Walter Kasper

cardinal de l'Église catholique romaine

Walter Kasper
Image illustrative de l’article Walter Kasper
Le cardinal Kasper en janvier 2016.
Biographie
Naissance (87 ans)
à Heidenheim (Allemagne)
Ordination sacerdotale par
Mgr Carl Leiprecht
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par
Mgr Oskar Saier
Dernier titre ou fonction Président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
Président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
Secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens
Évêque de Rottenburg-Stuttgart (Allemagne)

Blason
« Veritatem In Caritate »
(« La vérité dans la charité »)
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Walter Kasper, né le à Heidenheim en Allemagne, est un théologien et un cardinal catholique allemand, président émérite du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens depuis juillet 2010.

BiographieModifier

FormationModifier

Après son baccalauréat obtenu en 1952, Walter Kasper commence des études de philosophie et de théologie à Tübingen et Munich. Il est ordonné prêtre pour le diocèse de Rottenburg-Stuttgart le et obtient son doctorat en théologie à l'université de Tübingen en 1961, avec une thèse sur « la doctrine de la Tradition sous l'École romaine ».

Prêtre et théologienModifier

Il consacre l'essentiel de son ministère sacerdotal à l'enseignement. D'abord assistant des professeurs Leo Scheffczyk et Hans Küng (entre 1961 et 1964), il soutient sa thèse d'habilitation en 1964 sur la philosophie et la théologie de l'histoire dans la philosophie du dernier Schelling (« Philosophie und Theologie der Geschichte in der Spätphilosophie Schellings »). Il devient professeur de théologie dogmatique à la faculté théologique de Münster (de 1964 à 1970), dont il sera doyen, puis professeur de dogmatique à l'université de Tübingen (de 1970 à 1989). Il est reconnu comme un théologien marquant dès son ouvrage intitulé « Jésus, le Christ » (1974, tr. fr. 1976).

Il est secrétaire du synode extraordinaire des évêques à Rome en 1985.

Il a été membre de la Commission théologique internationale et a été le rédacteur principal de « La Foi de l'Église » (catéchisme allemand des adultes). Il a participé à la commission de dialogue théologique Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises.

Il est généralement considéré comme un théologien catholique à la fois ouvert, solide et sûr, tout étant parfois attaqué pour son modernisme[1]. D'après le professeur Gilles Routhier (qui partage ses idées), de l'Université Laval (Québec) : « Amorcée dans le sillage du concile Vatican II, l’œuvre théologique du professeur Kasper reflète bien les débats qui ont cours dans l’Église catholique depuis le concile. Tour à tour au comité de rédaction des deux grandes revues qui ont alimenté ce débat — Concilium (1970-1977) et Communio (à partir de 1983) —, le professeur Kasper a tenté de concilier la liberté du théologien et la référence au magistère, les questions et les requêtes de nos contemporains et la fidélité à la tradition. »[2]

ÉvêqueModifier

Nommé évêque de Rottenburg-Stuttgart le , il est consacré le 17 juin suivant.

En 1993, avec Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence et Mgr Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau, il demande qu'en certaines circonstances l’accès à la communion eucharistique puisse être ouvert à des divorcés remariés, ce qui est refusé par Rome[3].

En 1994, Mgr Kasper copréside la Commission internationale du dialogue catholiques-luthériens. Il fait beaucoup pour parvenir à la signature de l'accord entre luthérien-catholique sur la justification par la foi qui sera signé à Augsbourg le . Cette déclaration commune sur la justification est le résultat de plus de trente ans de dialogue luthérien-catholique[4].

Dès janvier 1996, il appartient par ailleurs à la « mafia de Saint-Gall »[5].

Le , il est nommé à Rome comme secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.

CardinalModifier

Il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II lors du consistoire du avec le titre de cardinal-diacre d'Ognissanti in Via Appia Nuova à l'église Ognissanti et devient président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens le . Il participe au conclave de 2005 qui élit Benoît XVI ; le nouveau pape le confirme dans sa charge le .

Frappé par la limite d'âge, il est remplacé le à la présidence du conseil pontifical par Mgr Kurt Koch, jusqu'alors évêque de Bâle. Le 21 février 2011, comme le lui permet le code de droit canonique après 10 ans dans l'ordre des cardinaux-diacre, il opte pour l'ordre des cardinaux-prêtres, conservant pro hac vice le titre d'Ognissanti in Via Appia Nuova.

Au sein de la curie romaine, il est également jusqu'à son quatre-vingtième anniversaire, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de la Congrégation pour les Églises orientales, du Conseil pontifical pour la culture, du Conseil pontifical pour les textes législatifs, du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux et du Tribunal suprême de la Signature apostolique.

Il atteint l'âge de 80 ans le 5 mars 2013, au cours de la période de vacance du siège apostolique consécutive à la renonciation de Benoît XVI. Conformément à la constitution apostolique Universi Dominici Gregis, il prend part au conclave qui s'ouvre le 12 mars et ne perd sa qualité d'électeur qu'à l'issue de celui-ci, après l'élection du pape François.

Sa mission internationale « conduit ce baroudeur de l'œcuménisme à aller à la rencontre des responsables des Églises et des Communautés ecclésiales du monde protestant, orthodoxe et anglican »[6].

PositionsModifier

En 2000-2001, il eut un débat avec Joseph Ratzinger sur la relation entre les Églises locales et l'Église universelle[7]. À cette occasion, W. Kasper insiste sur l'existence simultanée de l'unité de l'Église et de sa diversité manifestée dans les différentes Églises locales.

Les traditionalistes de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) entretiennent des rapports difficiles avec lui.

Il est généralement apprécié par les milieux œcuméniques[8].

Il provoque la polémique et son exclusion de l'escorte papale prévue le 16 septembre 2010 lors de la visite de Benoît XVI au Royaume-Uni en déclarant dans un hebdomadaire allemand : « Lorsque vous atterrissez à l'aéroport d'Heathrow, parfois vous avez l'impression d'avoir atterri dans un pays du Tiers-Monde », en ajoutant qu'« en Angleterre, un néo-athéisme agressif s'est répandu » et dénonçant les discriminations à l'encontre des catholiques[9].

ÉcritsModifier

Le cardinal Walter Kasper a été professeur de théologie dogmatique à Münster puis à Tübingen. Ordonné évêque en 1989, il a été secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens de 1999 à 2010[10].

Ensemble sous l'autorité de Jésus

« La lettre aux Éphésiens (cf. Ep 2, 13-22) nous dit les fondements de l'œcuménisme. Le fondement est Jésus Christ, concrètement, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Affirmant cela, la lettre nous préserve d'entrée de jeu du risque de voir l'œcuménisme glisser vers un humanisme universel qui, à son point extrême, débouche dans l'idéologie franc-maçonne : « Millions, soyez embrassée. » Le fondement d'un œcuménisme humaniste universel de ce type n'est pas Jésus Christ, mais une religion passe-partout et fade : nous avons tous un même Dieu, nous n'avons pas besoin d'Église, et on peut se passer entièrement d'énoncés de la foi.

Une telle conception, libérale et rationaliste, est le plus grand ennemi du mouvement œcuménique. Il le prive du fondement et de la motivation dont il est issu. La formule de base du Conseil œcuménique des Églises (l'Église catholique n'en est pas membre) a formulé ces fondements ; le deuxième concile du Vatican l'a reprise de façon explicite. Il y est dit : « Au mouvement œcuménique prennent part ceux qui invoquent le Dieu Trinité et confessent Jésus Christ pour Seigneur et Sauveur » (Unitatis Redintegratio n° 1). On affirme par là sans équivoque que le mouvement œcuménique repose sur le socle commun de la foi de l'Église non encore divisée des premiers siècles, sur la foi en Jésus Christ Fils de Dieu et sur la foi en Dieu Trinité. Il n'y a pas d'œcuménisme sans ces fondements bibliques[11] et dogmatiques[12]. »

— Card. Walter Kasper. Sacrement de l'unité, Eucharistie et Église, Paris, Cerf, 2005, p. 58-59.

ŒuvresModifier

  • Dogme et Évangile (avec René Marlé), Paris, Cerf, 1967
  • Renouveau de la méthode théologique, Paris, Cerf, 1968
  • Jésus le Christ, Paris, Cerf, 1976
  • Walter Kasper et Arno Schilson, Théologiens du Christ aujourd'hui, Desclée, Cerf, 1978
  • Le Dieu des chrétiens, Paris, Cerf, 1985
  • La Foi au défi, Paris, Nouvelle Cité, 1989
  • La Théologie et l'Église, Paris, Cerf, 1990
  • L'Espérance est possible, Paris, Parole et silence, 2002
  • Sacrement de l'unité, eucharistie et Eglise, Les éditions du Cerf, coll. « Documents des Eglises », , 157 p. (ISBN 978-2204078009)
  • Serviteur de la joie, La vie de prêtre – Service sacerdotal, Paris, Cerf, 2007
  • Manuel d'œcuménisme spirituel, Paris, Nouvelle Cité, 2007
  • Walter Kasper et Marie-Noëlle Villedieu de Torcy (Traduction), La miséricorde. Notion fondamentale de l’Évangile, clé de la vie chrétienne, Editions des Béatitudes, coll. « Theologia », , 214 p. (ISBN 978-2840248187)
  • Luther, Les éditions du Cerf, coll. « Histoire », , 106 p. (ISBN 978-2204116527)
  • Walter Kasper et Marie-Noëlle Villedieu de Torcy (Traduction), La joie des chrétiens, Salvator, coll. « Forum », , 255 p. (ISBN 978-2706717710)

Notes et référencesModifier

  1. cf Cardinal Müller Demeurer dans la vérité du Christ (Permanere nella verità di Cristo), août 2014, qui contredit les thèses de Kasper sur les divorcés remariés et sa mise en cause de la doctrine traditionnelle du mariage chrétien
  2. Cf. Le cardinal Walter Kasper sur le site de l'Université Laval (Québec).
  3. Il indiquera de nouveau en 2005 : « Je ne peux pas imaginer que la discussion soit close »... « C'est une question qui existe et sur laquelle on doit réfléchir pour pouvoir y répondre » et c'est « un problème pastoral constant. J'ai été évêque pendant dix ans et chaque évêque dans chaque pays occidentaux sait ce qu'est ce grave problème ». Cf. La question de l'accès à la communion des divorcés-remariés est encore ouverte du 24 octobre 2005. Pour un historique sur les questions de pastorale des divorcés remariés, cf. L’Église et le divorce.
  4. Cf. les diverses déclarations sur le site du Saint-Siège.
    Cf. « L'accord catholique-luthérien sur la justification » par Daniel Olivier.
  5. Jürgen Mettepenningen et Karim Schelkens, Godfried Danneels : Biographie, Anvers, Uitgeverij Polis, 2015 (ISBN 9789463100618), p. 462
  6. Cf. La Documentation catholique, no 2397 du 2/03/2008.
  7. (en) Retranscription du débat. Cf. aussi « Le rapport entre Église universelle et Église locale » par Walter Kasper, sur le site Catho-théo.net.
  8. Cf. par exemple « Manuel d’œcuménisme spirituel du cardinal Walter Kasper » sur le site de Fédération protestante de France (Service œcuménique).
  9. [1]
  10. Cardinal Kasper : les fidèles ont compris “ Amoris Laetitia ”.
  11. Fondements bibliques - Le Centre Biblique.
  12. Dogmatisme.

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier