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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Labrador (homonymie).

Labrador
Drapeau de Labrador
Labrador
Localisation du Labrador au Canada (frontière du Conseil Privé 1927)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau de Terre-Neuve-et-Labrador Terre-Neuve-et-Labrador
Ville principale Happy Valley-Goose Bay
Autres villes Labrador City
Wabush
Nain
Démographie
Gentilé Labradorien[1]
Population 27 197 hab.[2] (2016)
Densité 0,09 hab./km2
Langue(s) Anglais, innu-aimun, inuttitut, français
Groupes ethniques Canadiens anglais, Innus, Inuits, Métis, Canadiens français
Géographie
Altitude Min. 0 m
Max. Mont D'Iberville : 1 652 m
Superficie 294 330 km2

Le Labrador est la région continentale de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le Labrador est séparé de l'île de Terre-Neuve par le détroit de Belle-Isle. La région fait partie de la péninsule du Labrador (dont la région côtière est parfois aussi nommée Markland, « terre du bois » en vieux norrois).

Le Labrador a une population de 27 197 habitants (2016) dont 30 % est d'origine autochtone (Inuits, Innus et Métis), répandue sur une surface de 294 330 km2 aussi grande que l'Italie ou la Nouvelle-Zélande. On trouve une petite communauté francophone d'origine québécoise et acadienne, venue dans les années 1960 pour travailler dans l'exploitation minière.

Sommaire

ToponymieModifier

 
La Nouvelle France dans le Jeu de la géographie, 1644. Le cardinal Jules Mazarin a commandé ces cartes à jouer pour le jeune roi français Louis XIV pour lui enseigner la géographie. Ainsi on y lit qu'au Nord de la Nouvelle-France se trouvent la terre du Laboureur, Terre neuve et Estotiland.

Dans la préface de Voyage en Amérique, publié en 1857, Chateaubriand écrit que Corteréal nomma le Labrador.

« En 1501, Corte-Real, un Portugais, attiré par la fécondité des pêcheries, résolut un voyage à Terre-Neuve. C'est à lui qu'est due la découverte de la baie de la Conception, ou mieux ce fut lui qui le premier lui donna ce nom, car cette baie avait été fréquentée auparavant. Contournant ensuite la côte nord-est, il atteint cette partie de l'Amérique que nous appelons aujourd'hui Labrador, et qu'il avait désignée sous le nom de Terre du Laboureur[3]. »

— Edouard Ducéré

Toutefois, une autre acceptation très commune chez les anglophones, a cours : l'explorateur portugais João Fernandes Lavrador fut gratifié d'une patente par le roi du Portugal Manuel Ier en 1499 qui lui donne le droit d'explorer cette partie de l'océan Atlantique, comme défini dans le traité de Tordesillas.

Avec Pêro de Barcelos, il fut le premier à apercevoir les côtes du labrador en 1498. Fernandes cartographia les côtes sud-ouest du Groënland et de l'Amérique du nord-est adjacente vers 1498 et en informa la cour portugaise et d'autres cours européennes. Son statut de découvreur / propriétaire terrien lui permit de donner son nom à sa découverte, signifiant « fermier » ou « laboureur » en portugais (prononciation: [lɐvɾɐˈðoɾ]). En réalité, Fernandes donna le nom de Terra do Lavrador au Groënland, qui était la première terre qu'il aperçu ; mais au fil du temps, le territoire désigné par ce nom finit par glisser pour ne plus désigner finalement que le territoire actuel du Labrador.

GéographieModifier

 
Carte du Labrador.

Le Labrador a une forme approximativement triangulaire qui englobe la partie la plus orientale du bouclier canadien, une vaste région géographique caractérisée par un sol mince et des ressources minérales abondantes. Sa frontière ouest avec le Québec est la ligne de partage des eaux de la péninsule du Labrador. Les terres qui se jettent dans l'océan Atlantique font partie du Labrador, tandis que celles qui se jettent dans la baie d'Hudson font partie du Québec. Le climat du nord du Labrador est classé comme polaire, tandis que le climat du sud du Labrador est classé comme subarctique.

Le Labrador peut être divisé en quatre régions géographiques : la côte nord, le centre du Labrador, l'ouest du Labrador et la côte sud.

NunatsiavutModifier

Du cap Chidley à Hamilton Inlet, la pointe nord du Labrador abrite les monts Torngat, du nom d'un esprit inuit censé les habiter. Les montagnes s'étendent le long de la côte de Port Manvers jusqu'au Cap Chidley, le point le plus au nord du Labrador. La chaîne des monts Torngat abrite également le mont D'Iberville (nommé Mount Caubvick à Terre-Neuve-et-Labrador), le point culminant de la province et du Québec. Cette région est à prédominance inuite, à l'exception de la petite communauté innue de Natuashish. La côte nord est la région la plus isolée du Labrador, avec les motoneiges, les bateaux et les avions étant les seuls modes de transport modernes. La plus grande collectivité de cette région est Nain.

Le Nunatsiavut est une région autonome inuite du Labrador créée le 23 juin 2000. La région couverte comprend la plus grande partie de la côte nord du Labrador, tandis que la zone d'utilisation des terres comprend également des terres plus éloignées vers l'intérieur et le centre du Labrador. Nain est le centre administratif du Nunatsiavut.

Centre du LabradorModifier

 
Côte glacée du Labrador et montagnes Kiglapait sur la côte nord du Labrador

Le centre du Labrador s'étend des rives du lac Melville à l'intérieur. Il inclut la fleuve Churchill, la plus grande rivière du Labrador et l'une des plus grandes au Canada. Le barrage hydroélectrique de Churchill Falls est la deuxième plus grande centrale souterraine au monde. La plupart des livraisons d'électricité sont achetées par Hydro-Québec dans le cadre d'un contrat à long terme. Le projet du Bas-Churchill doit développer le potentiel restant du fleuve et le fournira aux consommateurs provinciaux. Connu comme le cœur de la Grande Terre, la population de la région comprend des personnes de tous les groupes et de toutes les régions du Labrador.

Le centre du Labrador abrite également Happy Valley-Goose Bay. Jadis lieu de ravitaillement en carburant de convois d’avions à destination de l’Europe au cours de la Seconde Guerre mondiale, la base des Forces canadiennes Goose Bay est maintenant exploitée en tant que site d’entraînement au vol tactique de l'OTAN. C'était une zone d'atterrissage alternative pour la Navette spatiale américaine. Les autres principales communautés de la région sont North West River et la grande réserve connue sous le nom de Sheshatshiu.

Ouest du LabradorModifier

 
Vue aérienne de Kami au Labrador

Les hautes terres en amont des chutes Churchill étaient autrefois un ancien terrain de chasse pour les Innus et les trappeurs établis au Labrador. Après la construction du barrage hydroélectrique de Churchill Falls en 1970, le réservoir Smallwood a inondé une grande partie des anciens terrains de chasse. Il a submergé plusieurs tombes et des cabines de piégeage. La partie ouest du Labrador abrite également la Compagnie Iron Ore du Canada, qui exploite une grande mine de fer à Labrador City. La petite ville voisine de Wabush dispose également d'importantes mines de fer. Les deux villes minières se font appeler collectivement Labrador-Ouest.

NunatuKavutModifier

De Hamilton Inlet au Cap Charles / Saint Lewis, le NunatuKavut est le territoire des Inuits du centre et du sud du Labrador, anciennement appelés les Métis du Labrador. La région regorge de petites communautés de pêcheurs Inuits, dont Cartwright est la plus grande.

Le détroitModifier

Du cap Charles à la frontière côtière Québec / Labrador. Comme le NunatuKavut, le détroit est également connu pour ses algues marines du Labrador et la multitude d'icebergs qui passent le long de la côte par le courant du Labrador. Red Bay est reconnue comme l'un des meilleurs exemples de station de chasse à la baleine basque préservée du XVIe siècle basque. Il abrite également quatre galions espagnols du XVIe siècle. Le phare du Point-Amour est le deuxième phare en importance au Canada. Le MV Qajaq (qui a remplacé le MV Apollo en 2018), ferry transportant les clients entre le continent et Sainte-Barbe sur l'île de Terre-Neuve, est basé à Blanc-Sablon au Québec près de la frontière entre le Québec et le Labrador. L'Anse-au-Clair est le village du Labrador le plus proche de la frontière.

Fuseaux horairesModifier

La majeure partie du Labrador (de Cartwright au nord et à l'ouest) utilise l'heure de l'Atlantique (UTC−04:00 en hiver, UTC−03:00 en été). La pointe sud-est la plus proche de Terre-Neuve utilise l'heure de Terre-Neuve (UTC−03:30 en hiver, UTC−02:30 en été) pour rester en coordination avec la partie la plus peuplée de la province.

HistoireModifier

Un procès devant le Conseil Privé à Londres, débuté en 1922, aboutit en 1927 à une décision qui avantageait fortement Terre-Neuve en ce sens où le territoire du Labrador fut retiré du territoire du Québec et concédé à Terre-Neuve sans vote populaire ni compensation pour le Québec. Deux des cinq juges du conseil privé avaient des intérêts monétaires dans cette affaire[4]. Lors de son entrée dans la Confédération canadienne, en 1949, Terre-Neuve a exigé que la frontière de 1927 fasse partie intégrante de la Constitution.

Le Québec a toujours contesté cette décision. Celle-ci n'est toutefois plus aussi importante qu'elle le fut autrefois, la seule contestation maintenue par le gouvernement est une définition différente de la frontière sud entre le Labrador et le Québec qui apparaît sur les cartes géographiques au Québec.

Projet de scission avec Terre-NeuveModifier

Une Commission royale en 2002 révélait une insatisfaction forte régnant chez les Labradoriens quant à leur place au sein de la Province de Terre-Neuve-et-Labrador et donc une pression naissante certaine pour que le Labrador se sépare de Terre-Neuve et devienne un territoire séparé.

ChronologieModifier

Articles détaillés : Markland et Estotiland.
 
Carte de la Nouvelle-France vers 1660 indiquant le Labrador dénommé également Estotiland.

AutochtonesModifier

Ils représentent environ 20 % de la population, mais ils occupent la plus grande partie du territoire.

NunatsiavutModifier

Depuis 2005, les Inuits qui vivent dans le nord du Labrador ont droit à un régime de gouvernement autonome dans une région appelée le Nunatsiavut (« notre beau pays »), qui comprend tout le nord du Labrador ainsi que quelques régions dans les latitudes centrales.

NitassinanModifier

Les Innus du Labrador ont reçu le statut d'Indiens en 2002, ils ont obtenu le statut de réserve indienne à la communauté de Natuashish en 2003, et les Innus Mushuan (Davis Inlet) ont été déménagés dans la nouvelle réserve de Sheshatshiu en 2006.

Les Innus préféreraient que ce territoire devienne leur patrie ; une résolution de l'Assemblée des Premières Nations en 1999 réclamait le Labrador comme patrie des Innus et exigeait sa reconnaissance.

DémographieModifier

 
Hopedale
 
Inuit du Labrador, Ville de Nain
Évolution de la population dans les principales villes[6]
Ville 2001 2006 2011 2016
Happy Valley-Goose Bay 7 969 7 572 7 552 8 109
Labrador City 7 744 7 240 7 367 7 220
Wabush 1 894 1 739  1 861 1 906
Nain 1 159 1 034 1 188 1 125
Hopedale 559 530 556 574
L'Anse-au-Loup 635 593 550 558
North West River 551 492 553 547
Cartwright 629 552 516 427
Port Hope Simpson 509 529 441 412
Forteau 477 448 429 409
Facteurs démographiques (2016)[7]
Facteur Labrador Canada
Répartition H/F 50,8/49,2 49,1/50,9
Âge médian 37,4 41,2
Population immigrée (née hors Canada) 3,0 % 28,6 %
Population autochtone 43,7 % 4,9 %
Revenu total médian (+ de 15 ans) 43 018 $ 34 204 $
Chômage 15,0 % 7,7 %

ReligionModifier

Le Labrador correspond à la juridiction ecclésiastique du diocèse de Corner Brook et du Labrador.

Notes et référencesModifier

  1. « Labradorien », sur https://fr.wiktionary.org/, (consulté le 15 novembre 2018).
  2. Statistique Canada, « Profil du recensement, Recensement de 2016 Labrador [Circonscription électorale fédérale] », sur le site de Statistique Canada, (consulté le 20 janvier 2018).
  3. Recherches historiques sur la pêche de la morue et la découverte de Terre-Neuve par les Basques et les Bayonnais, Edouard Ducéré J. Empérauger, 1893 - 131 pages.
  4. Henri Dorion, « Les frontières du Québec : l’état de la question », sur https://www.saic.gouv.qc.ca/, (consulté le 15 novembre 2018).
  5. Secrétariat du Québec aux relations canadiennes, « Le ministre des Ressources naturelles du Québec et le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes expriment la position du Québec relativement à la modification de la désignation constitutionnelle de Terre-Neuve », sur https://www.sqrc.gouv.qc.ca/, (consulté le 16 mars 2019).
  6. Statistique Canada, « Chiffres de population et des logements - Faits saillants en tableaux, Recensement de 2016 », sur le site de Statistique Canada, (consulté le 18 juin 2018).
  7. Statistique Canada, « Profil du recensement, Recensement de 2016 Labrador [Circonscription électorale fédérale] », sur le site de Statistique Canada, (consulté le 20 janvier 2018).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • (en) Albert Peter Low, Report on explorations in the Labrador peninsula along the East Main, Koksoak, Hamilton, Manicuagan and portions of other rivers in 1892-93-94-95, Ottawa, Queen's Printer, , 387 p. (lire en ligne).
  • Martin Simard, « La frontière Québec-Labrador : quels effets sur le développement des ressources et des populations du Nord? », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, no 2 Volume 17,‎ (lire en ligne).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier