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Innus

Première Nation en Amérique du Nord
(Redirigé depuis Innu)
Innus
Description de l'image Innus mosaic.jpg.
Description de l'image InnuNation.svg.
Populations significatives par région
Drapeau : Québec Québec 25 275
Drapeau de Terre-Neuve-et-Labrador Terre-Neuve-et-Labrador 2 480
Population totale 27 755 (2016)
Autres
Régions d’origine Nitassinan
(Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord (Québec)
ainsi que la péninsule du Labrador)
Langues Innu-aimun
Religions Mushuau Innu
Ethnies liées Peuples algonquiens

Les Innus ou Ilnus, ou encore Naskapis sont un peuple autochtone originaire de l’Est de la péninsule du Québec-Labrador, plus précisément des régions de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean au Québec ainsi que de la région du Labrador à Terre-Neuve-et-Labrador[1].

Le terme « Innu » provient de leur langue, l’innu-aimun, et signifie « être humain »[2]. Ce nom fut officiellement adopté en 1990 remplaçant le terme « Montagnais » donné par les premiers explorateurs français. Les Innus désignent leur territoire ancestral sous le nom de Nitassinan.

En 2016, on estimait leur nombre à plus de 27 755, soit plus de 25 275 au Québec répartis dans 11 bandes et plus de 2 480 au Labrador dans deux bandes.

Montagnais ou InnuModifier

Au Québec, le peuple Innu (être humain dans la langue innue) est parfois divisé en deux communautés :

  • Les Montagnais du Saguenay et de la Côte-Nord ;
  • Les Naskapis, signataires de la Convention du Nord-Est du Québec. Alors les Naskapis ne font plus administrativement partie de la nation innue mais constituent une nation séparée. Depuis 1990, ils commencent à être aussi reconnus comme Innus.

HistoireModifier

 
Des Innus fabricant un canoë près de Sheshatshiu vers 1920.

Les Innus du Labrador, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord n'ont jamais officiellement cédé leur territoire au Canada par voie d'un traité autochtone, et jusqu'en 2002, les Innus des villages de Natuashish et Sheshatshiu du Labrador n'étaient pas assujettis à la loi sur les Indiens.

Avec l'expansion de l'exploitation minière et forestière depuis le début du XXe siècle, une proportion de plus en plus grande des Innus s'établissaient dans des villages au long des côtes et dans l'intérieur des terres. La sédentarisation des Innus était aussi activement encouragée par les gouvernements du Canada, du Québec et de Terre-Neuve et par les Églises catholique et anglicane, ce qui a mis définitivement fin à leur nomadisme.

Avec le déclin des activités traditionnelles (la chasse, le piégeage et la pêche), la vie dans ces nouveaux villages fut souvent troublée par la toxicomanie, la violence familiale et le suicide.

Kawawachikamach, QuébecModifier

La nation naskapie de Kawawachikamach est la seule communauté Naskapis qui ait signé un traité sur ses revendications territoriales, la Convention du Nord-Est du Québec de 1978. Depuis cette date, les Naskapis de Kawawachikamach ne sont plus assujettis à la loi sur les Indiens, comme le sont toutes les autres communautés innues du Québec.

Histoire des NaskapisModifier

Durant l'été 1603, François Gravé et Samuel de Champlain rencontrent le chef innu Begourat, qui se prépare alors à mener une campagne contre des Iroquois de la rivière Richelieu. La plus ancienne référence aux Naskapis apparaît autour de 1643 quand le Jésuite André Richard réfère aux Ounackkapiouek; mais on connaît très peu de choses sur ce groupe auquel Richard fait référence sauf le fait qu'il est une des petites nations situées quelque part au nord de Tadoussac.

Le mot Naskapi apparaît pour la première fois en 1733 qui à cette époque est décrit comme un groupe comprenant environ quarante familles qui a un important campement au Lac Achouanipi. À peu près à la même époque en 1740, le gestionnaire du poste d'Eastmain de la compagnie de la Baie d'Hudson, Joseph Isbister, relate qu'il y aurait des Indiens qu'il appelle Annes-carp au Nord-Est du Golfe Richmond. Dans les années qui suivirent ces Indiens furent appelés Nascopie et Nascappe. Quelques années plus tard les comptes périodiques des missions moraviennes décrivent un groupe d'Indiens demeurant à Okak dénommés Nascopies

Innus du LabradorModifier

En 1999, l'organisme Survival International a publié une étude sur les conditions de vie dans les deux communautés innues du Labrador et sur les politiques gouvernementales favorisant leur localisation dans des villages éloignés de leurs terres de chasse traditionnelles. Survival International affirmait que ces politiques violaient le droit international et se comparaient au traitement infligé aux Tibétains par les autorités de la République populaire de Chine. De 1990 à 1997, selon ce rapport, la communauté innue de Davis Inlet, Labrador, affichait un taux de suicide douze fois plus élevé que celui de la population canadienne, donc au moins trois fois plus élevé que le taux observé dans plusieurs villages nordiques isolés du Canada.

Cette situation a amené le gouvernement canadien à allouer le statut d'indien aux Innus du Labrador en 2002, à allouer le statut de réserve indienne à la communauté de Natuashish en 2003 et à déménager et les Innus Mushuan (Davis Inlet) dans la nouvelle réserve de Sheshatshiu en 2006.

CultureModifier

 
Panneau routier « attachez vos enfants » en langue innu, dans la réserve de Pointe-Parent à Natashquan, Québec.

Mode de vieModifier

Les innus abordent un mode de vie nomade. Ils se déplacent à la recherche du meilleur territoire de chasse. Ils doivent parfois se déplacer d'une région à l'autre dû au mouvement des gibiers dû aux feux de forêt et aux changements climatiques[3].

Culture moderneModifier

On peut mentionner le Festival Innu Nikamu de Maliotenam (Mani Utenam en innu-aimun : le village de Marie) dont la vocation est de transmettre aux enfants la mémoire de la Culture innue ; ainsi que le festival annuel d'Innucadie, à Natashquan.

La littérature innue est représentée nationalement et internationalement par la poétesse Rita Mestokosho.

La musique est défendue par plusieurs groupes musicaux. Les musiciens innus les plus connus sont Shauit, Florent Vollant et Claude McKenzie, du groupe Kashtin, populaire durant les années 1990. Voir aussi Innu Folk. On mentionnera également Jean-Marc Picard et Petapan de Pessamit, le Groupe Maten de Mani-Utenam, Meshikamau de Sheshatshit (North West rivers), Bobby Couture de Uashat (Sept-îles), Francois Jerome de Mani-Utenam, Teueikan de Unamen-shipu (La Romaine), Uasheshkun, Innutin de Ekuanitshit (Mingan), William-Mathieu Mark de (La Romaine), Jennifer Bellefleur de (La Romaine), James Nuna de (Sheshatshit), Pearl Nuna de (Sheshatshit), Laurent Mark de (La Romaine), Mike Paul de (Mashteuiatsh) et George Nuna de (Sheshatshit).

PopulationModifier

 
Villages innus du Québec et du Labrador.
Population des Innus (Montagnais) du Québec en décembre 2015[4]
Communauté Municipalité Total Résidents Non-résidents
Pessamit Pessamit (réserve indienne dans la MRC Manicouagan, Côte-Nord) 3 925 2 893 1 032
Essipit Les Escoumins 774 514 260
Unamen Shipi La Romaine 1 161 1 116 45
Mashteuiatsh Pointe-Bleue 6 704 2 085 4 447
Matimekosh Schefferville 964 847 117
Ekuantshit Mingan 662
Nutashkuan Natashquan 1 097 1 003 94
Pakuashipi Saint-Augustin 363
Uashat Mak Mani-Utenam Sept-Îles/Moisie 4 532 3 506 1 026
Innus Total 19 955 12 616 7 339
Numéro Nom officiel de la bande[5] Siège Population inscrite
(novembre 2016)
85 Bande des Innus de Pessamit Pessamit 3 950[6]
80 Innu Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam Sept-Îles 4 608[7]
86 Innue Essipit Essipit 743[8]
87 Nation innue de Matimekush-Lac John Schefferville 985[9]
76 Montagnais du Lac St-Jean Mashteuiatsh 6 612[10]
Numéro Nom officiel de la bande[5] Siège Population inscrite
(janvier 2017)
82 Innus d'Ekuanitshit Ekuanitshit 634[11]
83 Montagnais de Natashquan Nutashkuan 1 118[12]
88 Montagnais de Pakua Shipi Saint-Augustin 371[13]
84 Montagnais d'Unamen Shipu La Romaine 1 179[14]

Au total, les communautés innues du Canada comptaient plus de 22 000 membres en 2016.

PersonnalitésModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Tipatshimuna : Les Innus et leur territoire », sur www.tipatshimuna.ca (consulté le 31 janvier 2019).
  2. Savard, Rémi, 1934-, La forêt vive : récits fondateurs du peuple innu, Boréal, (ISBN 2764603274 et 9782764603277, OCLC 56531996, lire en ligne), p.20-21.
  3. « La culture des Innus », sur www.heritage.nf.ca,
  4. http://www.autochtones.gouv.qc.ca/nations/population.htm
  5. a b c et d « Détails sur le Conseil tribal », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 19 novembre 2016).
  6. « Population inscrite (Bande des Innus de Pessamit) », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 6 décembre 2016).
  7. « Population inscrite (Innu Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam) », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 6 décembre 2016).
  8. « Population inscrite (Innue Essipit) », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 6 décembre 2016).
  9. « Population inscrite (La Nation Innu Matimekush-Lac John) », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 6 décembre 2016).
  10. « Population inscrite (Montagnais du Lac St-Jean) », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 6 décembre 2016).
  11. « Les Innus de Ekuanitshit : population inscrite », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 26 février 2017).
  12. « Montagnais de Natashquan », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 26 février 2017).
  13. « Montagnais de Pakua Shipi : population inscrite », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 26 février 2017).
  14. « Montagnais de Unamen Shipu : population inscrite », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 26 février 2017).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

 
Wikipédia en innu-aimun dans l'Incubateur de Wikimedia.

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

OuvragesModifier

  • (en) Dorothy K. Burnham, To Please the Caribou: Painted Caribou-Skin Coats Worn by the Naskapi, Montagnais, and Cree Hunters of the Québec-Labrador Peninsula, Toronto, Royal Ontario Museum, .
  • José Mailhot, Au pays des Innus : les gens de Sheshashit, Montréal, RAQ,
  • (en) Jose Mailhot, The People of Sheshatshit, St. John's, ISER, .
  • (en) Lucien M. Turner, Ethnology of the Ungave District, Hudson Bay Terriroty, Montréal, McGill-Queen's University Press, .
  • (en) Marie Wadden, Nitassinan: The Struggle to Reclaim Their Homeland, Toronto, Douglas & McIntyre,
  • (en) Nymphia Byrnc et Camille Fouillard, It's Like the Legend: Innu Women's Voices, Charlottetown (ÎPÉ), Gynergy Books, .
  • Madeleine Lefebvre, Tshakapesh : récits montagnais-naskapi, .

Articles scientifiquesModifier

  • Anne Doran, « Territoire et sacré chez les Innus », Théologiques, Faculté de théologie et de sciences des religions, Université de Montréal, vol. 16, no 1,‎ (ISSN 1492-1413, lire en ligne [PDF]).
  • Aude Maltais-Landry, « Un territoire de cent pas de côté : récits de la création d'une réserve indienne en territoire innu au milieu du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 69, nos 1-2,‎ , p. 19-50 (lire en ligne).
  • (en) Eleanor Leacock, « Montagnais Women and the Jesuit Program for Colonization », Women and Colonization: Anthropological Perspectives, New York, Præger,‎ .
  • Jean-Paul Lacasse, « L'affirmation des droits territoriaux des Innus », Revue générale de droit, vol. 37, no 1,‎ , p. 183-199 (lire en ligne).
  • Jean-Paul Lacasse, « Autonomie gouvernementale et justice pénale innue », Revue générale de droit, vol. 32, no 3,‎ , p. 809-820 (lire en ligne).
  • Jean-Paul Lacasse, « Le territoire dans l'univers innu d'aujourd'hui », Cahiers de géographie du Québec, Département de géographique de l'Université Laval, vol. 40, no 110,‎ (ISSN 1708-8968, lire en ligne [PDF]).
  • Laurie Guimond et Alexia Desmeules, « « Les oreilles se sont ouvertes des deux côtés » : développement territorial et relations entre Innus et non-Innus au chantier Romaine », Recherches sociographiques, vol. 58, no 2,‎ , p. 363-386 (DOI 10.7202/1042167ar, lire en ligne).
  • Maxime Saint-Hilaire, « La proposition d'entente de principe avec les Innus : vers une nouvelle génération de traité ? », Les Cahiers de droit, Faculté de droit de l'Université Laval, vol. 44, no 3,‎ (ISSN 1918-8218, lire en ligne [PDF]).
  • Yvette Mollen, « Transmettre un héritage : la langue innue », Cap-aux-Diamants, Les Éditions Cap-aux-Dimants inc., no 85,‎ (ISSN 1923-0923, lire en ligne [PDF]).

Liens externesModifier