Langage épicène

Pratique qui vise a éviter toute discrimination supposée par le langage ou l'écriture
(Redirigé depuis Langage non sexiste)

Le langage épicène, la rédaction épicène, le langage neutre, l'écriture inclusive ou le langage dit « non sexiste » ou « dégenré » est un ensemble de règles et de pratiques qui cherchent à éviter toute discrimination sexiste par le langage ou l'écriture[1]. Cela se fait à travers le choix des mots, la syntaxe, la grammaire ou la typographie.

Un style épicène tend à éviter une discrimination, perçue comme étant forcée par les normes imposées de la langue, entre les genres masculin et féminin. Il permet également d'éviter un androcentrisme marqué par l'utilisation dite générique de la forme grammaticale masculine[2], en employant par exemple le terme « les étudiants » pour se référer à un groupe mixte, neutre, ou dont le genre n'est pas pertinent.

On utilise parfois le terme « épicène » pour se référer à d'autres formes plus inclusives, comme la féminisation des titres, les dénominations neutres, ou une désignation correcte évitant le mégenrage des personnes transgenres ou non-binaires. Quant à l'écriture inclusive, sa portée est plus large : outre le genre, elle vise aussi à éviter toute autre discrimination, comme celles liées aux situations de handicap, à l'âge et à l'origine ethnique.

Recommandations d'usageModifier

En Europe, notamment en France, afin de réduire les discriminations et les inégalités, des recommandations pour adopter un langage non sexiste furent produites, comme le montrent le comité des ministres du conseil d'Europe en 1988[1], l'article 1er de la loi n°2008-496 du 27 mai 2008 sur la discrimination[3], les guides pratiques diffusés par le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et hommes[4],[5] ainsi que la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT[6].

L'usage et la réception publique du langage épicène et de l'écriture inclusive varient selon les langues et les pays. Au Québec, la rédaction épicène est recommandée par l'Office québécois de la langue française (OQLF) depuis 1981[7],[8].

En Europe, en adoptant le la recommandation no R (90) 4, le comité des ministres du Conseil de l'Europe :

« Recommande aux gouvernements des États membres de promouvoir l'utilisation d'un langage reflétant le principe de l'égalité de la femme et de l'homme, et, à cette fin, de prendre toute mesure qu'ils jugent utile en vue :

  1. d'encourager l'utilisation, dans la mesure du possible, d'un langage non sexiste qui tienne compte de la présence, du statut et du rôle de la femme dans la société, ainsi qu'il en va pour l'homme dans la pratique linguistique actuelle ;
  2. de mettre la terminologie employée dans les textes juridiques, l'administration publique et l'éducation en harmonie avec le principe de l'égalité des sexes ;
  3. d'encourager l'utilisation d'un langage exempt de sexisme dans les médias[1]. »

La Chancellerie Fédérale Suisse la préconise en 1993 pour l’allemand, mais non pour le français, ni pour l’italien ou le romanche[9].

En France, selon la critique littéraire Éliane Viennot[10], l'Académie Française « mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la « féminisation », en dépit des besoins « langagiers » d'une société où l'égalité des sexes progresse.[11] Maria Candea, linguiste, renchérit en parlant des « préjugés sexistes et racistes des académiciens »[12] puisque ceux-ci déclarent que l'« aberration » qu'est l'écriture inclusive « aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité »[13].

L'Académie Française a toutefois rédigé en 2019 un rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions, en y préconisant le retour de certaines formes féminisées[14]. Ce rapport progressiste a néanmoins été critiqué par ses propres auteurs, sous prétexte que « le texte nie (...) l’activisme qu’a développé l’institution depuis une trentaine d’années pour entraver les évolutions que connaît la langue »[15].

Il faut bien garder à l'esprit que réclamer la « fabrication » de nouvelles règles de genre en toute méconnaissance de la sémantique et de la logique grammaticale de la langue française ne peut se faire qu'au prix d'un passage par une période d'incertitudes digne des anarchies du bas latin pendant le Moyen-Age et extrêmement difficile à incultquer aux générations à venir, indépendamment des dissipations générées par les nouveaux media qui tendent à en rendre l'apprentissage confus, et outre les déformations que l'on peut constater dans les autres pays francophones, soumis quant à eux à de tous autres facteurs d'influence culturels et techniques.

DéfinitionsModifier

Le terme langage inclusif désigne un langage qui n'exclurait personne pour motif de sexe, d'âge, d'origine ethnique ou d'orientation sexuelle[16]. Par exemple, les expressions « les handicapés » ou « les aborigènes » seraient des expressions exclusives. Les expressions « personnes handicapées » ou « personnes aborigènes » seraient en revanche des expressions inclusives[16]. Dans le premier cas "handicapés" et "aborigènes" sont des substantifs, des noms: c'est une essentialisation des personnes concernées, réduites et désignées par cette seule caractéristique; tandis que dans le second exemple "handicapées" et "aborigènes" sont des adjectifs, qui permettent de reconnaître le statut de personne tout en indiquant une de leurs spécificités sans les y réduire. Le langage inclusif est différent du langage neutre[16] qui peut servir à désigner les personnes non-binaires.[17]

Le langage neutre ou épicène vise à remplacer des termes masculins par des termes neutres. L'expression « Dieu écoute les prières de tous les hommes » est considérée par certains comme exclusive. L'expression « beaucoup de personnes travaillent au projet » est neutre. « Des hommes et des femmes travaillent au projet » est une expression inclusive[16]. Un langage neutre permet ainsi de désigner une personne de genre non-binaire ou de ne pas forcer l’activation du genre féminin ou masculin lorsqu’elle n’est pas nécessaire à la compréhension du discours[18]. Par exemple, dans les phrases « la chirurgienne a réussi ses examens » et « le chirurgien a réussi ses examens », l'information pertinente est la réussite de l'examen et non le genre de la personne, de sorte que les marques du genre (la + -ne, le + -ø) sont accessoires et non-pertinentes.

Le masculin en français, mais dans d’autre langues également[19], peut véhiculer plusieurs sens. Il peut notamment être spécifique – se référant ainsi à un homme ou à des hommes – ou générique – se référant ainsi à une personne neutre, à un groupe mixte, ou à une personne dont le genre n’est pas pertinent. Par exemple, « des étudiants » peut se référer à plusieurs hommes qui étudient, ou à un groupe constitué de femmes et d’hommes (il suffit d’un homme pour que tout le groupe soit nommé au masculin), ou à un groupe dont le genre n’est pas pertinent. La recherche actuelle en sciences sociales montre que l’ambiguïté sémantique de la forme grammaticale masculine en français est difficile à gérer pour notre cerveau, et qu’elle est principalement résolue en défaveur des femmes.[2].

Selon certaines autrices et certains auteurs[20], si la multiplicité des sens liés au masculin, alors que le féminin n’a qu’un sens, constitue une asymétrie linguistique importante lié au genre, il en existe d’autres nourrissant également le prisme androcentrique de la société. Le terme « mademoiselle » implique par exemple une différenciation entre une femme mariée et une femme qui ne l’est pas, alors qu’aucune distinction n’est habituellement faite pour un homme. L’ordre de mention, voyant les hommes majoritairement nommés en premier (mis à part « Mesdames et Messieurs »), constitue également une asymétrie flagrante.

En français, les pratiques pour un langage non sexiste, inclusif ou épicène portent sur trois aspects[5] :

  • accorder les noms de métiers et de fonctions au genre de la personne qui l'occupe ;
  • utiliser des expressions non sexuées, comme « les droits humains » ;
  • utiliser les deux formes grammaticales. Pour cela, il existe deux possibilités[21] :
    • faire figurer les deux formes comme « il ou elle part en vacances » ;
    • utiliser à l'écrit une forme liée par un point, un tiret, une barre oblique, une majuscule, etc. comme « ami·e » « participant·e ».

Les langages genrés dans lesquels le masculin est utilisé pour désigner un groupe mixte posent plusieurs problèmes[21],[2] :

  • ils invisibilisent les femmes ;
  • ils obligent à avoir une vision dichotomique du genre humain ;
  • ils imposent de se positionner en tant que femme ou en tant qu'homme ;
  • ils nourrissent l'androcentrisme de la société ;
  • ils présentent des asymétries linguistiques liées au genre.

L'écriture épicène part du postulat que l'égalité entre les hommes et les femmes passe par l'écriture, même si l'on peut douter que son adoption suffise à changer les mentalités[22]. Toutefois, une étude menée en 2008 par Markus Brauer et Michaël Landry montre qu'« en moyenne, 23 % des représentations mentales sont féminines après l'utilisation d'un générique masculin, alors que ce même pourcentage est de 43 % après l'utilisation d'un générique épicène »[23]. Plus récemment, Dries Vervecken et ses collègues ont montré qu’en présentant des métiers en utilisant des doublons (par ex., « les mécaniciennes et mécaniciens »), les enfants de 14 à 17 ans pensaient que des femmes pourraient avoir plus de succès dans ces métiers que lorsque ceux-ci étaient présentés au masculin[24]. Ces résultats corroborent des études en allemand ayant montré que des formes épicènes (par ex., des formes nominalisées) démasculinisaient les représentations mentales des participantes et participants[25].

HistoireModifier

Du latin au français : disparition du neutre et prédominance du masculin phonétiqueModifier

Le latin (dont est issu le français) connaissait trois genres grammaticaux, comme aujourd'hui encore l'allemand : le masculin, le féminin et le neutre. La grande ressemblance entre le masculin (-us à la 2e déclinaison) et le neutre (-um à la 2e déclinaison) les a fait se rapprocher puis se confondre à la suite de la chute phonétique de la consonne finale (phénomène d'amuïssement) dès la fin de l'Antiquité[26].

Cette évolution a débouché au Moyen Âge sur un système à deux genres grammaticaux (aujourd'hui en vigueur dans toutes les langues romanes), qu'on désigne parfois par les expressions « genre non marqué » (masculin, parfois appelé aussi « masculin générique ») et « genre marqué » (féminin)[26]. Par exemple, le mot « chat » peut être soit commun (chat dont on ignore le sexe), soit masculin (chat de sexe mâle), alors que « chatte », substantif marqué, désigne nécessairement un félin de sexe féminin[26].

Mais le concept de « masculin générique », qui avance que le masculin peut faire office de neutre en français, « a souvent été critiqué et contesté, notamment par la critique féministe du langage »[26]. Pour la linguiste Lucy Michel, l'assimilation du masculin en français à un genre neutre « repose en fait sur une confusion terminologique, masquée par la référence au très autoritaire « héritage latin » : le neutre latin est un genre grammatical à part entière, qui se caractérise par une différenciation morphologique par rapport au féminin et au masculin, et non par une capacité à « neutraliser la différence entre les sexes », donc à référer à des entités 'mâles' et/ou 'femelles' »[27]. À la place d'une « valeur générique » ou neutre (ni l'un ni l'autre), elle propose à la place de parler d'une valeur « commune » (l'un et l'autre)[28]. Mais surtout elle juge que « ce qui est traditionnellement compris comme une capacité à s’abstraire de la référence au sexe correspondrait en fait simplement à l’invisibilisation d’un type de référent au profit de l’autre »[29].

Quelques traces d'un genre neutre subsistent en français moderne, notamment pour les animaux : « mouton » peut être considéré comme un neutre (avec un accord grammatical similaire au masculin pour des raisons historiques), alors que « bélier » en serait le mâle et « brebis » la femelle.

Moyen ÂgeModifier

Au Moyen Âge, le langage utilisé se veut souvent épicène avec, à partir du XIVe siècle, mention courante de la forme masculine et féminine censée rendre compte de l'ordre créé par Dieu. Ainsi on trouvera dans le Mesnagier de Paris[30] (qui est un ouvrage d'économie domestique qu'on ne peut taxer d'un parti pris en faveur de l'émancipation des femmes) en 1393 les termes suivants : « Premièrement d'orgueil j'ai esté orgueilleux ou orgueilleuse et ay eu vaine gloire de ma beauté, de ma force de ma louenge, de mon excellent aournement, et de l'abilité de mes membres et en ay donné matière et exemple de péchier à moult de hommes et de femmes qui me regardoient si orgueilleusement[30] » (p. 32), « Certes, belle seur, je ne voy mie que, se la benoite vierge Marie sa mère ne nous sequeurt comme advocate[30] » (p. 23).

Les textes attestent aussi que François Ier questionnant son poète Clément Marot sur le bon usage de la langue française concernant les questions d'accord se vit donner la règle de l'accord au plus proche[31] suivante:

Enfans, oyez une leçon :
Noſtre langue a ceſte façon,
Que le terme qui va devant,
Volontiers regiſt le ſuivant.
Les vieux exemples je ſuivray
Pour le mieux : car à dire vray
La chanſon fut bien ordonnée,
Qui dit. M’amour vous ai donnée ;
Et du bateau eſt eſtonné,
Qui dit : M’amour vous ay donné.
Voilà la force que poſſede
Le femenin, quand il precede.

Or prouverai par bons teſmoings,
Que tous pluriers n’en font pas moins.
Il faut dire en termes parfaits,
Dieu en ce monde nous a faits :
Faut dire en parolles parfaictes,
Dieu en ce monde les a faictes.
Et ne faut point dire, en effect :
Dieu en ce monde les a fait :
Ne nous a fait, pareillement,
Mais nous a faits tout rondement.
L’Italien, dont la faconde
Paſſe les vulgaires du monde,
Son langage a ainsi baſty
En diſant : Dio noi a fatti.

— Clément Marot, Épigramme à ses disciples, CIX

« 

Enfants, oyez une leçon :
Notre langue a cette façon,
Que le terme qui va devant,
Volontiers régit le suivant.
Les vieux exemples je suivrai
Pour le mieux : car, à dire vrai,
La chanson fut bien ordonnée
Qui dit : M’amour vous ai donnée.
Et du bateau est étonné
Qui dit : M’amour vous ai donné[Note 1]
Voila la force que possède
Le féminin quand il précède.

Or prouverai par bons témoins
Que tous pluriels n’en font pas moins ;
Il faut dire en termes parfaits :
Dieu en ce monde nous a faits ;
Faut dire en paroles parfaites :
Dieu en ce monde les a faites ;
Et ne faut point dire en effet :
Dieu en ce monde les a fait.
Ni nous a fait, pareillement,
Mais nous a faits tout rondement.
L’italien, dont la faconde
Passe les vulgaires du monde,
Son langage a ainsi bâti
En disant : Dio noi a fatti.

 »

— Épigramme à ses disciples, CIX

La langue n'étant, au Moyen Âge, fixée par aucun code ni autorité et soumise aux variations de très nombreux dialectes et patois, il est difficile d'y déceler des tendances massives, et c'est avant tout la liberté des auteurs qui caractérise cette époque.

Âge classique (XVIIe et XVIIIe siècles)Modifier

Alors que la Renaissance laissait encore une grande liberté aux écrivains en matière d'orthographe, c’est avec l'agrandissement du royaume de France que se constitue la nécessité d'unifier un territoire par la langue, afin de pouvoir transmettre les règles administratives. Ivan Illich le décrit pour la genèse de la grammaire espagnole de Nebrija[32] dans ses travaux sur la disparition de l'usage de la langue vernaculaire. En France, c'est Richelieu[33] qui initie ce mouvement d'unification du territoire par la langue, pendant aux conquêtes territoriales sous Louis XIV. Les grammairiens du XVIIe siècle entreprennent donc de réformer la langue pour la codifier et l'Académie française, fondée par Richelieu en 1635, devient la gardienne des règles édictées dans le domaine de la langue française. Les statuts de l'Académie sont clairs[34] : « La principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences (article XXIV). » Dans ce contexte, l'utilisation du masculin pour exprimer les deux genres ne représente qu'une partie des nouvelles règles imposées. Elle ne fait pas d'emblée consensus et provoque de grands débats.

Sur la question de l'accord en genre, le grammairien Claude Favre de Vaugelas affirme en 1647 dans un ouvrage de grammaire qui devient vite une référence majeure : le genre maſculin eſtant le plus noble, doit predominer toutes les fois que le maſculin & le feminin ſe trouuent enſemble, mais l’oreille a de la peine à s’y accommoder, parce qu’elle n’a point accouſtumé de l’ouir dire de cette façon (« le genre masculin étant le plus noble, [il] doit prédominer toutes les fois que le masculin et le féminin se trouvent ensemble, mais l’oreille a de la peine à s’y accommoder, parce qu’elle n’a point accoutumé de l’ouïr dire de cette façon[35] »). Cette posture ne fut pas unanimement acceptée, ni les raisons données jugées justifiées, et ce texte (comme l'idée qu'il contient) n'a jamais été utilisé dans l'enseignement[36]. Ainsi Vaugelas note lui-même la résistance des femmes de Cour à cette masculinisation et propose de se soumettre à l'usage : Neantmoins puis que toutes les femmes aux lieux où l’on parle bien, diſent, la, & non pas, le, peut-eſtre que l’Vſage l’emportera ſur la raiſon, & que ce ne ſera plus vne faute (« Néanmoins, puisque toutes les femmes aux lieux où l’on parle bien, disent, la, et non pas, le, peut-être que l’usage l’emportera sur la raison, et que ce ne sera plus une faute ») (p. 28). Cette résistance est aujourd'hui attestée et documentée. Gilles Ménage rapporte ainsi une conversation avec Madame de Sévigné :

Mad. de Sevigny s’informant de ma ſanté, je lui dis : Madame, je ſuis enrhumé. Elle me dit : Je la ſuis auſſi. Je lui dis : Il me semble, Madame, que ſelon les regles de nôtre langue il faudroit dire : Je le ſuis. Vous direz comme il vous plaira, répondit-elle, mais pour moi, je ne dirai jamais autrement que je n’aye de la barbe.

— Gilles Ménage, Menagiana[37]

« Madame de Sévigné s'informant sur ma santé, je lui dis : Madame, je suis enrhumé. Elle me dit : je la suis aussi. Il me semble, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire : je le suis. Vous direz comme il vous plaira, répondit-elle, mais pour moi, je ne dirai jamais autrement que je n’aie de la barbe. »

— Menagiana[37]

À la veille de la Révolution, Beaumarchais écrit dans Le Mariage de Figaro : J’étais née, moi, pour être ſage, et je la ſuis devenue (« J’étais née, moi, pour être sage, et je la suis devenue »)[33],[38].

XXe siècle : remise en question de la prééminence du masculinModifier

Au cours du XXe siècle, la question du langage épicène émerge avec l'avancée du mouvement féministe dans les années 1970, sous l'impulsion d'auteures[Note 2] engagées. En France, Benoîte Groult, écrivaine féministe, abordait dès 1977 cette question, avec Ainsi soit-elle[39], mettant en particulier l’accent sur la féminisation des noms de professions.

Par la suite, le primat du genre masculin étant de plus en plus critiqué, l'Académie française pose[Quoi ?] en 1984 dans une déclaration publiée à la suite d'une directive visant la féminisation des noms de fonctions[14]. Le débat se porte désormais sur la capacité du principe du genre masculin universel représentant le neutre générique par défaut à inclure véritablement et sans discriminations de genre tous les genres (sexuels cette fois-ci) possibles[40]. Ainsi, une querelle du neutre voit le jour en France avec la publication en 1988 d'un article de Marc Fumaroli intitulé « La querelle du neutre »[41] qui met en avant la transcendance des titres pour justifier la capacité du masculin à adopter une fonction neutre.

Les ouvrages, théoriques comme pratiques, sur le langage non sexiste se sont succédé :

  • Anne-Marie Houdebine, professeure émérite de linguistique et de sémiologie : Les femmes et la langue (in Tel Quel, 1977[42]), Trente ans de recherche sur la différence sexuelle (in Langage et société, 2003[43]), L'académie contre la langue française (corédigé avec Maria Candea et Yannick Chevalier, sous la direction d’Éliane Viennot, 2016[44]) ;
  • Éliane Viennot, professeure de littérature : avec en particulier Non, le masculin ne l’emporte pas sur le féminin (2014), qui retrace trois siècles de batailles de grammairiens et les résistances sociales rencontrées pour imposer la règle de la prévalence du masculin dans les accords en genre[45],[46] ;
  • Louise-Laurence Larivière, docteure en linguistique : Guide de féminisation des noms communs de personnes (2005[47]), ou encore Dis-moi comment tu te nommes et je te dirai qui tu es (in Nouvelles Questions Féministes, 2007[48]) ;
  • Femme, j'écris ton nom… : guide d'aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions (1999).

Dans le même temps, l'OQLF contribue au développement de cette conception du langage. En 1991, il publie le guide de féminisation Au féminin, rédigé par Monique Biron[49], et, en 2006, le guide de rédaction épicène Avoir bon genre à l'écrit, rédigé par Pierrette Vachon-L’Heureux et Louise Guénette[49].

Débats et critiquesModifier

Motivation pour l'utilisation du langage épicèneModifier

D’après les tenants du langage épicène, la façon dont une langue exprime le genre linguistiquement influe sur les représentations mentales des locuteurs de cette langue, et in fine sur les conceptions sociales du genre. Ainsi, promouvoir un langage épicène, qui atténue les biais linguistiques en faveur du masculin, reviendrait à agir en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes[50],[51].

Les tenants du langage épicène, et de ce qu’on appelle l’« écriture inclusive » plus spécifiquement dans les pays francophones, s’appuient donc sur l’hypothèse Sapir-Whorf, selon laquelle la structure de la langue façonne la pensée des locuteurs de cette langue. Des études en psychologie et en linguistique ont été menées pour tester la validité de cette hypothèse pour le genre spécifiquement. Parmi elles, on peut citer une étude menée en 2013 par Sato et al.[52], sur la façon dont les locuteurs francophones et les locuteurs anglophones interprètent les référents pour des noms de métier au pluriel (par exemple, « les assistants sociaux » et l’équivalent anglais the social workers). Le français et l’anglais diffèrent dans leur système linguistique de genre : le français est une langue à « genre grammatical », qui utilise les masculins de façon générique pour renvoyer notamment à des groupes mixtes (cf. la règle « le masculin l’emporte »), alors que l’anglais est une langue à « genre naturel », qui n’associe pas de genre grammatical à ses noms et utilise des formes épicènes pour renvoyer à des groupes mixtes. Les résultats de l’étude de Sato et al. suggèrent que ces différences au niveau de la structure des langues correspondent à des différences d’interprétation dans les deux langues, en accord avec l’hypothèse Sapir-Whorf. Les chercheurs observent que les locuteurs francophones ont tendance à interpréter les noms de métier présentés dans l’étude sous la forme masculine générique comme référant à des groupes d'hommes, même quand le métier en question est associé à un stéréotype féminin (par ex. « les assistants sociaux »). Le genre grammatical affecte donc l'interprétation. Les anglophones, quant à eux, rendent compte des stéréotypes dans leurs réponses ; c’est-à-dire que quand le stéréotype est masculin, ils privilégient les formes masculines et vice-versa pour les formes féminines. D'après cette étude, le genre grammatical des masculins génériques introduirait donc un biais masculin dans l'interprétation des noms.

Esthétique, efficacité et correction grammaticaleModifier

Les recommandations grammaticales des défenseurs du langage inclusif suscitent différentes critiques. Les recommandations qui dérogent aux règles traditionnelles sont contestées par des personnes et institutions qui y voient une atteinte à la qualité de la langue. Selon les opposants, en plus de ne pas correspondre aux standards d'écriture, elles produisent des phrases inesthétiques, difficiles à lire, manquant de fluidité et jonchées de redondances (par répétition du féminin après un masculin à valeur neutre). À cela s'ajoute que certaines de ces préconisations n'affectent que le langage écrit, car imprononçable en pratique, amoindrissant de fait drastiquement leur intérêt pour l'usage oral. Enfin la critique porte sur la validité de l’hypothèse que la langue ou la grammaire seraient discriminatoires, ainsi pour Bertilo Wennergren, auteur du Plena Manlibro de Esperanta Gramatiko (PMEG), dans le chapitre « Genre lexical des substantifs » de ce même dictionnaire : « Ce n'est pas la langue elle-même qui est discriminatoire, mais le cas échéant ses locuteurs » (PMEG[53]§ 4.3).

Les critiques s'adressent principalement aux recommandations sur l'ajout de «·e » en fin de mots, et autres formes tronquées usant de parenthèses, de points ou de tirets, ou utilisant le E majuscule ou la barre oblique. Au sujet du point médian, l'académicien français Marc Fumaroli estime que « l'enlaidissement de la page imprimée est à la hauteur de la sotte tautologie venue nier et alourdir inutilement l'évidence : les physiciennes sont nécessairement incluses dans le nombre neutre des physiciens »[54]. D'autres critiques s'adressent à l'emploi de nouveaux pronoms considérés neutres en genre comme « iels », « toustes » et « ceulles » (venant compléter respectivement « ils / elles », « tous / toutes » et « ceux / celles »)[21]. En réponse à ces critiques, les personnes en faveur de la langue inclusive avancent que l'ensemble des règles d'écriture ainsi que l'appréciation esthétique des phrases est principalement une question d'habitudes personnelles, fortement susceptibles de varier d'un individu à l'autre et d'une époque à l'autre ; et qu'il en va de même pour l'appréciation de la lisibilité et la fluidité des phrases[21]. Certaines études montrent même que nous nous habituons très rapidement à de nouvelles formes d'expression[55].

La sociologue en études de genre Marie Duru-Bellat, si elle défend la féminisation des noms de métiers, considère que « souligner toujours et partout, même quand cela n'a aucune pertinence, que la personne qui parle ou dont on parle est de sexe féminin, est une régression : quand je fais du jardinage ou que je lis un livre, le sexe n'est pas forcément la facette de mon identité que j'ai à l'esprit. Par ailleurs, ne nous faisons pas d'illusions : il y a des langues sans genre, comme le hongrois, et cela ne suffit pas à égaliser la société »[56],[57].

Pour la linguiste Danièle Manesse, professeur émérite de sciences du langage à l’université Sorbonne-Nouvelle Paris-III, l'écriture inclusive « fait partie de ces dispositifs volontaristes, ostentatoires, qui ne servent pas les causes qu’ils prétendent défendre. La preuve la plus simple en serait que ses différentes formes perdurent rarement plus de dix lignes dans un texte, à moins de compromettre définitivement sa lisibilité ». Pour elle, « rendre les langues coupables de solidarités avec des volontés idéologiques est un raccourci trop facile ». Elle ajoute, sur le clivage politique qui semble suivre la tendance, que « A gauche, les avis sont en fait très partagés. Le présumé enthousiasme relève souvent du conformisme et de la crainte d’être suspecté de machisme. On peut être irrévocablement féministe — c’est mon cas — et absolument rétive à l’écriture inclusive »[36].

Si l'utilisation des formes inclusives peut paraître encore compliquée car notre cerveau n'y est pas forcément habitué, certaines études ont montré qu'une simple exposition à des formes inclusives suffisait pour les utiliser ensuite de manière spontanée[58],[59].

Personnes handicapéesModifier

Certaines associations de handicapés se prononcent contre le langage inclusif. Ainsi la Fédération des aveugles de France estime que « Vouloir à tout prix dans une même phrase faire référence aux deux genres revient à faire naître une langue illisible, incompréhensible en particulier par ceux qui éprouvent quelques difficultés avec cette même langue, les dyslexiques par exemple » [60]. Vincent Michel, Président de la Fédération des aveugles et handicapés visuels de France estime que « faire de la question de la construction de la langue un sujet qui aurait rapport avec une quelconque discrimination sexuelle est faire preuve d’une inculture incroyable et de confusion redoutable »[61]. Pour Association handicap, cette écriture est discriminante [62].

Elle est considérée comme un obstacle majeur pour la lecture et la compréhension, notamment par les aveugles utilisant des systèmes à synthèse vocale pour lecture de textes, les personnes dyslexiques ou encore celles avec un handicap cognitif[63]. La Fédération française des Dys fait part de ses réserves, soulignant que L’écriture inclusive ajoute de la confusion dans la conversion entre ce qu’on entend et ce qu’on écrit, le travail de “conversion grapho-phonétique” étant une difficulté pour les dyslexiques [64].

Position de la communauté Wikipédia francophoneModifier

De nombreux conflits d'édition concernant le langage non sexiste ont lieu[65].

Un sondage mené de décembre 2019 à janvier 2020 sur le site de la communauté Wikipédia francophone[66] a obtenu des réponses de plus de trois cents contributeurs réguliers[réf. nécessaire] de l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Les résultats montrent que la communauté ne souhaite pas changer la manière de rédiger les articles. Si cela n'a aucune valeur contraignante concernant les règles d'édition, cela indique toutefois qu'une tentative d'écriture inclusive peut mener à des guerres d'édition[67].

Bien que les femmes ne constituent que 15 à 20 % de toute la communauté[68],[69], aucune source connue n'indique que la majorité des contributrices soit favorable à l'utilisation du langage épicène.

L'Obs souligne les conséquences des résultats de ce sondage, de par l'importance de Wikipédia en termes de consultations, et conclut que « l'écriture inclusive, déjà rejetée par l'Éducation nationale, a subi là un revers supplémentaire[69]. » Dans les colonnes de ce même magazine, Éliane Viennot, très critique, précise que les contributeurs sont « souvent très frileux sur ces questions. Alors qu'ils ont globalement une sensibilité de gauche, ils s'alignent sur les théories réactionnaires de l'Académie française, par machisme. […] les contributeurs renâclent à démasculiniser la langue[69]. » Danièle Sallenave répond qu'« on ne fait pas évoluer une langue en la complexifiant[69]. »

Impacts cognitifsModifier

Les liens entre langage et pensée ont fait l'objet de nombreuses études, celles-ci souvent ancrées dans les travaux des anthropologues Edward Sapir et Benjamin Lee Whorf du début du XXe siècle. Plus récemment, Dan Slobin propose la théorie « Penser pour parler », qui stipule que le langage, offrant un nombre limité d'options pour parler d'un monde illimité, nous contraint à construire des représentations du monde limitée par celui-ci. Le langage accentue ainsi souvent certaines particularités qui ne sont pas forcément pertinentes. Selon certaines et certains[2], cette perspective nous permet de comprendre (1) pourquoi nous nous représentons le genre de manière automatique[70],[71], et (2) pourquoi, en français, l'utilisation du masculin comme valeur par défaut nous amène à voir le monde au travers d'un prisme masculin. Certaines études montrent d'ailleurs que le sens spécifique du masculin est pratiquement impossible à inhiber[72].

Féminisation et neutralisationModifier

La féminisation consiste à utiliser des formes féminines pour expliciter la présence possible de femmes et/ou de filles dans un groupe. Des doublons, doublets ou « formes pairées », sont utilisés pour marquer la féminisation ; des étudiantes et/ou étudiants, au lieu de parler des étudiants. Ce procédé soulève cependant plusieurs questions[18]:

  • Quel ordre de mention choisir ?
  • Pour certains noms de métiers, quelle version féminine choisir ? Par exemple, professeuse ou professeure. Le dictionnaire de Thérèse Moreau présente un historique et une réflexion sur la féminisation des noms de métiers[73].
  • Les doublons nous poussent-ils à se représenter le genre de manière binaire ?

La neutralisation consiste à ne pas définir une personne ou un groupe en fonction d'un genre. Plusieurs stratégies peuvent alors être utilisées[2] :

  • L'utilisation d'un troisième genre grammatical (comme en allemand).
  • L'utilisation de termes épicènes (comme une personne, par exemple).
  • La désignation d'un groupe plutôt que l'utilisation de doublons (la population migrante au lieu du doublon les migrantes et les migrants).
  • La reformulation afin d'éviter d'expliciter le genre.

Usage selon les languesModifier

AllemandModifier

Le débat sur la féminisation de la langue est assez fort dans les pays germanophones, en particulier dans les milieux de gauche. Ainsi, bien qu'on puisse en allemand obtenir le féminin d'un nom en y ajoutant le suffixe -in, il existe des mots qui font exception et pour lesquels le féminin est peu usité, ou assez récent. Par ailleurs, comme en français, le masculin peut servir de forme générique au pluriel. C'est notamment l'aspect le plus critiqué par les partisans et les partisanes d'un langage féministe. Il est ainsi devenu relativement fréquent d'utiliser un pluriel en -Innen (Binnen-I), c'est-à-dire le pluriel féminin, mais avec une majuscule afin d'indiquer qu'il s'agit d'un pluriel mixte (die StudentInnen, die KollegInnenetc.).[réf. nécessaire] On utilise aussi les formes /innen (die Student/innen, die Kolleg/innenetc.) ou _innen (die Student_innen, die Kolleg_innenetc.). On peut également remplacer certains mots par d'autres jugés plus neutres, notamment des participes employés comme substantifs (die Studierende, participe présent de étudier) ou des termes tels que Lehrkraft (personnel enseignant). De façon extrêmement marginale, on remplace parfois man (on) par mensch ou frau, formés à partir de Mensch (être humain, personne) et Frau (femme), à cause de la similitude entre man (on) et Mann (homme)[74].

En Allemagne, l'administration encourage l'usage de l'écriture inclusive dès 1987 et la fédération des länder publie un guide pratique en 2002[75].

Les formulations avec un slash sont utilisées depuis les années 1980 dans les universités allemandes. En 2013, les universités de Leipzig et Potsdam décident d'utiliser le féminin générique pour dénommer l'ensemble des personnes d'un même titre ou fonction. L'expression « Die / der Professor / Professorin » est remplacée par la forme générique « die Professorin »[76].

AnglaisModifier

 
Proposition à la Marche des fiertés de Boston du terme « they » par une personne qui ne s'identifie pas à un genre habituel. Juin 2019.

L'anglais apparaît relativement neutre du point de vue de l'usage grammatical des genres. La langue comprend un vestige de genres féminin et masculin pour les noms désignant des personnes, voire des animaux familiers du sexe correspondant ; les bateaux (ship) sont souvent désignés par le pronom féminin she. Les autres noms ont un genre non défini ou neutre (it). Le genre n'est toutefois pas marqué dans la conjugaison ni dans les adjectifs et n'apparaît donc que dans le choix des pronoms personnels utilisés pour remplacer les noms correspondants à la troisième personne du singulier, à savoir he pour le masculin, she pour le féminin, it pour le neutre. Cependant, on voit actuellement réapparaître un they singulier dont la fonction est de désigner une personne dont on ignore le sexe. Cet usage du pronom a plusieurs siècles, mais est tombé en désuétude au XVIIe siècle avant de réapparaître dans les années 1980[77].

Le terme en vieil anglais mann signifiait à l’origine « être humain » et composait alors les mots « homme » et « femme » avec wer « masculin » et wīf « féminin » pour construire les mots werman et wīfmann (devenu actuellement woman). Le mot man, quant à lui, qui signifiait simplement à l'origine « être humain », est à la base de mankind signifiant « humanité »[78]. S'il s'est spécialisé à partir du XIVe siècle pour signifier « homme » (être humain masculin), il reste utilisé de nos jours dans ce sens. Il y a donc la même ambivalence qu'en français avec le mot homme, un terme signifiant aussi tantôt un être humain masculin, tantôt l'humanité dans son ensemble[79] (voir la partie de l'article évoquant la langue française).

L'adjectif possessif (his, her, its, their) désigne, au singulier, le genre du possédant, plutôt que du possédé comme en français.

L'anglais dispose par ailleurs du terme asexué sibling, signifiant « frère ou sœur », dont l'équivalent français « adelphe » est très peu usité.

Certains auteurs, principalement aux États-Unis, emploient maintenant le féminin pour désigner une personne dont le sexe est indéterminé dans le contexte (le lecteur ou la lectrice quelconque hypothétique, par exemple) :

When you find value assumptions, you know pretty well what a writer or speaker wants the world to be like – what goals she thinks are most important ; but you do not know what she takes for granted […]

— M. Neil Browne, Stuart M. Keeley, Asking the Right Questions[80]

« Lorsque vous rencontrez des présupposés de valeur, vous savez fort bien à quoi un auteur ou un orateur voudrait que le monde ressemble – quels sont les objectifs qu'elle considère comme les plus importants ; mais vous ne savez pas ce qu'elle tient pour acquis […]. »

— Asking the Right Questions[80]

De plus, aux États-Unis, l'usage de he or she (« il ou elle ») à l'oral et de he or she, (s)he, ou s/he à l'écrit lorsque le sexe de l'individu n'est pas connu a aujourd'hui tendance à disparaître au profit du they singulier.

EspagnolModifier

Quand ils cherchaient à s'exprimer en un langage neutre, les hispanophones devaient employer des expressions répétées du type « queridos amigos, queridas amigas » (chers amis, chères amies). Comme souvent on passe du masculin au féminin en remplaçant le « o » par un « a », les hispanophones ont eu l'idée de remplacer la répétition par un mot avec un « @ » (car ressemblant visuellement à un « a » dans un « o »), ce qui donne « querid@s amig@s »[81].

L'usage de l'astérisque (l*s amig*s), du « x » (lxs amigxs) ou « e » (les amigues) est aussi possible. Il est préféré d'utiliser ces trois possibilités plutôt que « @ » car ils n'excluent pas les personnes non-binaires. Le « e » est quant à lui aussi préféré à « x » ou « * » pour une plus simple prononciation.[réf. nécessaire]


EspérantoModifier

En espéranto, le genre grammatical n'existe pas[82]. La racine des mots est généralement sémantiquement neutre, le sexe pouvant être marqué par le préfixe vir- pour le masculin et le suffixe -in- pour le féminin. Par exemple, ŝafo (mouton), virŝafo (bélier), ŝafino (brebis). Le suffixe -iĉ- a été proposé en remplacement du préfixe vir- en symétrie au suffixe -in- ; il vient de l'infixe caressant masculin -ĉj- comme le -in- et le -nj- du féminin. Ultérieurement est apparu le suffixe -ip- pour les personnes non-binaires ou de sexe indéfini, avec -pj- comme caressant[83].

patro
"normal" patro patrino patripo
caressant paĉjo panjo papjo

Une autre pratique en espéranto est d’utiliser un pronom personnel neutre pour la 3e personne du singulier, en particulier lorsque le sexe de la personne n’est pas connu ou est indifférent. Deux solutions principales sont proposées :

  • généraliser aux adultes l’usage du pronom neutre ĝi déjà utilisé pour les enfants, concepts, objets, animaux,
  • utiliser le pronom ri, également utilisé pour les personnes non-binaires.

FrançaisModifier

 
Panneau effectuant cette pratique à Fontenay-sous-Bois.

Les pratiques possibles :

  • l'emploi de formules englobantes : « la population française », « les droits humains » ;
  • l'emploi de mots épicènes, c'est-à-dire prenant la même forme aux deux genres ou pouvant désigner aussi bien des femmes que des hommes : parler d'« élèves du lycée » plutôt que de « lycéens », de « personnalité politique » plutôt que d'« homme politique », au risque d'une altération du sens lorsqu'il n'existe pas de terme épicène strictement équivalent au terme genré. Le genre d'un nom prenant la même forme au féminin et au masculin peut toutefois apparaître dans le contexte si ce nom est précédé d'un article au singulier (« un/une ministre ») ou lorsqu'il est accompagné d'un adjectif (« trois élèves doués/douées »), ce qui doit être pris en compte si on cherche à utiliser un langage non genré[21] ;
  • la féminisation des noms de métiers : « bûcheronne », « développeuse », « auteure » ;
  • le doublet (ou double flexion) : « Français et Françaises », « toutes et tous ».
  • formes contractées (ou doublets abrégés) :
    • l'emploi de parenthèses : « musicien(ne) ». Les parenthèses peuvent être également utilisées pour noter un pluriel facultatif : « le(s) musicien(ne)(s) » ;
    • l'emploi du caractère « / » : « musicien/ne » ;
    • l'emploi du E majuscule : « motivéEs »… Cette forme est fréquemment utilisée en allemand ;
    • l'emploi du trait d'union : « musicien-ne-s », « motivé-e-s », et même l'article « un-e » ;
    • l'emploi du point médian, semblable au trait d'union mais plus discret, avec ou sans un deuxième point[84] : « musicien·nes » (ou « musicien·ne·s »), « motivé·es » (ou « motivé·e·s »), mais empêche la lecture d'un texte par certains logiciels de synthèse vocale[85]. Des solutions existent avec des outils pour améliorer le support par les lecteurs d'écrans[86],[87],[88],[89],[90];
    • l'emploi du point, plus facile d'accès sur un clavier que le point médian, mais peut prêter à confusion : « musicien.ne.s », « motivé.e.s » ;
    • la terminaison à deux genres : « acteurs/trices » ou « acteurs·trices ».
    • L'emploi de néologisme mélangeant les deux terminologies : « agriculteurices ».

L'Office québécois de la langue française juge que l’emploi des doublets abrégés est une option acceptable dans les contextes où l’espace est restreint ainsi que dans les écrits de style télégraphique[91]. Il privilégie alors l'emploi des parenthèses ou des crochets[91].

La règle de proximitéModifier

La règle de proximité consiste à accorder le genre et le nombre de l'adjectif avec celui du plus proche des noms qu'il qualifie, et le verbe avec le plus proche de ses sujets. Cette règle, présente en latin mais progressivement abandonnée en français, a pu s'appliquer jusqu'au XVIIe siècle[33].

L'accord actuel pour lequel le genre non marqué (semblable au masculin) prévaut, a donc pu être considéré comme une marque de domination masculine[92]. Ainsi, pour justifier la primauté du masculin, l'abbé Bouhours déclare en 1675 que « quand les deux genres ſe rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte »[93] ; étant entendu que, comme l'explique le grammairien Beauzée en 1767, Le genre maſculin eſt réputé plus noble que le féminin, à cauſe de la ſupériorité du mâle ſur la femelle (« Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle »)[94]. Cependant, pour la linguiste Danièle Manesse, qui entend résumer ainsi les travaux de l'historien André Chervel, la formule « le masculin l'emporte sur le féminin » n'est quasiment pas présente dans les manuels scolaires, tant au XVIIe siècle qu'au XXe siècle[36]. Pour André Chervel, « le petit nombre des occurrences de la formule dans l'imprimé contraste avec son incroyable célébrité »[95].

En BelgiqueModifier

Plusieurs guides de communication épicène ont été publiés en Belgique :

  • Mettre au féminin. Guide de féminisation des noms de métier, fonction, grade ou titre[96].
  • Égalité et diversité dans la communication de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Trucs et astuces pour les communicateur-trice-s[97].
  • Intégrer la dimension de genre dans la communication fédérale – Guide pour les communicateurs fédéraux[98].
  • Liste alphabétique des noms de métier, fonction, grade ou titre, Communauté française de Belgique, Conseil supérieur de la langue française, 1994.
  • Guide du bon usage du genre dans votre communication[99].

En FranceModifier

Le gouvernement français s'exprime en 1984 en faveur de « la féminisation des titres et fonctions et, d’une manière générale, le vocabulaire concernant les activités des femmes. » Deux circulaires du Premier ministre se prononcent en sa faveur : le [100] et le [101].

L'Académie française récuse l'autorité du gouvernement à réformer la langue et s'oppose à cette tendance en 1984 puis en 2002[14]. En 2014, elle reprend cependant une conclusion de la Commission générale de terminologie et de néologie qui « s'incline [devant] le désir légitime des individus de mettre en accord, pour les communications qui leur sont personnellement destinées, leur appellation avec leur identité propre[14] », concluant que c'est l'épreuve du temps qui doit l'emporter. Éliane Viennot, historienne, membre honoraire senior de l'Institut universitaire de France, comme de nombreuses autres personnes, contredit les arguments de l'Académie : la langue française comporte tous les outils pour respecter les différences de sexe, et n'est pas inégalitaire de nature. Madame Viennot montre qu'à l'époque de la Renaissance elle était beaucoup moins inégalitaire qu'aujourd'hui. Si elle l'est devenue, c'est à cause des abus des hommes au pouvoir, causant volontairement des infléchissements de la langue à partir du XVIIe siècle rendant les femmes invisibles dans leur action, abus qui entreront dans la langue avec l'école obligatoire[22],[102].

Le sous l'impulsion de Roselyne Bachelot, les termes et expressions mademoiselle, nom de jeune fille, nom patronymique, nom d'épouse et nom d'époux sont supprimés des formulaires et correspondances administratifs français, par la circulaire no 5575[103]. Les défenseurs de ces termes arguaient qu'il était utile à l'administration pour savoir si le nom qui suivait était susceptible de changer. En France, chacun des époux peut user du nom de l'autre[104]. Cependant l'évolution moderne du droit des familles (divorces, mariage homosexuel et, depuis la loi du , la possibilité de transmettre aux enfants, le nom du père, de la mère ou des deux noms accolés[104]) a largement affaibli cet argument.

En , le Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes publie un Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe[4],[105]. Ce guide en détaillant dix recommandations, invite à promouvoir un langage reflétant le principe d’égalité entre les femmes et les hommes[106]. Inspirée par cette démarche, une agence de communication édite et diffuse en un premier Manuel d'écriture inclusive[22],[107] proposant trois conventions d'écriture afin de faire progresser l'égalité, notamment sur le plan professionnel, entre les femmes et les hommes. La circulaire du 21 novembre 2017 précise les règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française, tout en bannissant l'écriture inclusive des textes officiels : « le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aux femmes »[108].

En 2020, un des premiers gestes de la nouvelle municipalité de Lyon est de l'adopter pour sa communication institutionnelle[109].

Controverse sur l'usage dans l'enseignement (2017)Modifier

Hatier publie en le premier manuel scolaire d'écriture inclusive[110] intitulé Questionner le monde[111],[112] et destiné au CE2. Le manuel suscite une forte opposition parmi les personnes militant au sein de la mouvance La Manif pour tous[110].

À la rentrée suivante, une série de critiques initiées par le journal Le Figaro donne naissance à une polémique nationale. Le , Le Figaro publie un article intitulé « Un manuel scolaire écrit à la sauce féministe »[113]. Le , lors d'une chronique à Europe 1[114], Raphaël Enthoven accuse l'écriture inclusive d'être un « lifting du langage qui croit abolir les injustices du passé en supprimant leur trace »[112] et la compare à la novlangue du livre 1984 de George Orwell[110]. Le même jour, le linguiste Alain Bentolila interviewé par Le Figaro affirme que « voir un complot machiste dans la langue française manifeste une totale ignorance »[115]. Le , dans Le Figaro, l'universitaire et académicien Marc Fumaroli affirme qu'« il faut défendre la langue française contre les Trissotin du féminisme », et qu'elle « relève de la grammaire, et non de la sociologie politique »[54]. Pour la journaliste scientifique Peggy Sastre, il s'agit d'un « terrorisme intellectuel », dans le sens où les défenseurs de l'écriture inclusive optent, selon elle, « pour une argumentation morale : le camp du bien contre celui du mal, les progressistes contre les réactionnaires, les féministes contre les phallocrates, la bonne marche de l'histoire contre la mauvaise, etc. »[116].

Le , Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Édouard Philippe II, s'oppose à l'usage de l'écriture inclusive en jugeant qu'elle est source de « polémiques inutiles » qui abîment une cause respectable, l'égalité hommes-femmes[117]. Il déclare que l'expression « le masculin l'emporte sur le féminin » n'est « sûrement pas une bonne formule », mais qu'il est défavorable à la remise en question du fond de la règle. Il propose de « dire simplement qu'en cas de pluriel, on accorde au masculin, ce qui dans la langue française s'apparente souvent au genre neutre ». Enfin il déclare s'inquiéter de ce qu'il perçoit comme des « attaques répétées sur la langue française » et que « la langue française n'est pas à instrumentaliser pour des combats aussi légitimes soient-ils »[118].

Le , l'Académie française publie une déclaration sur l'écriture dite « inclusive »[119]. Elle y réaffirme dans une « solennelle mise en garde » un avis fortement négatif sur les formes complexes proposées par le « langage inclusif »[119] et qualifie l'usage de l'écriture inclusive de « péril mortel »[120]. L'académicien Marc Fumaroli déclare au sujet des décisions politiques visant à officialiser le langage épicène que « les politiciens adorent patauger dans notre langue, cela leur donne la satisfaction de doubler l'Académie française, dont la vocation dans l'État est exactement inverse de ces caprices : veiller à la propreté et aux propriétés de la langue nationale »[54].

Selon Geoffrey Roger, linguiste, l'utilisation d'un discours alarmiste de mise en garde est constitutif d'une pratique élitiste[120],[121],[122] :

« De tels discours idéologiques, s'agissant du français comme d'autres langues dominantes, s'interprètent comme constitutifs de la reproduction des élites : il s'agit en définitive de défendre le monopole sur la norme standard exercé par des classes dirigeantes majoritairement masculines, pour mieux légitimer leur accès exclusif au pouvoir. »

Le , contre l'avis de leur ministre de l'Éducation nationale et pour suivre les recommandations du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, 314 fonctionnaires de l'éducation nationale s'engagent à ne plus enseigner la règle de la prééminence du masculin sur le féminin en classe[123] et signent un manifeste publié par Slate[124], puis lancent une pétition en ligne[125],[126] pour trois raisons : que c'est une « règle nouvelle du XVIIe siècle »[127], qu'il faut préférer l'accord de proximité[128] et qu'il ne faudrait pas que les enfants pensent que le masculin l'emporte toujours sur le féminin[129].

Le , Jean-Michel Blanquer déclare devant l'Assemblée nationale[130] : « La France a comme emblème une femme Marianne, l'un de ses plus beaux mots est féminin, la République »[130].

Le , à la suite de la polémique suscitée par la réception de communications officielles émanant de l'administration publique rédigées en écriture inclusive[131] et à la plainte notamment de Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, le premier ministre Édouard Philippe émet une circulaire intitulée Circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française[132]. Cette dernière recommande l'utilisation du masculin générique, la féminisation des titres et fonctions lorsque la personne qui l'exerce est de genre féminin, et invite à ne pas utiliser les règles de l'écriture inclusive en matière faisant usage de tiret ou de point médian « graphie faisant ressortir l'existence d'une forme féminine »[133],[131],[134],[132]. Il estime que « le masculin est une forme neutre qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s'appliquer aussi bien aux femmes qu'aux hommes. ». Néanmoins en ce qui concerne la féminisation des titres et fonctions, il suggère de féminiser la fonction à l'aide du guide Femme, j'écris ton nom… écrit par l'unité mixte de recherche Analyse et traitement informatique de la langue française du Centre national de la recherche scientifique et de l'université de Lorraine[133]. Il propose également que les formes inclusives soient à privilégier comme « le candidat ou la candidate »[135].

Cette circulaire adoptant le principe de la féminisation des titres est cependant considérée par les médias comme un refus officiel des règles d'écriture inclusive[136] alors qu'elle en adopte le principe de féminisation des titres[133].

Bernard Louvel, premier président de la Cour de cassation adresse une lettre à l'Académie française pour lui demander de revoir ses recommandations sur la question de la féminisation des titres et fonctions. Il écrit :

« l'usage de la féminisation des fonctions s'est étendu au sein de la fonction publique et du corps judiciaire[137],[138] »

À la suite de cette circulaire adoptant le principe de la féminisation, l'Académie française annonce pour la première fois son intention de se pencher sur les règles de féminisation[139],[140]. L'annonce est faite par Hélène Carrère d'Encausse (qui a toujours refusé de féminiser son titre de Secrétaire perpétuel de l'Académie française)[140],[137] dans une lettre de réponse adressée à Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation. Elle y entérine le changement des usages nécessitant un réexamen par l'Académie Française[138].

La polémique suscite des réactions de la communauté féministe française, notamment humoristique : Typhaine D écrit ainsi un Contes à rebours intitulé Pérille Mortelle[141].

Au QuébecModifier

Les réflexions sur le sujet sont nombreuses au Québec dès les années 1970[142]. La féminisation lexicale est encouragée dès 1979 par l'Office québécois de la langue française[143], qui promeut également la rédaction épicène[144]. Dans la Banque de dépannage linguistique, l'Office propose le sous-thème Féminisation et rédaction épicène, qui regroupe de nombreux articles sur ces sujets[145]. Il offre également en ligne une formation sur la rédaction épicène[146].

En SuisseModifier

Le courant prônant l'emploi d'un « langage épicène » (expression souvent employée en Suisse) a atteint les sphères officielles dès la fin du XXe siècle, à la suite de la parution dès 1994 des ouvrages spécialisés de Thérèse Moreau s'adressant aux écoles, aux métiers, puis aux administrations (voir la bibliographie). La Chancellerie fédérale publie en 2000 un Guide de formulation non sexiste des textes administratifs et législatifs de la Confédération[147]. Les administrations cantonales, les hautes écoles, publient leurs propres recommandations[148].

En , le parlement de la ville de Zurich refuse d’examiner et de voter une interpellation rédigée par une conseillère communale UDC car il n’utilise que le genre masculin[149].

IdoModifier

L'ido utilise le suffixe -in- pour marquer le féminin, et -ul- pour le masculin, avec par exemple : frato (« frère ou sœur »), fratino (« sœur »), fratulo (« frère »).

NorvégienModifier

Dans les années 1980, la Norvège décide de neutraliser la forme grammaticale masculine en supprimant les marques grammaticales féminines dans une idée égalitaire (Norsk Språkråd, 1997). Les résultats de cette réforme sont aujourd'hui mitigés : pour les métiers sans stéréotypes, les représentations restent masculines.

PanduniaModifier

En pandunia, il n’y a aucun genre grammatical pour les noms propres, et les pronoms sont insexués. Ansi, le correspond au français « il, elle, lui, le, la », et lole correspond à « ils, elles, eux ».

SuédoisModifier

Dans les années 1960, la Suède propose un nouveau pronom neutre, hen. Il est réintroduit en 2012 par l'auteur de livres pour enfants Jesper Lundqvist et, malgré les critiques qu'il a engendrées cette année-là, il est majoritairement accepté et associé à des attitudes positives en 2015[150].

TchèqueModifier

En règle générale, le nom de famille d'une femme se met au féminin, Jana Tichá porte le même patronyme que Miloš Tichý. Dans le cas présent, tichý est un adjectif et la forme féminine de cet adjectif est tichá. Quand le nom de famille est un substantif, il est le plus souvent dérivé du masculin par l'ajout de « –ová » : Eva Romanová est la sœur de Pavel Roman. La forme « –ová » désigne un adjectif d'appartenance et implique, au grand dam des féministes, l'idée de possession[151] (madame Nováková est littéralement l'épouse ou la fille de monsieur Novák).

Jusqu'à il y a peu, cette forme était obligatoire, imposée par la loi tchécoslovaque puis tchèque. Désormais, l'épouse tchèque d'un ressortissant étranger ou d'un membre d'une minorité linguistique[152] de la République tchèque peut choisir entre :

  • garder son nom de naissance ;
  • accoler son nom de naissance avec celui (inchangé) de son époux ;
  • accoler son nom de naissance avec le nom slavisé de son mari (ce qui était déjà possible) ;
  • adopter le nom, slavisé ou non, de son époux[153].

La loi tchécoslovaque permettait au mari d'accoler le nom de son épouse au sien. Ainsi le premier président, Tomáš Garrigue Masaryk a été l'un des premiers à le faire.

En 2006, l'entrée en vigueur de l'équivalent tchèque du pacte civil de solidarité, qui permet à la partenaire tchèque d'une ressortissante étrangère d'adopter son nom de famille[154] (comme pour les épouses dans un mariage classique) qui, pour une oreille tchèque sera forcément « masculin », a provoqué une réaction des protecteurs de la langue.

Usages selon les domainesModifier

Dans les discours politiquesModifier

En politique française, la célèbre adresse « Françaises, Français ! » du général de Gaulle[155] se retrouve de nos jours sous la forme « Les Françaises et les Français » dans les discours de personnalités politiques de tout bord[156]. Cette expression a été raillée par Pierre Desproges dans Le Tribunal des flagrants délires (« Françaises, Français. Belges, Belges »[157]). L'expression « Mes chers compatriotes » est plus couramment utilisée[158], tandis que la formule « Travailleuses, travailleurs » est emblématique d'Arlette Laguiller, porte parole de Lutte ouvrière[159].

Au Québec, la formule « Québécois et Québécoises » est couramment employée par les personnalités politiques des divers partis, et par le gouvernement[160].

En informatiqueModifier

En 2017, le logiciel Word édité par Microsoft introduit la possibilité de « cibler le langage genré qui serait à même d'exclure, de rejeter ou de stéréotyper »[161].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Amour est féminin au XVIe siècle, et l'est toujours aujourd'hui lorsqu'il est au pluriel.
  2. On[Qui ?] commence même à revendiquer « autrices ».[réf. nécessaire]

RéférencesModifier

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Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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