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Machairodontinae

sous-famille éteinte de félins

Machairodontinés • Machairodontes

Les machairodontinés (Machairodontinae) ou tout simplement les machairodontes (du grec ancien μάχαιρα / mákhaira « couteau » et ὀδούς / odoús « dent »), forment une sous-famille éteinte de très grands félins apparus vers le début du Miocène (Langhien), il y a environ 16 millions d'années et qui ont totalement disparu au début de l'Holocène il y à environ 10 000 ans[1]. Ce taxon se caractérise par le fait que ses représentants possèdent une augmentation anormalement grande de la longueur des canines situé dans le maxillaire, d'où le célèbre surnom de tigres à dents de sabre ou plus correctement les félins à dents de sabre. La sous-famille inclut le célèbre Smilodon et tout autre genres de félidés fossiles ayant cette caractéristique similaire.

DentsModifier

 
Crâne d'Amphimachairodus comparé à un chat.

La sous-famille des Machairodontinae se divise en deux types, suivant que les dents ressemblaient à des poignards (Smilodontini) ou des cimeterres (Machairodontini, Homotherini et les Metailurini). Les félins à dents de poignard avaient des canines supérieures allongées et étroites et généralement un corps trapu. Les félins à dents de cimeterre possédaient des canines supérieures plus larges et plus courtes en même temps que, de façon typique, une forme plus souple et des pattes plus longues. Les félins aux dents les plus longues avaient souvent un rebord osseux qui dépassait de leur mandibule inférieure. Cependant, un genre, Xenosmilus, s’écartait de cette organisation car il possédait à la fois les membres vigoureux et lourds associés aux félins à dents de poignard et les canines vigoureuses des félins à dents de cimeterre.

Rapport avec les autres félinsModifier

L’appellation « tigres à dents de sabre » induit en erreur. Les Machairodontinés n’appartenaient même pas à la même sous-famille que les tigres, il n’existe aucune preuve que leur pelage ait été le même et ce vaste groupe d'animaux ne vivait et ne chassait certainement pas de la même façon que le tigre actuel. L'analyse de l'ADN publiée en 2005 a confirmé et clarifié l'analyse cladistique selon laquelle les Machairodontinés ont divergé de bonne heure des ancêtres des félins modernes sans se rapprocher d'aucune espèce féline actuelle.

L'appellation « chats à dents de sabre » est sans doute un anglicisme, bien que d'autres mammifères carnivores aux dents allongées sont également appelés tigre à dents de sabre, bien qu'ils n'appartiennent pas aux Felidae. Outre les machairodontes, des prédateurs possédants de longues canines sont également apparus chez les nimravidés, les barbourofélidés, les Machaeroidinae, les Hyaenodonta et même dans deux groupes de métathériens (Sparassodonta et les Deltatheroidea)[2].

HabitatModifier

On pense généralement que les Machairodontinae ont vécu seulement dans des secteurs froids au cours des glaciations. Alors que certains ont connu des conditions neigeuses pendant une période glaciaire, les Machairodontinés remontent aux climats plus chauds de l'Oligocène et leur diversification a été parallèle à la croissance de biomes herbacés ; ils se sont éteints seulement au cours des 10 000 dernières années. Toutefois, il est possible que les canines longues et recourbées de certains de ces félins aient servi à la manière de celles des morses, à savoir de dragues pour fouiller les fonds vaseux des rivières ou de piolets pour s'accrocher aux berges. Cela supposerait un habitat au moins partiellement aquatique pour les Machairodontinés, hypothèse qui ne devrait pas surprendre outre mesure (les tapirs passent beaucoup de temps dans l'eau, et pourtant rien dans leur anatomie ne le suggère). De plus, les actuels félins aquatiques, comme le Chat viverrin ont une morphologie rappelant celle des félins à dents de sabre (queue courte, silhouette trapue, tête allongée).

Techniques de chasseModifier

 
Diagramme de séquence de la morsure de cisaillement du machairodonte Homotherium serum : Le diagramme A montre le machairodonte qui presse ses canines inférieures et ses grandes incisives dans le ventre de la proie, créant un pli avec le mouvement ascendant. Le diagramme B montre le crâne dépressif par les muscles du cou et transperce la peau. Le diagramme C montre les mâchoires serrées fermement autour de la peau et de la graisse, et avec les incisives agrippant la peau, le machairodonte le retire, déchirant le lambeau de peau du ventre.

La méthode de chasse les Machairodontinés est vivement débattue. À l'origine on pensait qu'ils se servaient de leurs dents comme de poignards (ouvrant toutes grandes leurs mâchoires, découvrant leurs dents et s’en servant pour l’attaque). Cependant on n’y croit plus guère[réf. nécessaire] car les dents, du fait de leur longueur, étaient fragiles, et en se débattant une proie de grande taille aurait pu facilement les endommager, ce qui aurait handicapé l’animal dans la chasse. Quelques spécialistes suggèrent que ces Felidae auraient tranché avec leurs dents le ventre de grands animaux et attendu ensuite qu’ils soient morts vidés de leur sang, mais là aussi le risque de briser les dents était toujours élevé. Cependant, quand le chat à dents de poignard mordait le cou d'un grand ongulé, la morsure pouvait couper toutes les artères et les veines, pendant qu’il s’agrippait à la trachée. Cette méthode aurait bien été risquée pour les dents si la proie s’était trop débattue, mais moins toutefois que la méthode du coup de poignard ; en mordant le cou, le félidé s’agrippait avec ses incisives et ses canines inférieures. Aussi, au cas où les Machairodontinae auraient chassé en bandes (il y a des preuves que c’était le cas, au moins pour certaines espèces), ils pouvaient immobiliser l'animal avant de le tuer par morsure.

Liste des sous-taxonsModifier

Sous-famille des † Machairodontinae
Tribu Image Genre Espèce
Incertae sedis Tchadailurus[3],[4] Bonis et al., 2018
  • T. adei
Homotherini   Amphimachairodus[5] Kretzoi, 1929
  • A. alvarezi
  • A. coloradensis
  • A. giganteus
  • A. kurteni
  Homotherium Fabrini, 1890
Lokotunjailurus Werdelin, 2003
  • L. emageritus
  • L. fanonei
  Nimravides[5] Kitts, 1958
  • N. catacopsis
  • N. galiani
  • N. hibbardi
  • N. pedionomus
  • N. thinobates
  Xenosmilus Martin et al., 2000
  • X. hodsonae
Machairodontini Hemimachairodus Koenigswald, 1974
  • H. zwierzyckii
  Machairodus Kaup, 1833
  • M. alberdiae
  • M. aphanistus
  • M. horribilis
  • M. horribilis
  • M. laskerevi
  • M. pseudaeluroides
  • M. robinsoni
  • M. kabir
Miomachairodus Schmidt-Kittler, 1976
  • M. pseudaeluroides
Metailurini Adelphailurus Hibbard, 1934
  • A. kansensis
  Dinofelis Zdansky, 1924
  • D. aronoki
  • D. barlowi
  • D. cristata
  • D. darti
  • D. diastemata
  • D. paleoonca
  • D. petteri
  • D. piveteaui
  Metailurus Zdansky, 1924
  • M. boodon
  • M. major
  • M. mongoliensis
  • M. ultimus
Stenailurus
  • S. teilhardi
Yoshi[6] Spassov et Geraads, 2014
  • Y. garevskii
  • Y. minor
Smilodontini   Megantereon Croizet et Jobert, 1828
  • M. cultridens
  • M. ekidoit
  • M. hesperus
  • M. inexpectatus
  • M. microta
  • M. nihowanensis
  • M. vakhshensis
  • M. whitei
Paramachairodus Pilgrim, 1913
  • P. maximiliani
  • P. orientalis
  • P. transasiaticus
Promegantereon[5] Kretzoi, 1938
  • P. ogygia
  Rhizosmilodon Wallace et Hulbert, 2013
  • R. fiteae
  Smilodon Lund, 1842

PhylogénieModifier

Le cladogramme suivant reprend les résultats des principales études phylogénétiques sur les Machairodontinae entre 1990 et 2013[7],[8],[9],[10],[11] :

 †Machairodontinae 
 †Metailurini 

 †Dinofelis 


Dinofelis paleoonca



Dinofelis petteri




Dinofelis aronoki



Dinofelis barlowi



Dinofelis cristata



Dinofelis darti



Dinofelis diastemata



Dinofelis piveteaui



 †Metailurus 

Metailurus boodon



Metailurus major



Metailurus mongoliensis



Metailurus ultimus




 †Adelphailurus 

Adelphailurus kansensis


 † Stenailurus 

Stenailurus teilhardi


 †Yoshi[12] 

Yoshi garevskii



Yoshi minor




 †Tchadailurus 

Tchadailurus adei



 †Smilodontini 



 †Megantereon 



Megantereon cultridens



Megantereon ekidoit




Megantereon whitei




Megantereon hesperus



Megantereon inexpectatus



Megantereon microta



Megantereon nihowanensis



Megantereon vakhshensis



 †Smilodon 

Smilodon fatalis




Smilodon gracilis



Smilodon populator





 †Rhizosmilodon 

Rhizosmilodon fiteae[13]



 †Paramachairodus 

Paramachairodus maximiliani



Paramachairodus orientalis



Paramachairodus transasiaticus




 †Promegantereon 

Promegantereon ogygia[5]




 †Machairodontini 
 †Machairodus 

Machairodus alberdiae



Machairodus aphanistus



Machairodus horribilis



Machairodus laskerevi



Machairodus pseudaeluroides



Machairodus robinsoni



Machairodus kabir



 †Miomachairodus 

Miomachairodus pseudaeluroides


 †Hemimachairodus 

Hemimachairodus zwierzyckii



 †Homotherini 
 †Amphimachairodus[5] 

Amphimachairodus kurteni



Amphimachairodus alvarezi



Amphimachairodus coloradensis



Amphimachairodus giganteus



 †Nimravides[5] 

Nimravides catacopsis



Nimravides galiani



Nimravides hibbardi



Nimravides pedionomus



Nimravides thinobates




 †Lokotunjailurus[5] 

Lokotunjailurus emageritus



Lokotunjailurus fanonei




 †Xenosmilus 

Xenosmilus hodsonae


 †Homotherium 

Homotherium ischyrus



Homotherium latidens




Homotherium serum



Homotherium venezuelensis










CryptozoologieModifier

Le témoignage de tribus au Tchad rapportent qu'ils auraient observé à plusieurs reprises, des félins possédant des longues canines. Il fut surnommé, le Tigre d'Ennedi et les cryptozoologues le décrivent comme l'un des derniers représentants des Machairodontinés[14].

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Paleobiology Database: Machairodontinae basic info
  2. Lars W. van den Hoek Ostende, Michael Morlo & Doris Nagel, « Fossils explained 52 Majestic killers: the sabre-toothed cats », Geology Today, vol. 22, no 4,‎ , p. 150–157 (DOI 10.1111/j.1365-2451.2006.00572.x)
  3. (en) http://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/g2018v40a3.pdf
  4. « Archived copy » [archive du ] (consulté le 5 avril 2018)
  5. a b c d e f et g (en) Mauricio Anton, Sabertooth, Bloomington, Indiana, University of Indiana Press, (ISBN 9780253010421)
  6. (en) Nikolai Spassov et Denis Geraads, « A New Felid from the Late Miocene of the Balkans and the Contents of the Genus Metailurus Zdansky, 1924 (Carnivora, Felidae) », Journal of Mammalian Evolution, vol. 22,‎ , p. 45–56 (DOI 10.1007/s10914-014-9266-5)
  7. (en) « Paleobiology Database » [archive du ] (consulté le 16 juin 2011)
  8. (en) Alan Turner, « The evolution of the guild of larger terrestrial carnivores during the Plio-Pleistocene in Africa », Geobios, vol. 23, no 3,‎ , p. 349–368 (DOI 10.1016/0016-6995(90)80006-2)
  9. (en) L. D. Martin, Babiarz, J. P., Naples, V. L. et Hearst, J., « Three Ways To Be a Saber-Toothed Cat », Naturwissenschaften, vol. 87, no 1,‎ , p. 41–44 (PMID 10663132, DOI 10.1007/s001140050007, Bibcode 2000NW.....87...41M)
  10. (en) Alan Turner, The Big Cats and their fossil relatives, New York, Columbia University Press, (ISBN 978-0-231-10228-5, lire en ligne), p. 60
  11. (en) S. C. Wallace et R. C. Hulbert, « A New Machairodont from the Palmetto Fauna (Early Pliocene) of Florida, with Comments on the Origin of the Smilodontini (Mammalia, Carnivora, Felidae) », PLoS ONE, vol. 8, no 3,‎ , e56173 (PMID 23516394, PMCID 3596359, DOI 10.1371/journal.pone.0056173)
  12. (en) Nikolai Spassov et Denis Geraads, « A New Felid from the Late Miocene of the Balkans and the Contents of the Genus Metailurus Zdansky, 1924 (Carnivora, Felidae) », Journal of Mammalian Evolution, vol. 22,‎ , p. 45–56 (DOI 10.1007/s10914-014-9266-5)
  13. (en) « Archived copy » [archive du ] (consulté le 4 octobre 2016)
  14. (en) https://www.pinebarrensinstitute.com/cryptids/2018/8/18/cryptid-profile-ennedi-tiger%3fformat=amp

Article connexeModifier

Liens externesModifier

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