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Seigneurie de Montsoreau

seigneurie française

La seigneurie de Montsoreau est une ancienne seigneurie française du Val de Loire, en Anjou. Elle est centrée sur le village de Montsoreau et ses environs

HistoireModifier

OriginesModifier

Les premières mentions écrites d'une occupation du site, sous le nom de domaine de Restis, datent du VIe siècle[1]. Néanmoins, les fouilles archéologiques du talus situé au sud de l'actuel château, ont mis au jour un fût de colonne cannelée provenant d'un édifice antique (vraisemblablement romain). De même, la présence de mobilier gallo-romain directement aux abords confirme une occupation plus ancienne du site[1]. L'installation de ce site antique relativement étendu demeure mal connu, mais s'explique par sa situation géographique extrêmement privilégiée, directement en bords de Loire.

Donation de la seigneurieModifier

Le comte Eudes Ier de Blois établit une forteresse aux environs de 986 à un emplacement stratégique, un château bas construit sur un rocher de tuffeau, entouré par la Loire, et surplombé par un coteau de tuffeau[2]. Le plateau situé au-dessus du coteau comportait vraisemblablement un château haut. Cette forteresse ne sera prise que par deux fois, avant 1001 par Foulques III Nerra, et en 1156 par Henri II Plantagenêt. Lorsque le comte d'Anjou Foulques Nerra prend la forteresse aux environs de l'an 1000, et afin de fixer les frontières de l'Anjou, il donne la forteresse Montsoreau et les terres alentour à son plus fidèle vassal Gautier de Montsoreau (Galterius de Monte-Sorello)[2]. Pour la première fois de son histoire, l'Anjou comportera une seigneurie châtelaine. Ce choix, lui-même stratégique, assure à Foulques Nerra que cet emplacement sera défendu, non plus comme habituellement par un chevalier militaire, mais par un seigneur propriétaire[3].

Statut de la seigneurieModifier

L'agglomération de Montsoreau, s'est développée autour du château primitif, un texte édité par l'érudit André Salmon (1854), Narratio de commendatione Turonice, mentionne Monte-Sorelli parmi les villes fortifiées et peuplées aux environs de 1050[4].

Hormis la propriété de la seigneurie, les droits et devoir afférents à celle-ci ne sont pas clairement établis. Néanmoins, quelques pistes de réflexions permettent de donner une image de l'autonomie relative de cette seigneurie. Il est intéressant de noter que :

La seigneurie de Montsoreau[6],[7] sera transformée en baronnie puis en comté au XVe siècle.

GéographieModifier

Le territoire de la seigneurie de Montsoreau s'étendait sur les communes :

Liste des seigneurs de MontsoreauModifier

Maison de MontsoreauModifier

 
Blason de la famille de Craon
  • Gautier (Ier) (950 +>1001), fidèle du comte Foulques Nerra
  • Guillaume (Ier) (°985), probablement son fils ; x Gilbergare
  • Gautier (II) (°1010 +>1060), probablement son fils ; x Mabille (fille ou parente d'Isembart du Lude ?) d'où : Guillaume (fils cadet), Hugues, Gervais, et :
  • Guillaume II ou Ier (°1040 +<1087), fils aîné ; x 1° épouse inconnue (Arsenis ? ; d'où : Gautier de Montsoreau qui suit, deux Aymeri, Geoffroi de Trèves, Josselin, Guillaume Malatasche, Gervais, Agnès), puis 2° Hersende de Champagne (d'où Etienne de Montsoreau ; sa mère Hersende finit Grande-prieure de Fontevraud, † 1114)
  • Gautier Ier ou III (°1070 + >1129), x Grécie de Montreuil-Bellay, petite-fille de Berlai II de Montreuil-Bellay et veuve de Gelduin de Doué, d'où : Pèle(g)rine, Mathilde (religieuse à Fontevraud), une fille de nom inconnu qui épouse Aimeri III de Faye, et :
  • Guillaume III ou II (°1110 +>1171), père de : Gervais (prédécédé < 1152 ; x Adeburge de Loudun), Etienne (archidiacre d'Angers), Mathilde (religieuse à Fontevraud), et :
  • Guillaume IV ou III (°1140 +>1198), x 1° Ferronis (d'où : Gautier qui suit, Josselin, Agathe qui épouse peut-être Guillaume de Marmande/Marmande et qui peut-être est à placer à la génération suivante), et x 2° Constance dame de Brain et La Coutancière (d'où Philippe et Thomas/Etienne de Montsoreau)
  • Gautier II ou IV (°1170 +>1229), x 1° Ermengarde, 2° Tiphaine de Maumusson, et 3° Marguerite de Trèves, d'où (du 2° plutôt que du 3° ? car le prénom Tiphaine revient dans la descendance : voir ci-dessous) : Ferronis/Ferrie (femme de Pierre II Savari de Montbazon ci-dessous), et une fille de nom inconnu qui marie Geoffroi de La Grésille

Maison de MontbazonModifier

  • Pierre II Savary seigneur de Montbazon, Co(u)lombiers/Villandry, et de Bois-Robert à Savonnières, † après 1238, gendre du précédent par sa femme Ferronis/Ferrie de Montsoreau, père de :
  • Emery/Aymeri (II) de Montbazon [époux d'Alix qui † vers 1232, remariée à André (II) de Chauvigny-Levroux : < parents de Philippe/Philibert (II) — seigneur de Montbazon, † 1250 — et de Pierre ; ces deux frères, sans doute nés vers 1230, restent sans postérité], Mabille, Adeline, Mathilde, Tiphaine, et :
  • Pierre III (°1215 +>1271), frère cadet d'Emery et fils de Pierre II, x Mélis(s)ende, d'où : Renaud archevêque de Tours en 1291-1313, et :
  • Geoffroy Savary dit Payen (°1250 +>1302), x Jeanne/Yolande de Vendôme (1255-1302) fille probable de Bouchard V comte de Vendôme et de Marie de Roye (les comtes de Vendôme descendent de Foulques l'Oison, petit-fils de Foulques Nerra d'Anjou), d'où : Agnès/Isabeau de Montbazon (x 1327 Jean Ier de Bueil ? ; plutôt : Agnès/Isabeau est à placer une génération plus loin, fille — et non sœur — de Barthélemi Ier et paraît-il de sa deuxième épouse Jeanne Barbe dame de Grillemont, et elle marie en 1327 Jean de L'Isle sire de Cinq-Mars et La Guerche), Geoffroi, Jeanne de Montbazon (x Briant III de Montejean), et :
  • Barthélemi Ier (°1280 + 1347), qui acquiert vers 1330 Savonnières,
  • Barthélemi II Berthelon, Berthin (°1310 + ~1362/1364), x (femme inconnue ou Jeanne de Maulévrier ? : voir ci-après) ; père de Barthélemy (III) († 1349 prédécédé ; c'est plutôt lui qui semble épouser Jeanne de Maulévrier, fille de Guillaume II de Maulévrier et de Marie de Maillé ?), Jean, et :
  • Renaud (°1325 +>1383) : on lui donne généralement deux épouses, 1° Eustache/Eustachie fille d'Aimeric d'Anthenaise, puis 2° Jeanne/Aléonor de Craon (ca. 1330-ca. 1385), dernière fille de Maurice VI ou VII de Craon et de Marguerite de Mello-Saint-Bris dame de Jarnac et Ste-Hermine. Longtemps, Eustache d'Anthenaise, épouse d'un Renaud de Montbazon, a été présentée comme la mère de l'héritière Jeanne de Montbazon, mais il semble certain que cette dernière était en fait la fille de Jeanne de Craon. Eustach(i)e d'Anthenaise pourrait être : soit effectivement la 1re femme de Renaud de Montbazon (mais sans postérité connue), soit la mère de Renaud (donc la/une femme de Barthélemi II, ce dernier pouvant aussi être nommé Renaud, comme son fils), voire la femme d'un autre Renaud, alias Barthélemi (III), le fils aîné prédécédé de Barthélemi II (de plus, si Eustachie est une ancêtre directe des Montsoreau à venir, comme souvent affirmé, deux solutions sont possibles : soit elle est bien la femme de Barthélemy II Renaud et la mère de Renaud, soit elle est la femme de Barthélemy III Renaud, père et non frère aîné de Renaud de Montbazon : ce dernier serait alors né vers 1340 et non 1325, et les générations seraient très rapprochées, mais ce n'est pas impossible...).

Maison de CraonModifier

 
Blason de la famille Bouchet de Sourches

Maison de Chabot[8]Modifier

Maison de ChambesModifier

  • Jean II de Chambes (°1405 +1474/1476), mari de Jeanne Chabot dame de Montsoreau et d'Argenton, d'où :
  • Jean III (°1445 +1515/1518), x vers 1490 Marie de Châteaubriant dame du Lion-d'Angers, fille de René de Châteaubriant et d'Hélène, fille de Robert VII d'Estouteville et dame du Tronchoy/du Tronchay, d'où : Hippolyte de Chambes (x 1526 Jacques d'Amboise d'Aubijoux), Louise de Chambes (x 1529 Jean de Malestroit d'Uzel, puis x 1553 Hubert de Marthon frère cadet de François II de La Rochefoucauld), et :
  • Philippe (°1500 +>1561), x 1530 Anne de Laval-Loué baronne de Ponchâteau, fille de Gilles Ier baron de Loué, d'où Cyprienne et Louise (religieuses à Fontevraud, Cyprienne, † 1583, ayant d'abord été dame d'honneur de Marie Stuart reine de France), et les deux frères :
  • Jean IV (après 1530 +1575 sans postérité), gouverneur de Saumur et de Fontenay, catholique fanatique et seigneur cruel, Ier baron (1560) puis comte de Montsoreau en 1573/1575, et :
  • Charles (°1549 +1621), son frère cadet, chambellan et Grand-veneur de François d'Anjou-d'Alençon, x 1576 Françoise de Maridor (~1558-1620), veuve de Jean de Coesme de Lucé, dame d'Avoir, la Dame de Monsoreau d'Alexandre Dumas, d'où :
    • Charles de Chambes sire d'Avoir (1594-1640), x Marguerite/Françoise (Le) Marchant. Postérité : Marie ; deux Françoise ; Dorothée ; Marguerite de Chambes qui marie en 1666 Hector de Gennes de Launay-Baffert ; Urbain marquis d'Avoir et du Plessis-Rataud (+1657 au siège de Montmédy) ; Isabelle/Elisabeth qui transmet Avoir à son époux Pierre de La Ville de Férolles ; et :
    • Marguerite de Chambes (~1590-1634, x 1610 Louis de La Barre des Hayes) ; Françoise de Chambes (x Charles Le Royer de La Brizolière) ; Suzanne (1600-1625), et :
  • René (~1585/1587 +1649 en Angleterre) : fils aîné de Charles et Françoise de Maridor, colonel d'infanterie tourné en mauvais sujet, condamné à mort pour faux-monnayage et faux-saunage, il s'enfuit en Angleterre en 1634 ; x 1617 Maria de Fortia du Plessis-Fromentières, d'où : Françoise de Chambes (1618-après 1654), Charles (1623), Elisabeth († après 1654), et :
  • Bernard (°1622 +1684), x Geneviève (de) Boivin, d'où :
    • Nicolas-Bernard (1638-1648) ; Marie-Madeleine de Chambes (vers 1643/1646-1720 ; x 1677 Louis-Anne Dauvet des Marais/des Marests comte d'Esguilly, petit-fils de Gaspard Dauvet et d'Elisabeth/Isabelle Brulart de Sillery) ; Marie, et :
    • Marie-Geneviève/Catherine de Chambes (~1639-1715), dame de Montsoreau, x 1664 Louis-François ou François-Louis Ier du Bouchet de Sourches d'Abondant

Maison de SourchesModifier

Vente du domaine de Montsoreau à partir de 1804. Ainsi, Montsoreau, par les femmes, aura appartenu à la même famille pendant plus de huit siècles...

RéférencesModifier

  1. a et b E. Litoux, Congrès Archéologique de France : Le château de Montsoreau, Paris, Société française d'archéologie. Musée des monuments français, , p. 255
  2. a et b O. Guillot, Le comte d'Anjou et so entourage au XIe siècle, Paris, Picard,
  3. O. Guillot, Le comte d'Anjou et son entourage au XIe siècle, Picard,
  4. J. Boussard, Le comté d'Anjou sous Henri Plantagenêt et ses fils, Paris, , 11 p.
  5. V. Manasse, Montsoreau : un château, un port, Tours, Bulletin de la société des Amis du Lochois, , 87-99 p.
  6. « Les sires de Montsoreau (1000 - 1600) | Hélène et Thierry vous invitent à partager leurs travaux... », sur thierryhelene.bianco.free.fr (consulté le 21 février 2018)
  7. « Montsoreau », sur Racines & Histoire
  8. « chabot », sur jm.ouvrard.pagesperso-orange.fr (consulté le 21 février 2018)