La Momie (film, 1999)

film sorti en 1999
La Momie
Titre original The Mummy
Réalisation Stephen Sommers
Scénario Stephen Sommers
Lloyd Fonvielle
Kevin Jarre
Acteurs principaux
Sociétés de production Alphaville Films
Universal Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Aventure fantastique
Durée 125 minutes
Sortie 1999

Série

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Momie (The Mummy) est un film fantastique et d'aventure américain écrit et réalisé par Stephen Sommers, sorti en 1999. C'est un remake d'un film américain de 1932, La Momie, également produit par Universal Pictures. Le film a pour personnage principal la momie d'un prêtre d'Égypte antique maudit qui est accidentellement ramené à la vie par des archéologues dans les années 1920. La momie poursuit les membres de l'expédition jusqu'au Caire pour se nourrir d'eux et accumule ainsi des pouvoirs magiques de plus en plus terrifiants, au point de menacer l'Égypte et le monde entier, tandis que l'aventurier Rick O'Connell et la bibliothécaire Evelyn Carnahan tentent de trouver un moyen de l'arrêter.

Le film reçoit des critiques partagées à sa sortie en salles, mais il obtient un succès commercial. Il donne lieu à deux suites, Le Retour de la momie du même réalisateur en 2001 puis La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon de Rob Cohen en 2008, ainsi qu'à plusieurs films dérivés, dont Le Roi scorpion (2002).

SynopsisModifier

1290 av. J.-C. Le pharaon Séthi Ier règne sur le pays d'Egypte. Il découvre que son Grand Prêtre, Imhotep, entretient une liaison avec sa maîtresse, la belle Anck-Su-Namun. Lorsqu'il surprend les deux amants dans ses propres appartements, ces derniers l'assassinent, tandis que les gardes royaux, les Medjaÿ, viennent aussitôt pour les arrêter. Anck-Su-Namun supplie Imhotep de prendre la fuite, arguant qu'il est le seul à pouvoir la ressusciter, puis finit par se donner la mort sous les yeux des gardes, tandis qu'Imhotep quitte les lieux. Pour ramener sa compagne à la vie, il pénètre dans son tombeau et avec l'aide de ses prêtres, vole son cadavre et l'emmène à Hamunaptra, la Cité des Morts. Une fois sur place, Imhotep s'empare du "Livre des Morts", dont les incantations sont capables de ramener les défunts à la vie. Mais alors que le rituel vient tout juste de commencer, le Grand Prêtre est soudainement interrompu par les gardes de pharaon, qui l'ont suivi et l'empêchent d'accomplir son projet. En guise de châtiment, Imhotep est condamné à subir le Om-Daï, la pire des malédictions, réservée uniquement aux crimes blasphématoires : il est enfermé vivant dans un sarcophage et offert en pâture à des scarabées carnivores, lesquels se nourriront de ses chairs, après avoir eu la langue coupée. Une fois le sarcophage enseveli sous les sables, les Medjaÿ et leurs descendants devront veiller sur le sanctuaire et s'assurer que personne ne vienne tirer le condamné de son sommeil éternel...

En 1926, au Caire, Evelyn « Evy » Carnahan, jeune femme britannique ayant une excellente connaissance de l'Égypte antique, travaille comme bibliothécaire au Musée égyptien du Caire. Jonathan Carnahan, son frère, qui ne semble accorder que peu d'intérêt à sa carrière personnelle, est entré en possession d'une clé et d'une carte menant à Hamunaptra, qu'il prétend avoir trouvés "au cours d'une fouille du côté de Thèbes". Evelyn décide d'en informer le conservateur du musée, qui semble sceptique à l'idée que cette carte puisse effectivement conduire jusqu'à la Cité des Morts, qu'il considère lui-même comme une légende destinée à attirer les touristes. Il brûle "accidentellement" une partie de la carte avant de prévenir Evelyn et Jonathan que tous ceux qui ont tenté de trouver Hamunaptra ont échoué et ne sont pour la plupart jamais revenus de leur périple. Mais la jeune bibliothécaire semble déterminée à localiser la nécropole et demande à son frère de l'emmener là où il a trouvé la carte. Lorsque celui-ci l'emmène à la prison du Caire, elle est stupéfaite et comprend que Jonathan a en réalité dérobé l'objet à un détenu. Evelyn interroge le prisonnier, un certain Rick O’Connell, et lui demande de révéler l'emplacement exact d'Hamunaptra car elle projette de s'y rendre. Ce dernier accepte à la condition qu'elle parvienne à obtenir sa libération. Alors que les geôliers s'apprêtent à le pendre, Evelyn insiste auprès du directeur de la prison, Warden, pour qu'il l'épargne. Devant son refus, elle finit par lui dire que O'Connell sait où se trouve la Cité des Morts et que s'il consent à lui laisser la vie sauve, il aura droit à un pourcentage sur le prétendu trésor qui se trouve enfoui quelque part dans la nécropole. D'abord méfiant, Warden cède devant l'appât du gain. Le lendemain, Evelyn et Jonathan retrouvent O'Connell sur le port et s'embarquent pour un voyage qui doit les conduire à Hamunaptra. Ils sont rejoints par Warden, qui tient à se joindre à eux pour "protéger ses intérêts".

Sur la navire, O'Connell fait la connaissance de trois américains également à la recherche d'Hamunaptra : messieurs Henderson, Burns et Daniels. Ils sont accompagnés par un égyptologue du nom d'Allen Chamberlain et guidés par Beni Gabor, un ancien compagnon d'armes de Rick, lâche et intéressé. Au cours de la soirée, les Medjaÿ s'introduisent à bord pour récupérer la carte et la clé afin d'empêcher les différents aventuriers de trouver la cité. Au cours de la bataille qui s'ensuit, le bateau prend feu ; Rick, Evelyn, Jonathan et Warden sont contraints de sauter à l'eau et parviennent à atteindre la rive du fleuve sains et saufs, tout comme les américains et Beni, qui trouvent cependant refuge sur la rive opposée. Si la carte a été perdue dans l'incendie, Jonathan a cependant réussi à conserver la clé...

Quelques jours plus tard, les deux groupes atteignent Hamunaptra en même temps et démarrent aussitôt les fouilles. Si Evelyn cherche avant tout à mettre la main sur le Livre d'or d'Amon-Râ, la plus ancienne relique de l'Antiquité, les américains quant à eux ne semblent se préoccuper que du trésor caché. Peu après leur arrivée, Rick, Evy et Jonathan ne tardent pas à découvrir par hasard un mystérieux sarcophage. Au même moment, Warden, qui s'est isolé pour explorer les sombres couloirs de la cité, va être la cible des scarabées carnivores, qui sont capables de pénétrer sous l'épiderme de leur victime pour la dévorer de l'intérieur. Alertés par ses cris de détresse, Rick, Evy et Jonathan arrivent trop tard et ne peuvent qu'assister à sa mort, impuissants.

Un peu plus tard, alors que la nuit est tombée, les deux groupes d'aventuriers sont attaqués par les Medjaÿ, toujours chargés de surveiller la cité et d'éliminer quiconque risquerait de ramener Imhotep à la vie. Après une courte bataille, le chef des Medjaÿ, Ardeth Bay, ordonne aux visiteurs de quitter les lieux sous 24 heures. Une injonction qui ne sera pas respectée...

Le lendemain, les américains finissent par trouver un coffret, dissimulé dans une statue d'Anubis, qui contient le Livre des Morts et des vases canopes. L'égyptologue déchiffre également une malédiction, inscrite sur le couvercle, qui annonce la mort de tous ceux qui auront l'impudence d'ouvrir le coffret. Peu impressionnés malgré les mises en garde du Dr Chamberlain, les trois américains s'emparent de son contenu. Pendant ce temps-là, Rick, Evy et Jonathan réussissent à ouvrir le sarcophage grâce à la clé de Jonathan et trouvent les restes d'Imhotep à l'intérieur. Après quelques recherches, la bibliothécaire en apprend un peu plus sur le cadavre ; il apparaît que ce dernier a été condamné au Om-Daï. Evelyn précise qu'elle n'avait jamais lu nulle part que cette malédiction ait déjà été proférée et elle ajoute que si la victime du Om-Daï venait à être ressuscitée, elle serait accompagnée des dix plaies que l'Egypte a connues.

La soir venu, Evelyn profite du sommeil de l'égyptologue pour lui subtiliser le Livre des Morts et utilise la clé de son frère pour le déverrouiller. Elle récite une formule à voix haute, ce qui a pour conséquence directe de réveiller Imhotep. Dans les secondes qui suivent, des millions de sauterelles envahissent la cité, provoquant la fuite des aventuriers qui se réfugient dans les étroits couloirs d'Hamunaptra pour échapper aux insectes. Dans la panique, l'un des américains, monsieur Burns, trébuche et perd ses lunettes, qui sont piétinées par Béni. Laissé à l'abandon, incapable de s'orienter en raison de sa myopie et de l'obscurité, le pauvre homme va être la première victime de la momie, qui lui arrache les yeux et la langue. Imhotep croise ensuite le chemin d'Evelyn, qui s'est égarée, et croit reconnaître en elle sa défunte maîtresse, Anck-Su-Namun. Elle est secourue in extremis par O'Connell et Jonathan, qui sont toujours suivis par les deux autres américains, Henderson et Daniels. Sur le point de quitter la cité, ils se retrouvent de nouveau confrontés aux Medjaÿ et leur chef, Ardeth. Celui-ci les blâme de ne pas avoir obéi à ses ordres et d'avoir relâché une créature démoniaque qui ne peut être tuée avec des armes conventionnelles. Il leur confie également monsieur Burns (toujours en vie malgré ses graves traumatismes) que ses hommes ont sauvé avant que la momie ne l'achève. Pendant ce temps, Béni se retrouve à son tour en face du Grand Prêtre et croit sa dernière heure arrivée. Tandis qu'il prie en hébreu, Imhotep reconnait la langue des esclaves et considérant que Béni peut lui être utile, il lui propose d'entrer à son service en l'aidant à récupérer les vases canopes et le Livre des Morts.

O'Connell, Evelyn, Jonathan et les trois américains se réfugient dans un hôtel du Caire. Alors que les hommes envisagent de partir au plus vite, Evelyn, qui est bien consciente de la gravité de la situation, préfère rester pour combattre Imhotep, au grand dam de O'Connell qui lui rappelle que la créature ne peut être vaincue. La jeune femme tente de lui faire comprendre que si la momie parvient à se régénérer, sa malédiction se répandra sur l'ensemble du monde et le détruira. Mais O'Connell parait insensible à cette perspective, ce qui provoque une dispute entre les deux. Plus tard, tandis qu'il est au bar en compagnie de Jonathan et Henderson, il constate avec horreur que les alcools servis ont tous un goût de sang. Ce phénomène est pour lui le signe que le Grand Prêtre les a déjà rattrapés et qu'il est quelque part en ville. Il retrouve Evelyn, plongée dans ses bouquins en quête d'une solution pour neutraliser la créature, et croise Béni qui a guidé Imhotep jusqu'à monsieur Burns. Quand Rick et Evelyn arrivent dans la chambre du malheureux, ils ne trouvent que sa dépouille et sont de nouveau en face du monstre. Après avoir mis O'Connell hors de combat, il tente d'embrasser Evelyn, en qui il voit toujours son ancienne amante, puis finit par s'enfuir en apercevant un chat (dans l'Egypte antique, les chats étaient les gardiens du monde souterrain, ce qui explique qu'Imhotep les redoute).

Accompagnée par O'Connell, Henderson, Daniels et Jonathan, Evelyn se décide finalement à prendre conseil directement auprès du conservateur du musée où elle travaille. Elle le trouve d'ailleurs en compagnie d'Ardeth, le chef des Medjaÿ. Le conservateur leur révèle alors qu'ils appartiennent à une très ancienne société secrète, dont la mission a toujours été d'éviter que le Grand Prêtre Imhotep réapparaisse en ce monde. Grâce aux informations données par Evelyn, le conservateur et Ardeth devinent les intentions du monstre et comprennent qu'il va chercher à ressusciter sa maîtresse, Anck-Su-Namun. Par ailleurs, ils savent que pour ce faire, il aura besoin d'un corps féminin à sacrifier...en l'occurence celui d'Evelyn !

Dans l'optique de retarder autant que possible la régénération d'Imhotep, les aventuriers doivent en premier lieu retrouver l'égyptologue et le mettre à l'abri, car il va lui aussi être une cible pour la momie puisqu'il a participé à l'ouverture du coffret. En arrivant dans sa chambre, O'Connell et Jonathan tombent sur Béni, en train de fouiller la pièce, sûrement dans l'espoir de trouver le Livre des Morts. Après un interrogatoire musclé, O'Connell parvient à le faire parler et Béni lui confirme ce que le conservateur et Ardeth avaient pressenti : Imhotep veut faire revenir Anck-Su-Namun de l'au-delà et il doit pour cela récupérer le livre et Evelyn. On entend alors un cri d'effroi émanant de la rue : le Grand Prêtre vient d'éliminer le Dr Chamberlain et a désormais le Livre des Morts en sa possession. Dans la foulée, il parvient à retrouver Henderson et lui fait subir le même sort. Il s'introduit ensuite dans la chambre d'Evelyn, mais, pour la seconde fois, O'Connell intervient au bon moment pour lui éviter le pire. Alors qu'ils retournent tous au musée, Evelyn émet une hypothèse : si le Livre des Morts a pu ramener Imhotep à la vie, peut-être que le Livre d'or d'Amon-Râ aura le pouvoir de le tuer. Elle suggère donc de se mettre à sa recherche et découvre, sur une stèle entreposée au premier étage du bâtiment, qu'il doit être caché à Hamunaptra dans la statue du dieu Horus. Les aventuriers se mettent donc aussitôt en route, mais sont poursuivis par la population du Caire, qu'Imhotep tient maintenant sous son contrôle. Au volant de la voiture, Jonathan tente de se frayer un chemin parmi les assaillants, pendant que les autres essayent de les repousser. Daniels, le dernier américain, est éjecté du véhicule et se retrouve bientôt à la merci d'Imhotep, qui achève ainsi sa régénération. De leur côté, O'Connell, Evelyn, Jonathan, Ardeth et le conservateur sont contraints d'abandonner leur moyen de transport et sont rapidement encerclés par les habitants hostiles. C'est alors qu'Imhotep s'approche et invite Evelyn à le suivre. Elle comprend qu'il souhaite la ramener à Hamunaptra pour accomplir le rituel et malgré les protestations de O'Connell, elle accepte. Imhotep ordonne ensuite à ses serviteurs d'éliminer les quatre survivants. Pour couvrir la fuite de O'Connell, Jonathan et Ardeth, le conservateur se sacrifie.

Dès le lendemain, les trois hommes se rendent à l'aérodrome de la Royal Air Force de Gizeh, où O'Connell sollicite l'aide d'une de ses connaissances, Winston Havelock, un pilote britannique. Ce dernier, excité par le challenge, accepte de se mettre à leur disposition avec son avion. Tandis qu'ils survolent Hamunaptra, Imhotep, qui a lui aussi atteint la cité toujours accompagné par Béni et Evelyn, déclenche un spectaculaire mur de sable pour mettre définitivement hors d'état de nuire les trois héros. Et en dépit de l'intervention d'Evelyn qui se résout à embrasser Imhotep pour le déconcentrer, l'avion s'écrase derrière une dune. O'Connell, Jonathan et Ardeth sont indemnes, mais Winston décède dans l'accident.

Une fois à l'intérieur de la nécropole, Imhotep assure lui-même tous les préparatifs du rituel, pendant que les trois héros cherchent à l'arrêter avant qu'il ne s'en prenne à Evelyn. Ils réussissent à localiser la statue d'Orus et mettent la main sur le Livre d'or d'Amon-Râ, seul instrument qui puisse abattre le Grand Prêtre. Ils doivent par ailleurs se défaire des nombreuses momies qu'Imhotep a ranimées grâce à ses pouvoirs. O'Connell finit par libérer Evelyn, qui s'empresse de trouver la bonne inscription sur le Livre d'or avec l'aide de Jonathan. Lorsqu'elle prononce enfin la bonne incantation, Imhotep redevient un simple mortel et O'Connell n'a dès lors aucun mal à le tuer d'un simple coup d'épée. Au même moment, quelque part dans Hamunaptra, Béni a trouvé la salle du trésor et cherche à en emporter autant qu'il pourra. Mais il active involontairement un mécanisme qui provoque l'affaissement de la cité. O'Connell, Evelyn et Jonathan ont tout juste le temps de s'enfuir, mais Béni, lui, n'a pas cette chance et se retrouve enfermé dans la salle du trésor. Mais il ne reste pas seul très longtemps : les scarabées carnivores s'entassent par milliers autour de lui et, sitôt sa torche éteinte, le dévorent.

O'Connell, Evelyn et Jonathan repartent finalement saufs. Et si le dernier nommé regrette de n'avoir pu emmener une partie du trésor, les deux autres se réjouissent de leur histoire d'amour naissante...

Fiche techniqueModifier

  Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

DistributionModifier

 
Rachel Weisz (ici en 2007) interprète la bibliothécaire Evelyn dans le film.

ProductionModifier

Origines de la franchise La MomieModifier

 
Dracula, interprété par Béla Lugosi dans le film de Tod Browning en 1931, est intégré à la série des « Universal Monsters » dont La Momie s'inspire.

Les premiers films de momies s'inscrivent dans la continuité d'un engouement pour l'Égypte antique déclenché par la campagne d'Égypte menée par Napoléon Bonaparte entre 1798 et 1801 et à la publication de la Description de l'Égypte par les scientifiques de l'expédition dans les années 1800-1820. Pendant cette période, y compris dans les années 1830, il est très à la mode de rapporter d'un séjour en Égypte un fragment de momie ou de participer à des séances de déballages de momies[1]. Le premier film à mettre en scène la résurrection d'une momie est probablement Cléopâtre réalisé par Georges Méliès en 1899[2].

Dans les années 1920, Universal Studios entame la production d'une série de films d'horreur intitulée « Universal Monsters ». Ces films mettent en avant des personnages terrifiants, souvent librement inspirés de romans fantastiques, notamment français ou britanniques : le tout premier, sorti en 1923, est Notre-Dame de Paris de Wallace Worsley, inspiré du roman éponyme de Victor Hugo. Les années 1930 voient les adaptations par Universal de nombreux romans mettant en scène des créatures devenues des archétypes du cinéma d'horreur : Dracula de Tod Browning adapté du roman du même nom de l'Irlandais Bram Stoker, et la même année Frankenstein de James Whale d'après le roman de Mary Shelley. En 1932 vient s'ajouter à cette série le film La Momie réalisé par Karl Freund, avec Boris Karloff, fameux acteur de films fantastiques, dans le rôle-titre.

Les films de momies de l'époque s'inspirent des récits fantastiques d'auteurs européens comme Le Pied de momie de Théophile Gautier ou les nouvelles d'Arthur Conan Doyle comme Le Lot n°249 (où un égyptologue d'Oxford tente de lancer un sortilège pour ranimer et contrôler une momie) et L'Anneau de Thoth (où un égyptologue découvre qu'une momie égyptienne contient un homme qui est encore vivant après 3000 ans grâce à un élixir qu'il a bu, mais l'homme désire rejoindre dans la mort la femme qu'il a aimée et qui n'a pas survécu). L'Anneau de Toth sert manifestement d'inspiration au scénario de La Momie de Karl Freund, mais le texte de Doyle n'y est pas mentionné au générique[3].

Comme la plupart de ces films d'horreur, La Momie donne lieu à plusieurs suites : La Main de la momie (1940), La Tombe de la Momie (1942), Le Fantôme de la Momie et La Malédiction de la Momie (1944), Deux nigauds et la momie (1955). Une deuxième série de quatre films est ensuite produite avec l'autorisation d'Universal par Hammer Film Productions entre 1959 et 1971. Ainsi, dès 1932, le personnage de la momie fait partie de l'univers des studios Universal qui l'utilisent régulièrement dans leurs grosses productions.

Mise en projet du filmModifier

En 1992, le producteur James Jack décide de mettre en projet un film qui remettrait la momie au goût du jour[4]. Il reçoit l'aval d'Universal Studios, mais avec un budget de départ de 10 millions de dollars, ce qui est très peu comparé aux grosses productions du studio : le but premier est de constituer une franchise d'horreur à bas budget[5]. James Jack recrute alors Clive Barker, écrivain et cinéaste d'horreur, pour travailler sur un synopsis. Clive Barker conçoit une histoire sombre et violente dans laquelle le directeur d'un musée d'art contemporain se révèle être un cultiste désireux de réanimer des momies[4],[6]. James Jack se souvient, dans une interview, que le projet conçu par Barker était « sombre, sexuel et empreint de mysticisme[5] » et qu'il aurait « fait un excellent film à petit budget[6],[7] ». Mais après plusieurs réunions, Universal et Clive Barker se désintéressent du projet et la collaboration s'arrête là. C'est ensuite le cinéaste d'horreur George A. Romero qui est démarché et envisage un film d'horreur façon film de zombie dans la lignée de son premier film La Nuit des morts-vivants (sorti en 1968), mais James Jack et le studio jugent le projet trop effrayant car ils souhaitent concevoir quelque chose de plus accessible[5].

Une version suivante du projet implique Joe Dante, réalisateur de films-catastrophe, qui propose d'augmenter le budget du film et de recruter Daniel Day-Lewis pour incarner la momie. Une nouvelle version de l'histoire est co-écrite avec John Sayles : située à l'époque contemporaine, elle se concentre sur le thème de la réincarnation et intègre une part d'histoire d'amour[6]. Cette version du projet manque de peu d'être tournée et certains éléments, dont les scarabées carnivores, sont conservés dans le produit final[4]. Cependant, le studio n'est pas prêt à consacrer plus de 15 millions de dollars au film à ce moment et rejette la version de Joe Dante. Deux autres réalisateurs sont alors approchés par les studios : Mick Garris, qui se voit confier la réalisation mais quitte le projet peu après, et Wes Craven qui refuse l'offre[6].

En 1997, le réalisateur Stephen Sommers contacte James Jack avec une autre vision de La Momie : « une sorte d'Indiana Jones ou de Jason et les Argonautes où la momie en ferait voir de toutes les couleurs aux héros[8] ». Sommers avait vu le film à huit ans et avait envie de recréer ce qu'il y avait apprécié, mais à plus grande échelle[9]. Sommers s'intéresse au projet depuis 1993, mais ce n'est qu'en 1997 qu'Universal le laisse proposer son idée[4]. Les producteurs James Jack et Sean Daniel arrangent une rencontre informelle avec Sommers, réalisateur qui s'est fait connaître en 1994 grâce au succès de son film Le Livre de la jungle[10]. Sommers soumet aux studios un projet en 18 pages[4]. Universal traverse alors une période de difficultés financières après l'échec du film Babe 2, le cochon dans la ville et souhaite revisiter ses franchises à succès des années 1930[11]. Séduits par le projet, les studios Universal donnent le feu vert à Stephen Sommers et augmentent le budget de 15 à 80 millions de dollars[12].

ScénarioModifier

 
Affiche de La Momie de Karl Freund (1932) dont le film de Sommers est une reprise libre.

Le scénario définitif du film reprend plusieurs éléments centraux du film d'horreur La Momie de 1932, notamment les noms d'Imhotep et d'Ankh-Soun-Amoun et leur relation amoureuse. Stephen Sommers tenait à conserver l'aspect romantique du film de 1932, où la momie d'Imhotep, incarnée par Boris Karloff, cherche à retrouver son amour perdu[13]. Le film dans son ensemble devient toutefois un film d'aventure avant tout, qui prend modèle sur les films d'Indiana Jones comme Les Aventuriers de l'arche perdue et sur les films d'aventure classique avec Errol Flynn comme Capitaine Blood (1935), Les Aventures de Robin des Bois (1938) ou L'Aigle des mers (1940)[10]. Le film doit contenir beaucoup d'humour sans relever de la comédie ainsi que des scènes effrayantes sans tomber dans le gore[10].

Le contexte antique est un peu modifié : Imhotep vit sous le règne du pharaon Séthi Ier et est momifié vivant en 1290 av. J.-C.[Note 1] Le scénario du fim de 1999 s'écarte aussi de celui du film de 1932 pour les personnages des archéologues et des aventuriers, et pour les enjeux dramatiques de l'aventure, qui est désormais centrée sur la façon dont la momie accumule de plus en plus d'énergie et de pouvoirs magiques en dévorant les archéologues qui l'ont découverte.

Le film présente des dialogues dans la langue de l'Égypte antique, reconstruite avec l'aide de l'égyptologue Stuart Tyson Smith, consultant historique de Stephen Sommers pour le film. L'égyptien ancien est authentique ; la prononciation, notamment les accents, ont été reconstruits par Smith en s'inspirant notamment du copte antique[14].

TournageModifier

Le tournage commence à Marrakech, au Maroc, le 4 mai 1998 et dure dix-sept semaines ; il se termine au Royaume-Uni le 29 août de la même année[15]. Les scènes égyptiennes de La Momie de 1932 avaient été tournées aux États-Unis, mais Sommers tient à ce que son film offre des paysages différents et soit tourné sur site. Toutefois, le climat politique tendu en Égypte pendant la période de pré-production du film explique que le choix des producteurs se porte sur le Maroc plutôt que de l'Égypte même pour tourner les scènes du film qui se déroulent dans ce pays[15]. Les scènes du film qui se déroulent au Caire sont donc tournées à Marrakech ; les scènes situées dans le désert égyptien (notamment à Hamunaptra) sont tournées dans le Sahara près de la ville d'Arfoud[15].L'Hotel de ville de Marrakech a été transformé en musée des antiquités du Caire.On peut également reconnaître la porte de Bab Agnaou à l'entrée de la médina.Une scène a été tournée devant la Mosquée Moulay El Yazid(lorsque les personnages s'enfuient en empruntant les égouts).La poursuite en voiture a eu lieu par la même occasion dans le quartier de la Kasbah.

La logistique du tournage des scènes de désert (en particulier le choix des lieux et la préparation du séjour de l'équipe de tournage sur place) est placé sous la responsabilité de la co-productrice Patricia Carr, qui a déjà effectué plusieurs tournages dans des déserts pour la première trilogie Star Wars et deux Indiana Jones dans les années 1970-80[15]. Le logement de l'équipe pose des difficultés, car Arfoud est une petite ville dont les hôtels sont habitués à ne loger que des touristes restant pour quelques jours[15]. Malgré tout le déploiement logistique possible, les conditions de tournage restent éprouvantes pour tout le monde en raison de la chaleur, des tempêtes de sable et de la faune sauvage locale (serpents, scorpions, araignées). L'équipe de tournage comprend environ 800 personnes : les acteurs, les équipes techniques, ainsi que 200 cavaliers touaregs et 80 légionnaires[15]. Une équipe médicale séjourne sur place en même temps que les acteurs[15].

Les scènes d'action sont préparées en concertation avec l'équipe technique chargée de gérer les cascades[16]. Les acteurs reçoivent un entraînement afin de monter convenablement des dromadaires à grande vitesse dans les scènes de poursuite et de manier les armes de manière crédible dans les scènes de combat[15].

Le décor le plus important construit pour le tournage des scènes d'extérieur est celui de la cité d'Hamunaptra, qui est construit dans le cratère d'un volcan éteint près d'Arfoud repéré par Allan Cameron (collaborateur de Stephen Sommers pour son film Le Livre de la jungle)[15]. L'équipe du film prend des mesures précises de l'endroit, qui est reconstitué aux studios de Shepperton, à Londres au Royaume-Uni, sous forme de maquettes à échelle réduite : elles sont utilisées pour planifier le tournage de la façon la plus efficace possible[15]. La construction du décor dure seize semaines. Plusieurs plateaux de décors intègrent des mécanismes permettant à la cité de s'effondrer en prévision des scènes finales du film ; à cet effet, les colonnes des bâtiments sont constituées d'une structure interne métallique recouverte de fibre de verre et intégrant des câblages pour les effets spéciaux, tandis que le reste des décors est construit en plâtre[15]. Comme prévu, le décor est détruit devant les caméras à la fin du tournage pour les besoins de ces scènes[15].

 
Les studios de Shepperton où de nombreuses scènes du film ont été tournées.

Après le tournage des scènes d'extérieur au Maroc, le tournage des scènes d'intérieur se déroulant à Hamunaptra a lieu aux studios de Shepperton de Londres. C'est notamment là que sont tournés les plans de la nécropole souterraine et de la chambre du trésor[15]. Les scènes d'extérieur qui se déroulent dans le port de Gizeh, au bord du Nil, sont tournées au Chatham Dockyard au Royaume-Uni et donnent lieu à la construction d'un décor vaste et complexe[15].

La scène dans la bibliothèque au début du film a été tournée en une seule prise. Il aurait fallu deux jours pour tout remettre en place et la tourner à nouveau. On retrouve une scène similaire au début de la suite, Le Retour de la momie.

Le film doit comporter un grand nombre d'effets visuels numériques dont l'ajout ne se fera que pendant la post-production : de ce fait, pendant le tournage, les acteurs doivent souvent recourir avant tout à leur imagination et aux conseils de Sommers pour réagir à des événements ou à des créatures absents du plateau[16]. Arnold Vosloo, qui joue la momie, est physiquement présent sur le plateau mais porte principalement des capteurs de mouvement destinés à animer son personnage par ordinateur ensuite. L'équipe du film montre en revanche aux autres acteurs, avant le tournage de chaque scène, une photo de ce à quoi Imhotep est supposé ressembler[16].

Une partie des scènes utilise en revanche du maquillage, des prothèses physiques et des animatroniques : cette partie des effets spéciaux est supervisée par Nick Dudman[16]. Par ailleurs, certaines scènes effrayantes du film sont tournées avec des animaux réels, notamment la scène où Rachel Weisz a plusieurs criquets sur le corps, ou bien celle où elle est enchaînée à un autel tandis que des rats lui courent dessus[15].

D'autres effets spéciaux, notamment les incendies sur le bateau ou au fort britannique, les explosions pendant l'attaque des Touaregs ou le crash du biplan, sont dirigés par Chris Corbould et complétés par des effets numériques pendant la post-production[16].

Post-productionModifier

 
Un danseur portant une combinaison avec des marqueurs passifs réfléchissants, lors d'une capture optique de mouvement.

Stephen Sommers a dès le départ l'envie de recourir aux effets spéciaux numériques pour son film, afin de lui conférer un réalisme que les maquillages et les prothèses ne permettent pas toujours d'atteindre[16].

La conception des effets visuels du film est dirigée par John Berton et mise en œuvre par la société d'effets spéciaux américaine Industrial Light & Magic. La conception visuelle du personnage de la momie et le choix des techniques à utiliser pour lui donner vie à l'écran se font bien avant le début du tournage et prennent environ trois mois[16]. Afin de rendre avec le meilleur réalisme possible les mouvements de la momie, c'est la technique de la capture de mouvement qui est retenue par Berton. Un travail préalable approfondi est réalisé par ILM à partir des photographies déjà existantes d'Arnold Vosloo (l'acteur qui joue Imhotep dans le film) puis en prenant des photographies et en réalisant des films spécifiques qui permettent aux animateurs d'étudier sa silhouette, sa démarche et ses mouvements. Par la suite, sur les plateaux de tournage, Arnold Vosloo est revêtu de capteurs qui permettent de numériser ses mouvements avec précision et de disposer ainsi d'une base pour animer la momie en images de synthèse dans chaque plan concerné[16]. Dans les premières scènes du film, lorsque Imhotep a encore l'apparence d'une momie, les plans sont animés entièrement en images de synthèse. À mesure que la momie s'humanise et prend les traits de l'acteur, les effets spéciaux combinent les prises de vue réelles de l'acteur en leur ajoutant des sortes de prothèses numériques (par exemple pour les plans où Imhotep n'est qu'à moitié reconstitué mais a encore une joue ou des dents manquantes)[16]. Les scènes de la dernière partie du film, où Imhotep a un aspect entièrement humain, sont simplement les prises de vue réelles d'Arnold Vosloo.

Le budget final du film s'élève à environ 80 millions de dollars[17].

Bande originaleModifier

The Mummy
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale de Jerry Goldsmith
Sortie
Durée 57 min 46 s
Genre musique de film, musique orchestrale
Format CD
Label Decca Records

Bandes originales de La Momie

La musique originale du film, composée par Jerry Goldsmith, est éditée en CD chez Decca Records en mai 1999[18]. Sur le site Allmusic[18], Stephen Thomas Erlewine estime que la bande originale est à l'image du film : « prévisible, mais d'une façon engageante » (« obvious, but engagingly so ») et qu'elle fournit une écoute « grandiose et mélodramatique » qui contient « tous les moments forts attendus ». Sur le site Score Reviews, Andreas Lindahl juge la bande originale typique des compositions de Goldsmith pour un film d'action, avec un usage net des cuivres et des percussions, notamment dans le thème principal, qui lui paraît un peu sous-exploité ; il apprécie l'usage limité et pertinent des chœurs, mais trouve un défaut potentiel dans les rythmes de percussion (notamment aux timbales) qui peuvent devenir répétitifs et ennuyeux à l'écoute de l'album entier[19].

AccueilModifier

Accueil critiqueModifier

La Momie
Score cumulé
SiteNote
Metacritic48/100[Note 2]
Rotten Tomatoes60 %[Note 3]
Allociné [Note 4]
Compilation des critiques
PériodiqueNote

Aux États-UnisModifier

La Momie sort aux États-Unis le 7 mai 1999. Il y reçoit des critiques mitigées dans la presse. Dans le quotidien Chicago Sun-Times[20], Roger Ebert voit dans le film un film d'aventure un peu immature mais extrêmement plaisant à regarder : « Il n'y a pratiquement rien que je puisse dire en faveur [du film], excepté que je me suis amusé à pratiquement chaque minute. Je ne peux pas argumenter en faveur du scénario, de la réalisation, du jeu des acteurs ou même de la momie, mais je peux dire que je ne me suis pas ennuyé et que certains moments m'ont procuré un plaisir déraisonnable. Il y a un peu d'immaturité logée au fond des crânes de même les plus sagaces d'entre nous, et nous devrions la chérir. ». Dans le magazine culturel Entertainment Weekly[21], Owen Gleiberman donne au film la note « B- » et indique : « La Momie voudrait vous faire frissonner, mais elle tente de le faire sans jamais se départir de son inconséquence joviale ».

Dans le New York Times[22], Stephen Holden signe une critique sceptique dans laquelle il estime que la surenchère de créatures et de péripéties frénétiques nuit à la qualité du résultat et estime que « cette version de La Momie ne prétend être rien d'autre qu'un jeu vidéo criard façon bande dessinée balancé à l'écran ». Il compare défavorablement le personnage de Rick O'Connell incarné par Brendan Fraser à Indiana Jones et juge sévèrement ses dialogues, estimant que les répliques du personnage font passer les remarques d'Harrison Ford dans les Indiana Jones pour « positivement shakespeariennes dans leur profondeur et leur rationalité[Note 5] ».

Le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes[23] confère au film une moyenne de 60/100 basée sur 97 critiques de presse, avec le consensus critique suivant : « Il est difficile d'argumenter de façon convaincante en faveur de La Momie si l'on essaie d'y voir une œuvre cinématographique significative de quelque espèce que ce soit, mais c'est indéniablement un film amusant à regarder ». À la même date, Metacritic, autre site américain rassemblant des critiques de films, confère à La Momie une note de 48/100 fondée sur 34 critiques de presse[24].

Néanmoins, le film reçoit un bon accueil de la part du public. Sur Rotten Tomatoes, il obtient une note de 75/100 basée sur 946 785 critiques.

En FranceModifier

La Momie sort en France le 21 juillet 1999. Le film reçoit un accueil partagé de la part des critiques de presse. Le site Allociné lui confère une note moyenne de 3,1 sur 5 calculée à partir de 14 critiques parues dans la presse et sur Internet[25]. Tous les critiques s'accordent à voir dans La Momie un film à grand spectacle sans autre prétention que le pur divertissement, mais ils sont partagés sur la qualité du résultat. Les avis les plus favorables saluent le rythme bien dosé du scénario et la qualité des effets spéciaux. Dans le quotidien généraliste Le Parisien[25], Eric Leguède indique : « Stephen Sommers signe ici un film moderne à très grand spectacle ». Dans L'Écran fantastique, magazine spécialisé en cinéma fantastique, Julien Magnat soutient que « l'honnête ambition [du film] est de distraire et d'émerveiller le plus grand nombre d'entre nous tout en respectant la grande tradition de ceux qui l'ont précédé. » Dans le quotidien Le Monde[25], au contraire, Samuel Blumenfeld pense que « jouant sur le registre de la peur (...) comme sur celui de l'ironie (...), le film affiche un mépris total du genre, reprenant ses ficelles pour mieux s'en moquer. » Dans l'hebdomadaire culturel Télérama[26], cette ironie laisse sceptique Bernard Génin, qui regrette : « Le film, qui démarre sérieux, bifurque très vite vers la parodie foutraque (...) Ce n'est plus La Momie, c'est Y a-t-il un aventurier dans la pyramide ? » mais concède que « les grands gamins nostalgiques du cinoche du samedi soir seront à la fête ». Dans le magazine Le Nouvel Observateur[25], François Forestier voit dans le film « du cinéma high-tech, idéal pour passer un après-midi de vacances » mais lui reproche son manque total de poésie.

Cependant, le film reçoit un accueil positif du public. Sur Allociné, il obtient une note de 3,3 sur 5 calculée à partir de 493 critiques.

Box officeModifier

La Momie de Stephen Sommers sort aux États-Unis le 7 mai 1999. Les studios Universal traversent alors une période de difficultés financières et comptent sur le film pour remonter la pente[27]. Distribué dans 3210 salles dans le pays, La Momie accumule plus de 43,4 millions de dollars de recettes lors de son premier week-end en salles, ce qui est à l'époque le neuvième meilleur démarrage en salles de tous les temps aux États-Unis : c'est un succès pour le studio[28]. Selon les chiffres du site Box Office Mojo, le film accumule un peu plus de 155 millions de dollars de recette aux États-Unis et un peu plus de 260 millions de dollars dans les autres pays, pour un total d'un peu moins de 416 millions de dollars de recettes totales dans le monde[17].

Le film sort en France le 21 juillet 1999. Il rassemble un peu plus d'1,13 million d'entrées au cours de sa première semaine, puis environ 627 000 entrées en deuxième semaine et 418700 entrées en troisième semaine, soit un peu plus de 2 060 000 entrées en trois semaines[29]. Entre le 21 juillet 1999 et fin septembre 1999, le film cumule un peu plus de 3 millions d'entrées dans le pays[30].

DistinctionsModifier

Le film remporte quatre prix et figure parmi les films nommés pour plusieurs autres prix. En 1999, le film remporte en Allemagne le prix Bogey d'or et le prix de l'Écran d'or[31].

En 2000, La Momie remporte le prix du meilleur maquillage (remis à Nick Dudman et Aileen Seaton) auprès de l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur aux États-Unis, où il fait partie des films nommés pour plusieurs autres prix : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur (Brendan Fraser), meilleure actrice (Rachel Weisz), meilleurs costumes (John Bloomfield), meilleure musique (Jerry Goldsmith), meilleur scénario (Stephen Sommers) et meilleurs effets spéciaux (John Andrew Berton Jr., Daniel Jeannette, Ben Snow et Chris Corbould)[31].

En 2000, le compositeur Jerry Goldsmith reçoit le prix BMI de la Meilleure musique de film aux États-Unis pour sa bande originale du film[31].

Le film fait partie des films nommés pour l'Oscar du meilleur son en 2000[31].

AnalyseModifier

Pertinence historiqueModifier

 
Scène de funérailles avec momie. Fac-similé d'une illustration sur le Papyrus d'Ani, une version du Livre des morts réalisée vers 1200 av. J.-C.

Le film de Stephen Sommers a eu recours à une documentation historique et à des consultants égyptologues, mais garde une grande liberté par rapport à la réalité historique pour les besoins de l'intrigue.

Certains détails du film sont historiquement exacts. Ainsi les Égyptiens antiques et les guerriers momies emploient des armes en bronze et non en fer, la maîtrise du fer s'étant faite après l'époque dont ils proviennent[32]. Lors de la découverte du complexe funéraire où repose la momie, Evelyn découvre une salle de momification qu'elle nomme à juste titre Sah-Netjer[32].

Le nom des Médjaï est porté dans le film par des gardes du corps du pharaon, qui deviennent dans les années 1920 des protecteurs des tombes. Dans l'Égypte antique réelle, ce nom a été porté par des nomades nubiens qui furent recrutés par l'armée égyptienne en tant que mercenaires et paramilitaires, et firent partie de la police égyptienne pendant la période du Nouvel Empire (entre 1500 et 1000 av. J.-C. environ)[32]. Le film imagine leur survie en tant que secte mystique bien après l'Antiquité.

Le film nomme le prêtre momifié « Imhotep ». Ce nom, dans la réalité, est principalement associé à un vizir et architecte ayant vécu au IIIe millénaire av. J.-C., sous le règne du pharaon Djéser, donc nettement avant l'époque de Séthi Ier à laquelle vit l'Imhotep du film. Cependant, Imhotep était un nom relativement courant en Égypte antique[réf. nécessaire].

Le nom d'Hamunaptra, mentionné dans le film au titre de « Cité des morts », ne correspond pas à un site archéologique précis en Égypte[33]. Le concept d'Hamunaptra s'inspire peut-être de la Vallée des rois, située sur la rive occidentale du Nil près de Thèbes, région connue pour abriter de nombreux tombeaux (en particulier ceux des pharaons des dynasties les plus récentes).

Dans le film, le Livre des morts égyptien est présenté comme un ouvrage n'existant qu'en un seul exemplaire et contenant des formules magiques capables de ressusciter les morts. En réalité, le Livre des morts, dans ses différentes versions, est l'un des écrits que les archéologues retrouvent le plus couramment dans les tombes égyptiennes antiques[34]. Ses formules n'avaient pas pour ambition de faire revenir les morts à la vie ici-bas mais de les réveiller au moment d'accéder à l'après-vie dans l'au-delà[35]. De plus, le concept de livre au sens moderne du terme n'est pas pertinent en Égypte ancienne : le "livre" des morts, qui n'était d'ailleurs pas appelé ainsi par les Égyptiens, était reproduit sur les murs des tombes, sur des rouleaux de papyrus ou encore sur la tombe elle-même[réf. nécessaire].

Le processus de momification tel qu'il apparaît dans le film contient des inexactitudes historiques. Il montre cinq vases canopes utilisés pour recueillir les organes du défunt, dont un contenant le cœur. En réalité, lorsque la momification incluait l'emploi de vases canopes pour extraire et conserver les organes (ce que seuls les gens des catégories sociales les plus élevées et les plus riches pouvaient se permettre), on utilisait au maximum quatre vases canopes, et on n'y conservait jamais le cœur, car cet organe abritait l'âme dans les croyances religieuses des anciens Égyptiens et il était toujours laissé à l'intérieur de la poitrine (ou replacé lorsqu'il en était extrait temporairement pendant la préparation du corps)[32].

Autour du filmModifier

Éditions en vidéoModifier

Le film est sorti sous la forme d'une cassette vidéo VHS distribuée par Universal Pictures en 1999[36].

Le film sort en DVD "Deluxe édition", sous la forme de 4 DVD sous coffret, en 2002[37].

En 2004, une édition La Momie : ultimate edition regroupe La Momie, Le Retour de la momie et Le Roi scorpion dans un coffret de 5 DVD[38].

Le film sort en HD DVD en 2007 puis en Blu-ray (avec une définition d'image de 1080p) en 2008[39].

Fin 2017, le film ressort en 4K Ultra HD Blu-ray dans une version nettoyée et remastérisée avec une résolution d'image de 2160p HDR (Ultra HD Blu-ray) et un son de qualité DTS:X (core DTS-HD Master Audio 7.1) pour la version originale, tandis que la version française conserve la qualité DTS 5.1 (mi-débit) qui était celle des premières éditions DVD. L'édition comprend plusieurs bonus : trois commentaires audio et plusieurs vidéos : « Une armée pour conquérir le monde », « L’Héritage de The Mummy », « Création des effets visuels et effets spéciaux », « Fabriquer une momie plus crédible », plusieurs scènes coupées d'une durée totale de 2 min 21 s et un photomontage d'une durée de 4 min 18 s[39].

Produits dérivésModifier

Des produits dérivés de plusieurs types s'appuyant sur la franchise La Momie sont commercialisés au moment de la sortie du film et au cours des années suivantes.

Des novélisations du film et de ses suites sont écrites par Max Allan Collins.

Deux adaptations du film en jeu vidéo sont réalisées : The Mummy, un jeu d'action et d'aventure pour PlayStation et PC développé par Rebellion Developpements[40], et The Mummy, un jeu d'énigmes pour Game Boy Color développé par Konami Nagoya[41].

En 2004, une attraction Revenge of the Mummy ouvre à Universal Studios Florida puis à Universal Studios Hollywood.

Suites et films dérivésModifier

Le succès commercial du film de Sommers donne lieu à deux suites : Le Retour de la momie, du même réalisateur, en 2001, puis La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon de Rob Cohen en 2008.

Titre français Titre Original Année Réalisateur Acteur principal
La Momie The Mummy 1999 Stephen Sommers Brendan Fraser
Le Retour de la momie The Mummy Returns 2001
La Momie : La Tombe de l'empereur Dragon The Mummy : Tomb of the Dragon Emperor 2008 Rob Cohen

Quatre films formant une série dérivée ont également été réalisés autour du Roi Scorpion, un personnage de roi akkadien introduit dans Le Retour de la momie. Le premier, Le Roi scorpion, est réalisé par Chuck Russell et sort en salles en 2002. Les deux autres films sortent directement en vidéo : Le Roi Scorpion 2 : Guerrier de légende, réalisé par Russell Mulcahy, en 2008, qui est une préquelle au Roi Scorpion. Le Roi Scorpion 3 : L'Œil des dieux est réalisé par Roel Reine et sort en 2012 ; il prend la suite de l'intrigue du premier film. Le Roi Scorpion 4 : La Quête du pouvoir sort direct-to-video en 2015.

La franchise donne également lieu à la production d'une série télévisée d'animation pour la jeunesse, La Momie, en 2001.

En 2017, la série de films fait l'objet d'un reboot, également intitulé La Momie, mettant en vedette Tom Cruise.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La date apparaît à l'écran pendant les toutes premières scènes du film.
  2. Moyenne réalisée sur 34 critiques
  3. Moyenne réalisée sur 97 critiques
  4. Moyenne réalisée pour 14 titres de presse
  5. « Mr. Fraser's Rick is a flaky chip off Harrison Ford's block. (...) His exclamations make Mr. Ford's throwaway remarks in the Indiana Jones films seem positively Shakespearean in their depth and rationality. »

RéférencesModifier

  1. Stuart Tyson Smith (2007), p. 16-17.
  2. Stuart Tyson Smith (2007), p. 17.
  3. Stuart Tyson Smith (2007), p. 18-19
  4. a b c d et e « The Mummy That Wasn't », article dans Cinescape, 3 mai 1999.
  5. a b et c « Universal rolls out new, improved Mummy », article de Louis B. Hobson dans The Calgary Sun le 1er mai 1999.
  6. a b c et d « Unwrapping The Mummy », article de Jim Slotek dans le Toronto Sun le 2 mai 1999.
  7. « dark, sexual and filled with mysticism (...) it would have been a great low-budget movie ». « Unwrapping The Mummy », article de Jim Slotek dans le Toronto Sun le 2 mai 1999.
  8. « as a kind of Indiana Jones or Jason and the Argonauts with the mummy as the creature giving the hero a hard time ». « Universal rolls out new, improved Mummy », article de Louis B. Hobson dans The Calgary Sun le 1er mai 1999.
  9. « Updating A Well-Preserved Villain », article d'Elizabeth Snead dans USA Today le 7 mai 1999.
  10. a b et c Page « Birth » sur la rubrique « Behind the scenes » du site officiel du film (consultée sur l'Internet Archive). Page consultée le 25 avril 2014.
  11. « That's a Wrap », article de Liane Bonin dans Entertainment Weekly le 7 mai 1999. Page consultée le 21 avril 2014.
  12. « Unwrapping The Mummy : An Interview with Stephen Sommers », article de Daniel Argent dans Creative Screenwriting en 1999.
  13. Stephen Sommers indique sur le site officiel du film : « Je voulais vraiment faire une grande aventure flamboyante et romantique située en Égypte ancienne, et La Momie offrait tout cela et davantage (...) Je voulais faire un film sur des personnages dont le sort m'intéresse vraiment. Imhotep, la Momie, est vraiment un romantique. Même dans l'original, Boris Karloff était un romantique fini, aussi ». (« I really wanted to do a big roaring romantic adventure set in ancient Egypt, and The Mummy offered all that and more (...) I wanted to make a film with characters I really care about. Imhotep, the Mummy, is really a romantic. Even in the original, Boris Karloff was a hopeless romantic, too. »). Page « Birth » sur la rubrique « Behind the scenes » du site officiel du film (consultée sur l'Internet Archive). Page consultée le 25 avril 2014.
  14. Stuart Tyson Smith (2007).
  15. a b c d e f g h i j k l m n et o Page « On location » dans la rubrique « Behind the scenes » du site officiel du film (consultée sur l'Internet Archive dans son état du 8 octobre 1999). Page consultée le 26 avril 2014.
  16. a b c d e f g h et i Page « Effects » dans la rubrique « Behind the scenes » du site officiel du film (page consultée sur l'Internet Archive dans son état du 21 décembre 1999). Page consultée le 26 avril 2014.
  17. a et b Fiche du film sur le site Box Office Mojo. Page consultée le 20 avril 2014.
  18. a et b Fiche de l'album et critique par Stephen Thomas Erlewine sur Allmusic. Page consultée le 20 avril 2014.
  19. Fiche et critique de l'album par Andreas Lindahl sur le site Score Reviews (page archivée sur l'Internet Archive). Page consultée le 20 avril 2014.
  20. Critique du film par Roger Ebert conservée sur le site personnel de Roger Ebert. Page consultée le 20 avril 2014. Citation en anglais : « There is hardly a thing I can say in its favor, except that I was cheered by nearly every minute of it. I cannot argue for the script, the direction, the acting or even the mummy, but I can say that I was not bored and sometimes I was unreasonably pleased. There is a little immaturity stuck away in the crannies of even the most judicious of us, and we should treasure it ».
  21. Critique du film par Owen Gleiberman dans Entertainment Weekly le 7 mai 1999. Page consultée le 20 avril 2014. Citation en anglais : « The Mummy would like to make you shudder, but it tries to do so without ever letting go of its jocular inconsequentiality. »
  22. Critique du film par Stephen Holden dans le New York Times le 7 mai 1999. Page consultée le 20 avril 2014. Citation en anglais : « this version of The Mummy has no pretenses to be anything other than a gaudy comic video game splashed onto the screen. »
  23. Fiche du film sur le site Rotten Tomatoes. Page consultée le 4 mars 2020. Le consensus critique en anglais est : « It's difficult to make a persuasive argument for The Mummy as any kind of meaningful cinematic achievement, but it's undeniably fun to watch. »
  24. Fiche du film sur Metacritic. Page consultée le 4 mars 2020.
  25. a b c et d page « Critiques de presse du film » sur Allociné. Page consultée le 4 mars 2020.
  26. Critique du film par Bernard Génin dans Télérama le 21 juillet 1999. Page consultée le 20 avril 2014.
  27. Forecast: Biding Time Until... You Know, article de Brandon Gray sur Box Office Mojo le 7 mai 1999. Page consultée le 20 avril 2014.
  28. « 'Mummy' is Monstrous », article de Brandon Gray sur le site Box Office Mojo le 11 mai 1999.
  29. Fiche de La Momie de 1999 sur JP's Box Office. Page consultée le 17 mars 2018.
  30. Box office du film sur Allociné. Page consultée le 20 avril 2014.
  31. a b c et d Page Awards du film sur l'Internet Movie Database. Page consultée le 20 avril 2014.
  32. a b c et d Stuart Tyson Smith (2007), p. 29.
  33. Sur l'ancien site officiel du film, conservé sur l'Internet Archive, la page « On location » de la section Behind the scenes (dans son état du 2 mars 2000) indique : « Dans La Momie, Hamunaptra est la cité dissimulée dans le désert qui surgit du sol quand nos héros chasseurs de trésors approchent. Mais tenter de créer cette forteresse magique présenta un rude défi pour l'équipe du film. Les chercheurs compilant des livres sur l'architecture et la vie en Egypte [antique] ne trouvèrent aucune information sur l'existence d'une cité pareille, de sorte que l'esprit créatif devait être à son maximum » (« In The Mummy, Hamunaptra is the hidden city in the desert which rises from the ground when our treasure-seeking heroes approach. But to try and create this magical fortress on film presented a huge challenge for the production. Researchers pouring over books on Egyptian architecture and Egyptian life found no information on the existence of such a city, so the creative brain power had to be at its peak. ») Il existe une nécropole appelée "Cité des morts" au sud-est du Caire, mais c'est un cimetière musulman nettement postérieur à l'Antiquité pharaonique. Voir Cité des morts (Le Caire) (en).
  34. Stuart Tyson Smith (2007), p. 28-29.
  35. Stuart Tyson Smith (2007), p. 22-23.
  36. Fiche de la VHS de The Mummy sur Worldcat. Page consultée le 8 avril 2018.
  37. La momie : Deluxe édition. Page consultée le 8 avril 2018.
  38. Fiche de La Momie : ultimate edition (DVD, 2004 sur Worldcat. Page consultée le 8 avril 2018.
  39. a et b Test 4K Ultra HD Blu-Ray : La Momie (1999), article de la rédaction du site HD numérique le 23 octobre 2017. Page consultée le 8 avril 2018.
  40. Fiche du jeu sur le site IGN. Page consultée le 20 avril 2014.
  41. Critique du jeu par Craig Harris sur IGN le 19 décembre 2000. Page consultée le 20 avril 2014.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Stuart Tyson Smith, « Unwrapping the Mummy. Hollywood fantasies, Egyptian realities », dans Julie M. Schablitsky (éd.), Box Office Archaeology. Refining Hollywood's visions of the past, Left Coast Press, 2007, p. 16-33. (Article écrit par l'historien ayant servi de consultant historique pour le film.)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier