Montbazon

commune française du département d'Indre-et-Loire

Montbazon
De haut en bas et de gauche à droite :
vue du bourg depuis la forteresse ;
le donjon et le château d'Artigny.
Photographie en couleurs de maisons dans une vallée au milieu d'arbres.
Photographie en couleurs d'un donjon surmonté d'une statue. Photographie en couleurs d'un château qu'un artiste au premier plan est en train de peindre.
Blason de Montbazon
Blason
Montbazon
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Tours
Intercommunalité Communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre
Maire
Mandat
Sylvie Giner
2020-2026
Code postal 37250
Code commune 37154
Démographie
Gentilé Montbazonnais
Population
municipale
4 313 hab. (2017 en augmentation de 7,24 % par rapport à 2012)
Densité 664 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 17′ 18″ nord, 0° 42′ 52″ est
Altitude Min. 52 m
Max. 92 m
Superficie 6,50 km2
Élections
Départementales Canton de Monts
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Montbazon
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Montbazon
Liens
Site web ville-montbazon.fr/

Montbazon est une commune française située dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire.

GéographieModifier

Localisation et communes limitrophesModifier

Montbazon est situé sur le cours moyen de l'Indre. La ville se trouve à environ 12 km au sud de Tours, « à vol d'oiseau »[1]. Dans la partie centrale du canton de Monts, elle est rattachée à l'unité urbaine, au bassin de vie, à l'aire urbaine et à la zone d'emploi de Tours[I 1]. Seules trois communes sont limitrophes de Montbazon, Veigné l'entourant très largement du nord-ouest au sud-est.


Communes limitrophes de Monts
Veigné
Monts  
Sorigny

Géologie et reliefModifier

 
Carte géologique simplifiée de Montbazon[2].
  • Bourg
  • Limites communales
  • c4-6B : craie blanche (Turonien)
  • c4-6S : argiles à silex (Sénonien)
  • e7-Re7 : calcaire lacustre de Touraine (Ludien)
  • eP : éboulis des plateaux (Tertiaire)
  • N : sables éoliens (Quaternaire)
  • Fx-y : alluvions de terrasses (Quaternaire)
  • Fz : alluvions récentes (Quaternaire)

La géologie de Montbazon repose sur une succession de strates sédimentaires crétacées caractéristiques du sud du Bassin Parisien. Un peu plus tard, au Ludien, c'est cette fois du calcaire lacustre (e7) qui se dépose et qui donne son unité géologique à cette partie de la Touraine, la Champeigne, en comblant une fosse géologique formée à l'est de Veigné (synclinal de Courçay)[3] ; ce calcaire lacustre, localement très dégradé (Re7), parfois meuliérisé, est présent sur une épaisseur atteignant 7 m[M 1]. Se rencontrent également, mais très localement, des sables éoliens (N) du Quaternaire. L'Indre a profondément entaillé toutes ces strates sédimentaires jusqu'aux assises crétacées, craie blanche (C4-6B) du Turonien ou argiles à silex (C4-6S) du Sénonien, ces deux dernières formations étant parfois démantelées en éboulis (eP) vers l'aval de l'Indre. Au nord du territoire, un profond méandre de cette rivière est caractérisé par la présence, dans sa boucle, d'alluvions anciennes de terrasses (Fx-y) déposées lors des glaciations quaternaires de Mindel, Riss et Würm[4] — des gravières furent un temps exploitées[3] —, alors que les alluvions plus récentes (Fz) occupent le lit majeur de la rivière[5].

La forme particulière du territoire montbazonnais, comme encastré dans celui de Veigné, est dû à la création de la paroisse qui, vers 1550, s'est faite aux dépens de celle de Veigné[6]. Montbazon est une commune de petite taille, près de deux fois et demie plus exiguë que la moyenne des communes françaises[7].

Le plateau qui culmine à 92 m au sud-est du territoire, descend vers l'Indre, en pente douce à l'est, de manière plus abrupte à l'ouest. La vallée de l'Indre, pour sa part, se développe entre 55 m en amont et 52 m en aval[6].

HydrographieModifier

 
Réseau hydrographique de Montbazon.

La commune est traversée d'est en ouest par l'Indre (6,038 km). Le réseau hydrographique communal, d'une longueur totale de 14,28 km, comprend un autre cours d'eau notable, le Bourdin (0,274 km), et quatre petits cours d'eau pour certains temporaires[8],[9].

L'Indre, d'une longueur totale de 279,4 km, prend sa source à une altitude de 453 m sur le territoire de Saint-Priest-la-Marche dans le département du Cher et se jette dans la Loire à Avoine, après avoir traversé 58 communes[10]. Les crues de l'Indre sont le plus souvent de type inondation de plaine[Note 1]. Sur le plan de la prévision des crues, la commune est située dans le tronçon de l'Indre tourangelle[12], dont la station hydrométrique de référence la plus proche est située à Monts. Le débit mensuel moyen (calculé sur 14 ans pour cette station) varie de 4,51 m3/s au mois de septembre à 34 m3/s au mois de février. Le débit instantané maximal observé sur cette station est de 236 m3/s le , la hauteur maximale relevée a été de 5,56 m ce même jour[13],[14]. Ce cours d'eau est classé dans les listes 1[Note 2] et 2[Note 3] au titre de l'article L. 214-17 du code de l'environnement sur le Bassin Loire-Bretagne. Au titre de la liste 1, aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique et le renouvellement de la concession ou de l'autorisation des ouvrages existants est subordonné à des prescriptions permettant de maintenir le très bon état écologique des eaux. Au titre de la liste 2, tout ouvrage doit être géré, entretenu et équipé selon des règles définies par l'autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l'exploitant [15],[16]. Sur le plan piscicole, l'Indre est classée en deuxième catégorie piscicole. Le groupe biologique dominant est constitué essentiellement de poissons blancs (cyprinidés) et de carnassiers (brochet, sandre et perche)[17].

 
L'Indre à Montbazon (juillet 2016).

Le Bourdin, d'une longueur totale de 14,8 km, prend sa source dans la commune de Louans et se jette dans l'Indre à Veigné, après avoir traversé 5 communes[18]. Sur le plan piscicole, le Bourdin est également classé en deuxième catégorie piscicole[17].

En 2019, la commune est membre de la communauté de communes Touraine Vallée de l'Indre qui est elle-même adhérente au syndicat d'aménagement de la vallée de l'Indre. Créé par arrêté préfectoral du suite aux crues historiques de et , ce syndicat a pour vocation d'une part l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau par des actions de restauration de zones humides et des cours d'eau, et d'autre part de participer à la lutte contre les inondations par des opérations de sensibilisation de la population ou de restauration et d'entretien sur le lit mineur, et sur les fossés situés dans le lit majeur de l'Indre appelés localement « boires », et de l'ensemble des cours d'eau du bassin versant de l'Indre[19].

Deux zones humides[Note 4] ont été répertoriées sur la commune par la direction départementale des territoires (DDT) et le conseil départemental d'Indre-et-Loire : « la vallée de l'Indre : de la RN10 à l' A10 » et « la vallée de l'Indre : des Prés Germains à la Vennetière »[20],[21].

ClimatModifier

Comme l'ensemble des communes d'Indre-et-Loire, Montbazon bénéficie d'un climat tempéré océanique dit dégradé[22], caractérisé par des températures clémentes, même en hiver. Aucun mois n'est véritablement sec, les précipitations mensuelles moyennes étant toujours supérieures à 40 mm[23].

Les données météorologiques recueillies sur plusieurs années à Joué-lès-Tours, commune proche de Montbazon, montrent une pluviométrie moyenne annuelle de l'ordre de 665 mm (entre 49 et 65 mm par mois) pour 165 jours de précipitations. La durée moyenne annuelle d'ensoleillement s'établit à 1 821 heures (de 54 en décembre à 244 en juillet). La moyenne des températures minimales mensuelles n'est jamais négative et seuls 49 jours de gel par an sont enregistrés. La moyenne des températures maximales mensuelles reste modérée avec 24,7 °C en juillet. Les vents dominants soufflent du sud-ouest ou du nord-est[24].

Paysages naturels et biodiversitéModifier

Bois et forêts représentent près de 30 % de la surface communale, soit un pourcentage sensiblement égal à celui des prairies et des terres agricoles, alors que les zones urbanisées et industrielles occupent presque 40 % de la superficie de la commune[8]. Les prairies et les forêts occupent essentiellement la vallée inondable de l'Indre[6].

UrbanismeModifier

LogementModifier

Le tableau ci-dessous présente une comparaison de quelques indicateurs chiffrés du logement pour Montbazon et l'ensemble de l'Indre-et-Loire en 2017[I 2],[I 3].

Le logement à Montbazon en 2017.
Montbazon Indre-et-Loire
Parc immobilier total (en nombre d'habitations) 2 012 321 881
Part des résidences principales (en %) 90,3 86,8
Part des logements vacants (en %) 7,7 8,6
Part des ménages propriétaires de leur logement (en %) 72,3 59,1

Les logements construits avant 1946 ne représentent que 14 % du parc total des résidences principales. Le rythme des constructions neuves s'accélère ensuite puisque le parc immobilier est multiplié par 7,8 depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Entre 1971 et 1990 notamment, 30 logements sont construits par an[I 2].

Morphologie urbaineModifier

Le promontoire et sa forteresse d'une part, l'Indre et ses bras multiples d'autre part sont les éléments structurants du bourg médiéval. Les premières maisons se construisent au pied de la forteresse, sur la rive gauche de d'Indre,, selon une disposition rayonnante par rapport à la pointe du promontoire ainsi que sur une île enserrée entre deux bras de l'Indre. Au XVIIIe siècle, la nouvelle route d'Espagne récemment percée provoque la construction de nouvelles maisons sur son tracé, selon le principe du village-rue.

À partir des années 1960, la forte croissance démographique liée au développement économique de Tours, très proche, entraîne l'édification de nombreux pavillons, individuels ou dans des résidences, à l'ouest de la commune sur la rive gauche de l'Indre, mais également au nord et à l'est où les zones urbanisées rejoignent celles de Veigné, de création contemporaine[25].

Risque naturels et technologiquesModifier

 
L'Indre en crue à Montbazon ( mars 2020).
 
Éboulement du massif de la forteresse.

La commune de Montbazon est exposée aux risques de crue de l'Indre, généralement provoquées par fortes pluies sur son bassin versant. Son territoire est inclus dans la zone couverte par le plan de prévention du risque inondation de la vallée de l'Indre[26]. D'importantes crues de l'Indre sont mentionnées à Montbazon en 1691, 1770, 1910 et 1982[27].

Le risque de mouvements de terrain et d'éboulement est estimé fort à Montbazon, d'après une étude du BRGM en 1991[28]. Le , le bord septentrional du massif supportant la forteresse s'éboule partiellement, avec la muraille qu'il supportait, sur des habitations situées en contrebas[29].

Le risque lié à la succession retrait/gonflement des argiles est important sur le plateau au sud du territoire, faible dans la vallée, en lien avec la nature géologique des strates affleurantes[30].

La commune de Montbazon est soumise à un risque sismique faible (niveau 2 sur une échelle de 1 à 5)[31].

Développement urbain et projets d'aménagementModifier

Montbazon vu ses habitants plus que doubler en moins de quarante ans, grâce à la création de zones pavillonnaires et de deux résidences seniors, et vise jusqu'à 5 000 habitants, ce qui entraîne une hausse du prix du foncier[32].

Voies de communication et transportsModifier

Infrastructure autoroutière et routièreModifier

 
Pont Saint-Jean-Baptiste (juillet 2016)

La ville est, dans les années 1950 à 1970, connue pour ses embouteillages et ses bouchons interminables, la nationale 10 (déclassée en D 910) qui relie Paris au sud-ouest de la France traversant le centre-ville : un goulet d'étranglement se forme entre le pont sur l'Indre au nord et la côte du donjon au sud. Malgré l'ouverture en 1977 de la section Chambray-lès-Tours − Poitiers de l'autoroute A10 qui absorbe une partie du trafic, la traversée demeure parfois difficile[33].

L'autoroute A10 ne traverse pas le territoire communal mais emprunte, au sud-ouest, la limite entre Montbazon et Monts. Pour accéder à cette autoroute, les Montbazonnais doivent emprunter la D 910 vers le nord puis la D 37 vers l'ouest jusqu'à la sortie (Chambray-sud), ou bien la D 910 vers le sud jusqu'à la sortie no 24 (Sorigny), soit dans les deux cas un trajet d'environ dix minutes.

Dans le centre-ville de Montbazon, la D 910 croise la D 17 qui suit la vallée de l'Indre.

Réseaux de transports collectifsModifier

Montbazon est desservie par la ligne H (Tours — Sainte-Maure-de-Touraine) du réseau Rémi[34] ainsi que par la ligne TER Tours — Loches, dont certaines rotations font halte à la gare de Montbazon[35].

ToponymieModifier

 
Montbazon (limites communales en jaune) sur la carte de Cassini.

Onomastique partielle du toponyme Montbazon[36] :


Les mentions anciennes de la localité sont : XIe s. Mons Basonis, 1206 Montis Bazonis, XIIIe s. Oppidum Montebazonium, 1277 Mont Bazon, 1344 Montbazon[38].

Le terme Mons Basonis désigne le « Mont de Bason », « mont » se rapportant à un édifice fortifié sur une hauteur et « Bason » étant l'anthroponyme, d'origine germanique, d'un personnage non identifié, également à l'origine du toponyme Bazonneau[36].

HistoireModifier

De la Préhistoire à l'AntiquitéModifier

Les terrasses alluvionnaires de la vallée de l'Indre ont livré des outils Paléolithiques de l'Acheuléen et du Moustérien, bifaces, racloirs et nucléus[39]. Des silex et des tessons de poterie, sur un autre site, témoignent de l'occupation humaine au Néolithique[25],[4]. En 1988, la prospection aérienne révèle, dans une roselière du bord de l'Indre, des traces interprétées par Jacques Dubois comme celles d'un « bâtiment avec cour »[40].

Un chemin probablement antique, sur la rive gauche de l'Indre, vient de Veigné en empruntant le plateau ; il se dirige ensuite vers Monts[41]

Moyen ÂgeModifier

En 996, les moines de Cormery se plaignent auprès du roi que Foulques Nerra, comte d'Anjou, construit une forteresse sur leur terre de Montbazon[42]. Élevé entre 996 et 1006, ce donjon primitif domine un point stratégique de l'Indre qui témoigne des luttes opposant le Faucon Noir aux comtes de Blois : la construction d'une ceinture de forteresses doit alors permettre à Foulques Nerra de s'assurer le contrôle de toute la Touraine[43].

Pont médiéval.

Dès 997, le donjon passe aux mains des adversaires de Foulques en la personne d'Eudes II de Blois-Champagne — la Touraine est alors disputée entre les Blois et les Anjou, ces derniers cherchant à s'étendre à l'ouest aux dépens des premiers. Foulques réussit à le reprendre quelques années avant sa mort survenue en 1040[M 2].

C'est en 1123 qu'apparaît dans les textes la première mention d'une église à Montbazon, distincte de la chapelle du château : un jugement opposant moines et forestiers y est rendu[42]. En 1175, Henri II Plantagenêt, héritier des anciens comtes d'Anjou, lance d'énormes travaux d'agrandissement avec la construction de la tour ronde de l'entrée ainsi que des murailles. Ces constructions sont réalisées avec la pierre brute extraite directement du plateau calcaire supportant le donjon. Cela permet en même temps de créer un fossé défensif. La forteresse sera ensuite prise par le roi de France Philippe Auguste, au début du XIIIe siècle qui, en 1206, en fait don à Phlibert Savary, déjà propriétaire du château de Villandry. Sous saint Louis, des maisons commencent à se construire au pied de l'éperon, de part et d'autre d'un bras de l'Indre et forment un petit bourg clos d'une enceinte percée de quatre portes. L'une d'elles se prolonge vers le nord-ouest par un pont traversant l'Indre et sa vallée[M 3].

Temps modernesModifier

Construction de l'enceinte urbaine et création du duché-pairieModifier

 
Tracé de l'enceinte du XVe siècle.
 
La porte des Moulins, vue depuis l'intérieur de la citadelle.

En 1425, un deuxième château est construit en face du vieux donjon. Ce château-neuf est démoli en 1746 et ses restes servent de remblai pour consolider la route d'Espagne (actuelle N10). Dans les années 1470, peut-être à l'instigation de Louis XI, la ville de Montbazon est fortifiée. L'enceinte protège d'un part la ville, sur la rive gauche de l'Indre où elle se rattache aux murailles du château et d'autre part le faubourg de l'Aumône, entre deux bras de l'Indre. La porte des Moulins, sous laquelle passe la rue du même nom au sud-est de l'enceinte, en est l'ultime vestige[VD 1].

La seigneurie de Montbazon devient un comté en 1547 par décision d'Henri II. En , le comté est érigé en duché pairie pour Louis VII de Rohan prince de Guéméné au XVIe siècle par Henri III. Comme Louis VII de Rohan meurt sans postérité dès 1589, Henri IV, par lettres de , érige de nouveau Montbazon en duché-pairie en faveur d'Hercule de Rohan-Guéméné, frère et beau-frère de Louis VII[44].

Le donjon lui-même a échappé à la destruction car il a été habité jusqu'en 1725.

Ses étages ainsi que le petit donjon attenant s'effondrent en 1791 et la municipalité autorise la destruction de l'ensemble. Vers 1550, un ordre de l'officialité de Tours crée la paroisse de Montbazon. Pour lui assurer des revenus, onze fermes, représentant une surface de 641 ha, sont soustraites du territoire de Veigné pour constituer la dîme de la nouvelle paroisse[M 4].

Percée de la route d'Espagne et aléas climatiquesModifier

 
OpenStreetMap Tracé de l'ancien pont de Montbazon.
 
Repère de crue.

Au milieu du XVIIIe siècle, d'importants travaux d'aménagement modifient considérablement la physionomie de Montbazon. La route royale d'Espagne est percée dans la ville, à l'ouest et au pied de la citadelle médiévale[45]. La porte occidentale de la ville, qui se trouve sur le tracé, est détruite et les remparts urbains démantelés pour servir de remblais, comme bien des édifices de la forteresse[M 5]. Les façades des maisons donnant sur la nouvelle rue, datant pour la plupart des XVe et XVIe siècles, sont rhabillées[VD 2]. Le cours de l'Indre est partiellement détourné, un bras passant au niveau de l'actuelle place André-Delaunay (place de la mairie) étant asséché et comblé. Un nouveau pont en pierre (pont Saint-Jean-Baptiste) est construit sur l'Indre, entre 1754 et 1758 sous la direction de Mathieu Bayeux[VD 3]. Il remplace l'ancien pont médiéval qui se trouvait en amont, dont la culée sud était construite à l'extrémité de la rue Emmanuel-Brault, et qui traversait l'Indre et les prés bas par une succession d'arches et de digues[46].

En , des pluies importantes sur les bassins versants de l'Indre et de son affluent l'Indrois provoquent la plus importante crue de la rivière enregistrée jusqu'au XXIe siècle. Si elle ne fait pas de victimes à Montbazon, les habitants ayant pu quitter leurs domiciles inondés pour se réfugier sur les hauteurs, les dégâts matériels sont très importants. La gravité de la crue est renforcée, au dire des chroniqueurs de l'époque, par la présence du pont nouvellement construit qui fait obstacle à l'écoulement des eaux[47].

Époque contemporaineModifier

Période révolutionnaireModifier

 
Château de Montbazon avec le télégraphe Chappe.

Le cahier de doléances présenté par le tiers-état de Montbazon à l'occasion des états généraux de 1789 comprend nombre de souhaits fréquemment rencontrés : simplification du système d'imposition au profit d'une seule taxe proportionnelle aux richesses, biens et revenus du clergé régulier redistribués aux membres du clergé séculier. D'autres dispositions sont cependant notées, comme une amélioration des conditions de vie et de la solde des soldats, mais aussi des préoccupations plus locales, au premier plan desquelles des travaux sur l'Indre pour prémunir la ville des crues et rendre la rivière navigable[48].

Le vicaire Nicolas Ragneau, connu pour ses idées progressistes voire pro-révolutionnaires, devient le premier maire de Montbazon en et au mois de mai suivant une milice communale, dont les pouvoirs sont strictement encadrés, est mise en place[49]. En 1794, la fabrication de poudre au Ripault, à Monts, requiert d'importantes quantités de salpêtre ; c'est pour le récupérer que deux des portes de ville subsistantes sont rasées[M 6].

Premier et Second EmpiresModifier

 
Gare de Montbazon.

Le donjon de Montbazon sert d'entrepôt au début du XIXe siècle et son sommet accueille l'installation entre 1823 et 1852 d'un télégraphe Chappe. En 1860, le site est acheté par un mécène et restauré de manière à pouvoir y installer en 1866 une statue de la Vierge haute de 9,5 mètres, subventionnée par l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

La guerre de 1870 touche Montbazon. Vers le , un régiment d'artillerie prussien s’installe sur la commune. Le 21 du même mois, le préfet allemand administrant l'Indre-et-Loire demande à la commune de subvenir aux dépenses de la troupe à hauteur de 24 402 F ; la somme finalement portée à 34 472 F, ce qui contraint le maire de Montbazon, le à recourir à un emprunt remboursable en 18 ans pour pouvoir payer le solde de cette contribution[50].

À l'occasion de la mise en service de la ligne de chemin de fer de Joué-lès-Tours Loches, la gare de Montbazon est inaugurée le [VD 4].

XXe et XXIe sièclesModifier

 
Monument aux morts.

Trente-huit soldats montbazonnais perdent la vie au cours de la Première Guerre mondiale[51]. En , le gouvernement français, devant l'avancée des troupes allemandes, quitte Paris et s'installe en Touraine du 12 au . Le contrôleur financier de la Marine nationale est accueilli au château de la Grange Rouge tandis que l'amiral François Darlan, chef d'état-major de la Marine, s'installe au château d'Artigny[VD 5]. Le , les troupes allemandes couvrent leur retraite en faisant sauter le pont : une arche est détruite, une autre endommagée. Une passerelle provisoire est mise en place en attendant la reconstruction en 1947[VD 6]. Depuis les années 1960, Montbazon, devenue une banlieue de Tours, connaît une importante croissance démographique, s'accompagnant d'un développement industriel et d'une extension des secteurs dédiés à l'habitat[25].

L'étude d'un projet de fusion entre Veigné et Montbazon est reportée après les élections municipales de 2020[52].

Politique et administrationModifier

 
Hôtel de ville.

Tendances politiques et résultatsModifier

Élection présidentielle la plus récenteModifier

En 2017, au deuxième tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron (La République en marche), élu, a obtenu 74,34 % des voix et Marine Le Pen (FN), 25,66 %. Le taux de participation s'est élevé à 79,71 %[53].

Élection municipale la plus récenteModifier

Le nombre d'habitants au recensement de 2011 étant compris entre 3 500 et 4 999, le nombre de membres du conseil municipal pour l'élection de 2014 est de 27[54].

Lors des élections municipales de 2020, les 27 conseillers municipaux ont été élus à l'issue du premier tour ; le taux de participation était de 50,61 %. Ont obtenu[55] :

Suffrages exprimés 1 664 27 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Tendance politique Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
Montbazon avec cœur et passion Sylvie Giner LDVD 1 146 68,87 %
23 / 27
NL[Note 5]
Montbazon, ma ville Frédéric Bontoux LDVD 518 31,13 %
4 / 27
NL[Note 5]

Liste des mairesModifier

Liste des maires[56],[S 1].
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1790 Nicolas Ragneau   Vicaire
1791 1791 Alexandre de La Roche    
1791 1791 Pierre-Mathieu Archevesque    
1792 1792 Jean-Pierre-François Augeron   Notaire
1793 1794 Antoine-François Marin    
mai 1794 18 juillet 1794 Jean Durand    
18 juillet 1794 1794 Urbain Leroux   Notaire
5 décembre 1794 1795 Louis-Joseph Bassereau   Notaire
24 novembre 1795 1800 Antoine-Élie Gillet   Notaire
26 juillet 1800 1812 Louis-Joseph Bassereau   Notaire
1er janvier 1813 1815 Étienne-Pierre de Ruffray   Militaire retraité
29 mai 1815 1815 Pierre-Gabriel Rolland   Maître de poste
18 octobre 1815 1817 Étienne-Pierre de Ruffray   Militaire retraité
25 décembre 1817 1831 Pierre-Gabriel Rolland   Maître de poste
5 octobre 1833 1844 Antoine Gillet (fils)    
19 juin 1844 1847 Louis-Joseph Bassereau (fils)   Notaire
26 avril 1847 1865 Gabriel Renault (père)   Médecin
26 avril 1865 1876 Gabriel Renault (fils)   Médecin
26 avril 1876 1902 Emmanuel Brault   Chef d'entreprise, président de la chambre de commerce
1902 1938 André Delaunay Rad. Médecin, conseiller général (1925-1939)
1939 1957 Sébastien Paul Guillaume-Louis Rad. puis SFIO Chirurgien, président du conseil général d'Indre-et-Loire (1945-1946, 1947-1957)
Conseiller général (1939-1940, 1945-1957)
1957 1967 Roger Aubert   Cadre d'entreprise
1967 1972 Jean Arthur Le Bourg   Chirurgien
1972 1977 Jean Bonneri   Cadre SNCF
1977 1983 Pierre Méry   Retraité de la Marine marchande
1983 1989 Louis Le Bescam DVD Conseiller général (1985-1992)
mars 1989 juin 1995 Régis Ramage DVD Conseiller général (1992-1995)
juin 1995 mars 2001 Jean-Pierre Caroit   Chef d'entreprise
mars 2001 mars 2008 Philippe Audet DVD Courtier d'assurances
mars 2008 mai 2020 Bernard Revêche DVD Administrateur de sociétés
23 mai 2020[57] En cours Sylvie Giner DVD Gérante de sociétés, vice-présidente du Conseil départemental d'Indre-et-Loire

JumelagesModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

La population de la paroisse de Montbazon évolue entre 160 et 222 feux entre 1687 et 1787, dernière année où cette méthode de recensement « familial » est utilisée, avec une tendance à l'augmentation à partir du milieu des années 1740[58].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[59]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[60].

En 2017, la commune comptait 4 313 habitants[Note 6], en augmentation de 7,24 % par rapport à 2012 (Indre-et-Loire : +1,6 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8009478881 0201 0801 1801 1811 1161 145
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0961 0741 0901 0321 1791 1811 1971 1431 143
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1271 1501 1611 1501 0891 0861 0961 6971 267
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 6221 9032 4473 0113 3543 4343 7133 9044 140
2017 - - - - - - - -
4 313--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[61] puis Insee à partir de 2006[62].)
Histogramme de l'évolution démographique
Soldes de variation annuelle de la population de Montbazon
exprimés en pourcentages[I 4],[Note 7].
1968 - 1975 1975 - 1982 1982 - 1990 1990 - 1999 1999 - 2007 2007 - 2012 2012 - 2017
Taux de variation annuel de la population   + 3,7 %   + 3,0 %   + 1,4 %   + 0,3 %   + 1,7 %   + 0,4 %   + 1,4 %
Solde naturel + 0,8 % + 0,2 % + 0,3 % + 0,3 % + 0,5 % + 0,6 % + 0,6 %
Solde migratoire + 2,8 % + 2,8 % + 1,1 % 0,0 % + 1,3 % - 0,1 % + 0,8 %

La population montbazonnaise reste relativement constante des années 1840 à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C'est alors que s'amorce une croissance démographique, relativement régulière jusqu'à 2017. Sur la période 1968-2017, où des données plus détaillées sont disponibles, cette croissance est le fruit d'un solde migratoire toujours positif, à une exception près, mais aussi d'une évolution naturelle où les naissance sont toujours plus nombreuses que les décès[Note 8].

Pyramides des âgesModifier

Pyramide des âges à Montbazon en 2017 en pourcentage[I 5].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90 ans ou +
1,0 
7,2 
75 à 89 ans
8,0 
14,7 
60 à 74 ans
16,3 
18,9 
45 à 59 ans
20,4 
20,5 
30 à 44 ans
21,0 
15,7 
15 à 29 ans
13,5 
21,6 
0 à 14 ans
19,9 
Pyramide des âges en Indre-et-Loire en 2017 en pourcentage[I 6].
HommesClasse d’âgeFemmes
0,9 
90 ans ou +
2,1 
7,6 
75 à 89 ans
10,2 
16,5 
60 à 74 ans
17,4 
20,1 
45 à 59 ans
19,2 
18,4 
30 à 44 ans
17,5 
18,2 
15 à 29 ans
17,4 
18,4 
0 à 14 ans
16,3 

Le pourcentage de la population communale âgée de plus de 45 ans s'établit en 201& à 45,8 %, soit 1.2 point de moins que la moyenne départementale[I 7],[I 8].

EnseignementModifier

Deux établissements du cycle primaire sont présents sur la commune : l'école maternelle Jean-Le Bourg et l'école élémentaire Guillaume-Louis[SC 1].

Le collège public Albert-Camus et le collège privé Saint-Gatien accueillent les élèves de la sixième à la troisième[SC 2].

La carte scolaire départementale prévoit en outre que la scolarité se poursuive au lycée Jean-Monnet de Joué-lès-Tours[63].

Santé, services d'urgence et sécuritéModifier

De nombreux professionnels dans le domaine de la santé sont installés à Montbazon, médecins généralistes ou spécialistes, pharmacie, laboratoire d'analyses médicales[SC 3]. Les hôpitaux les plus proches de Monts sont le centre hospitalier régional universitaire de Tours, à Chambray-lès-Tours et le pôle santé Léonard-de-Vinci situés tous deux à Chambray-lès-Tours à environ un quart d'heure de trajet automobile de Montbazon.

Un centre de première intervention (CPI) des sapeurs-pompiers est installé sur la commune voisine de Monts[64].

Une brigade de gendarmerie est installée sur le territoire montbazonnais[65].

Médias et numériqueModifier

Le quotidien régional La Nouvelle République du Centre-Ouest consacre quelques pages de son édition Indre-et-Loire à l’actualité du canton de Monts. La commune de Montbazon édite annuellement un bulletin d'informations municipales. La chaîne de télévision TV Tours Val de Loire et la station de radio France Bleu Touraine relaient les informations locales.

Le , Montbazon lance sa web radio. Elle consiste à connaître l'actualité de Montbazon et à écouter de la musique 24 heures sur 24.

La commune ne possède pas en 2020 de réseau à haut débit par fibre optique[66].

Culte catholiqueModifier

Le territoire de la commune dépend de la paroisse Saint-Brice au sein du doyenné de Loches lui-même partie de l'archidiocèse de Tours, au même titre que six autres doyennés[67]. L'église Notre-Dame accueille, en alternance avec d 'autres églises de la paroisse, des offices dominicaux[68].

ÉconomieModifier

Revenus et fiscalitéModifier

En 2015, le revenu fiscal médian par ménage est de 38 113 €, alors que la moyenne départementale s'établit à 32 011 € et que celle de la France métropolitaine est de 32 409 €[I 9]. En 2015, le revenu disponible par ménage était de 23 410 € dans la commune[I 10] contre une moyenne de 20 710 € au niveau départemental[I 11]. Le taux de pauvreté est de 6,0 % des ménages fiscaux à Montbazon[I 12] alors qu'il s'établit à 12,5 % au niveau départemental[I 13].

EmploiModifier

Les deux tableaux ci-dessous présentent les chiffres-clés de l'emploi à Montbazon et leur évolution de 2007 à 2017[I 14],[I 15] :

Structure de la population active de Montbazon (37)
en 2007 et 2017.
Montbazon 2007 Montbazon 2017 Évolution
Population de 15 à 64 ans 2 432 2 622   - 7,8 %
Actifs (en %) 74,2 78,8   + 6,2 %
dont :
Actifs ayant un emploi (en %) 69,2 72,7   + 5,1 %
Chômeurs (en %) 5,1 6,1   + 19,6 %
Évolution de l'emploi à Montbazon (37) en 2010 et 2015.
Montbazon 2007 Montbazon 2017 Évolution
Nombre d'emplois dans la zone 1 575 1 323   - 16,0 %
Indicateur de concentration d'emploi 93,4 68,5   - 26,7 %

De 2007 à 2017, l'évolution de l'emploi à Montbazon est notable. La population active augmente de manière significative, tout comme le pourcentage d'actifs. Pour autant, sur la même période, les emplois proposés à Montbazon sont beaucoup moins nombreux, ce qui induit une détérioration importante de l'indicateur de concentration d'emploi.

Le taux de chômage, selon les critères définis lors du recensement, a fortement augmenté et touche plus de 15 à 20 % des jeunes de 15 à 24 ansselon leur sexe, les plus pénalisées étant les femmes[I 15]. Sur les 1 931 Montbazonnais pourvus d'un emploi, seuls 299 travaillent dans la commune elle-même[I 16],[Note 8].

En 2015, les trois plus importants des 927 établissements installés à Montbazon emploient globalement plus de 200 salariés[I 17].

Tissu économiqueModifier

Le tableau ci-dessous détaille le nombre d'établissements[Note 9] implantés à Montbazon selon leur secteur d'activité et le nombre de leurs salariés[I 18] :

Établissements actifs par secteur d'activité au .
Total % 0
salarié
1 à 9
salariés
10 à 19
salariés
20 à 49
salariés
50 salariés
ou plus
Ensemble 338 100,0 233 78 16 8 3
Agriculture, sylviculture et pêche 1 0,3 1 1 0 0 0
Industrie 18 5,3 7 7 2 2 0
Construction 31 9,2 21 9 1 0 0
Commerce, transports, services divers 231 68,3 159 56 10 4 2
dont commerce et réparation automobile 55 16,3 40 15 11 2 2
Administration publique, enseignement, santé, action sociale 57 16,9 45 6 3 2 1
Champ : ensemble des activités.

De 2016 à 2018, ce sont 90 nouvelles entreprises qui sont créées à Montbazon.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Architecture militaireModifier

La motte de Bazonneau est une motte artificielle d'environ 40 m de diamètre et 10 m de haut, située à quelque 600 m au sud-sud-est du donjon principal. Son rôle, motte de défense de la citadelle ou au contraire motte édifiée par ses assiégeants, fait encore débat[43].

Le donjon de Montbazon[70] est l'un des premiers donjons médiévaux, datant de l'an 1000 environ. Il fait partie des nombreux donjons construits par Foulque Nerra. Les remparts du XVe siècle protégeaient le logis. Initialement, la hauteur du donjon était de 36 mètres[71]. Sa forme rectangulaire est typique de l'époque (pas de problème d'artillerie). Le château devint la propriété de la famille Rohan vers 1490. Au sommet du donjon, l'abbé Chauvin fit mettre en place, en 1866[71], la statue représentant le Vierge portant l'enfant Jésus mesurant 9,50 m de hauteur et pesant 8 tonnes. Le château est visitable et a été aménagé pour le public après des années d'abandon. En 2000, un projet de restauration du donjon a été lancé grâce à une initiative privée. En 2007, les travaux de consolidation et de réparation sont arrivés à leur terme, permettant l'accueil du public dans l'édifice. Les futures tranches de travaux de 2010 ont permis de déblayer 3 niveaux des passages souterrains et l'aménagement des différentes salles de musées et d'accueil du public. Depuis 2010, l’association des Chevaliers du Faucon Noir, reconnue d’intérêt général, est chargée de la gestion de la forteresse et propose des visites et des animations[72]. Le donjon fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du , le site castral fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du [73].

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Architecture religieuseModifier

L'église Notre-Dame-de-Bonne-Aide est reconstruite en de 1851 à 1862 en style néo-roman, à l'emplacement de l'ancienne église Notre-Dame édifiée au XIIe siècle et appartenant à l'abbaye de Cormery[38],[74]. Ses murs sont revêtus intérieurement de peintures au pochoir.

L'hôtel-Dieu, fondé au début des années 1470, est implanté le long de la route de Tours (actuelle rue Emmanuel-Brault) jusque vers 1740 avant que la nouvelle route d'Espagne ne soit percée. Il fonctionne jusqu'en 1799, lorsqu'il est transformé en tannerie. Il en subsiste la chapelle, partiellement inscrite comme monument historique en 1981[75].

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Architecture civileModifier

Le château d'Artigny est reconstruit entre 1912 et 1928 en remplacement d'un manoir de style Louis XV édifié en 1769 sur le modèle du château de Champlâtreux (Val-d'Oise). Il sert de résidence, six mois par an, au parfumeur, patron de presse et homme politique François Coty. Depuis 1959, c'est un grand hôtel[76].

Le manoir de la Grange Rouge est situé non loin de la rive droite de l'Indre et de la D910. Construit au XVe siècle mais presque entièrement détruit au XIXe siècle, il conserve son rez-de-chaussée surélevé d'un étage et prolongé à l'ouest par des constructions modernes. Depuis 1959, propriété de la commune, il est intégré à un centre de loisirs[77].

La construction de la métairie de la Vennetière, non loin de la Grange Rouge, ne semble remonter bien avant le début du XVIIe siècle. Fortement délabré, le corps de bâtiment principal conserve sa façade orientale aux fenêtres à meneaux largement murées. Le pignon sud s'orne lui aussi d'une fenêtre à meneaux murée. Lors de la crue de 1770, le logis de la Vennetière est inondé par plus de 2,50 m d'eau[78].

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Le pont Saint-Jean-Baptiste est réalisé en suivant les plans de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Mathieu Bayeux ; il est construit entre 1754 et 1758 et permet à la route d'Espagne (actuelle D910) de traverser l'Indre.

L'hôtel de ville est réalisé en 1836 pour ce qui est de son rez-de-chaussée. Son entrée est alors protégée par un porche à colonnes surmonté d'un fronton triangulaire, mais ce dispositif est par la suite démoli et un étage est ajouté en 1883. L'édifice, construit à l'emplacement d'un ancien bras de l'Indre, repose sur des pilotis qui assurent la stabilité de ses fondations[79],[VD 7].

Une maison, rue Putsinus, date de la fin du XIIe ou du début du XIIIe siècle. Elle était sans doute composée d'un atelier ou d'une échoppe au rez-de-chaussée et d'un logis au premier étage, accessible par un escalier extérieur et une porte ouverte dans le pignon.

L'auberge Notre-Dame-de-l'Image, du nom d'une ancienne enseigne sur un poteau devant sa façade, sur la place de la mairie, garde cette fonction d'auberge entre 1621 — c'est la date de sa première mention dans les textes, mais elle remonte peut-être à la toute fin du XVIe siècle — et 1986, date à laquelle elle est transformée en maison de retraite[80].

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Personnalités liées à la communeModifier

Honoré de Balzac a souvent visité l'endroit qui est un des sites de son roman Le Lys dans la vallée (1836) et auquel il fait souvent référence. « Là, vous eussiez dit d'un petit coin de la Suisse. La prairie, sillonnée par les ruisseaux qui se jettent dans l'Indre, se découvre dans sa longueur, et se perd en lointains vaporeux. Du côté de Montbazon, l'œil aperçoit une immense étendue verte, et sur tous les autres points se trouve arrêté par des collines, par des masses d'arbres, par des rochers[81]. »

Jules Baillarger, né en 1809 à Montbazon et mort en 1890, est médecin aliéniste.

William Perry Dudley, restaurateur du donjon de Montbazon, entre 1922 et 1950. La municipalité de Montbazon donna son nom à une des rues de la commune.

HéraldiqueModifier

Les armes de Montbazon se blasonnent ainsi :

De gueules aux neuf macles d'or accolées et aboutées, ordonnées 3, 3 et 3[82].

Le blason est repris des armes de la famille de Rohan, également titulaire du duché-pairie de Montbazon.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Une inondation de plaine se produit lorsque le niveau d'un cours d'eau, généralement à la suite de fortes précipitations, monte progressivement jusqu'à l'envahissement du lit moyen, voire du lit majeur, pendant une période plus ou moins longue[11].
  2. Le classement en liste 1 est réservé aux cours d'eau qui sont en très bon état écologique, ou identifiés par les SDAGE des eaux comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau d'un bassin versant, ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs est nécessaire.
  3. Ce classement est attribué aux parties de cours d'eau ou canaux sur lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs.
  4. D’après l’article L. 211-1 du Code de l’environnement, « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l’année ».
  5. a et b Nouvelle liste en 2020.
  6. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.
  7. En raison des valeurs arrondies à la première décimale fournies par l'Insee, les totaux peuvent paraître inexacts.
  8. a et b Ces commentaires, ne résultant pas d'une analyse statistique des données présentées, n'ont qu'une valeur strictement indicative.
  9. Selon la définition de l' Insee, « l'établissement est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'entreprise[69]. »

RéférencesModifier

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  2. a et b « Chiffres clés - Logement en 2017 à Montbazon » (consulté le 30 juin 2020).
  3. « Chiffres clés - Logement en 2017 en Indre-et-Loire » (consulté le 30 juin 2020).
  4. « POP T2M - Indicateurs démographiques » (consulté le 8 août 2020).
  5. « POP T3 - Population par sexe et âge en 2017 à Montbazon » (consulté le 30 juillet 2020).
  6. « POP T3 - Population par sexe et âge en 2017 en Indre-et-Loire » (consulté le 30 juillet 2019).
  7. « POP T0 - Population par grandes tranches d'âges à Montbazon en 2017 » (consulté le 30 juin 2020).
  8. « POP T0 - Population par grandes tranches d'âges en Indre-et-Loire en 2017 » (consulté le 30 juin 2020).
  9. « Fichier FILO_DEC_COM Revenus déclarés par communes en 2015 » (consulté le 8 août 2020).
  10. « REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2015 à Montbazon (37) » (consulté le 8 août 2020).
  11. « REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2015 en Indre-et-Loire » (consulté le 8 août 2020).
  12. « REV G1 - Taux de pauvreté par tranche d'âge du référent fiscal en 2015 à Montbazon (37) » (consulté le 8 août 2020).
  13. « REV G1 - Taux de pauvreté par tranche d'âge du référent fiscal en 2015 en Indre-et-Loire » (consulté le 8 août 2020).
  14. « EMP T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité. » (consulté le 8 août 2020).
  15. a et b « EMP T5 - Population Emploi et activité. » (consulté le 8 août 2020).
  16. « ACT T4 - Lieu de travail des actifs de 15 ans ou plus ayant un emploi qui résident dans la zone. » (consulté le 8 août 2020).
  17. « CEN T2 - Postes salariés par secteur d'activité au 31 décembre 2015. » (consulté le 8 août 2020).
  18. « CEN T1 - Établissements actifs par secteur d'activité à Montbazon (37) au 31 décembre 2015 » (consulté le 19 mars 2020).
  • Site de la commune :
  1. « Les écoles » (consulté le 13 mars 2020).
  2. « Les collèges » (consulté le 13 mars 2020).
  3. « Santé » (consulté le 14 mars 2020).
  • Montbazon et Veigné aux temps jadis, [L'auteur], 1976 :
  1. Maurice, Présentation, p. 9.
  2. Maurice, Le Faucon noir, p. 26.
  3. Maurice, Montbazon au Moyen Âge, p. 35.
  4. Maurice, Présentation, p. 8.
  5. Maurice, La route d'Espagne, p. 86-88.
  6. Maurice, La Révolution au jour le jour, p. 123.
  • Montbazon : souvenirs et documents du vingtième siècle, CLD, 1995 :
  • Le Pays de Montbazon, Alan Sutton, 1997 :
  • Autres références :
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  3. a et b Couderc 1987, p. 874.
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  6. a b et c Couderc 1987, p. 539.
  7. Christophe Meunier, Géographie - Professeur des écoles - Oral, admission - CRPE 2017, Dunod, , 256 p. (ISBN 978-21007-5579-0, lire en ligne), p. 73.
  8. a et b « Fiche SIGES de la commune », sur le site du Système d'information pour la gestion des eaux souterraines en Centre-Val de Loire (consulté le 4 février 2019)
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  10. « Fiche Sandre - l'Indre », sur le portail national d'accès aux référentiels sur l'eau (consulté le 4 février 2019)
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Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • Éric Syssau, Montbazon : souvenirs et documents du vingtième siècle, Chambray-lès-Tours, CLD, , 234 p. (ISBN 2-8544-3298-3).
  • Ludovic Vieira et Pierre Duchemin, Le Pays de Montbazon, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 978-2-8425-3106-5).  

Articles connexesModifier

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