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Bataille de Koufra

bataille de la Seconde Guerre mondiale
Bataille de Koufra
Description de cette image, également commentée ci-après
Situation de Koufra - dans le sud-est de la Libye
Informations générales
Date 31 janvier -
Lieu Koufra, Libye
Issue Victoire alliée
Belligérants
Drapeau de la France France libre
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Commandants
Drapeau de la France Colonel LeclercFlag of Italy (1861–1946).svg Capitaine Colonna
Forces en présence
Drapeau de la France 350 hommes
2 automitrailleuses
Drapeau du Royaume-Uni 26 LRDG
Flag of Italy (1861–1946).svg 310 hommes
Pertes
Drapeau de la France 4 morts
21 blessés
Flag of Italy (1861–1946).svg 3 morts
4 blessés
282 capturés

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Coordonnées 24° 11′ nord, 23° 17′ est

La bataille de Koufra est une bataille de la Seconde Guerre mondiale qui eut lieu en Libye du au . Elle opposa victorieusement les troupes françaises de la colonne Leclerc, composée de 400 hommes (une cinquantaine d’Européens, pour le reste des méharistes et des tirailleurs sénégalais, en fait, essentiellement des Tchadiens et des Camerounais) et 56 véhicules automobiles sous les ordres du colonel Philippe Leclerc appuyé par les Britanniques du Long Range Desert Group à l'armée italienne.

Sommaire

DéroulementModifier

La patrouille de reconnaissance légère atteint Koufra le 7 février 1941 et rapporte ses observations au reste du groupe : les bombardements effectués par l'aviation française avec 12 Lysander et 6 Blenheim sur Koufra n'avaient pas donné de grands résultats, probablement parce que les appareils en question, déjà passablement essoufflés, agissaient en limite de leur rayon d'action.

Le 16 février, les Français (295 Africains et 101 Européens)[réf. nécessaire] arrivent aux abords de Koufra et mettent en déroute les Italiens de la Sahariana di Cufra. Après un ultime combat, le 19 février, la compagnie motorisée italienne décroche et se replie vers le nord-ouest. La garnison de Koufra ne peut plus compter que sur elle-même. Commence alors le siège du fort de Koufra.

Celui-ci est entouré d'un réseau de défense serré et normalement impossible à prendre avec le peu d'hommes dont dispose le colonel. Celui-ci va ainsi entamer une partie de poker. Son unique canon[réf. nécessaire], un 75 de montagne, sur les deux dont il disposait initialement, va ainsi jouer, du point de vue des Italiens, le rôle d'une batterie complète d'artillerie. Il le déplace, modifie ses angles de tir, l'unique canon, dirigé par le lieutenant Ceccaldi va ainsi tirer quelques dizaines de coups par jour, avec quelques coups heureux et démoralisants pour la garnison, trois obus tombent dans la salle à manger des officiers et un autre abat le drapeau italien.

Dans le même temps, les quelques mortiers de la colonne assaillent la garnison, pendant que les hommes de Leclerc harcèlent les défenses avancées de coups de main, de patrouilles, de fausses attaques qui entraînent des ripostes violentes des Italiens, en pure perte.

Toutes ces manœuvres associées à des mouvements perpétuels des camions de la colonne font que la garnison italienne croit que les troupes qui l'assiègent sont bien plus nombreuses qu'en réalité et qu'elles sont renforcées toutes les nuits.

Le 28 février, les Italiens demandent à parlementer, pour que les blessés de part et d'autre, soient mis à l'abri, ce que Leclerc refuse.

Le , enfin, des parlementaires sortent du fort et demandent aux Français leurs propositions pour une reddition dans l'honneur. Les discussions s'éternisent, jusqu'à ce que Leclerc s'invite aux négociations et ordonne aux Italiens de remonter dans leur véhicule. Lui-même se joint à eux avec deux officiers et leur commande de regagner le fort. Le coup de bluff marche à plein et les Italiens rejoignent le fort.

Arrivé en présence du commandant du fort, Leclerc impose ses conditions. La capitulation est signée immédiatement, sont ainsi capturés 11 officiers et 18 soldats italiens ainsi que 273 Libyens. Les combats ont causé 3 tués et 4 blessés côté italien. Les pertes du côté français ont été de 4 tués et de 21 blessés.

Le 3 mars, De Gaulle adresse à Leclerc un télégramme de félicitations dans lequel transparaît la fierté du chef de la France Libre pour ce qui constitue la première victoire de la France depuis la capitulation de 1940 : « Les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse ».

La BBC diffusera un peu plus tard la nouvelle de la victoire de la lointaine bataille de Koufra en des termes très élogieux.

Le serment de KoufraModifier

 
Serment de Koufra, 2 mars 1941
 
Monument en l'honneur de Leclerc mentionnant Koufra et le serment, place Broglie, Strasbourg

À l'issue de la bataille, le 2 mars 1941, le colonel Philippe Leclerc prête avec ses hommes le « serment de Koufra » :

« Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

Les Français tiendront ce serment en libérant Strasbourg le 23 novembre 1944 à la tête de la 2e division blindée.

Un square parisien, une rue nantaise ainsi qu'une statue Place Broglie à Strasbourg commémorent cet évènement. La bataille de Koufra est portée sur le drapeau du régiment de marche du Tchad (RMT). Le phénomène de « blanchiment des troupes coloniales » aura cependant évincé les combattants noirs juste avant la Libération, ne leur permettant pas de tenir leur serment.

Voir aussiModifier

SourcesModifier

  • Espoir no 107 p. 6 ; Le Général Leclerc et L'Afrique Française Libre 1940-1942/Actes du Colloque International p. 297 ; Chroniques de l'Histoire : Leclerc p. 27.
  • Le documentaire télévisé de Jean-Baptiste Dusséaux "Le blanchiment des troupes coloniales" en 2016

Articles connexesModifier