Roussillon (Isère)

commune française du département de l'Isère

Roussillon
Roussillon (Isère)
Le vieux château où Charles IX signa en 1564 l'édit qui fixa au 1er janvier le commencement de l'année.
Blason de Roussillon
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Arrondissement Vienne
Intercommunalité Communauté de communes Entre Bièvre et Rhône
Maire
Mandat
Robert Duranton
2020-2026
Code postal 38150
Code commune 38344
Démographie
Gentilé Roussillonais, roussillonnaises
Population
municipale
8 453 hab. (2018 en augmentation de 4,33 % par rapport à 2013)
Densité 727 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 22′ 19″ nord, 4° 49′ 38″ est
Altitude Min. 146 m
Max. 265 m
Superficie 11,62 km2
Type Commune urbaine
Unité urbaine Vienne
(banlieue)
Aire d'attraction Roussillon
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton de Roussillon
(bureau centralisateur)
Législatives Septième circonscription
Localisation
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Roussillon
Liens
Site web www.ville-roussillon-isere.fr

Roussillon est une commune française située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

GéographieModifier

Roussillon est située dans l'aire urbaine de Vienne et dans son unité urbaine, dans la vallée du Rhône à équidistance (55 km) de Lyon et de Valence et à quelques kilomètres des départements de la Loire, de l'Ardèche, du Rhône et de la Drôme.

La commune est séparée de son voisin Le Péage-de-Roussillon par l'autoroute A7, qui passe en plein cœur de la zone habitée.

Communes limitrophesModifier

Parmi les 7 communes limitrophes, 3 d'entre elles fonctionnent très souvent avec Roussillon : Saint-Maurice-l'Exil, Le Péage-de-Roussillon et Salaise-sur-Sanne. Cette petite conurbation de 4 communes représente une population approximative de 25 000 habitants. Roussillon est aussi le centre de l'aire urbaine de Roussillon.

ToponymieModifier

Noms du lieuModifier

Roussillon (français), Roussillon (arpitan).

Historique du nomModifier

de Russilione, XIIe s.[1] (DR).

Interprétation et étymologieModifier

Ce nom fait partie d’un groupe de toponymes comprenant : Rossillon (Ain), de Rossellione, v. 1130[1] ; Roussillon (Saône-et-Loire), anciennement Blain[2] ; Roussillon (Vaucluse), de Rossilione, 989[1]. Une première tentative d’explication fait de Roussillon un dérivé de l’ancien français rossel, « roseau »[3], mais les quatre communes ainsi que les 59 lieux-dits recensés portant ce nom[4] sont tous dans des zones de langue occitane ou arpitane et le français rossel ne peut donc pas convenir. Une autre proposition associe à un suffixe -onem un nom d’homme latin présumé *Russilius ou *Roscilius[1] ou bien *Rusticelius[2]. Cette piste hypothétique est contredite par les 24 lieux-dits recensés portant le nom le Roussillon[4], la présence d’un article indiquant clairement que roussillon est un nom de chose. Cette chose est *ruscellionem, associant au suffixe -onem à l’accusatif, ruscelli au génitif, diminutif tardif du mot latin classique ruscum, désignant le « fragon épineux » (Ruscus aculeatus, L.)[5], puis à l’époque tardive toute sorte de broussailles avec une valeur péjorative[6]. Un roussillon est donc un endroit « broussailleux ».

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Roussillon est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[7],[8],[9]. Elle appartient à l'unité urbaine de Vienne, une agglomération inter-départementale regroupant 25 communes[10] et 95 276 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[11],[12].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Roussillon, dont elle est la commune-centre[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 27 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[13],[14].

Parmi les enjeux principaux à Roussillon on trouve la pollution de l'air et la nuisance sonore liées à la présence de l'autoroute. Des mesures pour étudier et limiter les nuisances sonores sont adoptées[15],[16].

Occupation des solsModifier

 
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,1 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (60,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : cultures permanentes (45,1 %), zones urbanisées (32 %), zones agricoles hétérogènes (10 %), forêts (8,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,2 %)[17].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[18].

HistoireModifier

 
Louis de Bourbon-Roussillon.
 
Bénédiction de la nouvelle croix de Jeuzot le 14 décembre 1911.

Cette terre fut un comté appartenant à une branche bâtarde de la maison capétienne de Bourbon issue de Charles Ier de Bourbon, fils de Jean Ier, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, comte de Forez etc., et de Marie de Berry, duchesse d'Auvergne et comtesse de Montpensier qui eut :

  • Louis (+1487), comte de Roussillon en Dauphiné (1467), comte de Ligny (1481), amiral de France, qui épouse, en 1466, Jeanne, dame de Mirebeau (+1519), fille naturelle de Louis XI, roi de France, d'où :
    • Charles (+1510) comte de Roussillon et de Ligny (1487) sans postérité de son mariage avec Anne de La Tour (+1530).
    • Suzanne (1466-1531), comtesse de Roussillon et de Ligny, mariée à Jean de Chabannes, comte de Dammartin, puis à Charles, seigneur de Boulainvilliers (+1529)

En 1564 Catherine de Médicis, en voyage pour présenter le royaume à son fils Charles IX séjourne chez le neveu du cardinal de Tournon. C'est là qu'elle modifiera le projet du texte qui doit être présenté au parlement et que naît le 9 août 1564 l'édit de Roussillon.

En 1673, le comté est acquis par François de Clermont-Chaste[19].

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Administration municipaleModifier

Voici ci-dessous le partage des sièges au sein du conseil municipal de Roussillon :

Groupe Président Effectif Statut
PCF - PS Patrick Bédiat 7 Opposition
DVD Robert Duranton 22 Majorité

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 mars 1977 Roger Coste PCF Conseiller général du canton de Roussillon (1967-1979)
Député (1967-1968)
mars 1977 1997 Maurice Poirier PCF Conseiller général du canton de Roussillon (1979-1985) et (1992-1998)
1997 mars 2005 Daniel Rigaud PCF Conseiller général du canton de Roussillon (1998-2015)
mars 2005 mars 2014 Marcel Berthouard PCF  
mars 2014 en cours Robert Duranton DVD Conseiller départemental du canton de Roussillon (depuis 2015)
Les données manquantes sont à compléter.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[21].

En 2018, la commune comptait 8 453 habitants[Note 3], en augmentation de 4,33 % par rapport à 2013 (Isère : +2,28 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 5498639371 2601 3371 4001 5941 5621 532
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 5041 5281 5251 5781 4351 4781 4851 2771 329
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2631 1711 1721 1952 2803 0883 1023 5764 623
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
6 5887 3397 5517 1737 3657 4377 8137 9648 272
2018 - - - - - - - -
8 453--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivitésModifier

La Fête de l'Édit, le 9 août commémore la signature de l'Édit de Roussillon qui fixe le début de l'année civile au premier janvier.

ÉconomieModifier

C'est sur cette commune que se situait la célèbre usine Rhône-Poulenc, au sein d'un complexe d'entreprises, parmi trois usines importantes du groupe Rhône-Poulenc S.A. (ancienne Société chimique des usines du Rhône ou SCUR devenue Rhône-Poulenc en 1928 par fusion avec la société parisienne Poulenc), créée à Lyon en 1916 pour produire des phénols pour les explosifs (mélinite produite à Feyzin, tolite et naphtalène produits à Neuville-sur-Saône par une ancienne filiale de BASF) pour alimenter les violents conflits de la Première Guerre mondiale. Le groupe aura longtemps un quasi-monopole sur la production de phénols et nombreux sous-produits en France[24] ;

Ce complexe industriel bénéficiera de son éloignement du front, et des besoins de la grande guerre ; il contribuera à la « chimie de guerre » en produisant à la fois le phénol nécessaire aux explosifs, l’acétate de cellulose utilisée comme vernis ininflammable pour l’aéronautique et une part importante des "gaz de combat" très utilisés durant ce conflit[26], dont l'ypérite produit à Roussillon (par des femmes surtout) et chargé dans les obus à raison d'environ 20 tonnes de "gaz" par jour (en 1918).

Le site chimique est maintenant divisé en plusieurs entreprises.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Le château, de type Renaissance italienne, fut construit à la demande du cardinal de Tournon, probablement par l'architecte Jean Vallet sur des plans a priori donnés par l'architecte italien Sebastiano Serlio.
En 1564 Catherine de Médicis, en voyage pour présenter le royaume à son fils Charles IX, séjourne chez le neveu du cardinal de Tournon. C'est là qu'elle modifiera le projet du texte qui doit être présenté au parlement et que naît le 9 août 1564 l'édit de Roussillon.
La légende veut aussi que Shakespeare y ait séjourné et s'en inspira pour son Tout est bien qui finit bien.
Le couvent, fondé à l'instigation de Just de Tournon, fut construit sur le site de l'ancienne église paroissiale mentionnée depuis la fin du XIIe siècle.
  • Vestiges de l'ancien bourg fortifié[31]
Une portion des remparts du XIVe siècle construits en galets disposés en arête-de-poisson subsiste dans le vieux village, sur une longueur d'environ 120 mètres, percée par la porte de Givret avec son arc en ogive au-dessus de la rue Halle vieille.

Patrimoine culturelModifier

L'Office de Tourisme de Roussillon a obtenu la marque « Qualité Tourisme »[32].

Personnalités liées à la communeModifier

  • famille de Roussillon.
  • Alfred Poizat, né en 1863 à Roussillon, poète dramatique.
  • Pierre Quinon, champion olympique de saut à la perche aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984.
  • Denis Lathoud, ancien joueur professionnel de handball et international français, il fut champion du monde en 1995 avec la fameuse équipe des Barjots.

HéraldiqueModifier

  Blason
D'or à l'aigle de gueules.
Détails
Armes de la famille de Roussillon.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. a b c et d A. Dauzat & Ch. Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Guénégaud, Paris, 1978
  2. a et b Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, vol. 1, 2, 3, Droz, Genève,1990-1
  3. Auguste Vincent, Toponymie de la France, Librairie Générale, Bruxelles, 1937
  4. a et b Liste des lieux-dits de France, https://territoires-fr.fr/lieux-list1.php
  5. Félix Gaffiot, Dictionnaire latin-français, Hachette, Paris, 1934
  6. Du Cange & al., Glossarium mediæ et infinæ latinatis, L. Favre, Niort, 1883-1887
  7. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  8. « Commune urbaine - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  9. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  10. « Unité urbaine 2020 de Vienne », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  11. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  12. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  13. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  14. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  15. Lutte contre le bruit, www.ville-roussillon-isere.fr, accès le 18 mars 2017.
  16. Suivi des niveaux de polluants atmosphériques sur le Pays Roussillonnais en 2014, www.air-rhonealpes.fr, accès le 18 mars 2017.
  17. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  18. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  19. Charles de Baschi, marquis d'Aubais, Pièces fugitives, pour servir à l'histoire de France, Tome I, 1759.
  20. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  24. a b et c René Rochette, Un exemple d'implantation industrielle dans la vallée du Rhône : L'agglomération de Roussillon In: Revue de géographie alpine. 1964, tome 52 no 2. p. 173-209 (En ligne sur Persée).
  25. Cristian Avocat, Les industries rhodaniennes, Revue de géographie de Lyon, 1965, volume 40, no 40-4, p. 277-344.
  26. La chimie de Guerre dans la région / 9 : 1914-1918
  27. « Château, actuellement mairie », notice no PA00117243, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  28. « Ancien couvent des Minimes », notice no PA38000006, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  29. « Les labels patrimoine en Isère », sur isere-patrimoine.fr, Conseil Général de l'Isère (consulté le ).
  30. site Isère patrimoine
  31. Eric Tasset, Châteaux forts de l'Isère : Grenoble et le Nord de son arrondissement, Grenoble, éditions de Belledonne, , 741 p. (ISBN 2-911148-66-5), p. 693.
  32. DGE, L'offre « Qualité Tourisme » : Pays Roussillonnais Tourisme, accès le 27 janvier 2015.