Invasion italienne de l'Égypte

campagne militaire
Invasion italienne de l'Égypte
Description de cette image, également commentée ci-après
L'avancée italienne en Égypte et la contre-attaque britannique qui suivit lors de l'opération Compass.
Informations générales
Date 9-
Lieu Égypte et est de la Libye
Issue Indécise ;
conquête italienne de certaines localités côtières égyptiennes
Belligérants
Royaume-Uni
Drapeau de la France France libre
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Commandants
William Gott
John Campbell[1]
Richard O'Connor
Drapeau de l'Italie Rodolfo Graziani
Drapeau de l'Italie Mario Berti
Drapeau de l'Italie Pietro Maletti
Forces en présence
Une brigade renforcée (environ 40 000 hommes)
250 avions
support naval
4 divisions
300 avions
Pertes
40 morts[2],[3]
11 autoblindés détruits
10 chars légers détruits
11 chars légers endommagés
4 camions détruits
12 camions endommagés[4]
120 morts
410 blessés[2]

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Campagne d'Afrique du Nord

Guerre du Désert


Débarquement allié en Afrique du Nord


Campagne de Tunisie

Coordonnées 26° 00′ 00″ nord, 30° 00′ 00″ est

L'invasion italienne de l'Égypte est une offensive italienne contre les Britanniques, le Commonwealth et les forces françaises libres lors de la Seconde Guerre mondiale, menée du au . Il s'agit de la première offensive menée par les Italiens en Afrique du Nord, correspondant au début de la guerre du désert.

Objectifs italiensModifier

L'objectif initial de l'offensive était de s'emparer du canal de Suez. Cette voie est alors vitale pour l'Afrique orientale italienne[5]. Pour ce faire, les forces italiennes de la Libye auraient dû avancer dans le nord de l'Égypte jusqu'au canal. Après de nombreux retards, l'objectif de l'offensive fut considérablement réduit. En fin de compte, il fut de progresser en Égypte et d'attaquer toutes les forces hostiles se trouvant face à l'armée italienne[6]. Bien que l'Égypte soit officiellement neutre, elle avait signé le traité anglo-égyptien de 1936, autorisant les forces britanniques à défendre l'Égypte, et notamment le canal de Suez où stationnait des troupes britanniques, en cas d'agression.

DéroulementModifier

L'offensive commença le lorsque les avions de la Regia Aeronautica italienne attaquèrent la Royal Air Force britannique dans l'est de la Libye et en Égypte. Les Britanniques ripostèrent en bombardant Tobrouk ainsi que d'autres villes sous contrôle italien[7]. L'avancée des troupes italiennes au sol fut considérée comme un véritable désastre, une division entière fut perdue et de nombreux chars furent mis hors de combat, soit à cause des mines, soit à cause des surchauffes de moteur (les chars de l'armée italienne étaient à cette époque composés de Fiat-Ansaldo M11/39 et de Fiat-Ansaldo M13/40, connus pour leur faible fiabilité mécanique, leur lenteur et leurs faibles performances).

Ce n'est qu'à partir du , date à partir de laquelle la 1re division italienne de chemises noires reprend le Fort Capuzzo aux forces britanniques, que l'invasion commence réellement en empruntant le col d'Halfaya, situé à la frontière lybio-égyptienne[8]. Cette progression se fait sans véritables combats. En effet, les Britanniques, en large infériorité numérique, s'étaient déjà retirés du pays après avoir miné une grande partie du désert égyptien, provoquant plusieurs pertes parmi les troupes italiennes lors de leur passage[7]. Seules des forces de couverture avaient été positionnées à Mersa Matruh mais battirent en retraite après l'arrivée de l'armée italienne dans la ville. L'invasion prit fin le lorsque les Italiens atteignirent Sidi Barrani, ville côtière de Méditerranée[9]. L'arrêt de l'offensive est dû à un manque de ravitaillement des véhicules blindés, telle que décrite par le général Rodolfo Graziani et malgré l'ordre de Mussolini, qui appelait à continuer l'invasion.

ConséquencesModifier

Bien que les forces italiennes s'emparent de plusieurs localités côtières égyptiennes, l'opération est considérée comme un échec. L'offensive est tombée très loin de son objectif initial, qui prévoyait de capturer le canal de Suez : l'armée italienne n'avança que de 80 km sur le territoire égyptien. Si elle permit de porter un petit coup à la Royal Air Force en capturant les aérodromes britanniques présents dans le pays, ils furent repris lorsque les Britanniques lancèrent l'opération Compass le et qui durera jusqu'au , marquant une large victoire britannique sur les Italiens.

Benito Mussolini s'interrogea également sur l'invasion, en s'adressant à Rodolfo Graziani, commandant en chef des opérations militaires en Égypte : « Quarante jours après la capture de Sidi Barrani je me pose la question : à qui ce long arrêt a-t-il été le plus utile ? À nous ou à l'ennemi ? Sans hésitation, je n'hésite pas à répondre : il a été utile, effectivement, plus à l'ennemi qu'à nous... Il est temps de vous demander si vous sentez que vous pouvez continuer à commander[10]. »

AnnexesModifier

Ordre de bataille pour l'invasion de l'Égypte & force Britannique de défense.

Western Desert Force (en)
Général R. N. O’Connor
  • Réserve du corps
    • 7e Bataillon, Royal Tank Regiment (sur Matilda)
    • 1st Royal Horse Artillery
    • 104e régiment d'artillerie (16 canons de 87 mm)
    • 51e régiment d'artillerie de campagne (12 canons de 76mm).
    • 7e & 64e régiments d'artillerie (12 canons de 87 mm).
  • 7e division blindée
    • 4e brigade blindée
    • 7e brigade blindée légère
    • groupe de Support (mélange d'infanterie, d'infanterie motorisée, de chars légers & d'artillerie)
  • 4e division indienne
  • 6e division australienne (à partir de la mi-Décembre)
    • 16e brigade d'infanterie Australienne
    • 17e brigade d'infanterie Australienne
    • 16e brigade d'infanterie (attachée à partir du 11/12/1940)
  • Selby Force (groupe de défense de Marsa Matrouh)

Notes et référencesModifier

  1. (en) Archibald Wavell, Despatch on Operations in the Middle East From August, p. 3001.
  2. a et b (en) Jim Fox, World War II's Opening Salvoes in North Africa
  3. (en) Winston Churchill, The Second World War, Volume II, Their Finest Hour, p. 416
  4. (it) Giorgio Bocca, Storia d'Italia nella guerra fascista 1940-1943, p. 186
  5. Jorg Echternkamp, « La gloire de Rommel », L'Histoire, no 379,‎ , p. 48
  6. (en) Kenneth Macksey, Beda Fomm: Classic Victory, p. 35
  7. a et b (en) Kenneth Macksey, Beda Fomm: Classic Victory p. 38
  8. (en) Martin Gilbert, The Second World War, p. 125
  9. (en) Ian Stanley Ord Playfair, The Mediterranean and Middle East, Volume I The Early Successes Against Italy (to May 1941), p. 210
  10. (en) Kenneth Macksey, Beda Fomm: Classic Victory, p. 47

BibliographieModifier

  • (en) Ian W. Walker, Iron Hulls, Iron Hearts : Mussolini's elite armoured divisions in North Africa, The Crowood Press Ltd, 2006, 224 p. (ISBN 1861268394)
  • (en) Richard Mead, Churchill's Lions: A biographical guide to the key British generals of World War II, Spellmount, Stroud (UK), 2007.( (ISBN 978-1-86227-431-0)
  • (en) Wavell's Despatches: Operations in the Middle East from August, 1939 to November, 1940, publié dans le London Gazette no 37609 du ; pages 2997 à 3006 Supplément
  • (en) Wavell's Despatches: Operations in the Middle East from 7th December, 1940 to 7th February, 1941, publié dans le London Gazette no 37628 du ; pages 3261 à 3269 Supplément.

Documentaires télévisésModifier

  • Milieu du 5e épisode : La politique par d'autres moyens, de la série : Les grandes erreurs militaires, sur Planète+.

Liens externesModifier