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Gallargues-le-Montueux

commune française du département du Gard
Ne doit pas être confondu avec Galargues.

Gallargues-le-Montueux
Gallargues-le-Montueux
Mairie de Gallargues-le-Montueux.
Blason de Gallargues-le-Montueux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Gard
Arrondissement Nîmes
Canton Aigues-Mortes
Intercommunalité Communauté de communes Rhôny Vistre Vidourle
(siège)
Maire
Mandat
Freddy Cerda
2014-2020
Code postal 30660
Code commune 30123
Démographie
Gentilé Gallarguois
Population
municipale
3 689 hab. (2016 en augmentation de 10,09 % par rapport à 2011)
Densité 339 hab./km2
Population
aire urbaine
28 419 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 43° 43′ 19″ nord, 4° 10′ 25″ est
Altitude Min. 8 m
Max. 65 m
Superficie 10,89 km2
Localisation

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Gallargues-le-Montueux
Liens
Site web gallargues.fr

Gallargues-le-Montueux ([gaja:ʁg]) est une commune française située dans le département du Gard, en région Occitanie. Son nom se prononce différemment de celui de "Galargues" dans l'Hérault ([gala:ʁg]).

GéographieModifier

LocalisationModifier

À mi-distance de Nîmes et de Montpellier, ce situe le carrefour où se réunissent tous les grands axes de la région, autoroute, route nationale, routes des plages. Les communes d'Aubais, Aigues-Vives, Aimargues dans le Gard et de Lunel, Villetelle dans l'Hérault sont limitrophes de la commune de Gallargues.

Hydrographie et reliefModifier

La ville est construite sur le premier contrefort dominant de 65 m la plaine de Petite Camargue, faite d'étangs et marécages asséchés jusqu'au littoral se trouvant à 12 km.

À l’est, la limite de la commune est marquée par une rivière : le Razil ; à l'ouest, par un fleuve, le Vidourle, bordé d’une ripisylve classée de saules et peupliers blancs. Est également classée, la pinède dite de Cabassut qui débouche, au nord, en direction d'Aubais à 3,6 km et Sommières à 9 km, sur un vaste plateau naturel de garrigue. Au sud de la colline, la plaine est cultivée avec un vignoble aux cépages soigneusement palissés et diverses cultures maraichères. Aux pieds de la cité coule le canal du Bas-Rhône Languedoc.

ClimatModifier

Tableau climatique de Gallargues-le-Montueux
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,2 3 5,5 7,9 12 15,2 18 17,8 14,1 11,2 5,9 3,3 9,7
Température moyenne (°C) 6,9 8,1 11 13,5 17,8 21,5 24,5 24,3 20,1 16 10,5 7,7 15,2
Température maximale moyenne (°C) 11,5 13,2 16,6 19 23,7 27,8 31,1 30,9 26 20,8 15,1 12 20,7
Record de froid (°C)
date du record
−12,5
15/01/1985
−9
05/02/2012
−6,7
02/03/2005
0
14/04/1998
3,5
01/05/2004
8
06/06/1986
11,6
10/07/2007
8,5
30/08/1986
5
04/09/1996
−0,9
25/10/2003
−5,5
23/11/1998
−9,1
25/12/2001
−12,5
15/01/1985
Record de chaleur (°C)
date du record
22
19/01/2007
24,7
28/02/2019
28,6
31/03/2012
32
08/04/2011
36
29/05/2001
45,9
28/06/2019
39
23/07/2006
40,1
04/08/2017
35,9
05/09/2016
33,1
11/10/2011
26,1
07/11/2013
22
17/12/1985
45,9
28/06/2019
Précipitations (mm) 61,3 43,3 32,2 66,8 49,9 33 20,1 44,8 103,7 113,2 71,3 64,4 704
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
11,5
2,2
61,3
 
 
 
13,2
3
43,3
 
 
 
16,6
5,5
32,2
 
 
 
19
7,9
66,8
 
 
 
23,7
12
49,9
 
 
 
27,8
15,2
33
 
 
 
31,1
18
20,1
 
 
 
30,9
17,8
44,8
 
 
 
26
14,1
103,7
 
 
 
20,8
11,2
113,2
 
 
 
15,1
5,9
71,3
 
 
 
12
3,3
64,4
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Les 45,9 °C atteints à Gallargues-le-Montueux le à 16h21[1],[2], lors de la canicule européenne de juin 2019, après avoir été considérés pendant plusieurs jours comme étant un record absolu, représentent à cette date la seconde température la plus chaude jamais enregistré en France, le record appartenant à la ville voisine de Vérargues (46° le même jour)[3].

Voies de communication et transportsModifier

Axes ferroviairesModifier

 
Un TER Perpignan - Avignon passe sans arrêt en gare de Gallargues.
Article détaillé : Gare de Gallargues.

Gallargues est desservie par des trains TER Languedoc-Roussillon qui effectuent des missions entre les gares : d'Avignon-Centre, ou de Nîmes, et de Narbonne.

UrbanismeModifier

Gallargues, l'un des 4 pôles urbains intermédiaires et l'un des 3 pôles économiques majeurs du territoire du SCOT du sud du Gard qui couvre 79 communes, est aussi l'une des 51 communes du Pays Vidourle-Camargue et l'une des dix de la Communauté de communes Rhôny Vistre Vidourle.

ToponymieModifier

Occitan Galargue, du roman Galargues, Galazanegues, du bas latin Galhiargum, Galazanicus, Galasanica, Ecclesia de Galasanicis, Galadanicis[4].

Occitan Mountuous, du roman montuos, montuoz, du latin montuosus : montueux[4].

Ses habitants s'appellent les Gallarguois et Gallarguoises.

HistoireModifier

AntiquitéModifier

Sous le règne de l’empereur romain Tibère, l’existence d’une villa appartenant au tribun militaire de la VIIe Légion Quintus Statius Gallus est connue sur la colline qu’occupe aujourd’hui le village, alors que la population locale se groupe à deux kilomètres dans la cité d’Ambrussum, qui vit du relais qu’elle apporte à la Via Domitia.

Moyen ÂgeModifier

L’effondrement de l’Empire romain au Ve siècle provoque une insécurité qui fait migrer la population vers les places fortes et les hauteurs. Les fouilles dernièrement pratiquées à l’occasion de la restauration de l’église Saint-Martin ont établi la présence d’une première église sur l’emplacement de l’actuelle et du village, dès l’époque carolingienne au VIIe siècle. L'ancienne Villa Gallacianicus est répertoriée au cartulaire de Notre-Dame de Nîmes en l'an 1007[5]. Le village se peuple autour de cette église et d'une fontaine, aux pieds d'un premier château évoqué avec le nom du seigneur des lieux, Rostaing, en 1027 dans l’acte de fondation près de St-Jean-de-Noix d’un monastère de Bénédictines dépendant de celui de St-Geniès-des-Mourgues[6].

Par la suite, la baronnie est rattachée à la viguerie de Lunel[5]. En 1295, lors de l'acquisition de la baronnie par le roi de France Philippe IV le Bel, Gallargues reçoit du roi une charte de franchise qui lui confère le droit d’élire librement des consuls pour gérer la vie locale, instaurant, il y a sept siècles, une administration communale démocratique bien avant l'institution des conseils municipaux en 1790.

En 1356, le sénéchal de Beaucaire ayant ordonné sa mise en défense, un second château, dont la tour subsiste aujourd’hui, est édifié et la cité est fortifiée par un rempart construit avec le même matériau et le même appareillage que celui d’Aigues-Mortes, de 6 mètres de hauteur, 1,30 mètres à 2 mètres d’épaisseur, sur 600 mètres de pourtour, défendu par 5 grosses tours, avec 3 portes en ogives hersées[Note 1].

Lors du dénombrement de 1384, Gallargues est une cité comptée pour 30 feux[5] alors qu'on en compte moins de 10 dans les villages avoisinants et 11 au Cailar. Son château et la seigneurie qui en dépend sont considérés comme une possession suffisamment importante pour que la reine de Majorque Isabelle qui y réside et meurt en 1404, accepte de les recevoir du roi de France Charles VI en compensation du prix de la vente de Montpellier que Jaume III, son père, avait conclue le avec le roi de France Philippe VI sans recevoir le paiement convenu.

Gallargues devient ville-étape du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Rappelant ce lien au cœur de la cité, une imposante demeure médiévale est réputée avoir été l'hôpital Saint-Jacques.

Époque moderneModifier

La charte de franchise, est solennellement confirmée par François Ier en 1533, Henri IV en 1660, Louis XIV en 1690.

Dès sa naissance, le protestantisme séduit les Gallarguois qui majoritairement s'y convertissent et le village paie cruellement sa fidélité à ses convictions car le , les armées de Louis XIII commandées par le duc de Montmorency assiègent la ville qui refuse de renier sa foi, démolissent ses remparts, capturent la garnison protestante que commande François de Valescure, incendient la cité, et pendent le lendemain à Montpellier 63 de leurs prisonniers, l'un d'eux devant son fils de 14 ans.

Époque contemporaineModifier

Faisant honneur à sa devise Plus solide que le Roc, la ville se relève, connaît même une incontestable prospérité aux XVIIIe et XIXe siècles dont témoigne la qualité des demeures de l’époque où, sortie du périmètre de ses remparts, la ville compte déjà 2 000 habitants dans une France qui compte alors 28 000 000 d'habitants[Quand ?]. Toutefois, les ravages du phylloxera, puis la Grande Guerre, provoquent à la fin du XIXe siècle un déclin de population qui ne retrouve son niveau qu'à la fin du XXe siècle.

Aujourd'hui, Gallargues-le-Montueux, qui jusqu'en 1969 s'appelait Grand-Gallargues pour le distinguer de Galargues-le-Petit dans l'Hérault[5], réunit 3689 habitants à proximité de Montpellier, de Nîmes, de la mer, et de la Camargue qui marque ses traditions, ses fêtes, ses jeux taurins.

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires depuis 1945
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1945 Aimé Girard
(Président du Comité local de Libération)
  nommé par le préfet du Gard
1945 1947 Louis Aubanel SE  
1947 1959 Marcel Dublet SE  
1959 1971 André Brun SE Agriculteur
1971 1977 Alain Daudet DVG Médecin
1977 1989 Roger Julien DVD Boulanger
1989 1995 Marcelle Chappert PS Enseignante
1995 2014 René Pourreau SE Avocat
2014 En cours Freddy Cerda UDI[7] Chef d'entreprise
Les données manquantes sont à compléter.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[9].

En 2016, la commune comptait 3 689 habitants[Note 2], en augmentation de 10,09 % par rapport à 2011 (Gard : +3,29 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4971 6691 6451 9632 0962 0611 9721 9111 967
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 9041 8172 0182 0131 8011 4791 5491 7551 825
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 8871 7501 6031 5141 4591 3561 2741 1651 280
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 3121 3541 3241 6331 9882 3032 9573 3143 669
2016 - - - - - - - -
3 689--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

Le 4 février 2009, le Conseil Municipal de Gallargues-le-Monteux, sur proposition du Conseil d’École a donné à cette école communale le nom d’École élémentaire de la Maurelle[12], honorant ainsi ce patrimoine immémorial.

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Le collège Claude-Chappe, ouvert en 2014, est installé sur le territoire de la commune.

Manifestations culturelles et festivitésModifier

Le , la première édition du concours de miss Petite Camargue a lieu à Gallargues[13].

ÉconomieModifier

Gallargues est l'un des trois pôles économiques majeurs répertoriés au schéma de cohérence territoriale du sud du Gard qui couvre démographiquement la moitié du département. Directement connecté sur l'axe autoroutier qui dessert l'arc méditerranéen et rattache la péninsule ibérique à l'Europe du Nord son territoire actif sur quarante hectares demain soixante est un site important d’emplois et d’activités de la région.

Entreprises de l'agglomérationModifier

Aux teintures de garance et au tissage lucratif des indiennes carrés Hermès de l’époque qui avaient fait la réputation et la fortune des Gallarguois, succède aujourd'hui une ville active qui s'impose sur quarante hectares comme site majeur d'emplois et d'activités de la région, avec Le Figaro, Smurfit Kappa, Alpagel, Alloin, Bastide Médical, Axians-Vinci, RBC et trente autres entreprises.

AgricultureModifier

  • Viticulture

Culture locale et patrimoineModifier

Édifices civilsModifier

Article détaillé : Château de Thomas Burnet.

Relai étape du pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle, on peut voir au cœur de la cité l'hôpital Saint Jacques remontant au XIIIe siècle, également l'église romane restaurée, et au sommet la tour royale édifiée comme la citadelle d'Aigues-Mortes à l'époque des croisades.

Le château de Thomas Burnet est une bastide du XVIIIe siècle édifiée sur des caves et restes d’édifice antérieur du XVIe siècle.

Au sommet de la colline sur laquelle la cité est construite, derrière le temple, il reste du second château de Gallargues la Tour royale du XIVe siècle, MH, haute de 15 mètres au sommet de la tourelle circulaire qui la domine. Elle a été rééquipée en 2010, à son sommet, du grand mat de son ancien télégraphe Chappe, rue de la tour royale.

La place du Coudoulié est agrémentée de son ancien hôtel de ville remontant au XVIIIe siècle comportant l'horloge civile ainsi que les cafés. Des fragments épars des anciens remparts du XIVe siècle subsistent dans la cité. On y trouve de nombreuses maisons mas de caractère du XIXe siècle attestant de la prospérité du village d'alors, ainsi qu'une arche du pont romain du site d'Ambrussum sur lequel passait la Via Domitia sur le Vidourle, devenu Pont Ambroix' au début du Moyen Âge.

Le monument aux morts, œuvre de Paul Landowski, est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2018.

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Édifices religieuxModifier

À peu de distance, dans les murs du troisième château qu’avait édifié au milieu du XVIIIe siècle le marquis de Rochemore, se trouve l’actuel temple de style néoclassique construit à partir de 1810. Il possède de vastes tribunes soutenues par d'importantes colonnades, ainsi qu'un très haut plafond à caissons (environ 12 mètres). Il est l’un des plus imposants temples de la plaine de Languedoc (environ 400 m2) après celui voisin de Marsillargues. Son grand clocher en façade orné de volutes gracieuses est ajouté en 1853 de même que sa cloche. De l'ancien château, demeure la colonnade d'entrée supportant l'ancien balcon et conférant à la façade un aspect particulièrement monumental et original.

L’église Saint-Martin IMH, restaurée de 1999 à 2002 par la commune avec l'appui de la direction régionale des Monuments Historiques, est de facture romane, fortement remaniée et reconstruite en grande partie au milieu du XVIIe siècle, trouve son origine au VIIIe siècle sur les mêmes lieux. Fine tour du clocher surmontée du campanile du XVIIIe siècle et cloche refondue en 1848.

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Patrimoine culturelModifier

La maurelleModifier

 
Maurelle : Chrozophora tinctoria
Article connexe : Maurelle.

La Chrozophora tinctoria. La maurelle est le fleuron du patrimoine gallarguois depuis le Haut Moyen Âge. Cette plante tinctoriale, connue depuis l’Antiquité, décrite par Théophraste, Pline l’Ancien et Dioscoride, pousse spontanément sur l’ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Son nom botanique Chrozophora lui fut donné par Noël Martin Joseph de Necker en 1790 et son nom actuel de Chrozophora tinctoria A. Juss. par Adrien de Jussieu en 1824. Cette plante fut longtemps nommée Tournesol tinctorial. Son nom de Maurelle lui vient de l’Italien médiéval morella dont la couleur morello est largement décrite par Léonard de Vinci dans son trattato della pittura, traité de la peinture, au chapitre CXXI[14].

Cette Euphorbiacée se développe entre les mois de juillet et de septembre sur des terrains sablonneux pauvres et sommairement entretenus. Une de ses particularités réside dans le fait que ses graines arrivent à maturité tout au long de sa vie ce qui rend la récolte des semences donc sa culture très délicate voire impossible. Celle-ci fut néanmoins tentée à petite échelle pendant quelques années, au milieu du XIXe siècle, alors que sa raréfaction avait commencé.

Sa disparition intervint du fait de plusieurs facteurs : une collecte incontrôlée par arrachage qui empêchait toute reproduction, une profonde modification de la pratique agricole de la région notamment le remplacement des cultures de blé par celle de la vigne, enfin le développement de l’industrie des colorants chimiques et particulièrement de la Mauvéine.

Son exploitation cessa vers 1870 et la plante disparut totalement de notre environnement immédiat au début du XXe siècle. Elle y fit sa réapparition, sans que l’on puisse expliquer ni pourquoi ni comment en 2007. Depuis, elle ne cesse de se répandre[14].

Dès le Moyen Âge on connaissait dans le monde méditerranéen la particularité de son suc qui de bleu lors de son extraction virait au rouge-violet sous l’effet d’un acide faible. Une teinture qui possédait une telle particularité fut aussitôt exploitée pour la réalisation de drapeaux[Note 3] qui étaient de petites rondelles de tissu imprégnées de suc de Maurelle et mises à sécher, des dizaines de fois de suite, afin de réaliser de véritables comprimés de colorants qui pouvaient être conservés et servir ultérieurement aux peintres d’enluminures. En fonction de sa préparation on pouvait ainsi obtenir des formes rouge, bleue, violette voire rose, faciles à préparer et à conserver entre les pages de vieux livres d’où leur nom de folium. Cette technique persistera jusqu’à l’invention de la peinture à l’huile au XIIIe siècle et disparaîtra des techniques usuelles de décoration des livres après l’invention de l’imprimerie. À partir de 1550 environ, la dimension des drapeaux, qui ne servent plus à enluminer, va augmenter pour former des rectangles d'un mètre de côté. Leur usage en sera totalement différent, en servant exclusivement à colorer la croûte d’un seul des fromages de Hollande : l’edam, du XVIe au XIXe siècle.

La récolte de la maurelle[15] se faisait de juillet à septembre (après les moissons et avant les vendanges). Les ouvriers agricoles, parfois en famille, partaient de plus en plus loin récolter la Maurelle[16],[17] qu’ils devaient alors traiter sur place : broyage des plantes par un moulin à olives, pressage dans des empilages de poches rondes en sparterie appelées cabas pour en extraire le suc, trempage des drapeaux faits de toiles grossières de coton (comme de la serpillière) de seconde main et séchage au soleil. Le trempage était renouvelé plusieurs fois en additionnant le suc de Maurelle d’un sixième d’urine putréfiée dont l’ammoniaque servait à renforcer et maintenir la couleur bleu foncé. Cette technique était connue depuis le XIVe siècle dans tout le bassin méditerranéen (notamment en Iran : Traité de Nisi de Nishapur[18], en Italie : De arte illuminandi[19], Manuscrit MS 277 de Montpellier en France, etc.).

Au début du XVIIIe siècle la technique va se modifier. Les drapeaux sont alors placés au-dessus, mais sans le toucher, de l’aluminadou qui est fait de couches de fumier alternées avec de la paille fraiche. Le gaz ammoniac en émanant permettait de fixer le colorant. Une fois secs, les drapeaux étaient emballés par ballots et livrés aux grossistes de Montpellier qui expédiaient la totalité de la production en Hollande par le port de Sète.

Les fromagers hollandais emballaient leur fromage d’Édam dans ces drapeaux bleus ce qui conférait à la croûte du fromage une couleur rouge violacée apparaissant après virage du tournesol provoqué par les acides naturels sécrétés par le fromage. La pâte restant blanche contrairement à la mimolette qui est une invention française faite à Lille pendant la guerre avec les Pays-Bas sous Louis XIV, et qui était et est toujours intégralement colorée avec du rocou (Bixa orellana[20]) originaire d’Amérique centrale et des Antilles françaises. Les Gallarguois, seuls fabricants de drapeaux destinés à la coloration de l’Édam, allaient jusqu’à affirmer qu’ils étaient les seuls à en posséder les secrets de fabrication, secrets qui n’existaient pas. Plusieurs essais de création de coopérative furent tentés au cours des siècles, mais aucune ne survécut plus de quelques mois.

La gloire de Gallargues ne vient pas tant de la maigre richesse que la maurelle lui apporta, mais bien plus à sa réputation botanique en faisant de notre village le seul producteur de colorant pour le fromage d’Édam en Hollande. À ce titre, elle a parfaitement atteint son but en enrichissant le patrimoine traditionnel et culturel de Gallargues-le-Montueux ce qui lui vaut d’être reconnu sur le plan botanique et tinctorial dans le monde entier.

Patrimoine naturelModifier

 
Vue aérienne de Gallargues.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Quintus Statius Gallus, tribun militaire de la Légion VII Gemina sous le règne de Tibère qui établit sa villa au 77e mille de la via Domitia sur la colline qui porte depuis son nom Gallargues (qui signifie en latin Gallus argum — la terre de Gallus).
  • Rostaing, premier seigneur de Gallargues qui se signale et mentionne son château dans l’acte de fondation d’un monastère en 1027.
  • Esprit Fléchier (1632-1710), évêque de Nîmes, orateur sacré aussi célèbre que Bossuet à son époque, sociétaire de l’Académie française et créateur de l’Académie de Nîmes, qui a ordonné et dirigé la première restauration de l’église Saint-Martin après sa dévastation à l’époque des guerres de religion puis l’a lui-même reconsacrée.
  • François de Rochemore de Grille et ses successeurs. Hauts magistrats nés du présidial de Nîmes et de la Cour des Aides de Montpellier, seigneurs de Gallargues dont les possessions s'étendaient de l'autre côté du Vidourle sur le territoire de l'actuelle commune de Villetelle. Ils édifièrent en 1750 à Gallargues un château qui fut incendié à la révolution puis partiellement restauré et remanié sous l'Empire pour devenir l'actuel temple.
  • Henri Pitot (1697-1771), directeur des travaux de la sénéchaussée de Nîmes puis des États du Languedoc (connu pour avoir apporté l’eau courante à Montpellier par un aqueduc de 14 kilomètres de long) qui consacra vingt années de sa vie à diriger à Gallargues un monumental chantier de digues et de déversoirs pour protéger tout le territoire des crues du Vidourle.
  • Isaac Bérard (1770-1819), bouilleur de vins natif de Gallargues qui inventa une technique fiable et économique de distillation et réalisa une machine portant son nom rivale des modèles brevetés par le Nîmois Adam en 1801 et du modèle d’alambic préconisé par Chaptal.
  • Paulin Talabot (1799-1885), polytechnicien fondateur de la compagnie des chemins de fer du Gard puis de la compagnie PLM qui mit en service en 1845 la ligne Nimes-Montpellier sur laquelle il construisit la gare de Gallargues puis fit de cette gare une plaque tournante en prolongeant de là son réseau vers Sommières Le Vigan en 1872.
  • Edmond Marignan (1854-1919), avocat. Rédacteur au Ministère des Travaux Publics. Membre du Félibrige de Paris.
  • Ulysse Pastre (1864-1930), homme politique. Député du Gard de 1898 à 1910.
  • Jean Bérard (1867-1962), membre fondateur de la Nacioun gardiano (1904), dont il fut capitaine (1925-1930).
  • Jean Grand (1868-1924), capitaine de la Nacioun gardiano. Ascendant de Toni Grand.
  • Paul Vézian (1869-1952), poète et prosateur languedocien. Lauréat des Jeux floraux de Paris en 1898, de Nîmes en 1903. Président de l'Escolo dou Vidourlo.
  • Toni Grand, (1935-2005) sculpteur. Descendant de Jean Grand.
  • Paul Simonin (1920-2017), officier général, repose à Gallargues[21]
  • Jean Cathary, (1927-2012) docteur vétérinaire inventeur du concept et créateur de l'entreprise Royal Canin dont le succès est mondial.
  • Jean-Marie Galmiche (1943), médecin radiologue, historien de la médecine et botaniste (Maurelle).

HéraldiqueModifier

  Blason De gueules au coq d'or, au chef cousu d'azur chargé de trois fleurs de lys aussi d'or.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Devise : Rupibus Firmior qui se traduit par Plus solide que le roc.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Pierre Hugues (préf. Philippe Chareyre), Une excursion au Grand Gallargues, Nîmes, C. Lacour, coll. « Colporteur », , 180 p. : ill., couv. ill. ; 21 cm (ISSN 0989-4624, notice BnF no FRBNF35827595)
  • Jean-Marie Galmiche, La maurelle : chrozophora tinctoria, Saint-Affrique, Fleurines, coll. « Maourèla » (no 1), , 1 vol. (161 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 978-2-912690-46-3, notice BnF no FRBNF43749468)
  • Jean-Marie Galmiche, L'histoire de la maurelle à Gallargues le Montueux, Saint-Affrique, Fleurines, coll. « Maourèla » (no 2), , 1 vol. (492 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 978-2-912690-45-6, notice BnF no FRBNF43722621)
  • Bernard Guineau, Le Folium des enlumineurs, une couleur aujourd'hui disparue, CNRS, , p. 23-44, Tome XXVI, Archéologie Médiévale

Articles connexesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L’enceinte de Philippe Auguste qui défend Paris à la même époque n'est que 8 fois plus étendue.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.
  3. Drapeaux : nom donné aux chiffons au Moyen Âge.

RéférencesModifier

  1. « http://www.leparisien.fr/societe/canicule-2019-record-absolu-de-chaleur-en-france-battu-44-3-c-a-carpentras-28-06-2019-8105274.php », sur Le Parisien (consulté le 28 juin 2019)
  2. « Record absolu de chaleur battu : 45,9 °C dans le Gard, du jamais vu en France », sur Meteo-France (consulté le 28 juin 2019)
  3. « Le record absolu de chaleur finalement attribué à une commune de l'Hérault avec 46 degrés », sur francebleu.fr, (consulté le 19 juillet 2019)
  4. a et b (oc + fr) Frédéric Mistral et Jules Ronjat, Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français, Raphèle-lès-Arles, M. Petit, , 2 vol. ; 25 cm (ISBN 84-499-0563-X, notice BnF no FRBNF37258238), p. 9 et 368, t. 2
  5. a b c et d Eugène Germer-Durand, Ministère de l'instruction publique (Éditeur scientifique) et Comité des travaux historiques et scientifiques (dir.), Dictionnaire topographique du département du Gard : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, Paris, Impr. impériale, , XXXVI-298 p., in-4 (notice BnF no FRBNF30500934), p. 94-95
  6. Laurent-Henri Cottineau, Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés : Tome I, A-L, Mâcon, Protat frères, , 1696 p., in-4° (notice BnF no FRBNF31972730), p. 1242
  7. https://www.lemonde.fr/languedoc-roussillon-midi-pyrenees/gard,30/gallargues-le-montueux,30123/
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  12. « École élémentaire publique La Maurelle », sur www.education.gouv.fr (consulté le 6 avril 2015)
  13. Éliane Roché, « Élection de Miss Gallargues - Petite Camargue, une première très réussie », Midi Libre,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mai 2015)
  14. a et b Jean-Marie Galmiche 2013, p. 17-48
  15. Jean-Pierre Hugues et Philippe Chareyre 1996
  16. Georges Rivals, Histoire de Gallargues-le-Montueux, Paris, Le Livre d'Histoire, coll. « MVVF », , 257 p. (ISBN 9782843731990)
  17. Max Gourgas, Promenade dans le passé gallarguois, Nîmes, C. Lacour, coll. « Colporteur », 1996, 255 p. (ASIN B0014SRTPG)
  18. Bernard Guineau 1997
  19. De arte illuminandi (it)
  20. Bixa orellana
  21. https://www.legionetrangere.fr/79-infos-fsale/1090-deces-du-general-de-brigade-2s-paul-simonin.html