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Saint-Fargeau (Yonne)

commune française du département de l'Yonne
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-Fargeau.

Saint-Fargeau
Saint-Fargeau (Yonne)
La Tour de l'Horloge
Blason de Saint-Fargeau
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Yonne
Arrondissement Auxerre
Canton Cœur de Puisaye
Intercommunalité Puisaye-Forterre
Maire
Mandat
Jean Joumier
2014-2020
Code postal 89170
Code commune 89344
Démographie
Gentilé Fargeaulais
Population
municipale
1 636 hab. (2016 en diminution de 8,81 % par rapport à 2011)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 38′ 27″ nord, 3° 04′ 17″ est
Altitude Min. 182 m
Max. 280 m
Superficie 67,20 km2
Localisation

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Saint-Fargeau

Saint-Fargeau est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Fargeaulais et Fargeaulaises.

GéographieModifier

SituationModifier

La ville est dans le sud-ouest du département de l'Yonne, au cœur de la région naturelle de la Puisaye, sur la route D945 de Bonny-sur-Loire (20 km au sud-ouest) à Auxerre (40 km au nord-est). Toucy est à 20 km au nord-est, Briare à 25 km à l'ouest, Gien à 35 km à l'ouest également (toutes distances indiquées à vol d'oiseau)[1],[2].

La commune est limitrophe au sud avec le département de la Nièvre, et le département du Loiret est à 9 km à l'ouest[1].

Le sud de la commune inclut une partie du parc du domaine de Boutissaint[1].

RoutesModifier

Outre la D945 déjà citée qui circule dans le sens nord-est/sud-ouest, la départementale D90 part vers le nord-ouest et vers Châtillon-Coligny (31 km), et la D85 part vers l'est et vers Ouanne et vers la N151 (2 360 km) - la N151 relie Auxerre au nord à Varzy au sud et au-delà à Nevers par la D977)[2].

L'autoroute la plus proche est la A77 le long de la Loire, avec la sortie no 21 à Bonny-sur-Loire[1].

HydrographieModifier

Saint-Fargeau est sur la rive gauche du Loing, qui coule vers le nord-ouest. Deux petits cours d'eau viennent du sud pour confluer avec le Loing à Saint-Fargeau : le ru du Bourdon et le ru du Talon. Au nord du bourg, le ru de Septfonts, qui prend naissance à l'étang des Foltiers mitoyen entre Ronchères et Saint-Fargeau, marque une partie de la limite Est avec Ronchères. De nombreux étangs sont dispersés sur la commune[1].


La plus grande partie du lac du Bourdon se trouve dans le sud-est de la commune[1].

Communes limitrophes et commune associéeModifier

La commune est associée avec celle de Septfonds.

Histoire de Saint-FargeauModifier

La première mention d'un Sanctus Ferreolum date du IVe siècle, mais des travaux ont exhumé quelques bijoux gallo-romains autour de l'actuelle église. Vers 600, on trouve l'appellation : Ferrolas, puis en 683 : Sanctus Ferreolus.

Moyen-ÂgeModifier

Avant l'an Mil, l'évêque d'Auxerre Héribert (ou Herbert), fils naturel d'Hugues Capet (roi de France), fait construire à Saint-Fargeau et à Toucy un rendez-vous de chasse fortifié[3]. À la mort d'Héribert, Saint-Fargeau devient un lieu qualifié d'hostile à l'évêché d'Auxerre, avant de passer dans la maison des barons de Toucy qui deviennent ainsi seigneurs de Puisaye.[réf. nécessaire]

Le comte de Bar épouse en 1250 l'héritière de Toucy et Saint-Fargeau se voit doté de son église actuelle. En 1317 à la mort de Jeanne de « Thouci » comtesse de Bar, son fils Edouard reçoit la seigneurie de Saint-Fargeau. Henry comte de Bar (4e du nom) meurt en 1344. Son épouse Yolande de Flandre gouverne la Puisaye et la seigneurie de Saint-Fargeau (Saint-Fargeol ou Ferreol), qu'elle cède à son fils Robert en 1385. En 1385, elle obtient de Charles V une aide financière pour l'entretien de son château en "Puisoie". Le dernier des Bar à gouverner la Puisaye est le cardinal Louis de Bar qui cède le duché de Bar à René d'Anjou en 1419.

La guerre de Cent Ans (1337-1453) ravage la contrée et Robert Knolles, capitaine de guerre anglais basé à Malicorne, pille la ville. En 1411, le château de Saint-Fargeau est pris grâce à des « bouches à feu » (canons) qui réussissent à créer une brèche dans ses remparts. En 1420, nouvel assaut victorieux des Anglais.

Saint-Fargeau voit passer Jeanne d'Arc deux fois, discrètement à l'aller vers Chinon, puis en grande pompe au retour, à la tête de l'armée royale.

Époque moderneModifier

Jacques Cœur, qui achète Saint-Fargeau le 15 février 1450 à Jean, Guillaume et Boniface de Montferrat, en est dépossédé un an après lors de son procès. C'est son juge Antoine de Chabannes qui rachète à bas prix Saint-Fargeau et presque toute la Puisaye[4]. Il remodèle le château et la ville, et doit affronter bien des ennuis politico-juridiques avec un retour de propriété du château à Geoffroy Cœur, fils de Jacques Cœur, jusqu'à sa mort en 1488. Pour conserver Saint-Fargeau, son fils Jean de Chabannes offre à la veuve Cœur 10 000 écus d'or et une rente de 400 livres tournois. Une de ses filles Antoinette ayant épousé en 1515 René d'Anjou, fils bâtard du comte Charles IV du Maine, leur fils Nicolas, marquis de Mézières, obtint l'érection en comté de « Saint-Fargeau et des pays de Puisaie » (dont faisait partie la ville de Saint-Fargeau) par lettres patentes de février 1541[5] (ou 1542, nouveau style).

Saint-Fargeau passe dans la famille royale quand la fille de Nicolas, Renée d'Anjou, épouse François de Bourbon-Montpensier en 1566 et que Henri III érige cette terre en duché-pairie. Sa petite-fille Marie de Bourbon-Montpensier épouse en 1626 le frère de Louis XIII, Gaston de France, créé duc d'Orléans à cette occasion ; mais elle meurt l'année suivante, ayant donné naissance à une fille unique, Anne-Marie-Louise d'Orléans, « la Grande Mademoiselle » (1627-1693), cousine de Louis XIV.

La fronde opposant les deux cousins, la grande Mademoiselle est exilée en 1652 à Saint-Fargeau (tandis que son père est exilé à Blois), et elle y fait exécuter de grands travaux par Le Vau ; le château prend alors en quasi-totalité son aspect actuel.

Après la mort sans enfant de la grande Mademoiselle (1693), son mari le duc de Lauzun vend la terre en 1714 au financier Antoine Crozat, qui la revend l'année suivante à Michel-Robert Le Peletier des Forts, ancien contrôleur général des finances, pour 500 000 livres[6]. Celui-ci fait confirmer le comté en sa faveur en 1718. En 1752, un incendie ravage le château et une partie du bourg.

Révolution et post-RévolutionModifier

La quatrième génération est représentée par Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau, président à mortier au parlement qui devient député sous la Convention puis "montagnard" et vote la mort du roi. Il est assassiné le 20 janvier 1793, veille de l'exécution de Louis XVI. En 1850, un nouvel incendie endommage le château ; ses héritiers font reconstruire une aile, et la grande demeure passe par alliance, de génération en génération, aux Le Peletier de Mortefontaine, aux marquis de Boisgelin, à la famille Anisson du Perron, puis aux Ormesson[6], lesquels se voient contraints de revendre le château ; ceci donnera lieu à l'écriture, par Jean d'Ormesson (son quintaïeul maternel étant Louis-Michel Le Peletier), du célèbre roman Au plaisir de Dieu.

Saint-Fargeau fut chef-lieu du district de Saint-Fargeau de 1790 à 1795.

Au cours de la Révolution française, la commune fut provisoirement renommée Le Peletier[7].

XXe siècleModifier

En 1972, la commune absorbe celles voisines de Lavau, Ronchères, Saint-Martin-des-Champs, Sept-Fonds et Mézilles ; en 1976, Lavau, Saint-Martin-des-Champs et Mézilles reprennent leur indépendance ; en 1998, Ronchères redevient commune à part entière[7].

Aujourd'hui, le château est en réhabilitation après son sauvetage par la famille Guyot, qui en a fait le décor d'un célèbre spectacle historique (son et lumière).

HéraldiqueModifier

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

écartelé, au 1) de gueules à trois pals de vair, au chef d’or chargé de quatre merlettes de gueules ; au 2) d’argent au chef de gueules ; au 3) d’azur à la fasce d’argent chargée de trois cœurs de gueules chacun surmonté d’une coquille d’or ; au 4) de gueules semé de fleurs de lis d’or, à la croix ancrée d’argent brochante et chargée en cœur d’un chevron du champ, à la bordure componée d’argent et de gueules. Le 3eme quartier (armes de Jacques Cœur) est manifestement fautif : la fasce doit être chargée de 3 coquilles, et accompagnée de 3 cœurs, 2 et 1 [Rietsap]..

Politique et administrationModifier

 
Hôtel de ville

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1831   Louis Frémy    
1983 2008 Pierre Bordier DL puis

UMP

Conseiller général
Sénateur
mars 2008 En cours Jean Joumier[8] UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[10].

En 2016, la commune comptait 1 636 habitants[Note 1], en diminution de 8,81 % par rapport à 2011 (Yonne : -0,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 9152 0001 6172 0332 1322 2512 3482 4302 489
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 4322 5872 8492 6722 5842 5832 6422 6152 579
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 5732 3902 2482 0612 0891 9871 8811 8311 636
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 6191 6813 2931 9121 8841 8141 6931 7981 648
2016 - - - - - - - -
1 636--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique
 
 
Collège Armand-Noguès

EnseignementModifier

Collège Armand-Noguès.

 
Usine

ÉconomieModifier

Plusieurs industries de taille moyenne maintiennent une activité économique florissante au sein de la commune.

Cadre de vieModifier

Saint-Fargeau appartient aux Petites Cités de caractère.

Culture et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Parc de Saint-Fargeau, dessin par Constance Lézurier de la Martel, 1806 (coll. privée).
 
Musée du Son
Châteaux
  • Château de Saint-Fargeau datant du Xe siècle et reconstruit aux XVe et XVIIe siècles, comprenant une chapelle avec caveau de la famille Le Pelletier et son musée-ferme du XIXe siècle.
Églises et couvent
Monuments civils
 
Pompe sur la place De Lattre de Tassigny
  • La « tour de l'Horloge » ou beffroi, classé MH, est un édifice fortifié à l'une des anciennes portes de la ville. Il est surmonté par un clocheton restauré dans les années 2000, en en faisant une copie exacte rendue obligatoire par son très mauvais état de conservation. Sa charpente, incluant une succession d'enrayures aboutissant à u plan octogonal, est particulièrement élaborée et un témoin remarquable su savoir-faire de l'époque[13].
  • Musée de l'Aventure du Son.
  • Maison de la Puisaye.
Autres

JumelagesModifier

  Hermeskeil (Allemagne), voir le site de Hermeskeil (en)

Personnalités liées à la communeModifier

Pour approfondirModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Voir la catégorie : Saint-Fargeau (Yonne).

BibliographieModifier

  • [Chabannes 1864] Chabannes-La Palice, Notice historique sur la maison de Chabannes ou de Chabannées suivi de l'armorial de ses alliances, Clermont-Ferrand, , 184 p., sur books.google.fr (lire en ligne)  
  • [Dey 1856] M. Dey, Histoire de la ville et du comté de Saint-Fargeau, impr. Perriquet et Rouillé, , sur books.google.fr (lire en ligne).
  • [Lebeuf et al. 1848] Jean Lebeuf (abbé), Ambroise Challe et Maximilien Quantin, Mémoires concernant l’histoire ecclésiastique et civile d’Auxerre : continués jusqu'à nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotations, vol. 1, Auxerre, Perriquet, , 544 p., sur books.google.fr (lire en ligne)
  • Bulletin de la société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Masson et fils, , sur gallica.bnf.fr (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

Notes sur la démographie
  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f « Saint-Fargeau, carte interactive » sur Géoportail. Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches".
  2. a et b « Saint-Fargeau », sur google.fr/maps.
    Les distances par route entre deux points donnés peuvent être calculées dans le panneau latéral (voir l'onglet en haut à gauche de l'écran) – cliquer sur "Itinéraires".
  3. Lebeuf et al. 1848, vol. 1, p. 246.
  4. Chabannes-La Palice 1864, p. 11.
  5. [Thiou 2003] Éric Thiou, Dictionnaire des titres et des terres titrées..., Versailles, Mémoires et documents, .
  6. a et b [Vrignault] Henri Vrignault, Chronologie historique du château de Saint-Fargeau (extrait d'une revue[Laquelle ?]), Nivelles, impr. de Havaux, (vers 1960-70), 7 p. (présentation en ligne).
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Fargeau », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 28 novembre 2012).
  8. Conseil général de l’Yonne, Ma Commune, consulté le 1er janvier 2014.
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  13. [Aumard 2005] Sylvain Aumard, « Suivis de travaux aux abords et sur des édifices religieux de l’Yonne », Bulletin du Centre d'études médiévales d'Auxerre, no 9,‎ (lire en ligne [sur journals.openedition.org], consulté le 28 juin 2019), paragr. 23-25.
  14. « Vue aérienne 3D vers l'ouest du lac du Bourdon, depuis l'extrémité Est », sur google.fr/maps, (consulté le 28 juin 2019). Pont-levée de la D485 au premier plan, avec la base de plein air Daniel Bailly en rive droite ; derrière, la levée marquant la limite entre Moutiers-en-Puisaye (au premier plan) et Saint-Fargeau (arrière-plan).