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Plouaret

commune française du département des Côtes-d'Armor

Plouaret
Plouaret
L'église Notre-Dame.
Blason de Plouaret
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Canton Plestin-les-Grèves
Intercommunalité Lannion-Trégor Communauté
Maire
Mandat
Annie Bras-Denis
2014-2020
Code postal 22420
Code commune 22207
Démographie
Gentilé Plouarétais, Plouarétaise
Population
municipale
2 145 hab. (2016 en diminution de 1,92 % par rapport à 2011)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 36′ 45″ nord, 3° 28′ 16″ ouest
Altitude Min. 84 m
Max. 190 m
Superficie 29,98 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la ville

Plouaret [pluaʁɛt] est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. Ancien chef-lieu du canton de Plouaret, elle se situe dans le Trégor.

Sommaire

HéraldiqueModifier

  Blasonnement :
Bandé d'or et de sable de six pièces, à un franc-quartier vairé d'argent et de gueules.

GéographieModifier

SituationModifier

Plouaret se situe dans le pays traditionnel du Trégor. La ville est située sur la ligne de TGV Paris-Brest et sa gare est dénommée Plouaret-Trégor. La ligne de chemin de fer Paris Brest y a un embranchement, en direction de Lannion. Un peu plus tard, en direction de Brest, elle passe dans un tunnel appelé communément « les voûtes ».

Le plus proche voisin de Plouaret est Vieux-Marché, les deux communes étant séparées par le Saint-Ethurien. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[2].

En 2016, la commune comptait 2 145 habitants[Note 1], en diminution de 1,92 % par rapport à 2011 (Côtes-d'Armor : +0,77 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 4564 2764 3334 4524 9155 2205 2115 3725 380
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
5 2805 4983 3683 3583 4383 5213 3963 0892 946
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 9042 8912 9322 6982 5252 5022 4722 4332 241
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
2 2082 1962 1342 2392 0992 1092 1842 1892 136
2016 - - - - - - - -
2 145--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Cadre géologiqueModifier

 
Carte géologique du Massif armoricain, avec au nord-est le batholite mancellien et ses nombreux plutons de granite cadomien (Trégor, Lanhélin, Louvigné, Vire, Avranches…). Ce batholite dessine une ellipse de 150 km (d'Alençon à la Rance) sur 90 km (de Vitré à Vire)[5].

Plouaret est localisée à l'extrémité occidentale du domaine nord armoricain, dans le Massif armoricain qui est le résultat de trois chaînes de montagne successives. Le site géologique de Plouaret se situe plus précisément au sud d'un bassin sédimentaire essentiellement briovérien et d'un important massif granitique cadomien, le batholite nord-trégorrois. Ce pluton fait partie d'un ensemble plus vaste, le batholite mancellien[6],[7].

L'histoire géologique de la région est marquée par la chaîne cadomienne. À la fin du Précambrien supérieur, les sédiments briovériens environnants sont fortement déformés, plissés et métamorphisés par le cycle cadomien, formant essentiellement des schistes[8]. Cette chaîne montagneuse, qui devait culminer à environ 4 000 m, donne naissance à des massifs granitiques (dont le batholite côtier nord-trégorrois associé à un volcanisme d'arc insulaire et daté à 615 Ma)[9],[10].
Dans le domaine continental, l'épaississement consécutif à l'orogenèse cadomienne, provoque la fusion crustale à l'origine de la mise en place des dômes anatectiques (migmatites de Guingamp et Saint-Malo à l'est de Plouaret) qui est datée entre 560 et 540 Ma[11].

L'orogenèse hercynienne s'accompagne d'un métamorphisme et d'un magmatisme qui se manifeste par un important plutonisme : le chapelet nord de granites rouges tardifs (ceinture batholitique de granites individualisée pour la première fois par le géologue Charles Barrois en 1909[12], formant de Flamanville à Ouessant un alignement de direction cadomienne, contrôlé par les grands accidents directionnels WSW-ENE, datés de 300 Ma, correspond à un magmatisme permien[13]. Le massif granitique de Plouaret, lié au fonctionnement du cisaillement nord-armoricain, fait partie de ce chapelet[14].

Le relief de la commune est ainsi caractérisé par les plateaux accidentés de cuvettes humides qui dérivent de la surface d'érosion éocène qui se retrouve sur ce massif granitique et tout le long de la côte bretonne[15].

ToponymieModifier

Plouaret est cité comme paroisse du diocèse de Tréguier dès 1330 dans l'enquête du procès de canonisation de Saint Yves, sous le nom de « parrochia Plebis Barbate ». une charte de Jean V, datée de 1441, parle du « bourch du vuilz Merché, en la paroisse de Ploearmet ou diocèse de Treguer ». Cependant, en 1444, dans le « Raoulin » on trouve encore la forme Plebs Barbata. la paroisse est appelée Ploearneth, dans un compte du chapitre de Tréguier de 1505, puis Ploearet dans un rôle des décimes de 1554, enfin Plouaret dans celui de 1596, copié en 1600.

Plouaret dérive du breton Plou et de saint Barvet (barbu en breton). Le nom de la commune en breton est Plouared.

HistoireModifier

Moyen-ÂgeModifier

Trois chevaliers plouaretais sont cités au fameux « combats des Trente », qui eut lieu à mi-voie entre Josselin et Ploërmel le 23 mars 1351, pendant la guerre de succession du duché de Bretagne. Alain de Keranrais, Olivier de Keranrais, et Guyon de Pont Blanc.

Époque moderneModifier

« Le troisième et septième jours de juillet 1590 fut brûlée et ravagée la paroisse de Plestin par ceux du parti du roi. Et au réciproque le 21 du même mois de juillet 1590 fut pareillement brûlée et ravagée la paroisse de Plouaret, Ploubezre et la ville de Lannion par ceux qui tenaient le parti du duc de Mercœur » a écrit le curé de Lanvellec[16].

Révolution françaiseModifier

Le éclata une insurrection contre-révolutionnaire à l'occasion d'une levée d'hommes pour marcher contre les rebelles de la Vendée. L'insurrection s'étendit les jours suivants aux communes voisines. Six meneurs furent condamnés à mort par le tribunal criminel du département le 12 mai 1794.

Le , à Cec'h-an-Hu, le chouan Le Pape dit Bel-amour fit fusiller le juge de paix, Pierre Huon, du canton de Vieux-Marché. Ensuite, au bourg de Plouaret, sa bande pilla la maison du curé et fit une autre victime, Jean Beuschet, sans que l'administration ni les habitants n'interviennent.

Le XIXe siècleModifier

Le , fut inauguré le raccordement Plouaret-Lannion, permettant d'atteindre Lannion à partir de la ligne Paris-Brest.

Le XXe siècleModifier

La Première Guerre mondialeModifier

Le , le président des États-Unis Woodrow Wilson débarque à Brest puis monte avec le ministre des Affaires étrangères Stephen Pichont, le ministre de la Marine, Georges Leygues et d'une multitudes de diplomates dans un train affrété pour Paris. Le train s'arrête en gare de Plouaret pour qu'il y soit servi tout un dîner diplomatique.

La Seconde Guerre mondialeModifier

Le , sept résistants furent arrêtés par les Allemands au cours d'une rafle. Ils furent condamnés à mort par le tribunal militaire de Belle-Isle-en-Terre et furent exécutés à Ploufragan le 7 mai.

Le un train fut mitraillé et bombardé par l'aviation alliée en gare de Plouaret.

Dans la nuit du 24 au , trois résistants furent arrêtés par les Allemands et exécutés peu après. Trois autres furent aussi exécutés à la Pépinière le 27 juin.

Le XXIe siècleModifier

Jusqu'au redécoupage de 2015, Plouaret était chef-lieu du canton du même nom. Son territoire est rattaché depuis au canton de Plestin.

Politique et administrationModifier

Le niveau 3 de la charte Ya d'ar brezhoneg (oui au breton) de l'Office de la langue bretonne a été signé par la commune en octobre 2007.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 En cours Annie Bras-Denis PS Cadre du logement social
mars 2001 mars 2014 Christian Le Fustec PCF Agriculteur
1986 mars 2001 Robert Le Hec'h PCF Conseiller général du canton de Plouaret (1992-2001)
mars 1977 1986 Norbert Le Jeune PCF Conseiller général du canton de Plouaret (1951-1976)
1971 1977 Jean Denis PCF Professeur au collège Luzel
1876 1900 Benjamin Luzel    

EnseignementModifier

ÉcolesModifier

  • Privée
    • École Saint-Louis
  • Publique
    • Groupe scolaire Jean Denis[17]

CollègeModifier

Langue bretonneModifier

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 12 avril 2007.

Personnalités liées à la communeModifier

À Plouaret est lié le nom du célèbre folkloriste François-Marie Luzel, dont un buste figure sur la place de l'église.

L'écrivain Anjela Duval est également enterrée à Plouaret.

Eugène Allanic[18],[19], résistant déporté mort à Ravensbrück le 14 avril 1945.

La comédienne Jacqueline Jefford est décédée dans la commune.

Lieux et monumentsModifier

Monuments historiquesModifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

A été classée monument historique le , l'église Notre-Dame (début XVIe siècle), dont la tour fut commencée en 1554 et la nef a été refaite au XIXe siècle[20].

Ont été inscrits au titre des monuments historiques :

CuriositésModifier

  • Anguipède, créature fantastique composée d'un cheval, du corps d'une sirène montée par un humain. Le statuaire de Plouaret est appelé cheval de saint Mathieu par les habitants de Plouaret, du fait qu'il fut trouvé dans un champ nommé Park Marc'h Min (le champ du cheval de pierre) près du hameau de Saint-Mathieu-en-Plouaret. L'anguipède de Plouaret est féminin, particularité assez rare.

AutresModifier

Plusieurs édifices non protégés au titre des monuments historiques peuvent être rajoutés à cette liste :

  • Le calvaire de Sainte Barbe (1612)
  • Le manoir de Kerverziou (XVe siècle)
  • Un menhir situé près de la gare, emplacement non identifié
  • Le tumulus de Kerzistalen
  • Le calvaire et la fontaine de Maudez

Il existe de nombreux manoirs sur la commune de Plouaret :

  • Manoir de Guernachanay
  • Manoir de Ker an Borgne
  • Manoir de Keranrais
  • Manoir du Pont Blanc
  • Manoir de Kerhuon
  • Manoir de Kervoaziou
  • Manoir de Kerdanet
  • Manoir de Melchonnec
  • Manoir de Kerbridou
  • Manoir de Kervégan-Vras, et Kervégan-Vian
  • Manoir de Kerépol
  • Manoir de la Haye
  • Manoir du Guilguin

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  2. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  5. Carte géologique de la France au 1/50000 Fougères 13-17, éditions du BRGM, 1981, p. 5
  6. De Mancellia, nom latin de la région du Maine, domaine structural de la partie nord-est du Massif armoricain dénommé en 1949 par le géologue Pierre Pruvost. Il est caractérisé par un Précambrien récent au sein duquel se sont mis en place des granitoïdes intrusifs antérieurement au dépôt des terrains paléozoïques ; ce domaine surélevé a été épargné par les transgressions marines du Cambrien.
  7. Géologie de la France, éditions du BRGM, , p. 11.
  8. François de Beaulieu, La Bretagne. La géologie, les milieux, la faune, la flore, les hommes, Delachaux et Niestlé, , p. 15.
  9. (en) Richard Simon D'Lemos, The Cadomian Orogeny, Geological Society Publishing House, , p. 128.
  10. Hubert Lardeux, Claude Audren, Bretagne, Masson, , p. 30.
  11. [PDF] J. Chantraine (coordinateur) et al., Carte géologique France (1/50 000), feuille Lannion (203), éditions du BRGM, 1999, p. 89
  12. C. Barrois, Carte géologique à 1/80000, feuille Lannion (1re édit.), 1909.
  13. Louis Chauris, « Le granite porphyroïde de Porzpaul dans l'île d'Ouessant: un nouvel élément dans la ceinture des « granites rouges » du Massif armoricain (France) », Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, Paris, série II, t. 313,‎ , p. 245-250.
  14. CHAURIS L., GARREAU J. (1983a) - Un pluton polyphasé dans la ceinture batholitique hercynienne médio-armoricaine : le massif de Plouaret (Côtes-du-Nord, France). C.R. Acad. Sci. Paris, 296, p. 1591-1594
  15. Chantraine, op. cit., p. 91
  16. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  17. « Site web de la ville »
  18. Livre Mémorial des Déportés de France, Tome 2, page 1283
  19. « Eugène ALLANIC - Eugène ALLANIC - Geneanet », sur gw.geneanet.org (consulté le 5 juin 2017)
  20. Notice no PA00089453, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. Notice no PA00089454, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Notice no PA00089452, base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. Notice no PA00089455, base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. Notice no PA00089456, base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. Notice no PA00089457, base Mérimée, ministère français de la Culture
  26. Notice no PA00089770, base Mérimée, ministère français de la Culture