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Un converso, terme espagnol signifiant « converti », est un Juif converti au catholicisme, en Espagne ou au Portugal, en particulier aux XIVe et XVe siècles.

HistoireModifier

 
Condamnés par l'Inquisition, tableau d'Eugenio Lucas Velázquez (1833-1836). Les condamnés sont coiffés du (es) coryza et portent un sambenito.
Article détaillé : Persécutions anti-juives de 1391.
 
Marranos, (en) Moshe Maimon, 1893

De nombreux Juifs d'Espagne ainsi que des Juifs Portugais durent se convertir au christianisme après les pogroms de la fin du XIVe siècle. Ceux qui refusèrent et choisirent de demeurer fidèles au judaïsme furent l'objet, un siècle plus tard, du décret de l'Alhambra et de l'expulsion massive de 1492. Les conversos qui n'étaient de « nouveaux chrétiens » qu'en apparence et continuaient à « judaïser » en secret étaient désignés sous le terme méprisant de « marranes »[1] et persécutés par l'antijudaïsme de l'Inquisition.

Une partie des conversos, devenus sincèrement catholiques, désapprouvaient les marranes parce que ceux-ci, de leur point de vue, déshonoraient l'ensemble des « nouveaux chrétiens » dans la mesure où ce nouvel état était souvent synonyme de crypto-judaïsme. Plusieurs de ces conversos firent d'ailleurs partie de l'Inquisition, notamment parmi les franciscains et les dominicains.

Conversos et nouveaux chrétiensModifier

Espagnes (Castille, Léon, Aragon et Andalousie)Modifier

  • Alexandre de Rhodes, jésuite et linguiste, est d’origine juive.
  • Pedro de Las Casas, père du dominicain Bartolomé de Las Casas, modeste marchand, appartenait, semble-t-il, à une lignée de nouveaux chrétiens[2].
  • Antoine de Louppes de Villeneuve, le grand-père maternel de Montaigne, aurait été authentiquement un converso (sa conversion au christianisme était, semble-t-il, sincère pour l'époque). Le père d'Antoine de Louppes, Juan Garcia Lopez de Villanueva, ne serait autre que Meyer Moshé Paçagon, riche grossiste de chiffons et d'étoffes de Calatayud (Espagne) et qui aurait changé de nom après son baptême au début du XVe siècle. Cependant, l’origine juive de la mère de Montaigne est contestée. Avant les recherches du XIXe siècle, il n’a jamais été fait mention de cette « filiation »[3].
  • Juan Sánchez (1440-1507), grand-père paternel de sainte Thérèse d'Avila issue d'une famille de Tolède, condamné en 1485 par l'Inquisition tolédane, pour cause de crypto-judaïsme, à porter le san-benito, s'installe ensuite à Ávila[4]. Son fils (père de la future sainte chrétienne), Alonso Sánchez de Cepeda, y épouse Beatriz Dávila y Ahumada.
  • Michel Servet, par sa mère, descend de la famille Zaporta, juifs espagnols convertis de la région de Monzón.
  • Joan Miró, peintre espagnol, porte un nom d'origine juive[5].
  • Selon certains auteurs, Christophe Colomb serait d'origine juive[6].

PortugalModifier

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Yosef Kaplan, Jews and conversos. Studies in society and inquisition, Jérusalem, 1985
  • Cecil Roth, A History of the Marranos, Philadelphie, 1932
  • Norman Roth, Conversos, Inquisition, and the expulsion of the Jews from Spain, Wisconsin (1995) 2002 (ISBN 0299142302)
  • Julio Valdeón Baruque, Judíos y Conversos en la Castilla medieval, Valladolid, 2004 (ISBN 84-8183-134-4)

Notes et référencesModifier

  1. « Marrane » viendrait d'un mot signifiant « porc ». Cf. Gérard Nahon, « Marranes », Encyclopaedia Universalis.
  2. (es) Voir page 65 in Semillas de industria: transformaciones de la tecnología indígena en las Américas, Mario Humberto Ruz, Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social (Mexico), Smithsonian Institution, 1994.
  3. Voir à ce sujet : Roger Trinquet, La Jeunesse de Montaigne ; pour la thèse de l'origine juive de la mère de Montaigne, voir Sophie Jama, L'Histoire juive de Montaigne Flammarion.
  4. (es) Guillermo Serés, « Santa Teresa de Jesús / La autora: Biografía », sur cervantesvirtual.com, Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes (consulté le 6 janvier 2015).
  5. http://www.sefarad.org/lm/029/majorque.html.
  6. Voir page 357 in Klezmer America: Jewishness, Ethnicity, Modernity de Jonathan Freedman, Columbus University Press, 2008.

Articles connexesModifier