organisation rassemblant les Afro-Américains sans distinction de leurs diverses appartenances religieuses ou politiques.

Le 28 juin 1964, Malcolm X annonce la création de l'Organization of Afro‐American Unity (OAAU)[68] lors d'une conférence publique donnée à l'Audubon Ballroom (en) de New York, la charte de l'OAAU est rédigée par John Henrik Clarke, Albert Cleage (en), Jesse Gray et Gloria Richardson (en)[69].

Le mouvement sera éphémère, il s'étiole après l'assassinat de Malcolm X le 19 février 1965, malgré la reprise du mouvement par la demi-sœur de Malcolm, Ella Little-Collins (en)[70],[71],[72],[73].

Cela dit, l'OAAU est devenu l'inspiration de divers groupes se réclamant du Black Power[74],[75].

La finModifier

AssassinatModifier

La tension entre Malek El-Shabazz et Nation of Islam ne cesse alors de croître. Le , sa maison fait l'objet d'un attentat à la bombe. Deux mois avant son assassinat, le dirigeant de Nation of Islam Louis Farrakhan écrit : « Un tel homme est digne de mourir »[76]. Le , Malcolm X prononce un discours dans l'Audubon Ballroom (en) situé au carrefour du 3940, Broadway et la West 165° Street dans le quartier des Washington Heights[77], il se tient devant un auditoire de quatre cents personnes, dont son épouse et ses enfants. Le discours commence à peine lorsqu'une dispute éclate dans la foule, un homme en accusant un autre de lui fouiller les poches. Malcolm X, au micro, les appelle au calme lorsqu'un membre des Black Muslims s'avance vers lui avec un fusil à canon scié ; touché au ventre, Malcolm X tombe en arrière, tandis que deux autres personnes lui tirent vingt et une fois dessus avec des revolvers. Malcolm X est emmené à l'hôpital le plus proche. Le temps de le transporter vers un second hôpital lui est fatal. L'identité des commanditaires reste inconnue, bien que les soupçons se portent principalement sur Nation of Islam, infiltrée par plusieurs agents du FBI lorsqu'ils ont appris l'existence d'un projet d'assassinat de Malcolm X[réf. nécessaire].

Trois membres de Nation of Islam seront reconnus coupables en 1966 : Norman 3X Butler, Thomas 15X Johnson et Talmadge Hayer. L'organisation elle-même niera toute participation à l'assassinat. « Betty Shabazz [l'épouse de Malcolm X], qui est morte en 1997, a publiquement accusé Farrakhan d'un rôle dans le meurtre ». Celui-ci a admis, au début 2007 : « J'ai pu être complice en paroles », tout en niant une implication directe de l'organisation[76]. En 1994, Qubilah Shabazz, une des filles de Malcolm X, est arrêtée et inculpée pour avoir payé un tueur à gage chargé de tuer Farrakhan, accusation abandonnée en 1995[78].

Il a également été envisagé que le FBI ait eu connaissance du projet d'assassinat et l'ait couvert, voire aidé. Cette hypothèse a été reprise par la Nation of Islam[79].

Pour l'historien Manning Marable, le FBI pourrait effectivement avoir encouragé l'assassinat de Malcolm X[80].

Le , Martin Luther King qualifie son assassinat de « grande tragédie » et regrette qu'il « se soit produit à un moment où Malcolm X… se dirigeait vers une meilleure compréhension du mouvement non violent » et que le meurtre de Malcolm X prive « le monde d'un grand leader potentiel »[81].

SépultureModifier

Malcolm X repose au Ferncliff Cemetery (en) de Hartsdale (en), dans le comté de Westchester (état de New York), au côté de son épouse Betty Shabazz[82].

ArchivesModifier

Les archives de Malcolm x sont déposées et consultables au Arthur Schomburg Center for Research in Black Culture, bibliothèque rattachée à la New York Public Library[83] et à la bibliothèque de l'université Columbia de New York[84].

Dans les années 1980, l’université de Columbia a racheté l'Audubon Ballroom (en) où a été assassiné Malcolm X pour le restaurer et l'aménager en un musée dédié à l'œuvre de Malcolm X et de Betty Shabazz pour les droits civiques et la justice sociale, le musée ouvre ses portes le , sous le nom du Malcolm X and Dr. Betty Shabazz Memorial and Educational Center (en) qui permettent de consulter des archives et de visionner des documents audio-visuels[85],[86].

Héritage et réévaluationModifier

Les idées de Malcolm X ne disparurent pas avec lui. Elles furent reprises par des groupes (Black Panthers), des populations (Soweto), des pays (le Burkina Faso de Thomas Sankara) soucieux de plus d'équité et de justice sociales.

Plus qu'un défenseur des droits civiques, Malcolm était un défenseur des droits humains, qu'il déclare défendre « par tous les moyens nécessaires ». C'était un révolutionnaire qui s'inscrivait, comme Ernesto « Che » Guevara (qu'il a rencontré, respecté et qualifié « du plus grand révolutionnaire qui soit »), dans la lutte contre le système impérialiste[87]. Par sa verve et son talent oratoire, mais aussi par l'action civique (campagne pour l'inscription des Afro-Américains aux listes électorales), il participa grandement à l'amélioration de la condition des « Noirs d'Amérique ». Conscient de l'image que ses détracteurs voulaient laisser de lui, il prédit dans son autobiographie (En France, le rappeur Disiz essaye de faire publier une nouvelle traduction de cette autobiographie qui n'est plus disponible depuis 1992) : « Après ma mort, ils feront de moi un raciste, quelqu'un de colérique qui inspire la peur… Je ne suis pas raciste. Je ne crois en aucune forme de ségrégation. Le concept du racisme m'est étranger. Je n'apprécie pas tous ces mots en "isme" ».

En 2011, l'historien Manning Marable publie un livre Malcolm X: A Life of Reinvention, qui montre comment après son départ de Nation of Islam, Malcolm X embrasse des idées humanistes et universalistes[88].

Le travail de Manning Marable est conforté lorsqu'en 2018, sort un documentaire The Lost Tapes : Malcolm X de Tom Jennings[89],[90] pour le Smithsonian Channel U.S. (en) permet de réévaluer le parcours de Malcolm X, de briser l'image de l'activiste raciste pour montrer, après son retour de La Mecque son engagement plein et entier dans le mouvement des droits civiques et des droits de l'homme[91].

Notes et référencesModifier

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  5. (en-US) Sarata Seydi, « Earl Little's Death: E. Michigan Ave and Detroit St. », sur Malcolm X in Lansing (consulté le 16 février 2020)
  6. (en) « LitCharts », sur LitCharts (consulté le 16 février 2020)
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  8. a et b (en-US) « Malcolm X in Michigan », sur Seeking Michigan, (consulté le 16 février 2020)
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  17. Notamment dans un entretien de 1963 dans l'émission City Desk, dont un enregistrement est visible sur « Google Video »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  18. (en) Bruce Perry, Malcolm. The life of a man who changed black america, Station Hill Press, .
  19. Il était appelé New York Red à Boston.
  20. « Tell … to go in shape. It looks like another war. I have always been a Communist. I have tried to enlist in the Japanese Army, last war, now they will never draft or accept me in the U.S. Army. Everyone has always said … Malcolm is crazy so it isn’t hard to convince people that I am. » Tiré du dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 7 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013).
  21. Tiré du dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 6-7 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013).
  22. a et b Make it Plain, BBC.
  23. Bruce Perry, Malcolm : The Life of a Man Who Changed Black America, Barrytown, Station Hill, (ISBN 978-0-88268-103-0), p. 104-106.
  24. « My confinement is of a different type; I’m just completing my fourth year of an 8 to 10 year term in prison… but these four years of seclusion have proven to be the most enlightening years of my 24 years upon this earth and I feel this ‘gift of Time’ was Allah’s reward to me as His way of saving me from the certain destruction for which I was heading. » Lettre issue d'une vente aux enchères, disponible sur brothermalcolm.net.
  25. « Without education, you're not going anywhere in this world », tiré d'un « site Internet »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013) qui rassemble des citations de Malcolm X.
  26. « Education is the passport to the future, for tomorrow belongs to those who prepare for it today », tiré de Wikiquote.
  27. Voir aussi sur la conversion une lettre dans laquelle il demande à un certain Raymond : « Tell me all about yourself how you came to the Truth… and every thing else that you care to speak of » (Dis-moi tout de tout, comment tu en vins à la Vérité… et tout ce que tu veux me dire). Texte disponible sur brothermalcolm.net.
  28. a et b Voir le chapitre 55 de Message to the Blackman in America, par Elijah Muhammad, 1965(consulté le 4 juillet 2017).
  29. Voir une lettre du 23 septembre 1952 : « I had dinner in Chicago last week with our Leader. He is All-Wise. The words which flow from His Lips prove that Allah is the Best-Knower, and that Allah Himself taught our Leader. » Tiré du dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 9 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013).
  30. Voir l'introduction de l'entretien par Playboy Magazine (Alex Haley).
  31. Dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 9-11 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013).
  32. "Malcolm Little… was suffering "a social personality with paranoid trends (pre-psychotic paranoid schizophrenia)"." Tiré du dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 88 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013).
  33. Dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 6 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013).
  34. Le terme de mosquée n'était pas encore utilisé par la NOI, à l'époque.
  35. Malcolm X est alors considéré comme le « Traveling Minister of Temple #7, NYC of the Muslim Cult of Islam, 102 West 116th Street, NY, NY. » Tiré du dossier du FBI sur Malcolm X : partie I, p. 61 ; disponible « ici »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 30 mars 2013). L'adresse exacte, 113 Lenox Avenue, est donnée dans certaines lettres de Malcolm à d'autres meneurs du mouvement des droits civiques, comme cette lettre adressée à Martin Luther King (autre version ; lettre à Whitney Young : ici et ici).
  36. The Hate That Hate Produced ; voir sur ce point Make it Plain, BBC ou la vidéo de l'une des émissions sur Google Video.
  37. Gilles Kepel, À l'ouest d'Allah, Coll. l'épreuve des faits, Seuil, Paris, 1994, p. 60.
  38. a et b Gilles Kepel, À l'ouest d'Allah, Coll. l'épreuve des faits, Seuil, Paris, 1994, p. 59.
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  41. Sylvie Laurent, « « Ce que la Palestine m’a appris du racisme aux États-Unis » », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2020).
  42. Bruce Perry, Malcolm – The Life of a Man Who Changed Black America : lien.
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  52. a et b Malcolm x, Rejoindre la révolution mondiale, .
  53. « Nous croyons que les mariages mixtes ou le mélange des races devraient être interdits » : THE MUSLIM PROGRAM, texte d’Elijah Muhammad, sur le site officiel de la NOI.
  54. Alona Wartofsky, « Brother Minister: The Martyrdom of Malcolm X », The Washington Post, 17 février 1995, [1].
  55. D'après l'autobiographie de Malcolm X, 1965, p. 299 de l'édition américaine.
  56. Nation of Islam conteste, et parle d'une « mauvaise interprétation de la vie domestique de l'honorable Elijah Muhammad ». Voir An historical look at the honorable Elijah Muhammad.
  57. (en) « This Far by Faith . Warith Deen Mohammed », sur pbs.org (consulté le 7 février 2019)
  58. D’après l’autobiographie de Malcolm X, 1965, p. 308 de l’édition américaine.
  59. « The National Officials there at Chicago Headquarters know that I never left the Nation of Islam on my own free will. It was they who conspired with Captain Joseph here in New York to pressure me out of the Nation. In order to save the National Officials and Captain Joseph the disgrace of having to explain … for forcing me out, I announced through the press that it was my own decision to leave. // I did not take the blame to protect those National Officials, but to preserve the faith your followers have in you and the Nation of Islam ». Texte complet de la lettre disponible ici (autre version).
  60. Voir sa déclaration de foi : lien vers le manuscrit. Malcolm X fait ici référence non pas à Elijah Muhammad, mais bien au prophète Mahomet. On remarquera donc que c'est une manière de revenir sur certaines des affirmations de membres de Nation of Islam qui associaient Elijah Muhammad à la notion de prophète. En réalité, Malcolm réfutait déjà cette idée dès 1963 (voir la vidéo disponible sur « Google Video »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) d'un entretien dans l'émission City Desk où il explique ceci), qualifiant Elijah Muhammad de « messager » (Messenger).
  61. Dans les dossiers du FBI apparaissent la reproduction de lettres du début des années 1950, que X signe sous le nom de Malachi Shabazz, une version très proche de son nouveau nom musulman de 1964. Voir par exemple la page 10 du dossier PDF [2].
  62. (en) Letter from Malcolm X.
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  76. a et b Voir sur le site de CBS le compte rendu de son émission 60 Minutes de janvier 2007, où Farrakhan a admis pour s'en excuser « que ce que j’ai dit a causé la perte de la vie d'un être humain ».
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  87. Cf. discours : « Montrez-moi le capitaliste, je vous montrerai le vautour ».
  88. (en-US) « "Malcolm X": A controversial figure reassessed », sur Salon, (consulté le 19 février 2020)
  89. (en-US) « About – 1895 Films » (consulté le 19 février 2020)
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Voir aussiModifier

BibliographieModifier

En françaisModifier

  • J. Barnes, Malcolm X, la libération des noirs, et la voie vers le pouvoir ouvrier, Pathfinder Press, (ISBN 978-1-60488-025-0).
  • D. de Roulet, Malcolm X, par tous les moyens nécessaires, Desmaret Éditions[année= 2004 (ISBN 978-2-7427-2555-7)
  • Malcolm X et G. Breitman, Le pouvoir noir, La Découverte, 2002 (ISBN 978-2-7071-3684-8). Une très bonne anthologie des écrits de Malcolm X. Le choix est éclairé et le panel est bien plus vaste que dans la plupart des livres anglophones, puisque cet ouvrage inclut des discours du « début » comme de la fin de la vie de Malcolm X. D'autant plus utiles que la plupart des discours de Malcolm X ne sont pas encore disponibles en français en ligne.
  • M. Rouabhi, Malcolm X, Actes Sud-Papiers, 2000 (ISBN 978-2-913675-27-8).
  • F. Steiger et S. Molla, Malcolm : Les Trois Dimensions d'une révolution inachevée, Éditions L'Harmattan, 2003 (ISBN 978-2-7475-4522-8).
  • Malcolm X et Alex Haley (trad. Anne Guérin, préf. Daniel Guérin), L'Autobiographie de Malcolm X [«  The autobiography of Malcolm X »], Paris, éditions Grasset, , 328 p., 21 cm (ISBN 2-246-13992-9, notice BnF no FRBNF35561896).
    Réédition de la traduction originale parue en 1966 chez le même éditeur, cf. notice BnF.
  • Malcolm X, Sur l'histoire afro-américaine, Éditions Aden, 2008 (ISBN 978-2-930402-66-6). Traduction française de Malcolm X, On Afro-American History.
  • Lilian Thuram, Mes étoiles noires de Lucy à Barack Obama (ISBN 978-2-7578-2032-2).
  • Jonathan Demay, Malcolm X, sans lutte il n'y a pas de progrès, Éditions L'Harmattan, 2017 (ISBN 978-2-343-10385-3).
Livres pour la jeunesse
  • Malcolm X : Pensez par vous-mêmes, Philippe Godard, 2006, éd. Syros.

En anglaisModifier

  • Malcolm X & Alex Haley, The Autobiography of Malcolm X as told to Alex Haley, Ballantine Books (10/1987) (ISBN 978-0345350688).
  • George Breitman (dir.), Malcolm X Speaks: Selected Speeches and Statements, Grove Press / Atlantic Monthly Press (réimpr. 11 janvier 1994) (1re éd. 1965), 240 p. (ISBN 978-0802132130), contenant ses discours tenus pendant les huit derniers mois de sa vie et qui expriment ses nouveaux idéaux.
  • Manning Marable, Malcolm X: A Life of Reinvention, Penguin Books, , 608 p. (ISBN 978-0143120322)
  • Malcolm X: The Man and His Times (ISBN 0-86543-200-7), édité avec une introduction et un commentaire de John Henrik Clarke. Une anthologie d'écrits, de discours et de manifestes complétée d'ajouts sur Malcolm X par un groupe international d'africains et d'afro-américains spécialistes et militants.
  • Clayborne Carson et David Gallen (préf. Spike Lee), Malcolm X: The FBI File, Allworth Press,U.S (réimpr. 16 février 2012) (1re éd. 1991), 520 p. (ISBN 978-1616083762), le commentaire est de Clayborne Carson, l'introduction de Spike Lee et l'édition de David Gallen. Une source d'informations provenant des dossiers du FBI sur ses débuts, en passant par sa sortie de prison en mars 1953, et se terminant en 1980 par l'enquête sur son assassinat. Le dossier du FBI sur Malcolm X disponible sur son site : [3].
  •   Michael Eric Dyson Making Malcolm: The Myth and Meaning of Malcolm X. New York: Oxford University Press, 1996 (ISBN 0-19-509235-X).
  •   Karl Evanzz, The Judas Factor: The Plot to Kill Malcolm X. New York: Thunder's Mouth Press, 1992 (ISBN 1-56025-049-6).
  •   Louis Lomax, When the Word is Given. Cleveland: World, 1963, OCLC 1071204.
  •   James H. Cone, Martin & Malcolm & America: A Dream or A Nightmare. Maryknoll, N.Y.: Orbis Books, 1991 (ISBN 0-88344-721-5).

Articles en anglais (sélection)Modifier

  • Gordon Parks, « The White Devil's Day is Almost Over », Life, , 1963.
  • (en-US) « Malcolm X Disputes, Nonviolence Policy », New York Times,‎ , p. 29 (lire en ligne).
  • (en-US) Thomas P. Ronan, « Malcolm X Tells Rally in Harlem Kennedy Fails to Help Negroes », New York Times,‎ , p. 45 (lire en ligne).
  • (en-US) R.W. Apple Jr., « Malcolm X Silenced for Remarks On Assassination of Kennedy; Head of Muslims Suspends Second Most Powerful Figure in Movement », New York Times,‎ , p. 22 (lire en ligne).
  • (en-US) M.S Handler, « Malcolm X sees rise in violence ; Says Negroes Are Ready to Act in Self‐Defense », New York Times,‎ , p. 20 (lire en ligne).
  • (en-US) « 1 000 in Harlem Cheer Malcolm ; ‘Ballots or Bullets’ Program Urged by Black Muslim », New York Times,‎ , p. 18 (lire en ligne).
  • (en-US) « Malcolm X Woos 2 Rights Leaders », New York Times,‎ , p. 28 (lire en ligne).
  • (en-US) Joseph Lelyveld, « Elijah Muhammad Rallies His Followers in Harlem », New York Times,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  • (en-US) M.S. Handler, « Malcolm X Seeks U.N. Negro Debate ; He Asks African States to Cite U.S. Over Rights », New York Times,‎ , p. 22 (lire en ligne).
  • (en-US) « Malcolm X Reports He Now Represents World Muslim Unit », New York Times,‎ , p. 13 (lire en ligne).
  • (en-US) M.S. Handler,, « Malcolm X Cites Role in U.N. Fight ; Says He Swayed Africans to Attack U.S. 'Racism' », New York Times,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  • (en-US) « Malcolm X And Muslims », New York Times,‎ , p. 10 (lire en ligne).
  • (en-US) James Loomis, « Death of Malcolm X », New York Times,‎ , p. 24 (lire en ligne).
  • (en-US) Martin Arnold, « Harlem is Quiet as Crowds Watch Malcolm X Rites », New york Times,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  • (en-US) Homer Bigart, « Malcolm X-ism Feared by Rustin », New York Times,‎ , p. 15 (lire en ligne).
  • (en-US) « 4 Are Indicted Here in Malcolm X Case », New York Times,‎ 11 mars 1965,, p. 66 (lire en ligne).
  • (en-US) Paul L. Montgomery, « Malcolm X a Harlem Idol on Eve of Murder Trial », New York Times,‎ , p. 46 (lire en ligne).
  • (en) John Henrik Clarke & Sylvester Leaks, « Malcolm X : His Grandeur and Significance », Présence Africaine, Nouvelle série, No. 62,‎ , p. 77-83 (lire en ligne).
  • (en-US) Frederick D. Harper, « The Influence of Malcolm X on Black Militancy », Journal of Black Studies, Vol. 1, No. 4,‎ , p. 387-402 (lire en ligne).
  • (en) Doug Cooper, « Malcolm X Commemoration », Umoja Sasa, Vol. 2, No. 3,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  • (en-US) Ted Vincent, « The Garveyite Parents of Malcolm X », The Black Scholar, Vol. 20, No. 2,,‎ , p. 10-13 (lire en ligne).
  • (en-US) Archie C. Epps, « The Rhetoric of Malcolm X », Harvard Review, No. 3,‎ , p. 64-75 (lire en ligne).
  • (en-US) Gerald Horne, « "Myth" and the Making of "Malcolm X" », The American Historical Review, Vol. 98, No. 2,‎ , p. 440-450 (lire en ligne).
  • (en-US) Robert E. Terrill, « Protest, Prophecy, and Prudence in the Rhetoric of Malcolm X », Rhetoric and Public Affairs, Vol. 4, No. 1,‎ , p. 25-53 (lire en ligne).
  • (en-US) « Malcolm X 1925-1965 », The Journal of Blacks in Higher Education, No. 46,‎ hiver 2004-2005, p. 160 (lire en ligne).
  • (en-US) Maurice Berger, « Malcolm X as Visual Strategist », New York Times,‎ (lire en ligne).
  • (en-US) Khary Polk, « Malcolm X, sexual Hearsay and Masculine Dissemblance », Biography, University of Hawai'i Press, Vol. 36, No. 3,,‎ , p. 568-584 (lire en ligne).
  • (en-US) V. P. Franklin, « Introduction : Reflections on the Legacy of Malcolm X », The Journal of African American History, Vol. 98, No. 4,,‎ , p. 562-564 (lire en ligne).
  • (en-US) James A. Tyner, « Placing ‘the South’ in the Geopolitical Thought of Malcolm X », Southeastern Geographer, Vol. 56, No. 1,‎ , p. 45-56 (lire en ligne).

EssaisModifier

FilmographieModifier

MusiqueModifier

  • « Malcolm », hommage du groupe reggae français Positive Radical Sound.
  • « Du Panshir a Harlem », de Médine (dans cette chanson, son parcours, son combat et sa destinée sont mis en parallèle, à la 1re personne, avec celui du commandant Massoud).
  • « Self Défense », encore par Médine (dans cette chanson, il évoque les Black Panthers, mouvement inspiré de Malcolm X — « La panthère a été choisie comme emblème parce que c'est un animal noir et magnifique qui n'attaque pas, mais se défend férocement » — et cite quelques paroles de Malcolm X traduites en français).
  • « Interview », de Lino, dans laquelle il cite Malcolm X comme son personnage favori (« Malcolm le rouquin »).
  • « Wake up » de Rage Against the Machine (« They murdered X and try to blame it on Islam »).
  • Le groupe de rap français Ideal J fait référence à Malcolm X dans le morceau « Hardcore » : « La fin violente du parcours de Malcolm X : Hardcore ! ».
  • Soprano, dans le morceau « Hiro », fait référence à Malcolm X en ces termes : « J'aurais été au temple d'Harlem pousser Malcolm de la scène avant qu'une balle ne l'atteigne ».
  • Tandem, dans le morceau « Le monde est stonne », chante : « T’as remarqué qu’on a tous la même vie et qu’on veut tous marquer l’histoire. / Moi j’te rappelle que Malcolm X s’est fait buter par un Noir ».
  • Living Colour, dans le morceau « Cult Of Personnality », fait référence à Malcolm X avec cette citation : « And during a few moments that we have left, we want to talk, right down to earth, in a language that everybody here, can easily understand ».
  • « Malcolm X », hommage de Winston Mc Anuff, chanteur de reggae jamaïcain.
  • « Halftime », de Nas, chanson dans laquelle il fait allusion à Malcolm X : « C'est comme Malcolm X, j 'attrape la fièvre de la jungle urbaine ».
  • « Malcolm X » d'Earl Sixteen, chanteur de reggae.
  • « Une princesse est morte », de KDD, rend hommage à la femme de Malcolm X, Betty Shabazz, décédée en 1997.
  • « By Any Means », de Rick Ross.
  • « Étoile d'un jour », de l'Algérino feat. Soprano, dans laquelle les deux rappeurs rendent hommage à différentes figures historiques ayant œuvré pour la paix, dont Malcolm X.
  • « P***** de poésie » d'Ärsenik, où Lino et Calbo citent aussi Malcolm X.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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