Liste des comtes de Dammartin

page de liste de Wikipédia

La Liste des comtes de Dammartin reprend l'ensemble des comtes de Dammartin-en-Goële.

Le nom Dammartin-en-Goële viendrait de Domnus Martinus, nom latin de saint Martin qui évangélisa la région de la Goële au IVe siècle.

Petite ville de l'arrondissement de Meaux dans le département de Seine-et-Marne, ancien bourg de la région d'Île-de-France, elle paraît remonter aux temps les plus reculés ; Dammartin-en-Goële, dit Velly, était en 1031 une des places les plus considérables de France.

Au centre de la plaine céréalière de France, le comté de Dammartin contrôlait les routes de Paris à Soissons et Laon.

Maison de Dammartin-en-GoëleModifier

???-1037 : Manassès († 1037)[1],[2], fils d'Hildouin III de Montdidier (cf. les articles Montdidier et Dammartin), seigneur de Ramerupt, marié à Constance[3]

1037-1060 : Eudes de Dammartin († 1060), fils du précédent

1060-1100 : Hugues Ier († vers 1100/1103), frère de précédent, marié à Roharde de Bulles

1100-1105/1107 : Pierre († vers 1105/1107 en résistant à Louis VI à Gournay), fils du précédent ; père d'un éphémère comte (héritier) de Dammartin, peut-être nommé Hugues (II), † jeune après 1107 en laissant une très jeune veuve (à l'époque, des enfants pouvaient épouser), Clémence de Bar, remariée vers 1129/1135 à Renaud II, comte de Clermont (1075-† vers 1152 ou 1156/1161). Ce dernier est un fidèle des rois capétiens Louis VI et Louis VII, et il assume de fait le comté de Dammartin dans les années 1130, 1140 et 1150[4],[5].

vers 1107 : Adèle de Dammartin, † vers 1140, dame de Bulles, sœur de Pierre, sans doute mariée 1° à Aubry (Ier) Payen de Mello[6] ?, puis 2° à Lancelin II de Beauvais dit de Bulles ou de Dammartin[7] (issu des châtelains et milites de Beauvais ; frère des évêques de Beauvais Foulques (évêque en 1089-1095) et Pierre (évêque en 1114-1133) : certains donnent l'évêque Foulques comme l'oncle de Lancelin II et Pierre, donc comme un frère de Lancelin Ier de Beauvais et un fils du miles/châtelain Foulques de Beauvais ; Postérité : les Beauvais-Dammartin-Bulles, dont Lancelin III), que Louis VI reconnaît comme comte de Dammartin (cité comme tel en 1111 par Suger ; un fidèle du roi, mais leurs relations se détériorent après 1111, Lancelin se rapprochant de Thibaut IV de Blois-Champagne). Remarquons qu'Adèle et ses deux maris n'ont été en quelque sorte que comtes-régents de Dammartin, avec l'assentiment du roi Louis VI, le comte titulaire Hugues (II), fils du comte Pierre, vivant au-delà de 1112. → Le comte Pierre et sa sœur Adèle de Dammartin auraient un frère, Eudes (II), qui serait l'auteur de la branche anglaise des Dammartin[8] sous le nom d'Eudes Ier, père entre autres enfants d'Aubri, seigneur de Norton, Suffolk, époux de Mathilde fille de Hamon de St-Clair, qui lui-même, rentré en France, aurait été chambellan/chambrier royal en 1122-1129 à la cour de Louis VI — mais les dates fonctionnent mal : il aurait alors été bien jeune ! — puis serait ensuite retourné chez Henri Beauclerc.

1107-1112 : peut-être Albéric/Aubri (Ier) (v.1080 † 1111/1112) : s'il est avéré, il pourraît être Aubri Payen de Mello rencontré plus haut ?

vers 1160-1183 : Albéric/Aubri II ou Ier († 1183), Grand chambrier vers 1130 : il est soit le fils d'Adèle de Dammartin et d'Aubry de Mello ; soit le fils d'Aubry de Norton, rentré à son tour d'Angleterre et investi de La Ferté-Alais ; soit Aubry de Norton lui-même, retourné définitivement en France (selon les cas, le comte Aubri serait donc né entre 1100 et 1120/1130 ? ; on trouvera des références indexées à l'article qui lui est consacré).

1183-1200 : Albéric/Aubri III ou II (v. 1135 † 1200), fils du précédent, marié vers 1164 à Mathilde/Mahaut de Clermont-en-Beauvaisis, fille de Renaud II comte de Clermont ci-dessus et d'une épouse antérieure à Clémence de Bar.

1200-1214 : Renaud, comte d'Aumale, comte de Boulogne (v. 1165, † 1227), fils du précédent, marié en premières noces à Marie de Châtillon, et en secondes noces à Ide de Lorraine-Flandre, comtesse de Boulogne, († 1216) (son frère cadet est Simon de Dammartin, comte d'Aumale et de Ponthieu, à l'origine d'une immense postérité).

1214-1259 : Mathilde (1202, † 1259), comtesse de Boulogne, d'Aumale et de Dammartin, fille du précédent, mariée en 1218 en premières noces à Philippe Ier Hurepel (1200, † 1234), comte de Clermont-en-Beauvaisis, et en 1235 en secondes noces à Alphonse III, roi de Portugal (1210, † 1279)

Après contestation entre les différents héritiers de Mathilde, le comté de Dammartin est attribué à Mathieu de Trie, petit-fils par sa mère d'Aubry III de Dammartin.

Maison de TrieModifier

1262-1272 : Mathieu de Trie († 1272), fils de Jean Ier, seigneur de Trie et de Mouchy, et d'Aélis de Dammartin (fille d'Aubry III, sœur de Renaud et Simon) (Mathieu a parmi sa fratrie : - Renaud de Trie, héros de Bouvines, souche des Trie de Vaumain et Fontenay — probablement Vaumain et Fontenay-en-Vexin — père du Grand-maître Mathieu et grand-père du maréchal Mathieu et de l'archevêque Guillaume ; - Philippe, x Aliénor, fille de Gaucher III de Nanteuil).

1272-1302 : Jean II de Trie, comte de Dammartin (Jean Ier), tué à Courtrai à la bataille des Eperons d'or le , fils du précédent et de Marsilie, fille de Mathieu III de Montmorency, marié en premières noces à Ermengarde, et en secondes noces vers 1274 à Yolande de Dreux (v. 1243 † 1313), fille de Jean Ier, comte de Dreux, et de Marie de Bourbon-Dampierre (dans la fratrie de Jean II : - Philippe de Trie, souche des Trie du Plessis-Billebaut, Mouchy, Mareuil et Fontenay, dont son petit-fils le maréchal Renaud ; - Thibaud, x Jeanne, fille de Guillaume de Bourris, dame de Villarceaux et Sérifontaine : souche des Trie de Sérifontaine, dont son arrière-petit-fils Renaud, † 1406, amiral de France et Grand-maître des Arbalétriers).

1302-1319 : Renaud II de Trie, comte de Dammartin (fils du précédent et de Yolande de Dreux, marié vers 1290 à Philippe, fille de Pierre de Beaumont-en-Gâtinais, Grand-chambrier de Sicile (le frère de Renaud, - Jean de Trie sire de Mouchy, † 1327, est maréchal de France : leur sœur - Mahaut épouse Henri II de Vergy, † 1333, d'où la suite des sires de Champlitte et Fouvent).

1319-1327 : Renaud III de Trie, fils du précédent et de Philippe de Beaumont-en-Gâtinais, mort sans postérité de son union en 1319 avec Hippolyte/Polie, fille d'Aymar V de Poitiers-Valentinois.

1327-1338 : Jean III de Trie († 1336), frère du précédent et de Philippa de Beaumont, marié vers 1331 à Jeanne de Sancerre.

1338-1394 : Charles de Trie, fils du précédent et de Jeanne de Sancerre, marié vers 1351 à Jeanne d'Amboise, dame de Nesle et Mondoubleau, fille de Ingelger Ier d'Amboise.

1394- ???? : Blanche de Trie, † vers 1402, fille du précédent et de Jeanne d'Amboise, dame de Nesle et Mondoubleau (Blanche avait une sœur, Jeanne de Mondoubleau, aussi sans postérité), mariée vers 1400, sans descendance, à Charles Bureau, seigneur de la Rivière, Grand-Maître des Eaux et Forêts de France, † vers 1429/1432, comte de Dammartin en survivance de sa femme jusqu'en 1418. Alors, Charles doit céder le comté à Antoine de Vergy-Fouvent et Champlitte (1375-1439 ; fils de Jean III et arrière-petit-fils d'Henri II et Mahaut de Trie-Dammartin ci-dessus).

Maison de ChâtillonModifier

????-???? : Marguerite de Châtillon, fille de Jacqueline de Trie, sœur de Charles de Trie, et de Jean de Châtillon, comte de Porcien (Jacqueline avait épousé Jean comte de Porcien vers 1350), mariée à Guillaume de/du Fayel, vicomte de Breteuil.

Maison de FayelModifier

????-1420 : Jean III de Fayel († vers 1420/1422 sans postérité de son union avec Jacqueline Paynel de Moyon), vicomte de Breteuil, comte de Dammartin, fils de Guillaume de Fayel, vicomte de Breteuil, et de Marguerite de Châtillon.

1420-142? : Marie de Fayel (sœur de - Jean III ; et de - Jeanne de Fayel, sans postérité de son union avec Jean IV de Bethencourt, souverain des Canaries), mariée à Renaud de Nanteuil d'Acy (probablement Nanteuil-le-Haudouin et Acy-en-Multien).

Les Anglais, qui occupent la moitié nord de la France, confisquent le comté de Dammartin pour le donner à un seigneur Bourguignon, Antoine de Vergy.

Maison de VergyModifier

Antoine de Vergy († 1439), fils de Jean III de Vergy et de Jeanne de Chalon. Il est un descendant des comtes de Dammartin : Jean III de Vergy est fils de Jean II de Vergy, lui-même fils d'Henri II de Vergy-Fouvent et de Mahaut de Trie ci-dessus, fille de Jean II de Trie, comte de Dammartin.

Maison de NanteuilModifier

En chassant les Anglais, Charles VII récupère le comté de Dammartin et le rend à ses propriétaires légitimes.

Renaud de Nanteuil, époux de Marie de Fayel de Breteuil de Dammartin.

Marguerite de Nanteuil, fille des précédents, mariée en 1439 à Antoine de Chabannes.

Maison de ChabannesModifier

1439-1488 : Antoine de Chabannes de St-Fargeau et Toucy en Puisaye (1402 † 1488)[9], Grand-maître de France, grand-oncle du maréchal de La Palice, époux de Marguerite de Nanteuil-Dammartin.

1488-1503 : Jean de Chabannes, fils du précédent, marié 1° à Marguerite d'Anjou, fille naturelle de Nicolas duc de Lorraine (d'où - Anne de Chabannes, x 1496 sans postérité Jacques II de Coligny-Châtillon, † 1512 à Ferrare des suites de la bataille de Ravenne), et 2° à Suzanne de Bourbon-Roussillon (1466-1531), fille de l'amiral Louis de Bourbon, comte de Roussillon, et de Jeanne de Valois dame de Mirebeau (fille naturelle de Louis XI) (Jean avait parmi ses sœurs Jeanne de Chabannes, x 1° 1469 Marquès Roger de Beaufort-Canillac d'Alès et d'Anduze, et 2° 1485 Jacques d'Apcher).

1503-1527 : Antoinette de Chabannes († 1527), fille du précédent et de Suzanne de Bourbon, mariée à René d'Anjou (1483 † 1521), baron de Mézières, fils de Louis d'Anjou (fils illégitime de Charles IV d'Anjou, comte du Maine) et de Louise/Anne de La Trémoille (la sœur cadette d'Antoinette, - Avoye de Chabannes dame de Toucy et de Courtenay, sans postérité x 1° 1504 Aymon, fils de Louis de Prie et neveu d'Aymar de Prie de Buzançais de Montpoupon, et 2° Jacques, fils de Louis de La Trémoille).

Maison d'Anjou-MézièresModifier

1527-1547 : Françoise d'Anjou, dame de Courtenay, fille des précédents, marié 1° à Philippe III de Boulainvilliers († 1536), comte de Fauquemberghe, et 2° Jean III de Rambures : Postérité des deux unions.

Maison de BoulainvilliersModifier

1547-1554 : Philippe IV de Boulainvilliers[10], fils des précédents. Sa mère lui donna le comté en 1547, qu'il revendit au connétable Anne de Montmorency en 1554.

Maison de MontmorencyModifier

1554-1567 : Anne de Montmorency (1492 † 1567), baron puis duc de Montmorency, marié en 1529 à Madeleine de Savoie

1567-1579 : François de Montmorency (1530 † 1579), duc de Montmorency, marié en 1557 à Diane de France, sans postérité

1579-1614 : Henri Ier de Montmorency (1534 † 1614), fils du précédent, duc de Montmorency, etc., marié en 1558 en premières noces à Antoinette de La Marck (1542 † 1591), et en 1593 en secondes noces à Louise de Budos (1575 † 1598)

1614-1632 : Henri II de Montmorency (1595, † exécuté 1632), fils du précédent et de Louise de Budos, duc de Montmorency, etc.

Le roi confisque ses biens et donne Dammartin au prince de Condé. Le comté a alors perdu de son importance, et le château est démantelé.

Maison de Bourbon-CondéModifier

1632-1646 : Henri II de Bourbon (1558 † 1646), prince de Condé, marié à Charlotte de Montmorency (1594 † 1650), sœur d'Henri II de Montmorency

Le comté se transmet dans leur descendance jusqu'à la Révolution.

Notes et référencesModifier

  1. Europäische Stammtafeln, vol III, page 676.
  2. « Comtes de Dammartin », sur MedLands
  3. L'identification de cette Constance est problématique. Selon les règles onomastiques, il est quasiment certain que cette Constance soit une descendante du comte Charles-Constantin de Vienne, qui tenait son prénom de son ascendance maternelle, byzantine. Les seuls descendants connus de Charles-Constantin sont les comtes de Provence et leurs parents, parmi lesquels Constance d'Arles, femme du roi de France Robert le Pieux. Comme il est plus probable que la femme de Manassès soit issue de rois installé en Ile-de-France, plutôt que des comtes de la lointaine Provence, des historiens ont déduit que Constance de Dammartin descendait de Robert le Pieux et de Constance d'Arles. Chronologiquement, elle ne pouvait être que sa fille. À l'appui de cette thèse, le roi et la reine sont présents lors d'une donation faite par Mannassès. Le problème de cette reconstruction est que le chroniqueur Raoul Glaber pourtant bien renseigné, ne mentionne que deux filles nées du couple royal, Avoye et Adèle. Il existe une autre possibilité : Charles-Constantin a eu deux fils, Richard et Hugobert, dont on ignore la destinée et la postérité. Il est tout à fait possible que Constance soit une descendante de l'un d'entre eux.
  4. « Saint-Leu d'Esserent et les Dammartin : la disparition des Dammartin, 2008 », sur Les Petites Cases
  5. « Saint-Leu d'Esserent et les Dammartin : le retour des Dammartin, 2008 », sur Les Petites Cases
  6. « Seigneurs de Mello, p. 2-3 et 9 », sur Racines & Histoire
  7. « Châtelains de Beauvais, p. 2 », sur Racines & Histoire
  8. « Dammartin (branche anglaise) », sur MedLands
  9. « Maison de Chabannes, p. 4 et 27-28 », sur Racines & Histoire
  10. « Maison de Boulainvilliers, p. 3 et 4 » [PDF], sur Racines & Histoire