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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir miséricorde (homonymie).
Le Retour du fils prodigue par Rembrandt

La miséricorde est une « forme de compassion pour la misère d'autrui » qui, par extension, peut définir une « générosité entraînant le pardon, l'indulgence pour un coupable, un vaincu »[1]. Dans la théologie, c'est le plus grand attribut de Dieu. Dans le christianisme, c'est aussi une des dévotions les plus populaires.

ÉtymologieModifier

Du latin « misereo » (avoir pitié) et « cor » (cœur)[2],[3].

Ce terme est répertorié en français au XIIe siècle dans le Psautier Oxford[4] pour signifier la « bonté par laquelle Dieu pardonne aux hommes »[1].

ThéologieModifier

Dans le champ lexical catholique, la miséricorde est une bonté qui incite à l'indulgence et au pardon envers une personne coupable d'une faute et qui s'en repent.

Cependant la doctrine officielle de l'Église catholique a une vision beaucoup plus profonde de la miséricorde, particulièrement bien explicitée par Jean-Paul II, dans plusieurs encycliques et surtout Dives in misericordia, à partir d'une très belle méditation sur la parabole du fils prodigue (évangile selon St Luc chapitre 15 verset 11 à 32).

Ancien TestamentModifier

Le mot hébreu rah'amim (רחמים) désigne d'abord le sein maternel, puis la tendresse qui en est issue, tendresse miséricordieuse. Il s'agit d'un « pluriel de plénitude » du mot rehem « ventre maternel ». Ce mot désigne les entrailles de Yaweh, les entrailles du Seigneur, issues du sein maternel (rehem « matrice, utérus »), donc la tendresse maternelle de Dieu pour son peuple et ses enfants, pour les petits et pour les pauvres[5]. L'image de la tendresse maternelle est à la racine de la miséricorde divine dans l'Ancien Testament : « Éphraïm est-il donc pour moi un fils si cher, un enfant tellement préféré, pour qu'après chacune de mes menaces je doive toujours penser à lui, et que mes entrailles s'émeuvent pour lui, que pour lui déborde ma tendresse ? (Jérémie 31,20) »[6],[7]. Ce mot exprime aussi le sentiment d'attachement d'un être à un autre, d'où, par extension, la compassion pour cet autre, la miséricorde.

Nouveau TestamentModifier

 
Le débiteur impitoyable, gravure de Jan Luyken, XVIIe siècle.

Ce même mot est traduit en latin par Misericordia, il est cité par la Vierge Marie dans le Magnificat alors qu'elle porte l'enfant Jésus dans ses entrailles : « Miséricorde promise à nos Pères, pour Abraham et sa race à jamais ». Dans le christianisme, l'accent est mis sur le cœur de Dieu et non plus sur ses entrailles. Le mot latin misericordia vient de miseria (misère, malheur) et cor (cœur) : avoir le cœur rempli de miséricorde signifiait plein de compassion, sensible au malheur. Le Cœur de Dieu rempli de tendresse pour les hommes dans la personne de Jésus, le verbe incarné, qui professe un enseignement fondé sur la miséricorde (paraboles du Bon Samaritain, du débiteur impitoyable (Mt 18, 23-35) : « Heureux les Miséricordieux il leur sera fait miséricorde » (Matthieu 5.7). Ainsi l'Église catholique salue Marie comme « mère de Miséricorde » dans de nombreux Hymnes dont le plus célèbre est le Salve Regina.

Les œuvres de MiséricordeModifier

Article détaillé : Œuvres de miséricorde.

Il y a sept œuvres de miséricorde corporelle, qui ont leur source dans la Bible et se sont ensuite concrétisées dans des institutions et pratiques très anciennes de l'Église. Le terme grec désignant l'œuvre de miséricorde, eleemosyna, est à l'origine du mot « aumône » (et aumônier)[8],[9].

 
Le Caravage, Madone des pèlerins

Miséricorde corporelle

  • Nourrir les affamés
  • Abreuver les assoiffés
  • Vêtir les personnes nues
  • Accueillir les étrangers, les pèlerins, et les gens dans le besoin
  • Visiter les malades
  • Annoncer la bonne nouvelle aux prisonniers et aux captifs (anciennement rachat des captifs)
  • Enterrer les morts (XIIIe siècle)

Miséricorde spirituelle

  • Conseiller ceux qui en ont besoin
  • Instruire les ignorants
  • Exhorter les pécheurs
  • Consoler les affligés
  • Pardonner les offenses
  • Endurer les injures avec patience
  • Prier pour le prochain et pour les morts / supporter les défauts des autres

Miséricorde DivineModifier

C'est une dévotion commencée par sainte Faustine Kowalska qui avait des apparitions de Jésus:

« Aujourd’hui, Je t’envoie vers toute l’humanité avec Ma Miséricorde. Je ne veux pas punir l’humanité endolorie, mais Je désire la guérir en l’étreignant sur Mon Coeur miséricordieux. (Petit Journal 1588) »

« Qu'aucune âme n'ait peur de s'approcher de Moi, même si ses péchés sont comme l'écarlate. Ma Miséricorde est si grande que, pendant toute l'éternité, aucun esprit, ni humain ni angélique, ne saurait l'approfondir. Tout ce qui existe est sorti des entrailles de Ma Miséricorde. Chaque âme en relation avec Moi méditera Mon amour et Ma Miséricorde pendant toute l'éternité. (699) »

« La source de Ma Miséricorde fut largement ouverte par la lance sur la Croix pour toutes les âmes. Je n’ai exclu personne. (1182) »

« Ma fille, quand tu t'approches de la sainte Confession, de cette source de Ma Miséricorde, le Sang et l'eau qui sont sortis de Mon Coeur se déversent sur ton âme et l'ennoblissent. (1602) »

Elle consiste de l'attitude de la confiance en Dieu et miséricorde vers les hommes.

Il y a cinq nouvelles formes du culte connexes:

  1. l'Image de Jésus Miséricordieux avec l’inscription Jésus, j’ai confiance en Toi
  2. la Fête de la Miséricorde (le premier dimanche après Pâques)
  3. le Chapelet à la Miséricorde Divine
  4. l’Heure de la miséricorde
  5. la diffusion de la vénération de la Miséricorde[10]

BibliographieModifier

  • Ralf van Bühren : Die Werke der Barmherzigkeit in der Kunst des 12.–18. Jahrhunderts. Zum Wandel eines Bildmotivs vor dem Hintergrund neuzeitlicher Rhetorikrezeption (Studien zur Kunstgeschichte, vol. 115), Hildesheim / Zürich / New York: Verlag Georg Olms 1998 (ISBN 3-487-10319-2)
  • Mgr Robert Le Gall : Miséricorde. 2009. 98 p.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Étymologie de MISÉRICORDE », sur www.cnrtl.fr (consulté le 25 mars 2016)
  2. « MISÉRICORDE : Etymologie de MISÉRICORDE », sur http://www.cnrtl.fr (consulté le 7 juillet 2018)
  3. Frederick Percival Leverett, A New and Copious Lexicon of the Latin Language: Compiled Chiefly from the Magnum Totius Latinitatis Lexicon of Facciolati and Forcellini and the German Works of Scheller and Leunemann, J.H. Wilkins and R.B. Carter, 1004 p. (lire en ligne), page 540
  4. 102, 4 ds T.-L.
  5. Les Psaumes : prier Dieu avec les paroles de Dieu, par Gilles-D. Mailhiot
  6. Article Sénévé, La Maternité du Père. L'Éternel féminin. 1 Élise Gillon
  7. Le El malé rahamim (formule habituellement traduite par « Dieu plein de miséricorde ») devient, dans la traduction biblique et évangélique de Chouraqui « un El rempli de matrices qui matricie (merahem), qui est matriciel (rahoum) »Au confluent de trois continents : André Chouraqui Francine Kaufmann
  8. WikiKto
  9. iconographie : Jean VALDOR Les Œuvres de Misericorde (1604) Gravures Abraham Bosse et Dossier BnF
  10. Congrégation des Soeurs de Notre-Dame de la Miséricorde

Articles connexesModifier