Wes Craven

Cinéaste américain
Wes Craven
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Wes Craven en 2010
Nom de naissance Wesley Earl Craven
Naissance
Cleveland, Ohio, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 76 ans)
Los Angeles, Californie, États-Unis
Profession Réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur
Films notables La Dernière Maison sur la gauche (1972)
La colline a des yeux (1977)
Les Griffes de la nuit (1984)
Scream (1996)
Site internet http://www.wescraven.com

Wes Craven [wɛs ˈkɹeɪvən][1], né le à Cleveland dans l'Ohio et mort le [2] à Los Angeles en Californie, est un réalisateur, scénariste, écrivain, producteur, acteur et monteur de cinéma américain. Considéré avec John Carpenter comme « le maître de l'horreur », il créa de nouveaux genres avec entre autres Les Griffes de la nuit et Scream. De plus, avec sa collaboration à titre de réalisateur pour de nombreux épisodes de la série Twilight Zone, diffusée sur la chaîne américaine CBS dans les années 1980, il manie avec le plus grand art ses techniques de réalisations et son esthétisme.

Ses longs métrages ont souvent suscité la polémique comme avec son premier film La Dernière Maison sur la gauche. Ses plus grands films à succès sont La colline a des yeux, Les Griffes de la nuit, en créant les personnages mythiques de Freddy Krueger et celui de Ghostface dans la série de films Scream, le plus gros succès du réalisateur. Le metteur en scène réalise son premier thriller Red Eye : Sous haute pression (Red Eye), sorti en 2005.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Wesley Earl Craven[3] est né le à Cleveland dans l'Ohio, il est le fils de Paul Eugene Craven et de Caroline Miller Craven, famille de Baptistes. Après le décès de son père en 1945, sa mère l'élève selon une morale stricte, par exemple elle lui interdit la lecture des illustrés pour enfants[4]. Après ses études secondaires, il est accepté au Wheaton College (Illinois) où il obtient un Bachelor of Arts (licence) en littérature anglaise et psychologie[5],[6] puis il est accepté à l'université Johns Hopkins de Baltimore, dans le Maryland, où il soutient avec succès un Master of Arts (mastère 2) en philosophie[7],[8]. Wes Craven devient professeur de sciences humaines et de dramaturgie au Westminster College (Pennsylvania) (en) puis à l'Université Clarkson de Potsdam dans l'État de New York[9],[10]. Parallèlement, il enseigne à la Waddington High School de Madrid, New York (en)[11]. À la fin des années 1960, il part pour New York, où il obtient un poste dans une maison de production. D'abord chargé de superviser le département des documentaires, il devient vite assistant de production tout en se perfectionnant au montage.

Les premières mises en scèneModifier

En 1972, le cinéaste écrit et réalise La Dernière maison sur la gauche, un film d'horreur d'une extrême violence qui préfigure déjà l'intérêt du cinéaste pour le morbide[12],[13]. Ce premier essai, très remarqué, lui permet de mettre en scène, cinq ans plus tard, un classique du genre : La colline a des yeux, un long métrage s'inspirant de documentaires sur la guerre du Vietnam[14]. Adapté de l'histoire vraie d'une famille écossaise anthropophage qui tendait des embuscades aux voyageurs de la région, le film remporte de nombreuses récompenses à travers le monde.

Les premiers succès mondiauxModifier

 
Cosplay de Freddy Krueger.

En 1980, avec La Ferme de la terreur, il offre un de ses premiers rôles à Sharon Stone[15],[16],[17], mais il lui faut attendre 1984 et les premières aventures de Freddy dans Les Griffes de la nuit, dans lequel Johnny Depp fait ses débuts à l'écran, pour accéder enfin à la consécration[18],[19]. Dès lors intronisé maître de l'horreur, Wes Craven poursuit dans cette veine avec Shocker en 1989[20],[21], et Le Sous-sol de la peur en 1991[22],[23],[24], mais c'est toujours avec Freddy, l'homme au visage brûlé, pull rayé et griffes d'acier, qu'il rencontre le succès. En témoigne la sortie du septième volet de la saga, Freddy sort de la nuit, en 1994[25],[26],[27].

Second souffle du slasher movieModifier

Après le succès très mitigé de Un vampire à Brooklyn, sorti en 1995, avec Eddie Murphy[28],[29],[30] (qui deviendra par la suite un film culte parmi les fans), Wes Craven donne un second souffle au slasher movie, et par la même occasion à sa carrière, avec Scream[31],[32], Grand Prix au Festival Fantastique de Gérardmer en 1996[33]. Dans la foulée, il réalise Scream 2[34],[35],[36] et peut, grâce aux retombées financières des deux films, mettre en scène un projet plus personnel, La Musique de mon cœur, un drame interprété par Meryl Streep[37],[38]. S'ensuivra le triomphe au box-office de Scream 3[39],[40],[41], dernier volet des aventures du serial killer masqué (jusqu'à ce qu'une suite, Scream 4 soit décidée en 2009, et produite en 2010)[42],[43].

Les derniers filmsModifier

Croulant sous les propositions de grands studios, Wes Craven prend son temps pour finalement tourner en 2004 le film de loups-garous Cursed, maintes et maintes fois remonté[44],[45]. Pour se remettre de ce fiasco, le cinéaste tente une incursion dans le domaine du thriller en confinant Rachel McAdams et Cillian Murphy dans le Boeing 767 de Red Eye : Sous haute pression (Red Eye) en 2005[46],[47],[48],[49]. Le film est un succès immédiat.

En 2010, il reprend la réalisation de Scream 4[43], sorti en France le .

Vie personnelleModifier

Il a une sœur prénommée Carol Buhrow et un frère Paul Eugene Craven Jr.

En 1964, il épouse Bonnie Broecker, le couple donne naissance à deux enfants, Jonathan Christian et Jessica, ils divorcent en 1969[50].

En 1982, il épouse l'actrice et photographe Millicent Eleanor Meyer dite Mimi Craven (de) le couple divorce en 1987[51],[52],[50].

En 2004, il épouse la productrice de cinéma Iya Labunka[53],[54].

Wes Craven décède le des suites d'une tumeur cérébrale à son domicile de Los Angeles[2],[55].

Wes Craven repose au Lambert's Cove Cemetery de West Tisbury, Massachusetts (en) aux côtés de ses parents et de son frère[56].

ReconnaissanceModifier

Une rétrospective lui est consacrée à la Cinémathèque française en 2016[57].

Il est une inspiration pour les réalisateurs français et américains : Alexandre Aja, Eli Roth, Rob Zombie, Kyle Newman ou encore Jack Thomas Smith.

FilmographieModifier

RéalisateurModifier

Longs métragesModifier

Court métrageModifier

TéléfilmsModifier

ActeurModifier

Wes Craven réalise fréquemment des caméos dans ses films :

ProducteurModifier

ScénaristeModifier

ŒuvresModifier

  • (en) Flowers in the attic : a screenplay, 2nd Draft, , 117 p. (OCLC 19482078),
  • (en) co-écrit avec David Bergantino, Wes Cravens New Nightmare, Tom Doherty Books, , 244 p. (ISBN 9780812551662, lire en ligne)
  • (en) co-écrit avec Brian J. Robb, Screams and Nightmares: Films of Wes Craven, Titan Books Ltd et Overlook Press, , 198 p. (ISBN 9781852869458, lire en ligne),
  • (en) Fountain Society, Simon & Schuster, , 352 p. (ISBN 9780684846606, lire en ligne),
  • (en) Buddies: The Adventures of Joe Willy and Musso, Archway Publishing, , 52 p. (ISBN 9781480817364),

BibliographieModifier

EssaisModifier

AnglophonesModifier

  • David A. Szulkin, Wes Craven's Last House on the Left: The Making of a Cult Classic, FAB Press, octobre 1997, rééd. 1 novembre 2000, 215 p. (ISBN 9781903254011),
  • John Wooley, Wes Craven: The Man and his Nightmares, Wiley, , 272 p. (ISBN 9780470497500),

FrancophonesModifier

  • Eric Dufour, Le cinéma d'horreur et ses figures, Presses Universitaires de France, , 224 p. (ISBN 9782130558262),

ArticlesModifier

AnglophonesModifier

  • Christopher Sharrett & Wes Craven, « "Fairy Tales for the Apocalypse": Wes Craven on the Horror Film », Literature/Film Quarterly, Vol. 13, No. 3,‎ , p. 139-147 (9 pages) (lire en ligne),
  • Valerie Wee, « The Scream Trilogy, "Hyperpostmodernism," and the Late-Nineties Teen Slasher Film », Journal of Film and Video, Vol. 57, No. 3,‎ , p. 44-61 (18 pages) (lire en ligne),
  • Steffen Hantke, « Academic Film Criticism, the Rhetoric of Crisis, and the Current State of American Horror Cinema: Thoughts on Canonicity and Academic Anxiety », College Literature, Vol. 34, No. 4,‎ , p. 191-202 (12 pages) (lire en ligne),
  • James Kendrick, « Razors in the Dreamscape: Revisiting "A Nightmare on Elm Street" and the Slasher Film », Film Criticism, Vol. 33, No. 3,‎ , p. 17-33 (17 pages) (lire en ligne),
  • Kyle Christensen, « The Final Girl versus Wes Craven's "A Nightmare on Elm Street":Proposing a Stronger Model of Feminism in Slasher Horror Cinema », Studies in Popular Culture, Vol. 34, No. 1,‎ , p. 23-47 (25 pages) (lire en ligne),
  • Karra Shimabukuro, « The Bogeyman of Your Nightmares: Freddy Krueger's Folkloric Roots », Studies in Popular Culture, Vol. 36, No. 2,‎ , p. 45-65 (21 pages) (lire en ligne),
  • Caetlin Benson-Allott, « Wes Craven: Thinking Through Horror », Film Quarterly, Vol. 69, No. 2,‎ , p. 74-76 (3 pages) (lire en ligne),

FrancophonesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. a et b (en-US) Sharon Waxman, « Wes Craven, Hollywood Horror Master, Dead at 76 », sur TheWrap, (consulté le 3 août 2020)
  3. (en) « Wes Craven | Biography, Movies, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 3 août 2020)
  4. (en-GB) « Wes Craven obituary », sur the Guardian, (consulté le 3 août 2020)
  5. (en-US) Keith Call, « Wes Craven at Wheaton College | ReCollections » (consulté le 3 août 2020)
  6. (en-US) Michael Phillips, « Wes Craven, Wheaton College's most influential dreamer », sur chicagotribune.com, (consulté le 3 août 2020)
  7. (en-US) « Notable Alumni », sur Johns Hopkins University (consulté le 3 août 2020)
  8. (en-US) « Wes Craven | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 3 août 2020)
  9. « Wes Craven, Legendary Horror Director, Dead At 76 », sur CINEMABLEND, (consulté le 3 août 2020)
  10. (en-US) « 10 Things You Didn't Know About Clarkson », sur DIY at Clarkson University, (consulté le 3 août 2020)
  11. (en-US) « Wes Craven interview - "The Man Who Created Freddy Krueger is Back With Renewed Respect" | Cinema | Leisure », sur Scribd (consulté le 3 août 2020)
  12. (en-US) Sean Witzke, « Night of Vengeance: Wes Craven’s ‘The Last House on the Left’ 43 Years Later », sur Grantland, (consulté le 3 août 2020)
  13. (en-US) Roger Ebert, « Last House on the Left movie review (1972) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  14. (en) « 11 Terrifying Facts About The Hills Have Eyes », sur www.mentalfloss.com, (consulté le 3 août 2020)
  15. (en) « 'Deadly Blessing' Is Wes Craven's Misstep on the Way to Elm Street », sur PopMatters, (consulté le 3 août 2020)
  16. (en) Charles Webb, « Blu-ray Review: Wes Craven, The Sinister Sect, The Bathtub Snake, And Sharon Stone In 'Deadly Blessing' (1981) », sur MTV News (consulté le 3 août 2020)
  17. « La Ferme de la Terreur - Film (1981) - SensCritique », sur www.senscritique.com (consulté le 3 août 2020)
  18. (en-US) Roger Ebert, « A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors movie review (1987) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  19. « Les Griffes de la nuit - Film (1984) - SensCritique », sur www.senscritique.com (consulté le 3 août 2020)
  20. (en) Variety Staff et Variety Staff, « Shocker », sur Variety, (consulté le 3 août 2020)
  21. « Shocker - Film (1989) - SensCritique », sur www.senscritique.com (consulté le 3 août 2020)
  22. (en-US) Vincent Canby, « Review/Film; Mad and Bloodsucking Landlords », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 3 août 2020)
  23. (en-US) « The People Under the Stairs », sur www.washingtonpost.com, (consulté le 3 août 2020)
  24. « Le Sous-sol de la peur - Film (1992) », sur EcranLarge.com (consulté le 3 août 2020)
  25. (en-US) Roger Ebert, « Wes Craven's New Nightmare movie review (1994) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  26. (en-US) Janet Maslin, « FILM REVIEW; Freddy Krueger Enters The Real World. Yikes! », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 3 août 2020)
  27. « Wes Craven est mort: dans le secret des "Griffes de la nuit" », sur LExpress.fr, (consulté le 3 août 2020)
  28. (en-US) Roger Ebert, « Vampire In Brooklyn movie review (1995) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  29. « Un Vampire à Brooklyn », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 3 août 2020)
  30. (en) James Berardinelli, « Vampire in Brooklyn », sur Reelviews Movie Reviews (consulté le 3 août 2020)
  31. (en-US) Neda Ulaby, « Rest In Peace, Wes Craven — The Rest Of Us Sure Won't », sur NPR.org, 31 avril 2015 (consulté le 3 août 2020)
  32. (en-US) Roger Ebert, « Scream movie review & film summary (1996) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  33. par Patrick Tardit, « Gérardmer, mais si c’est fantastique ! », sur Infodujour.fr, (consulté le 3 août 2020)
  34. (en-US) Roger Ebert, « Scream 2 movie review & film summary (1997) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  35. Jérôme Lachasse, « Scream : comment Wes Craven a renouvelé le cinéma d'horreur », sur Le Figaro.fr, (consulté le 3 août 2020)
  36. « Scream 2 - Film (1998) », sur EcranLarge.com (consulté le 3 août 2020)
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  38. Isabelle POTEL, « La Musique de mon coeur », sur Libération.fr, (consulté le 3 août 2020)
  39. (en) Roger Ebert, « Scream 3 movie review & film summary (2000) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
  40. (en-US) Richard Schickel, « Scream-ish », Time,‎ (ISSN 0040-781X, lire en ligne, consulté le 3 août 2020)
  41. « Entretien avec le réalisateur. Wes Craven, de l'horreur à Hilary. Scream 3 de Wes Craven, avec Courteney Cox, David Arquette, Neve Campbell"" 1 h 57 », sur Libération.fr, (consulté le 3 août 2020)
  42. (en-GB) « Scream 4 – review », sur the Guardian, (consulté le 3 août 2020)
  43. a et b (en-US) Roger Ebert, « Scre4m movie review & film summary (2011) | Roger Ebert », sur https://www.rogerebert.com/ (consulté le 3 août 2020)
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  45. (en-US) Stephen Hunter, « 'Cursed': A Real Howler », The Washington Post,‎ (ISSN 0190-8286, lire en ligne, consulté le 3 août 2020)
  46. (en-US) David Denby, « “The 40-Year-Old Virgin,”“March of the Penguins,”“Red Eye.” », The New Yorker,‎ (lire en ligne)
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  48. « Critique : Red Eye – Sous haute pression », sur Critikat, (consulté le 3 août 2020)
  49. « « Red Eye - Sous haute pression », welcome aboard », sur L'Obs (consulté le 3 août 2020)
  50. a et b (en-GB) « Wes Craven, director and writer: Obituary », sur The Independent, (consulté le 3 août 2020)
  51. (en) « Wes Craven Biography (1939-) », sur www.filmreference.com (consulté le 3 août 2020)
  52. (en) « Mimi Craven », sur IMDb (consulté le 3 août 2020)
  53. (en-US) Nelson Sigelman, « Vineyard seasonal resident and famed director Wes Craven, dead at 76 », sur The Martha's Vineyard Times, (consulté le 3 août 2020)
  54. (en) « Iya Labunka », sur IMDb (consulté le 3 août 2020)
  55. (en-US) Kenneth R. Rosen et Erik Piepenburg, « Wes Craven, Whose Slasher Films Terrified Millions, Dies at 76 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 3 août 2020)
  56. (en) « Wes Craven (1939-2015) - Mémorial Find a Grave », sur fr.findagrave.com (consulté le 3 août 2020)
  57. Rétrospective Wes Craven, 29 juin au 31 juillet 2016 sur le site de la Cinémathèque française

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier