Le Grau-du-Roi

commune française du département du Gard

Le Grau-du-Roi
Le Grau-du-Roi
Le Vieux phare du Grau-du-Roi.
Blason de Le Grau-du-Roi
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Intercommunalité Communauté de communes Terre de Camargue
Maire
Mandat
Robert Crauste
2020-2026
Code postal 30240
Code commune 30133
Démographie
Gentilé Graulens
Population
municipale
8 457 hab. (2018 en augmentation de 0,43 % par rapport à 2013)
Densité 155 hab./km2
Population
agglomération
17 358 hab. (2016)
Géographie
Coordonnées 43° 32′ 17″ nord, 4° 08′ 14″ est
Altitude Min. 0 m
Max. 11 m
Superficie 54,73 km2
Type Commune urbaine et littorale
Unité urbaine Le Grau-du-Roi
(banlieue)
Aire d'attraction Le Grau-du-Roi
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton d'Aigues-Mortes
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : région Occitanie
Voir sur la carte administrative de la région Occitanie
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi
Géolocalisation sur la carte : Gard
Voir sur la carte topographique du Gard
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
City locator 14.svg
Le Grau-du-Roi
Liens
Site web ville-legrauduroi.fr

Le Grau-du-Roi (en provençal lo Grau dou Rei [norme classique] ou Lou Grau dóu Rèi [norme mistralienne]), est une commune située dans le sud-est de la France dans le département du Gard en région Occitanie.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Le Grau-du-Roi est situé dans le sud du département du Gard à la limite de l'Hérault et de La Grande-Motte, sa voisine à l'ouest. C'est l'unique commune maritime du département. La commune d'Aigues-Mortes est limitrophe de la commune du Grau-du-Roi.

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Communes limitrophesModifier

Hydrographie et reliefModifier

 
Voilier sur le plan d'eau du Vidourle.

Construite de part et d'autre d'un grau, brèche dans le cordon littoral ouverte naturellement vers 1570 au lieu-dit Gagne-Petit, entre l'embouchure du Vidourle et celle du Rhône, cette station offre 18 km de sable fin.

La commune est entourée d'étendues d'eau :

ClimatModifier

Le climat du Grau-du-Roi est de type méditerranéen, avec des hivers doux et humides, et des étés chauds et très secs. Même si les températures peuvent parfois être froides en hiver et très chaudes en été, celles-ci n'atteignent jamais les extrêmes, grâce à la proximité de la mer qui tempère le climat. Le record de froid est de −12 °C (le ), tandis que le record de chaleur est de 41,5 °C (en ). Les précipitations sont peu fréquentes : on relève annuellement 55 jours de pluie, et seulement un jour de neige. On enregistre 249 jours de vent par an (surtout du mistral).

Grau-du-Roi, 1981 - 2010, record depuis 1951
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,1 4,6 7,4 9,9 13,7 17,2 19,8 19,5 16,1 13 8,1 5 11,6
Température minimale moyenne la plus basse (°C)
année du record
−0,7
1987
−4,3
1956
3,3
1971
7,4
1973
11
1951
14,4
1969
16,6
1980
16,7
1954
13,4
1972
7,4
1974
4,7
1985
1,1
1969
9,4
1956
Température minimale moyenne la plus haute (°C)
année du record
7,9
1996
9,3
1990
10,2
2001
12,3
2011
15,5
2009
20,8
2003
22,9
2006
22,5
2003
18,4
1987
15,2
2001
11,4
1994
9,1
2015
12,8
2014
Température moyenne (°C) 7,5 8,3 11,2 13,6 17,4 21,3 24 23,7 20,1 16,4 11,4 8,3 15,3
Température maximale moyenne (°C) 11 12 15 17,4 21,2 25,3 28,2 27,8 24,1 19,9 14,7 11,5 19
Température maximale moyenne la plus basse (°C)
année du record
6,3
1963
3,8
1956
11,4
1971
14,4
1986
17,7
1951
22,1
1969
24,5
1980
24,4
1954
21,2
1965
15,1
1974
11,7
1958
8,4
1969
17,1
1956
Température maximale moyenne la plus haute (°C)
année du record
13,8
2007
15,3
1990
18,5
1997
20,8
2011
24,1
2011
28,7
2003
31,2
2006
31,4
2003
26,5
2011
22,7
2014
17,5
2015
14,8
2015
20,2
2014
Record de froid (°C)
date du record
−9
12/1/1987
−12
10/2/1956
−5,5
7/3/1971
2
12/4/1958
5
7/5/1957
7
4/6/1984
13
8/7/1954
12
30/8/1986
7
21/9/1977
2,3
30/10/2012
−2
23/11/1998
−8
27/12/1962
−12
10/2/1956
Température maximale la plus basse (°C)
date du record
−5
12/1/1987
−7
10/2/1956
2
7/3/1955
7
5/4/1975
11
6/5/1985
15
11/6/1956
19
29/7/1977
19
12/8/1955
13
24/9/1977
7,3
26/10/2003
4
20/11/1985
−4
24/12/1962
−7
10/2/1956
Température minimale la plus haute (°C)
date du record
13,8
19/1/2007
14
14/1/1990
15,6
30/3/2012
17,4
10/4/2011
21
27/5/1953
24,2
21/6/2003
25,4
24/7/2006
25,2
24/8/2012
22,4
3/9/2009
21,2
8/10/2014
19
1/11/1968
15
4/12/1953
25,4
24/7/2006
Record de chaleur (°C)
date du record
20,2
19/1/2007
21,3
23/2/2012
25,2
30/3/2012
28,7
8/4/2011
32,3
24/5/2011
36,5
21/6/2003
36
7/7/1982
36
16/8/1987
34
25/9/1983
31,2
11/10/2011
24
3/11/1970
20
12/12/1961
36,5
21/6/2003
Nombre de jours avec température minimale ≤ −10 °C 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Nombre de jours avec température minimale ≤ –5 °C 0,5 0,1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0,1 0,7
Nombre de jours avec gel 4,5 3,7 0,3 0 0 0 0 0 0 0 0,7 2,8 12,1
Nombre de jours avec température maximale ≤ 0 °C 0,4 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0,4
Nombre de jours avec température maximale ≥ 25 °C 0 0 0 0,3 3,7 16,1 27,9 27,6 12,4 0,9 0 0 89
Nombre de jours avec température maximale ≥ 30 °C 0 0 0 0 0,1 2,9 8,2 6,2 0,3 0,1 0 0 17,8
Nombre de jours avec température maximale ≥ 35 °C 0 0 0 0 0 0,1 0,1 0,1 0 0 0 0 0,3
Nombre de jours avec rafales ≥ 57,6 km/h 8,1 8 9,9 9,3 5,2 4,2 4,3 4,2 5,1 6,4 7,5 7,9 80,1
Nombre de jours avec rafales ≥ 100,8 km/h 0,2 0,3 0,2 0,1 0 0 0 0,1 0,1 0,1 0,2 0,3 1,5
Précipitations (mm) 51,4 43,4 30,5 52,7 35,3 22,7 12,4 30,2 71,9 86,9 62,7 52,4 552,3
Précipitations les plus basses (mm)
année du record
0
1993
0
1999
0
1997
0
1965
1
1973
0
1995
0
2006
0
1958
0
1987
3,6
2014
0
1981
0
1974
279
1958
Précipitations les plus hautes (mm)
année du record
228
1979
167
1974
189
1960
177
2009
128
1977
108
1957
84
1982
120
1991
259
1994
450
1976
191
1984
169
1975
965
1976
Record de pluie en 24 h (mm)
date du record
78
16/1/1978
67,8
2/2/2009
54
14/3/1971
58
9/4/2003
64
3/5/1999
63
5/6/1973
51
30/7/1982
100
31/8/1991
144
22/9/2003
129
25/10/1976
87
5/11/1963
71
28/12/1972
144
22/9/2003
Nombre de jours avec précipitations 5,5 4,4 4,1 5,6 4,7 3,1 1,9 3,4 4,3 6,1 6 5,6 54,6
Le moins de jours avec précipitations
année du record
0
1993
0
1999
0
1997
0
1965
1
1973
0
1995
0
2006
0
1958
0
1987
1
2014
0
1981
0
1974
31
2006
Le plus de jours avec précipitations
année du record
19
1996
13
1974
12
1960
11
1993
10
1971
8
1997
6
2011
9
1996
12
1994
16
1951
13
2014
15
1996
92
1996
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 5 mm 2,6 2,7 2 3,1 2,3 1,4 0,7 1,6 2,7 3,7 3,2 2,9 28,8
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 10 mm 1,6 1,3 0,9 1,8 1,1 0,7 0,4 1 2,2 2,6 1,8 1,7 17
Nombre de jours avec neige 0,8 0 0,3 0 0 0 0 0 0 0 0 0,1 1,2
Nombre de jours avec grêle 0 0,2 0 0,1 0,1 0,1 0 0 0 0 0,3 0 0,8
Nombre de jours d'orage 0,1 0,2 0,1 0,4 0,8 0,8 1 1,2 1,8 1,5 1 0,4 9,3
Nombre de jours avec brouillard 0,9 0,8 1,3 1,2 0,5 0,6 0,6 0,8 1,2 1,3 1 0,9 11,1
Relevé pluviométrique en 2011 (mm) 20,8 7,2 108,6 15,4 2 53 56,8 5,4 34,2 57,2 180,2 3,6 544,4
Relevé pluviométrique en 2012 (mm) 3 0,2 4,4 57,8 52,2 8,4 38,4 50,4 53,2 65 53 20,8 406,8
Relevé pluviométrique en 2013 (mm) 28,8 9,8 130,2 83,2 42,4 15,2 8,6 25,6 10,8 35 53 21,8 464,4
Relevé pluviométrique en 2014 (mm) 57 21,2 16,2 13,6 13,8 15,4 21,8 34 52,4 3,6 160,2 86,2 495,4
Source : Météo Camargue[1]
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
11
4,1
51,4
 
 
 
12
4,6
43,4
 
 
 
15
7,4
30,5
 
 
 
17,4
9,9
52,7
 
 
 
21,2
13,7
35,3
 
 
 
25,3
17,2
22,7
 
 
 
28,2
19,8
12,4
 
 
 
27,8
19,5
30,2
 
 
 
24,1
16,1
71,9
 
 
 
19,9
13
86,9
 
 
 
14,7
8,1
62,7
 
 
 
11,5
5
52,4
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Voies de communication et transportsModifier

Axes ferroviairesModifier

Le Grau-du-Roi possède une gare située sur la ligne Nîmes - Le Grau-du-Roi. Elle est desservie par des trains TER Languedoc-Roussillon qui effectuent des missions entre Nîmes et Le Grau-du-Roi.

Axes routiersModifier

L'accès au Grau-du-Roi se fait par l'autoroute A9 , sortie n°26 « Gallargues ».

Transports en communModifier

Le Grau du Roi est desservie par le réseau régional de transports Lio.

Les lignes du réseau Lio relient Nîmes au Grau-du-Roi et Le Grau-du-Roi à Montpellier via La Grande-Motte située dans le département voisin, l'Hérault.

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Le Grau-du-Roi est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4]. Elle appartient à l'unité urbaine du Grau-du-Roi, une agglomération inter-départementale regroupant 2 communes[5] et 17 337 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[6],[7].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Grau-du-Roi, dont elle est la commune-centre[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 3 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[8],[9].

La commune, bordée par la mer Méditerranée, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[10]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme par exemple le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[11],[12].

Le-Grau-du-Roi est l'une des 79 communes membres du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) du sud du Gard et fait également partie des 34 communes du Pays Vidourle-Camargue. Elle est l'une des 4 communes du SCOT soumise à la Loi littoral.

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des zones humides (44,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (44,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones humides côtières (44,3 %), eaux maritimes (15,6 %), cultures permanentes (12,2 %), zones urbanisées (8,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,1 %), zones agricoles hétérogènes (3,8 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,4 %), forêts (0,9 %), eaux continentales[Note 3] (0,6 %)[13].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Morphologie urbaineModifier

LogementModifier

Projets d'aménagementModifier

ToponymieModifier

Le nom occitan est lo Grau dau Rei (norme classique) ou Lou Grau dóu Rèi (norme mistralienne)[14].
Racine occitane gras, grau (en languedocien), du roman gras, grads, grad, gra, du catalan grau, du bas latin grassius, du latin gradus : embouchure d'un fleuve, bouche, chenal, coupure par laquelle la mer communique avec un étang du littoral[14].

Ses habitants sont appelés les Graulens et les Graulennes.

HistoireModifier

Moyen ÂgeModifier

À l’époque des croisades, la commune d’Aigues-Mortes était un port royal bien que la mer ne soit jamais venue jusqu'au pied de ses remparts. Les navires partaient par un chenal creusé à travers les étangs jusqu'à la mer.

C’est à la fin du XVIe siècle que le Rhône, en pénétrant en torrent dans les eaux du Repausset, ouvre le grau dont il est question, au lieu-dit de Consac de Gagne Petit. À partir de ce moment sont entreprises de longues séries de travaux pour maintenir cette ouverture sur la mer afin de préserver la navigation dans le port d’Aigues-Mortes.

Époque moderneModifier

Le port du Grau est relié depuis 1725[15] par un chenal de six kilomètres à Aigues-Mortes. En 1727 sont construits dans la mer deux môles empierrés prolongés dans l’étang du Repausset.

Révolution française et EmpireModifier

Bien que n'étant pas une commune à part entière, le lieu est renommé, au cours de la Révolution française, Grau-le-Peletier[16].

Époque contemporaineModifier

 
Rive droite.
 
Monument aux morts.

Le chenal, rectifié en 1845, est l’actuel canal entre Le Grau-du-Roi et Aigues-Mortes. Le phare de l'Espiguette est, quant à lui, édifié en 1869. Au fil des années, bâtiments administratifs, cabanes et maisons, posent les bases d’un village de pêcheurs. D’abord section de la commune d’Aigues-Mortes en 1867, la commune du Grau-du-Roi est créée par un décret du 18 juillet 1879[17].

En 1854, Le Grau-du-Roi est encore simplement un hameau de pêcheurs. La pêche et l’agriculture assurent à la population quelques ressources : le tourisme reste embryonnaire, même si, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, la mode des bains de mer tend à se généraliser. Ces immersions sont encore essentiellement considérées comme traitements médicaux, et les instituts qui se sont montés sur les plages accueillent surtout des populations indigentes. Mais pouvoirs publics et habitants ont compris que leur richesse se trouvait là, sur ces plages de sable fin, entre mer et soleil. En 1855 une œuvre d'hygiène infantile est fondée « dans le but de faciliter aux personnes pauvres ou peu aisés, l'usage des bains de mer. Elle fut reconnue d'utilité publique en 1869 »[18].

En 1909, le prolongement de la ligne de chemin de fer de Nîmes Aigues-Mortes est une véritable bouffée d’oxygène : les baigneurs arrivent nombreux et les productions locales, comme le poisson et le raisin blanc, sont enfin expédiées vers les marchés nationaux. Après des années d’efforts, de travaux et de règlements sanitaires, le , un décret du Président de la République classe enfin Le Grau-du-Roi station climatique et balnéaire. La première guerre mondiale a relativement épargné le village.

En , la Seconde Guerre mondiale marque beaucoup plus profondément la population. Après la défaite de 1940, le Grau est situé en zone non occupée. Cependant, à partir de , les troupes ennemies sont physiquement présentes et les conflits touchent directement les civils. Le Grau-du-Roi doit subir l’occupation, avec ce que cela implique de restrictions, de sacrifices et de compromissions. Le conseil municipal est rapidement révoqué pour être remplacé par une délégation spéciale. Cette même année, la vie du village passe par une nouvelle phase : les troupes allemandes s’installent sur tout le littoral. Une partie de la population est contrainte à l’exode. La côte gardoise représente juste une vingtaine de kilomètres, mais du fait des risques de débarquement, les ouvrages et les installations militaires sont particulièrement nombreux sur ces lieux. Ainsi, les plages de la commune sont hérissées de toutes sortes de systèmes antichars et de pyramides en béton, de blockhaus… 800 hectares de vignes et 200 hectares d’herbages sont transformés en champ de mines. Dans le village, les Allemands font également construire des casemates abritant des canons et des mitrailleuses. L’entrée du canal est fermée par un filet anti sous-marin et une rampe lance-flammes. Les portes et les volets des maisons servent à fabriquer des plates-formes et des encuvements en bois. En 1944, les derniers mois d’occupation se révèlent les plus pénibles, car les troupes d’occupation, gagnées par la défaite, renforcent les brimades et les réquisitions. Le Grau-du-Roi est libéré au mois d’août.

 
Capitainerie de Port Camargue.

Ce n'est qu'à partir des années 1960 que Le Grau-du-Roi surmonte véritablement les dégâts causés par la guerre. La station amorce alors un réel développement touristique et économique. Afin de rationaliser l’aménagement du littoral, l’État met alors en place le plan Racine. L’architecte Jean Balladur est chargé du dossier. Il doit imaginer des structures capables de satisfaire l’afflux touristique tout en respectant la qualité de vie des autochtones et en préservant l’environnement. C’est dans le cadre de ce programme que le grand chantier de Port Camargue est lancé en 1968.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

 
Hôtel de ville du Grau-du-Roi.

De 1789 à 1799, les agents municipaux, les maires, sont élus au suffrage direct pour 2 ans et rééligibles, par les citoyens actifs de la commune, contribuables payant une contribution au moins égale à 3 journées de travail dans la commune. Sont éligibles ceux qui paient un impôt au moins équivalent à dix journées de travail. De 1799 à 1848, la constitution du 22 frimaire an VIII () revient sur l’élection du maire, les maires sont nommés par le préfet pour les communes de moins de 5 000 habitants. La Restauration instaure la nomination des maires et des conseillers municipaux. Après 1831, les maires sont nommés (par le roi pour les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet pour les plus petites), mais les conseillers municipaux sont élus pour six ans. Du à 1851, les maires sont élus par le conseil municipal pour les communes de moins de 6 000 habitants. De 1851 à 1871, les maires sont nommés par le préfet, pour les communes de moins de 3 000 habitants et pour 5 ans à partir de 1855. Depuis 1871, les maires sont élus par le Conseil municipal à la suite de son élection au suffrage universel.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1879 1884 Amédée Rédarès    
1884 1892 Jacques Mézy    
1892 1896 Ange Delorenzi    
1896 1896 Léon Pommier    
1896 1897 Joseph Dumas    
1897 1897 Jacques Mézy   Président de la délégation spéciale
1897 1905 Jean Gourdon    
1905 1919 Louis Ponsole    
1919 1925 Auguste Vincent    
1925 1940 Antonin Revest Rad. Conseiller général du canton d'Aigues-Mortes
Révoqué par le Gouvernement de Vichy[19]
1941 1944 Jean Tourette   Président de la délégation spéciale
1944 1945 Antonin Revest   Président du comité de Libération
1945 1965 Belsamond Ramain PSU Médecin
1965 1983 Jean Bastide PSU puis PS Médecin
Conseiller général du canton d'Aigues-Mortes (1945-1961 et 1967-1973)
Député de la deuxième circonscription du Gard (1973-1978)
1983 2014 Étienne Mourrut RPR puis UMP Conseiller général du canton d'Aigues-Mortes (1985-2002)
Conseiller régional du Languedoc-Roussillon (1986-1992)
Député de la deuxième circonscription du Gard (2002-2012)
2014 En cours Robert Crauste SE Médecin
Conseiller régional du Languedoc-Roussillon (2004-2015)
Les données manquantes sont à compléter.

Conseil municipalModifier

Le conseil municipal graulen comprend 29 membres.

Depuis les dernières élections municipales, sa composition est la suivante :

Composition du conseil municipal
Groupe Président Effectif Statut
« TENONS LE CAP »
LREM
Robert Crauste 23 majorité
« UN NOUVEAU SOUFFLE POUR LE GRAU »
SE
Charly CRESPE 6 opposition

JumelagesModifier

  Dossenheim (Allemagne)

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1881. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[21].

En 2018, la commune comptait 8 457 habitants[Note 4], en augmentation de 0,43 % par rapport à 2013 (Gard : +1,67 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
1 0441 0601 1871 2601 2791 2911 2751 3041 348
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
1 4621 7331 6811 9772 3633 3543 9634 1525 253
1999 2006 2007 2012 2017 2018 - - -
5 8757 8928 1738 4988 5178 457---
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

EnseignementModifier

SantéModifier

Manifestations culturelles et festivitésModifier

 
Bandido lors de la fête votive.

Les arènes du Grau-du-Roi, inaugurées en 1960, sont les arènes de la commune. Elles peuvent contenir 3 000 personnes[23]. Elles sont entièrement dédiées à la course camarguaise, mais lors de la fête votive du Grau-du-Roi on assiste aussi à des abrivados et des bandidos. Depuis 2006 une sculpture signée Ben K de trois cocardiers est érigée à leur entrée.

SportsModifier

MédiasModifier

CultesModifier

ÉconomieModifier

Revenus de la population et fiscalitéModifier

EmploiModifier

Entreprises de l'agglomérationModifier

AgricultureModifier

ViticultureModifier

Le Sable-de-Camargue, appelé auparavant vin de pays des sables du Golfe du Lion, depuis le décret du , est un vin français d'indication géographique protégée. Le décret de l'INAO créant ce nouveau label a été publié en date du .

Secteur primaireModifier

C'est le second port de pêche français en Méditerranée après Sète[25].

Secteur secondaireModifier

La marque Little Marcel a été créée en 2005 au Grau-du-Roi[26].

Secteur tertiaireModifier

Dotée du plus grand port de plaisance d'Europe avec Port Camargue[27], la ville est devenue un pôle touristique majeur du littoral languedocien.

Culture locale et patrimoineModifier

Édifices civilsModifier

Le centre-ville, construit autour du canal reliant les étangs (et Aigues-Mortes) à la mer (Grau) conserve encore aujourd'hui son cachet traditionnel. Au-delà du cœur historique, les maisons et immeubles de vacances, s'étalent au rythme des décennies : à l'ouest, se trouve le quartier du Boucanet qui s'étend du centre-ville jusqu'au bois du Ponant (dit aussi pinède du Boucanet) et à l'est, au-delà du centre-ville, se trouve le quartier du palais de la mer puis Port Camargue.

 
Maison du Dauphin.
  • L'ancien phare couvert d'un lanternon en cuivre (1828).
  • La maison dite du dauphin, face à l'église, typique de l'architecture 1900.
  • La villa Parry, Belle Époque, à côté du phare, abrite un centre culturel. Le balcon-terrasse est supporté par des colonnes en fonte ouvragées.
  • La villa Rédarès, bel exemple d'architecture balnéaire Art déco des années 1920, dernier vestige de ce style sur la commune, a été démolie en . Le nouvel hôtel de ville a été édifié à sa place en 2013.
  • Le Château Leenhardt, un monument devenu emblématique du Grau (Plage Rive droite), construit vers 1875 par le négociant Henri Leenhardt (1822-1904)[28], a été démoli dans les années 1970, après un siècle d'existence. Sa construction avait été l'occasion d'un test original d'utilisation de briques de sable qui lui donnaient une couleur grise particulière. De nombreuses cartes postales le montre lorsqu'il est devenu pension de famille protestante. Nombre de baigneurs se faisaient prendre en photo sur la plage qui bordait l'édifice.
  • Les quais et les façades préservés en grande partie le long du chenal du port de pêche au sein desquels la redoute du XVIIIe siècle pourrait avoir été englobée au XIXe siècle (découverte récente rive gauche).

Édifices religieuxModifier

 
Église Saint-Pierre.
  • Église Saint-Pierre, reconstruite dans les années 1960.

Patrimoine culturelModifier

Patrimoine naturelModifier

 
L'Espiguette.
  • Le site naturel de l'Espiguette et son phare édifié en 1869.

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

  Blason
Parti : au premier d'or aux deux thons de gueules posés en pal et rangés en fasce en pointe, surmontés d'une grappe de raisin du même feuillée de sinople, au second d'azur au lion d'or lampassé de gueules ; aux deux bisses d'argent entrelacées brochant en pal sur le tout.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Notes et référencesModifier

Notes et cartesModifier

  • Notes
  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 13 avril 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

RéférencesModifier

  1. « données climatiques », sur Météo Camargue (consulté le 11 avril 2014).
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  3. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 26 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  5. « Unité urbaine 2020 du Le Grau-du-Roi », sur https://www.insee.fr/ (consulté le 26 mars 2021).
  6. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  7. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 26 mars 2021).
  8. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 26 mars 2021).
  9. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 26 mars 2021).
  10. « Les communes soumises à la loi littoral. », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  11. « La loi littoral », sur www.collectivites-locales.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  12. « Loi relative à l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. », sur www.cohesion-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  13. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 13 avril 2021)
  14. a et b (oc + fr) Frédéric Mistral et Jules Ronjat, Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français : embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne..., Raphèle-lès-Arles, M. Petit, , 1179 p., 2 vol. ; 25 cm (ISBN 84-499-0563-X, notice BnF no FRBNF37258238), p. 86-87, t. 2
  15. Eugène Germer-Durand, Ministère de l'instruction publique (Éditeur scientifique) et Comité des travaux historiques et scientifiques (dir.), Dictionnaire topographique du département du Gard : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Impr. impériale, , XXXVI-298 p., in-4 (notice BnF no FRBNF30500934), p. 102
  16. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. « N° 8215 - Loi qui distrait un Territoire de la commune d'Aigues-Mortes (Gard) pour former une Commune distincte, dont le chef-lieu est fixé à Grau-du-Roi. : 18 juillet 1879 », Bulletin des lois de la République française, Paris, Imprimerie nationale, xII, vol. 19, no 458,‎ , p. 59 (lire en ligne).
  18. « Histoire du Grau du Roi 1855 », sur www.nemausensis.com (consulté le 7 avril 2015)
  19. « Journal officiel de la République française. Lois et décrets », sur Gallica, (consulté le 31 juillet 2020).
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  23. Maudet 2010, p. 85.
  24. « premier rassemblement de bouvino en mars » [archive du ], sur legrauduroiportcamargue-blog.com (consulté le 7 avril 2015).
  25. https://www.letsgrau.com/le-port-de-peche.html
  26. « Une success story à la française », sur Journaldunet.com (consulté le 31 juillet 2020).
  27. Annie Barbaccia, « Port-Camargue, le plus grand port de plaisance d’Europe, a 50 ans », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 31 juillet 2020).
  28. Bulletin des lois de la République française - 1884/01/01-1884/12/31 : Gard : au sieur Victor-Henry Leenhardt, d'un terrain à conquérir sur la mer, situé au Grau du Roi
  29. « ..Rassemblement de la droite - Le Grau du Roi 2014... (DVD) », elections.lefigaro.fr.

« Hisser haut le Grau-du-Roi, blog officiel », sur www.hisserhaut.org (consulté le 7 avril 2015).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Jean-Baptiste Maudet (préf. Jean-Robert Pitte), Terres de taureaux : Les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velázquez, coll. « Bibliothèque de la Casa de Velázquez », , 1re éd., 512 p. (ISBN 978-84-96820-37-1 et 84-96820-37-8, lire en ligne), Annexe CD-Rom 112 pages
  • Jean-Baptiste Maudet, Terres de taureaux : les jeux taurins de l'Europe à l'Amérique, Madrid, Casa de Velasquez, , 512 p. (ISBN 978-84-96820-37-1 et 84-96820-37-8, lire en ligne)
  • Frédéric Saumade, Des sauvages en occident, les cultures tauromachiques en Camargue et en Andalousie, Paris, Mission du patrimoine ethnologique, 1994 et 1995, 275 p. (ISBN 978-2-7351-0587-8 et 2-7351-0587-3)
  • Frédéric Simien, Le Grau-du-Roi, Saint-Cyr-sur-Loire, A. Sutton, , 128 p. (ISBN 978-2-84910-672-3)
  • Frédéric Simien, La Camargue fille du Rhône et de la mer, Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), A. Sutton, coll. « Passé Simple », , 192 p. (ISBN 978-2-84910-767-6).
  • Albaric Alain, Le Grau-du-roi, éditions du Vent Large, 1995.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier