Château de la Grève

château fort français

Château de Saint Martin des Noyers
Image illustrative de l’article Château de la Grève
Nom local Château de la Grève
Période ou style médiéval
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVe siècle
Propriétaire actuel Château Fort
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1984)
Site web https://chateaudelagreve.wordpress.com/
Coordonnées 46° 42′ 57″ nord, 1° 12′ 38″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Commune Saint-Martin-des-Noyers
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Saint Martin des Noyers

Le château de la Grève est un monument situé dans le département de la Vendée, en région Pays de la Loire, à côté de la forêt domaniale du Détroit au centre du département, entre les communes de La Ferrière et de Saint-Martin-des-Noyers

Le château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1]. Il s'agit d'un des rares Châteaux forts encore debout en Vendée.

ToponymeModifier

L’étymologie du toponyme remontrait à un terme gaulois (graua) faisant référence à un « rivage sablonneux ».

La Grève est une ancienne municipalité française. Issue de la transformation de la paroisse Sainte-Agathe-de-la-Grève, elle est absorbée en 1791 par Saint-Martin-des-Noyers. Le village de la Grève est connu au XIVe siècle en tant que de Gravia, puis, la Griève au XVIIe siècle et enfin la Grava et la Grève le siècle suivant. La paroisse est désignée sous le nom de Sainte-Agathe-de-la-Grève avant la Révolution.

HistoriqueModifier

Édifié proche de puissantes forteresses (Les Essarts, Bournezeau et La Chaize-le-Vicomte), la Grève est mentionnée dans les écrits dès la fin du XIème siècle, époque à laquelle Agnès de Rocheservière(1080) dame de Rocheservière et de La Grève épouse Sébrand Ier Chabot (1075–1152), seigneur de Sainte-Hermine, de Mervent et de Vouvant. Entre les XIII et XVIème siècles, la Grêve est un site fortifié important. Le château reste plus de trois siècles dans la même famille : Famille de Chabot.

Pendant la Guerre de Cent Ans, Thibault X de Chabot, seigneur de la Grêve et fidèle de Charles VII, est tué à la Bataille de Patay le 18 février 1429. Le château de la Grève fut l’une des vingt baronnies qui relevaient à foi et à hommage du duché de Thouars. La Grève avait un droit de Haute justice au Moyen Âge.

En 1446, la Grève passe dans la famille Chastillon qui adoptera le Protestantisme au milieu du XVIème siècle. Le château est alors modernisé et le site agrandi. Pendant les Guerres de Religion, il passe sans cesse entre les mains des catholiques à celles des protestants. C’est aussi à cette période que son système défensif va se moderniser. En 1589, les troupes catholiques du Duc de Mercoeur prennent possession du Château, puis en 1591 lors d’une période de sécheresse, les protestants menés par Eschallard de la Boulaye s’en emparent profitant des douves asséchées.

En 1599, Gilles Chastillon vend le Château de la Grève à Pierre Durcot (seigneur de la Roussière) qui l’aménage pour en faire un château confortable. La propriété perd ensuite son rôle de résidence seigneuriale et se transforme progressivement en exploitation agricole. En 1802, le château de la Grève est racheté par les Batiot (Bastiot). N’étant plus habité et se détériorant peu à peu, quelques travaux ont été menés dans les années 1970 par Florence Tarneaud (descendants de la famille Batiot). L’étang est restauré, tel qu’il était décrit sur les documents du XVII ème siècle. En 1984, le château est protégé au titre des Monuments historiques. En 1997, le château est ouvert à la visite avec la création de l'Association des Amis du Château de la Grève. En 2000, les propriétaires reçoivent un prix régional de l’association les V.M.F (Vieilles Maisons Française) pour leur travaux. En 2016, le château de la Grève accueille plus de 7000 visiteurs : ouvert tout l’été, le château, témoin de l’histoire médiévale, religieuse et militaire de la Région, devient alors un lieu incontournable à visiter en Vendée et l'un des rares Château fort encore debout, pas intact, visitable sur le département, tout proche de la ville de La Roche-sur-Yon.

https://vendeevallee.fr/je-voyage-dans-le-temps/lepopee-medievale/chateau-de-la-greve/Malgré l’ouverture au public et l’organisation de nombreuses manifestations, le château et les communs se dégradent, l’eau s’infiltre, des plafonds et des murs s’effondrent. Le site est menacé et interdit au public depuis l’arrêté de fermeture administrative du 6 février 2020, après le passage de la commission de sécurité de la Préfecture de la Vendée.

Le château et ses dépendances ne sont plus au norme de sécurité et d’accessibilité. Le site est désormais en attente de travaux.

ArchitectureModifier

 
Photo ancienne château de la Grève

Cité au XII ème siècle, le château de la Grève s’agrandit à partir au XIV ème siècle. De nombreux vestiges témoignent encore de son rôle de place forte.

Dans la Haute Cour, le corps de logis a fière allure avec ses 2 tours. Une troisième tour est partiellement existante, celle de la tour d’escalier à 5 pans desservant les pièces du château. La haute-cour est entourée d’un étang et de douves, d’un second logis et une grange pourvue autrefois de tours dont il reste quelques traces.

L’intérieur du château conserve de nombreux éléments d’architecture médiévale avec des fenêtres à croisée (fenêtres à meneaux) équipées de Coussièges, un potager, des éviers, d’imposantes cheminées médiévales (cheminées sur pieds droit sculptés, avec linteaux et corniches trapézoïdales, dont la plupart sont dotées d’une hotte avec un arc décharge mouluré et des angles fendus), la tour de latrines avec ses différents accès et son évacuation dans les douves, une importante cave voûtée, présente sur la totalité du corps de logis, divisée en 3 pièces et une 4ème pièce en sous-sol qui donne avec accès aux basses meurtrières et canonnières de la plus grosse des tours défensive. L’accès en partie basse de la tour Nord est condamnée (cette tour plus petite est aussi pourvue de nombreuses meurtrières). La tourelle d’escalier à vis donne accès à la cave et aux étages. 11 cheminées sont encore en place dans le château avec, au 1er étage : 5 pièces et 5 cheminées, au 2 étage : 5 pièces et 5 cheminées, de nombreuses portes en accolades typique de la période de construction et de restauration du corps de logis au XIV et XVème siècles. Un 3ème étage a été conservé au niveau de la tour Sud avec une autre cheminée, l’accès aux meurtrières et aux échauguettes, ainsi que plusieurs portes murées.

Extérieurement, les tours de défense sont rondes et la tour d’escalier est de forme hexagonale. La petite tour Nord est très sobre, alors que la tour Sud est surprenante : elle est plus grande, ronde à l’extérieur et de forme hexagonale intérieurement avec une charpente remarquable et plusieurs cheminées médiévales. Les tours sont équipées de nombreuses meurtrières, arbalétrières, couleuvrinières, bretèches, des bouches à feu et des canonnières (installées pendant les guerres de religions). Il existe toujours les douves, un pont en pierre (vestige du 2ème pont-levis) et les traces d’autres tours ruinées.


Plusieurs ruisseaux convergent au pied des anciens remparts pour former un étang qui alimente les douves, qui autrefois défendaient les lieux.

La basse-cour est également entourée de douves, un bâtiment à l’entrée, un autre pont en pierre, deux 2 tours ruinées (avec traces d’arrachement) et un départ de porche partiellement excitant (ancien Châtelet d’entrée), ainsi qu’une imposante grange de facture plus récente, non référencée sur le cadastre Napoléonien. Un rempart en pierre d’une longueur de 180 mètres est présent sur la partie Sud-Est de l’étang.

 
Étude du sol - château de la Grève

Dans un premier Aveu de l’an 1631 et un second Aveu du 18 novembre 1700, Le château est décrit comme tel : « La Baronnie de la Grève avec toutes ses appartenances et dépendances du Château bâti en forteresse, terrasse, glacis, donjon entouré de murs fait en créneaux, mâchicoulis avec 4 tours pour la défense de celui-ci, deux autres tours pour la défense du corps de garde et l’entrée du dit château avec pont levis et le corps du château en la seconde cour composée de plusieurs salles souterraines, salles, cuisines, offices, chambre, antichambre et cabinets situés entre trois tours le tout cerné d’eau entouré de l’étang et de profondes et larges fosses... »

La physionomie du Château de la Grève a sensiblement évolué au fil des siècles. Les tours et d’autres vestiges sont encore visibles mais les murailles en créneaux et les traces du donjon évoqué ci-dessus ont disparu. Toutefois, de nombreux éléments sont encore présents et permettent de comprendre la chronologie de la construction du Château :

  • XII - XIIIème siècle : construction du château primitif (un donjon entouré de douves et pont-levis)
  • XIV - XVème siècle : construction (ou agrandissement) du corps de logis au XIVème siècle (Château actuel) entouré de 4 tours + 2 tours au niveau de l’entrée (Châtelet). Le Château est remis au goût du jour au cours du XVème siècle (porte d’entrée du logis et modification de l’escalier...)
  • XVI - XVIIème siècle : modernisation du Château, des moyens de défenses et des communs.
  • XVIII - XIXème siècle : transformation du site en exploitation agricole : démantèlement du Donjon et du Châtelet, arasement du 3e étage du logis, destruction du porche et de certaines tours et construction d’une grange.

Notes et référencesModifier

SourcesModifier

  1. Archives départementales de la Vendée (La Roche sur Yon)
  2. U.D.A.P de la Vendée (Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine)
  3. D.R.A.C des Pays de la Loire (Direction Régionale des Affaires Culturelle) – Ministère de la Culture
  4. Étude du sous-sol du Château de la Grève par méthode géophysique - Université de Keele - 1998
  5. De château en logis – Guy de Raigniac – édition DeBonnefonds – 2000
  6. Châteaux forts de Vendée – Gilles Bresson – Editions D’Orbestier - 2013

LiensModifier