Territoire de Belfort

département français
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Territoire de Belfort
Blason de Territoire de Belfort Drapeau de Territoire de Belfort
Territoire de Belfort
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Création du département 1922
Chef-lieu
(Préfecture)
Belfort
Sous-préfectures Aucune
Président du
conseil départemental
Florian Bouquet
Préfète Sophie Elizéon[1]
Code Insee 90
Code ISO 3166-2 FR-90
Démographie
Gentilé Terrifortain, Terrifortaine
Population 142 622 hab. (2017)
Densité 234 hab./km2
Géographie
Superficie 609 km2
Subdivisions
Arrondissements 1
Circonscriptions législatives 2
Cantons 9
Intercommunalités 3
Communes 102

Le Territoire de Belfort[Note 1] est un département français créé en 1922 à partir de l'arrondissement de Belfort, seule partie du Haut-Rhin et de l'Alsace restée à la France après la défaite de 1871. Il était à l'origine nommé « arrondissement subsistant du Haut-Rhin » mais ne réintègre pas le Haut-Rhin après 1919. Par un décret de 1960, il est rattaché à la circonscription d'action régionale de Franche-Comté, avant d'être rattaché à la région Franche-Comté lors de sa création en 1982 à la suite des lois sur la décentralisation. Il fait désormais partie de la région Bourgogne-Franche-Comté.

L'Insee et la Poste lui attribuent le code 90. La densité de population du département est de 234,2 hab./km2 en 2017, ce qui est nettement supérieur à celle de la région Bourgogne-Franche-Comté (58,8 hab./km2). Le point culminant du département est le ballon d'Alsace avec une altitude de 1 247 mètres. Les habitants du Territoire de Belfort n'ont pas de gentilé officiel, mais sont nommés par certains Terrifortains et Terrifortaines[2].

HistoireModifier

 
Évolution des frontières départementales depuis 1871.

Le Territoire de Belfort est né en 1871 du traité de Francfort qui mettait fin à la guerre de 1870-1871. Il est alors appelé « arrondissement subsistant du Haut-Rhin ». L'Alsace et la Lorraine avaient la particularité d'être deux régions bilingues et leur démantèlement fut organisé selon des critères linguistiques. L'Empire allemand gagnait ainsi par ce traité la plus grande partie de l'Alsace et un quart de la Lorraine. L'extrême sud-ouest du Haut-Rhin, autour de Belfort, fut laissé à la France et ainsi séparé du reste de l’Alsace. La principale raison est que la population des environs de Belfort était majoritairement francophone (tandis que le reste de l'Alsace était majoritairement germanophone, le principal dialecte alsacien faisant partie des langues germaniques). Ce n'était toutefois pas un critère absolu car on trouvait des francophones et des germanophones aussi bien à Belfort que dans le reste de l'Alsace, seule leur proportion différait. Plusieurs villages francophones des environs de Belfort ainsi que les vallées Welches, bien qu'exclusivement francophones, ont été annexés par l'Empire allemand et font aujourd'hui toujours partie du département du Haut-Rhin. L'autre raison de la non-annexion était que les troupes prussiennes n'avaient pu prendre Belfort en raison de la résistance menée par Denfert-Rochereau, ce qui permit au gouvernement de Défense nationale de négocier la conservation de l'arrondissement au sein de la France.

Après avoir longtemps conservé un statut spécial dans l'attente d'un retour de l'intégralité de l'Alsace-Lorraine à la France, le Territoire-de-Belfort devient officiellement le 90e département français le [réf. nécessaire][3],[4]. Le décret du portant harmonisation des circonscriptions administratives[5] le rattache à la région Franche-Comté plutôt qu'à la région Alsace, décision confirmée en 1982 avec les lois sur la décentralisation qui donnent aux régions françaises le statut de collectivités territoriales.

HéraldiqueModifier

  Blasonnement :
D’azur aux trois jumelles d’or, à la tour crénelée, couverte et girouettée d’or, ajourée et ouverte du champ, maçonnée de sable, brochant sur le tout.
Commentaires : Les armoiries sont celles du comté de Belfort avec la tour des armoiries du chef-lieu.

Gentilé et désignations usuellesModifier

Une consultation informelle a été organisée en 2011 par une radio locale afin d'une part de confirmer le gentilé des habitants de la commune de Belfort : les Belfortains, et d'autre part pour choisir celui des habitants du département (Territoire de Belfort).

Un certain nombre de personnes ont voté le pour « Terrifortain(s) »[6]. Bien que cette consultation n'ait aucune valeur officielle et qu'il n'y ait eu aucun contrôle des personnes participant au vote (il était possible de voter plusieurs fois), ce nom est parfois utilisé, sans être entré dans l'usage courant.

En pratique, la population du Territoire utilise en général le mot « Belfortain » d'une manière assez subtile : pour les habitants de Belfort, cela désigne leur double qualité d'habitants de la ville et du département ; pour les résidents des autres communes, cela fait référence à leur appartenance au Territoire, sans qu'il y ait confusion pour eux avec la ville de Belfort. Cette utilisation du mot « Belfortain » est assez courante entre habitants du département. À l'égard de personnes étrangères au département, on précisera habituellement qu'on est un « habitant du Territoire », lorsque la conversation a lieu dans le département ou à proximité ; si elle a lieu plus loin, ou si l'on s'adresse à une personne ne connaissant pas le département, on précisera que l'on est un « habitant du Territoire de Belfort ».

GéographieModifier

Le Territoire de Belfort fait partie de la région Bourgogne-Franche-Comté. Il est limitrophe des départements du Doubs, de la Haute-Saône, des Vosges et du Haut-Rhin, ainsi que du canton suisse du Jura. Il fut longtemps le plus petit département français mais perdit cette caractéristique après la création des départements de Paris et de la « petite couronne » (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

Comme les départements de Paris et de Mayotte, il n'a pas de sous-préfecture.

Le point culminant du département se situe au ballon d'Alsace à 1 247 m d'altitude, sur la limite avec le département du Haut-Rhin.

ClimatModifier

ÉconomieModifier

En 2010, la médiane du revenu fiscal des ménages par unité de consommation du département s'élevait à 18 801 €, cachant des disparités relativement importantes de Belfort (15 603 €) à Bermont (26 672 €).

DémographieModifier

En 2017, le département comptait 142 622 habitants[Note 2], en diminution de 0,92 % par rapport à 2012 (France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1791 1801 1806 1821 1826 1831 1836 1841 1846
---------
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
----56 78168 60074 24479 75883 670
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
88 04792 30495 421101 38694 33896 59499 40399 49786 648
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
99 427109 371118 450128 125131 999134 097137 408141 201143 348
2016 2017 - - - - - - -
144 089142 622-------
(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962[7] − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[8] puis population municipale à partir de 2006[9].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Communes les plus peupléesModifier

Liste des 15 communes les plus peuplées du département
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Modifier
Belfort 90010 CA Grand Belfort 17,10 47 656 (2017) 2 787   
Delle 90033 CC du Sud Territoire 9,20 5 690 (2017) 618   
Valdoie 90099 CA Grand Belfort 4,66 5 300 (2017) 1 137   
Beaucourt 90009 CC du Sud Territoire 4,95 5 007 (2017) 1 012   
Bavilliers 90008 CA Grand Belfort 4,80 4 726 (2017) 985   
Offemont 90075 CA Grand Belfort 5,55 4 108 (2017) 740   
Danjoutin 90032 CA Grand Belfort 5,65 3 715 (2017) 658   
Essert 90039 CA Grand Belfort 7,01 3 306 (2017) 472   
Giromagny 90052 CC des Vosges du Sud 5,65 3 064 (2017) 542   
Grandvillars 90053 CC du Sud Territoire 15,17 2 974 (2017) 196   
Châtenois-les-Forges 90022 CA Grand Belfort 8,67 2 750 (2017) 317   
Évette-Salbert 90042 CA Grand Belfort 9,16 2 055 (2017) 224   
Cravanche 90029 CA Grand Belfort 1,35 1 957 (2017) 1 450   
Bourogne 90017 CA Grand Belfort 13,71 1 896 (2017) 138   
Chèvremont 90026 CA Grand Belfort 8,83 1 600 (2017) 181   

Voies de communicationModifier

 
Un autobus du réseau Optymo.

Par sa situation géographique, la Trouée de Belfort a toujours été un lieu de passage, une sorte de col à basse altitude entre deux bassins fluviaux : celui du Rhin et celui du Rhône. Ces deux fleuves sont d'ailleurs reliés depuis 1832 par le canal du Rhône au Rhin. Après 1871, le projet de canal de la Haute-Saône, bien qu'inachevé dans sa partie haut-saônoise, devait permettre d'amener aux portes de Belfort et de Montbéliard des péniches chargées de marchandises pondéreuses venues de la partie non annexée de la Lorraine. La voie d'eau ne connaît aujourd'hui pratiquement plus d'activité commerciale en raison de conditions de navigation difficiles (nombreuses écluses côté Alsace, navigation fluviale sur le Doubs aménagé côté Franche-Comté). Le département est également desservi par l'autoroute A36, dont une partie importante du parcours est à deux fois trois voies. Un axe routier est en cours de développement, il s'agit de la liaison Neuchâtel-Paris via Delle, Vesoul et Langres. La liaison est complètement autoroutière en Suisse (Transjurane) et faite de tronçons de voies rapides plus ou moins aménagées en France, mais dont le niveau d'équipement progresse.

Berceau d'Alstom et du TGV, le Territoire de Belfort jouit d'une desserte ferroviaire particulièrement dense, qui gravite autour des gares de Belfort-Ville pour le trafic régional et de la gare de Belfort - Montbéliard TGV pour le trafic grande vitesse via la LGV Rhin-Rhône. La gare de Belfort est le terminus de nombreuses lignes de TER, à destination de Besançon, Mulhouse, Vesoul et Paris (via Troyes). Depuis fin 2018 et la réouverture de la ligne Belfort-Delle-Bienne, de nombreux services TER relient Belfort à Delle en passant par Belfort-Montbéliard TGV. Il existe également des trains RegioExpress des CFF reliant la gare TGV à Bienne via Delle, Porrentruy et Delémont.

Optymo est le réseau de transports en commun desservant le Territoire de Belfort, articulant dans une même offre des lignes d'autobus, des services d'autopartage et de vélos en libre service.

CultureModifier

Depuis très longtemps, le conseil départemental (anciennement appelé conseil général) du Territoire de Belfort comme le conseil municipal de la ville de Belfort favorisent l'accès à la culture du plus large public en subventionnant des institutions ou des manifestations dans tous les domaines de l'art, de la culture et des loisirs, et notamment au travers de l'organisation annuelle du festival des Eurockéennes ainsi que du Festival international de musique universitaire (FIMU) de Belfort.

TourismeModifier

 
Sommet du Ballon d'Alsace.

Le département présente une diversité de paysages façonnés par des influences historiques et géologiques, notamment le Ballon d'Alsace, le massif des Vosges et le lac de Malsaucy. La « route des villages fleuris »[10] emprunte le tracé d'une antique voie romaine qui serpentait dans le Pays sous-vosgien. Le sud du Territoire, riche d'étangs et de rivières, offre quelques-uns des plus beaux belvédères de la région. Depuis le plateau de Croix, le panorama s'étend des Monts d'Ajoie en Suisse à ceux du Jura, en passant par la Forêt-Noire, la plaine d'Alsace et les Vosges.

Des centaines de kilomètres de sentiers balisés quadrillent le département et permettent d'en découvrir les paysages, la faune et la flore mais aussi l'histoire au moyen de circuits à thème : fortifications, bornes, mines, canaux, châteaux, églises... Le chemin de halage du canal de la Haute-Saône permet ainsi de se rendre d'Essert à Montbéliard à pied, à cheval ou à vélo.

Chaque année en automne, la Trans-Territoire[11] attire plusieurs milliers d'amateurs de VTT.

La Maison départementale de l'Environnement[12], au bord du lac du Malsaucy, propose des expositions et animations gratuites de sensibilisation à l'environnement.

S'agissant du patrimoine artistique et architectural, Belfort est notamment connu pour sa citadelle, son musée d'Art moderne et pour le Lion de Belfort, sculpture monumentale d'Auguste Bartholdi qui commémore la résistance de la ville assiégée par les Prussiens durant la guerre de 1870.

Résidences secondairesModifier

Selon le recensement général de la population du , le département comptait 1,3 % de résidences secondaires. Ce tableau indique les principales communes du Territoire de Belfort dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Commune Population SDC Nombre de logements Rés. secondaires % Rés. secondaires
Lepuix 1 212 633 67 10,59 %

Source Insee[13], chiffres au .

PolitiqueModifier

AdministrationModifier

 
L'hôtel de département du Territoire de Belfort.

Articles connexesModifier

Territoire

Géographie

Histoire

Patrimoine

Sport et manifestations sportives

Politique et administration


Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Jean-Pierre Lacroux (1947-2002), se prononce pour la graphie « Territoire-de-Belfort », cf. OrthotypoOrthographe et typographie françaises – Dictionnaire raisonné, Éditions Quintette, 2008, 372 pages, 21 × 14,5 cm (ISBN 978-2-86850-147-9) : sub verbo Département (p. 175 à 177), p. 176 : « Pour d’évidentes raisons historiques et grammaticales (c’était un territoire), le Territoire-de-Belfort fut longtemps privé de trait d'union. C’est depuis longtemps (1922) un département à part entière : il doit être traité comme ses pairs. »
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Wassinia Zirar, « Un premier poste de préfète de département pour Sophie Elizeon », acteurspublics.com, (consulté le 26 octobre 2017)
  2. Le site "Habitants.fr" fait référence en la matière : https://www.habitants.fr/territoire-de-belfort-90
  3. Yvette Baradel, Georges Bischoff, André Larger et al., Histoire de Belfort : des origines à nos jours, Le Coteau, Horvath, , 1re éd., 1 vol. , 399 p., 24 cm (ISBN 2-7171-0369-4, EAN 9782717103694, OCLC 420083041, notice BnF no FRBNF34913939, SUDOC 020358946, lire en ligne), p. 311.
  4. Encyclopédie de l'Alsace, t. 12 : Strasbourg – Zyrl, Strasbourg, Publitotal, , 1re éd., 1 vol. , p. 7045-7896, 30 cm (OCLC 490799156, notice BnF no FRBNF34875515, SUDOC 060496517, lire en ligne), s.v. Territoire de Belfort, p. 7262, col. 3.
  5. Décret du portant harmonisation des circonscriptions administratives publié au JORF du .
  6. Les habitants du Territoire de Belfort sont des Terrifortains, Le Pays, .
  7. Site sur la Population et les Limites Administratives de la France - fiche historique du département
  8. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  9. Fiches Insee - Populations légales du département pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017
  10. La route des villages fleuris, site de l'Office du tourisme de Lure.
  11. La Trans-Territoire (site officiel).
  12. Maison départementale de l'environnement (site officiel).
  13. Source Insee.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Le Territoire de Belfort par V.-A. Malte-Brun aux Éditions du Bastion 1882 réédité en 1982.
  • Le Patrimoine de Communes du Territoire de Belfort aux Éditions Flohic 1999.
  • Belfort et son Territoire par J. Liblin aux Éditions de la Tour Gile 1877 réédité en 2000.
  • Géographie du Territoire de Belfort par G. Schouler et P. Filbert 1979.
  • Les paroisses du Territoire de Belfort par R. Fiétier et M. Colney, Cahiers d'Études Comtoises n° 50 - 1993
  • Vauban et ses successeurs dans le Territoire de Belfort édité par l'Association Vauban 1992
  • Histoire de Belfort, des origines à nos jours par Y. Baradel... aux Éditions Horvath 1985
  • La Porte de Bourgogne et d'Alsace (Trouée de Belfort) par A. Gibert aux Éditions Gérard Montfort 1930 réédité en 1982.
  • Histoire pittoresque et anecdotique de Belfort et de ses environs par A. Corret 1855 réédité par les Éditions de la Tour Gile en 1991. Plus particulièrement intéressant pour la première partie du XIXe siècle.
  • Département du Territoire de Belfort par Adolphe Joanne, Hachette 1888 réédité en 1994.
  • Belfort autrefois 1871-1914 par André Larger, Ed. Horvath 1987

Liens externesModifier

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