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Louis Segond

théologien et traducteur de la bible suisse
Page d'aide sur l'homonymie Pour les personnes ayant le même patronyme, voir Segond.
Louis Segond
Nom de naissance Jacques Jean Louis Segond
Naissance
Genève
Décès (à 75 ans)
Genève
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Profession
Activité principale
Formation

Louis Segond, né le à Plainpalais (Suisse)[1] et mort le à Genève[2], est un pasteur protestant et théologien. À la demande de la Compagnie des pasteurs de Genève, il traduit la Bible en français à partir des textes originaux hébreux et grecs, traduction connue sous l'intitulé Bible Segond.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Il est issu d'un milieu modeste. Son père, catholique d'origine française qui a servi dans l'armée napoléonienne, tient une échoppe de cordonnier dans la rue de la Croix-d'Or à Genève. Sa mère est protestante genevoise. Les deux fils du couple sont baptisés dans l'Église réformée.

Après ses études secondaires achevées en 1826, il étudie les sciences naturelles et la médecine à l’Académie de Genève, puis la théologie à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. Durant ses études, il remporte un concours organisé par la Compagnie des pasteurs de Genève sur le thème du dogme de l’immortalité de l’âme chez les Hébreux[réf. souhaitée]. En 1834, il soutient une thèse de baccalauréat en théologie avec une étude critique du Livre de Ruth[3] et il prend un poste pastoral à Genève. En 1835 il présente une étude critique et exégétique du livre de l'Ecclésiaste pour sa thèse de licence de théologie[4] et un travail en latin sur la représentation vétéro-testamentaire du Shéol[5], puis en 1836, il soutient une thèse de doctorat en théologie intitulée De la nature de l'inspiration chez les auteurs et dans les écrits du Nouveau Testament[6].

Carrière pastoraleModifier

En 1836, il fonde à Genève une société d’exégèse du Nouveau Testament qui subsiste jusqu’en 1841. Entre 1838 et 1840, il prépare des cours libres sur l’histoire de la langue hébraïque (1838) et sur l’interprétation de la Genèse (1839-1840). En 1840, il est nommé pasteur de la paroisse de Chêne-Bougeries, près de Genève[7], où il exerce son ministère durant vingt-quatre ans, tout en poursuivant des recherches sur la langue hébraïque et l’Ancien Testament. Il publie notamment, en 1841, le Traité élémentaire des accents hébreux, en 1856 la Géographie de la Terre sainte et en 1864 la Chrestomatie biblique qui est un ébauche d’une traduction complète de la Bible.

Traduction de l'Ancien TestamentModifier

En juillet 1864, il démissionne de ses fonctions paroissiales et se met à la disposition de la Compagnie des pasteurs de Genève qui souhaite une nouvelle traduction de l'Ancien Testament, à la fois fidèle aux textes originaux et exprimée dans une langue actuelle[réf. souhaitée]. Il signe avec la Compagnie des pasteurs de Genève une convention qui stipule que le travail de traduction de l'Ancien Testament sera établi en six ans et qu'à la fin de chaque année, il rendra compte de son avancement, tout en ayant le dernier mot dans l'éventualité de remarques de la Compagnie des pasteurs. Après avoir calculé le nombre de versets qu'il aura traduire chaque jour, Louis Segond se met au travail. Jamais il n'a pris de retard dans son programme[réf. souhaitée]. On rapporte[Qui ?] qu'il pesait chaque mot de son texte, mais qu'une fois écrit, il se refusait à en changer le moindre détail[8]. Sa traduction est achevée fin 1871, cependant, la publication avait été faite progressivement. Le version intégrale est publiée en 1873 (avec la date de 1874) aux Éditions Cherbuliez.

Traduction du Nouveau Testament et professoratModifier

En 1872, Louis Segond est nommé professeur d’hébreu et d’exégèse de l’Ancien Testament à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg. Il entreprend, sur la base de l’édition critique de Constantin Tischendorf, la traduction du Nouveau Testament. L'évangile de Matthieu est publié en 1878, l'évangile de Jean en 1879 et enfin, l'intégralité du Nouveau Testament paraît en 1880 aux Éditions Cherbuliez[9].

Il se consacre ensuite à l'enseignement de l'hébreu biblique et de l’Ancien Testament à l’Académie de Genève. Il décède en 1885.

La première publication de sa traduction de l'Ancien Testament est datée de 1874 et celle du Nouveau Testament de 1880. Les deux seront publiées en un seul volume pour la première fois à Oxford en 1880[10]. Cette traduction est usuellement appelée la Bible Segond. Elle deviendra pour un siècle la référence au sein du protestantisme français. Au XXIe siècle, elle est l'une des versions les plus populaires auprès des protestants et des chrétiens évangéliques francophones[11].

Controverse théologiqueModifier

Louis Segond était un théologien de tendance libérale modérée, et sa traduction de la Bible fut mal accueillie par les protestants « orthodoxes ». Toutefois, Segond refusa toujours de retoucher son travail, tout en stipulant qu'on pourrait réviser sa traduction après son décès. Malgré ces mises en cause théologiques, sa traduction touche rapidement un large public au sein du protestantisme : 300 000 exemplaires sont ainsi édités entre 1880 et 1910[10].

RéférencesModifier

  1. Acte de naissance no 10 du 4 mai 1810 (image no 55), en ligne dans la base Adhémar des Archives d'État de Genève.
  2. Index de l'acte de décès de Louis Segond (image no 834), en ligne dans la base Adhémar des Archives d'État de Genève.
  3. Thèse de baccalauréat, notice Sudoc [1].
  4. Thèse de licence, notice Sudoc [2].
  5. Thèse de licence, notice Sudoc [3].
  6. Thèse de doctorat, notice Sudoc [4]
  7. Église protestante de Genève, paroisse de Chêne, Création de la paroisse, Site web de la paroisse protestante de Chêne, Suisse, consulté le 10 août 2015
  8. La Bible Segond : ses origines, son histoire, site de l'Alliance biblique française, article du 5 février 2004 [5]
  9. Daniel Lortsch, Histoire de la Bible française aux Éditions Perle, p. 150
  10. a et b « Histoire de la Bible de Louis Segond », LaBible.net
  11. CRISP, Les protestants en Belgique, Courrier hebdomadaire du CRISP, 5/1994 (no 1430-1431), Belgique, 1994, paragraphe 51

AnnexesModifier