Grand Prix automobile d'Afrique du Sud 1962

course automobile
Grand Prix automobile d'Afrique du Sud 1962
Tracé de la course
Données de course
Nombre de tours 82
Longueur du circuit 3,920 km
Distance de course 321,440 km
Conditions de course
Météo temps sec, rafales de vent
Affluence plus de 90 000 spectateurs
Résultats
Vainqueur Graham Hill,
BRM,
h 8 min 3 s 3
(vitesse moyenne : 150,610 km/h)
Pole position Jim Clark,
Lotus-Climax,
min 29 s 3
(vitesse moyenne : 158,029 km/h)
Record du tour en course Jim Clark,
Lotus-Climax,
min 31 s 0
(vitesse moyenne : 155,077 km/h)

Le Grand Prix d'Afrique du Sud 1962 (IXth International RAC Grand Prix of South Africa), disputé sur le circuit Prince George le , est la cent-onzième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la neuvième et dernière manche du championnat 1962.

Contexte avant la courseModifier

Le championnat du mondeModifier

Depuis la saison précédente, la Formule 1 suit la réglementation 1 500 cm3 (dérivée de l'ancienne Formule 2 de la période 1957 à 1960), s'appuyant sur les points suivants[1] :

  • interdiction des moteurs suralimentés
  • cylindrée minimale : 1 300 cm3
  • cylindrée maximale : 1 500 cm3
  • poids minimal : 450 kg (à sec)
  • double circuit de freinage obligatoire
  • arceau de sécurité obligatoire (le haut du cerceau devant dépasser le casque du pilote)
  • démarreur de bord obligatoire
  • carburant commercial
  • ravitaillement en huile interdit durant la course
 
La BRM P57 de Graham Hill, en tête du championnat du monde.

Alors que l'année 1961 avait été nettement dominée par la Scuderia Ferrari, les constructeurs britanniques sont revenus sur le devant de la scène cette saison. BRM et Lotus ont remporté six des huit manches mondiales déjà disputées, les deux autres étant revenues à Cooper et à Porsche, alors que les monoplaces italiennes n'ont jamais constitué une menace pour leurs adversaires. La dernière épreuve va décider de l'attribution du titre entre Graham Hill,qui a imposé sa BRM P57 à trois reprises, et Jim Clark, qui compte également trois victoires au volant de sa révolutionnaire Lotus 25 à châssis monocoque. Ayant terminé presque toutes ses courses, Hill possède neuf points d'avance sur son rival, mais Clark conserve néanmoins une chance d'être sacré à condition qu'il gagne en Afrique du Sud.

Chances des prétendants au titreModifier

- Championnat du monde des conducteurs

  • Si Clark remporte l'épreuve, il est sacré champion du monde quel que soit le classement de Hill (tous deux auraient un total de 39 points après décompte des plus mauvais résultats, mais Clark compterait alors une victoire de plus que son adversaire).
  • Si Clark ne gagne pas, Hill est sacré champion du monde quel que soit son résultat, grâce à son avance aux points.

- Coupe des constructeurs

  • Si une Lotus à moteur Climax gagne, la coupe des constructeurs lui revient quel que soit le résultat de la BRM la mieux classée.
  • Dans tous les autres cas de figure, la coupe des constructeurs revient à BRM.

Le circuitModifier

C'est en 1934 que le circuit routier de Prince George fut inauguré, à l'occasion du premier Grand Prix d'Afrique du Sud. Tracé sur des routes existantes dans les collines d'East London, en bordure de l'océan Indien, il développait alors plus de vingt-trois kilomètres. Sa longueur fut ramenée à dix-sept kilomètres deux ans plus tard. Après une longue période d'inutilisation due à la Seconde Guerre mondiale, le circuit fut complètement remanié en 1959 pour satisfaire aux standards de la Formule 1. Développant désormais moins de quatre kilomètres, il accueille à nouveau, depuis 1960, le grand prix national. Assez sinueuse, la piste est relativement étroite. La ligne droite de la plage, longeant l'océan, est très exposée aux vents marins[2]. Le record du tour est détenu par Jim Clark, auteur sur sa Lotus d'un tour à 151,6 km/h de moyenne lors de l'édition 1961 du grand prix, hors championnat[3].

Monoplaces en liceModifier

  • BRM P57 "Usine"

Trois P57 ont été préparées par l'équipe de Bourne, Graham Hill disposant de la dernière version allégée (tubes du châssis plus petits que sur les précédentes versions), dont la voie avant a été élargie et qui est équipée de plus gros disques de freins. Richie Ginther pilote sa monoplace habituelle, identique à l'ancienne monoplace de Hill, qui lui sert désormais de mulet. Censée être proche du poids minimal imposé, la version allégée ne pèse en réalité que quelques kilos de moins que les deux autres P57[4], qui accusent 475 kg sur la balance. Les trois voitures disposent du moteur V8 BRM à injection indirecte Lucas, qui développe 193 chevaux à 10250 tr/min. La transmission est assurée par une boîte cinq vitesses conçue en interne[5]. La vitesse de pointe est de l'ordre de 270 km/h. Engagé à titre privé, le pilote local Bruce Johnstone pilotera la P48/57 qu'il a rachetée à Jackie Lewis. Elle est également équipée du moteur V8, mais alimenté par carburateurs (180 chevaux à 9750 tr/min[6]).

  • Lotus 25 "Usine"
 
La Lotus 25, à structure monocoque.

Ne lésinant pas sur les moyens pour la conquête du titre mondial, Colin Chapman a construit deux nouvelles Lotus 25 courant décembre. La première (châssis R4, moteur V8 Coventry Climax FWMV à injection) a été expédiée en Afrique du Sud avant le Grand Prix du Natal, course hors championnat que Jim Clark a disputée à son volant, manquant la victoire à cause de problèmes d'alimentation. La toute dernière construite (châssis R5), équipée du moteur Climax dans sa version originelle à carburateurs, est arrivée à East London juste à temps pour participer aux essais du mercredi. Clark aura à sa disposition ces deux monoplaces, son coéquipier Trevor Taylor pilotant quant à lui sa monoplace habituelle (châssis R2). Les Lotus 25 sont les seules à disposer d'une structure monocoque. Pesant 455 kg, elles sont aussi légères mais quatre fois plus rigides que les Lotus 24 à châssis multitubulaire et bénéficient d'une tenue de route remarquable. Elles se caractérisent également par une ligne particulièrement basse, imposant une position de conduite très allongée[7]. Leur moteur V8 Climax, accouplé à une boîte de vitesses ZF à cinq rapports, fournit 184 chevaux à 9000 tr/min dans sa version MKI à quatre carburateurs double-corps Weber, 190 dans sa version MkII à système d'injection indirecte Lucas[8]. Grâce à leur excellente aérodynamique, elles sont tout aussi rapides en pointe que les BRM, malgré une puissance moindre[9].

  • Lotus 24 & 21 privées

L'équipe UDT Laystall n'aligne qu'une seule Lotus 24, à moteur Climax FWMV MKI et boîte de vitesses Colotti à cinq rapports, pour Innes Ireland. Rob Walker avait engagé un modèle identique pour le champion motocycliste Gary Hocking, mais le pilote rhodésien s'est malheureusement tué à son volant lors des entraînements du Grand Prix du Natal la semaine précédente. Sam Tingle, qui devait initialement piloter la Lotus 18/21 avec laquelle son compatriote avait débuté en monoplace, a finalement déclaré forfait. Également accidenté, sans gravité, lors du Grand Prix du Natal, Syd van der Vyver a dû déclarer forfait, sa Lotus 24 n'ayant pu être réparée à temps. Les pilotes locaux Ernie Pieterse et Neville Lederle s'alignent quant à eux sur leurs Lotus 21 privées, équipée chacune d'un moteur quatre cylindres Climax FPF (152 chevaux[10]).

 
La Brabham BT3 du pilote-constructeur Jack Brabham.
  • Cooper T60 "Usine"

Bruce McLaren et Tony Maggs disposent de leurs T60 habituelles, celle de McLaren étant pour la première fois équipée de la version MkII (à injection) du moteur V8 Climax, Maggs conservant une version MkI à carburateurs. Pesant 465 kg, ces monoplaces dotées d'une boîte de vitesses à six rapports ont été conçues par Owen Maddock[11].

  • Cooper T55 & T53 privées

Le pilote rhodésien John Love s'aligne sur sa Cooper T55 personnelle, équipée d'un moteur Climax FPF. Son compatriote Mike Harris a engagé une ancienne Cooper T53, équipée d'un moteur quatre cylindres Alfa Romeo.

  • Brabham BT3 "Usine"

Jack Brabham a engagé sa BT3 à moteur Climax V8 et boîte de vitesses Colotti à six rapports. Aucune modification n'a été effectuée sur cette monoplace de 465 kg à carrosserie en matière plastique, conçue en collaboration avec Ron Tauranac[12], depuis le dernier Grand Prix du Mexique, où le pilote constructeur avait obtenu une encourageante deuxième place[3].

  • Lola Mk4

L'équipe Bowmaker Racing aligne deux Lola Mk4 à moteur Climax V8 pour John Surtees et Roy Salvadori. Celle de Surtees est équipée d'une boîte de vitesses Colotti à six rapports, contrairement à celle de Salvadori qui ne dispose que de cinq rapports. Ces monoplaces pèsent 490 kg[13].

 
Une LDS Mk1 lors d'une course historique
  • Porsche 718 privée

Ayant endommagé sa Porsche 718 (ex formule 2 d'usine de Graham Hill) à Watkins Glen, Carel Godin de Beaufort a racheté un modèle identique à l'Écurie Filipinetti. Il y a fait monter la boîte de vitesses et les freins de sa monoplace accidentée, qui est en cours de réparation. Équipée d'un moteur quatre cylindres à plat refroidi par air, cette monoplace dispose de 165 chevaux[14].

  • LDS

Le pilote-constructeur Doug Serrurier pilotera une de ses LDS Mk1, dont la conception et l'aspect sont fortement inspirés de ceux des Cooper T53. La LDS est équipée d'un moteur quatre cylindres Alfa Romeo[15].

  • Emeryson

Tony Settember avait fait le déplacement en Afrique du Sud pour piloter l'Emeryson MK2 à moteur Climax FPF et boîte de vitesses Colotti à cinq rapports, mais l'équipe d'Hugh Powell n'a pas été en mesure de préparer la voiture pour cette course[16].

Coureurs inscritsModifier

Liste des pilotes inscrits[17]
no  Pilote Écurie Constructeur Modèle N° châssis Moteur Pneumatiques
1   Jim Clark Team Lotus Lotus Lotus 25 25 R5 Coventry Climax FWMV V8 D
1T   Jim Clark
  Trevor Taylor
Team Lotus Lotus Lotus 25 25 R4 Coventry Climax FWMV V8 D
2   Trevor Taylor Team Lotus Lotus Lotus 25 25 R2 Coventry Climax FWMV V8 D
3   Graham Hill Owen Racing Organisation BRM BRM P57 5785 BRM P56 V8 D
3T   Graham Hill Owen Racing Organisation BRM BRM P57 5781 BRM P56 V8 D
4   Richie Ginther Owen Racing Organisation BRM BRM P57 5784 BRM P56 V8 D
5   Bruce Johnstone Privé BRM BRM P48/57 571 BRM P56 V8 D
6   John Surtees Bowmaker Racing Lola Lola Mk4 BRGP-42 Coventry Climax FWMV V8 D
7   Roy Salvadori Bowmaker Racing Lola Lola Mk4 BRGP-43 Coventry Climax FWMV V8 D
8   Bruce McLaren Cooper Car Company Cooper Cooper T60 F1-17-61 Coventry Climax FWMV V8 D
9   Tony Maggs Cooper Car Company Cooper Cooper T60 F1-18-61 Coventry Climax FWMV V8 D
10   Jack Brabham Brabham Racing Organisation Brabham Brabham BT3 F1-1-62 Coventry Climax FWMV V8 D
11   Innes Ireland UDT Laystall Racing Team Lotus Lotus 24 24-945 Coventry Climax FWMV V8 D
12   Gary Hocking Rob Walker Racing Team Lotus Lotus 24 24-940 Coventry Climax FWMV V8 D
14   Ernie Pieterse Privé Lotus Lotus 21 21-937 Coventry Climax FPF MkII L4 D
15   Carel Godin de Beaufort Ecurie Maarsbergen Porsche Porsche 718 718-202 Porsche 547/3 F4 D
16   Syd van der Vyver Privé Lotus Lotus 24 24-947 Coventry Climax FWMV V8 D
17   Tony Settember Emeryson Cars Emeryson Emeryson Mk2 1004 Coventry Climax FPF MkII L4 D
18   John Love Privé Cooper Cooper T55 F1-11-61 Coventry Climax FPF MkII L4 D
19   Sam Tingle RHH Parnell Lotus Lotus 18/21 P2 Coventry Climax FPF L4 D
20   Neville Lederle Privé Lotus Lotus 21 21-938 Coventry Climax FPF MkII L4 D
21   Doug Serrurier Otelle Nucci LDS LDS Mk1 - Alfa Romeo L4 D
22   Mike Harris Privé Cooper Cooper T53 F1-1-61 Alfa Romeo L4 D

QualificationsModifier

Trois séances qualificatives de quatre heures chacune sont prévues, les mercredi, jeudi et vendredi précédant la course[18].

Première séance - mercredi 26 décembreModifier

Les essais qualificatifs commencent le mercredi après-midi, sous le soleil, avec un vent chaud et soutenu. Beaucoup de monoplaces ne sont pas encore prêtes et seulement huit pilotes vont prendre la piste. Parmi les premiers à s'élancer, Graham Hill va tester les deux BRM à sa disposition, mais un problème de moteur sur la nouvelle (version allégée) va le contraindre à regagner rapidement son stand. Son coéquipier Richie Ginther établit entretemps un premier chrono de référence, à 146,4 km/h de moyenne. S'étant rabattu sur le mulet, Hill va faire beaucoup mieux, tournant à 151 km/h. Il fera encore mieux en fin de séance, avec un tour à 151,5 km/h sur sa voiture de course, équipée d'un nouveau moteur. Malgré sa parfaite connaissance du circuit, Clark n'a pu accomplir une performance significative, aucune de ses deux voitures n'ayant fonctionné correctement (problème mécanique sur la version à carburateurs et problèmes d'allumage sur la version à injection), le pilote écossais devant se contenter du cinquième temps derrière Ginther et les deux Lola de John Surtees et Roy Salvadori.

Résultats de la première séance[19]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1   Graham Hill BRM 1 min 33 s 1
2   Richie Ginther BRM 1 min 34 s 0 + 0 s 9
3   John Surtees Lola-Climax 1 min 35 s 5 + 2 s 4
4   Roy Salvadori Lola-Climax 1 min 37 s 0 + 3 s 9
5   Jim Clark Lotus-Climax 1 min 38 s 5 + 5 s 4
6   Doug Serrurier LDS-Alfa Romeo 1 min 38 s 7 + 5 s 6
7   Tony Maggs Cooper-Climax 1 min 39 s 7 + 6 s 6
8   Mike Harris Cooper-Alfa Romeo 1 min 40 s 2 + 7 s 1

Deuxième séance - jeudi 27 décembreModifier

La séance du jeudi après-midi se déroule sous un ciel couvert. Sur son mulet, Hill améliore rapidement sa performance de la veille. La piste est cependant plus grasse que la veille, et plusieurs pilotes se font surprendre, dont Trevor Taylor qui va effectuer plusieurs tête-à-queue. Son coéquipier Clark dispose enfin d'une monoplace au point, et il est le premier à descendre sous la barre de la minute et demie, avec un tour à plus de 157 km/h de moyenne. Hill tente de répliquer sur sa monoplace allégée, mais échoue à deux dixièmes de secondes de son adversaire avant que la pluie ne vienne perturber la session. Derrière, Tony Maggs (Cooper) et Jack Brabham ont réalisé les troisième et quatrième temps, mais à près de deux secondes des deux candidats au titre.

Résultats de la deuxième séance[19]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1   Jim Clark Lotus-Climax 1 min 29 s 8
2   Graham Hill BRM 1 min 30 s 0 + 0 s 2
3   Tony Maggs Cooper-Climax 1 min 31 s 7 + 1 s 9
4   Jack Brabham Brabham-Climax 1 min 32 s 3 + 2 s 5
5   Trevor Taylor Lotus-Climax 1 min 32 s 7 + 2 s 9
6   Richie Ginther BRM 1 min 32 s 8 + 3 s 0
7   Bruce McLaren Cooper-Climax 1 min 33 s 0 + 3 s 2
8   Innes Ireland Lotus-Climax 1 min 33 s 6 + 3 s 8
9   Roy Salvadori Lola-Climax 1 min 35 s 4 + 5 s 6
10   Neville Lederle Lotus-Climax 1 min 36 s 0 + 6 s 2
11   John Surtees Lola-Climax 1 min 36 s 1 + 6 s 3
12   John Love Cooper-Climax 1 min 36 s 4 + 6 s 6
13   Doug Serrurier LDS-Alfa Romeo 1 min 37 s 2 + 7 s 4
14   Ernie Pieterse Lotus-Climax 1 min 37 s 3 + 7 s 5
15   Carel Godin de Beaufort Porsche 1 min 39 s 3 + 9 s 5

Troisième séance - vendredi 28 décembreModifier

La dernière séance commence très tôt, le vendredi matin. Le temps est frais et ensoleillé. En l'absence de vent, les monoplaces sont plus véloces dans la principale ligne droite et presque tous les pilotes vont être en mesure d'améliorer leurs chronos. Clark va se montrer une nouvelle fois le plus rapide, avec un tour à 158,7 km/h de moyenne avec la Lotus équipée du moteur à injection. Hill va devoir une nouvelle fois utiliser sa voiture de réserve, l'autre étant affectée par des problèmes de pression d'huile. Il ne parvient alors pas à faire mieux que la veille ; reprenant un peu plus tard sa monoplace allégée, il est encore ralenti par des problèmes d'alimentation qui ne seront réglés qu'en fin de séance, lui permettant de réaliser le deuxième meilleur temps, à sept dixièmes de seconde de Clark. Taylor a rencontré des problèmes de moteur et a également effectué quelques tours avec le mulet de Clark en fin de matinée, établissant le troisième temps à deux secondes de son coéquipier, juste devant Brabham et la Lotus d'Innes Ireland.

Résultats de la troisième séance[19]
Pos. Pilote Écurie Temps Écart
1   Jim Clark Lotus-Climax 1 min 28 s 9
2   Graham Hill BRM 1 min 29 s 6 + 0 s 7
3   Trevor Taylor Lotus-Climax 1 min 30 s 9 + 2 s 0
4   Jack Brabham Brabham-Climax 1 min 31 s 0 + 2 s 1
5   Innes Ireland Lotus-Climax 1 min 31 s 1 + 2 s 2
6   John Surtees Lola-Climax 1 min 31 s 5 + 2 s 6
7   Richie Ginther BRM 1 min 31 s 7 + 2 s 8
8   Bruce McLaren Cooper-Climax 1 min 31 s 7 + 2 s 8
9   Tony Maggs Cooper-Climax 1 min 32 s 7 + 3 s 8
10   Neville Lederle Lotus-Climax 1 min 33 s 6 + 4 s 7
11   Ernie Pieterse Lotus-Climax 1 min 36 s 8 + 7 s 9
12   Doug Serrurier LDS-Alfa Romeo 1 min 36 s 8 + 7 s 9
13   John Love Cooper-Climax 1 min 37 s 6 + 8 s 7
14   Mike Harris Cooper-Alfa Romeo 1 min 39 s 1 + 10 s 2
15   Carel Godin de Beaufort Porsche 1 min 39 s 2 + 10 s 3

Tableau final des qualificationsModifier

Colin Chapman ayant décidé, par mesure de sécurité, de ne pas utiliser en course le modèle équipé de l'injection, ni Clark ni Taylor ne vont pouvoir bénéficier des temps réalisés au volant de cette voiture. Clark partira tout de même en pole position au côté de Hill grâce à la performance réalisée au volant de sa monoplace à carburateurs. Par contre Taylor, qui aurait pu s'élancer à la corde de la seconde ligne, doit se contenter d'une place en cinquième ligne, n'ayant pu effectuer que quelques tours sur sa voiture de course lors de la dernière journée d'essais.

Résultats des qualifications à l'issue des trois journées d'essais
Pos. Pilote Écurie Temps Écart Commentaire
1   Jim Clark Lotus-Climax 1 min 28 s 9 temps réalisé le vendredi sur le mulet, non retenu pour la grille
(temps retenu 1 min 29 s 3, réalisé le vendredi)
2   Graham Hill BRM 1 min 29 s 6 + 0 s 7 temps réalisé le vendredi
3   Trevor Taylor Lotus-Climax 1 min 30 s 9 + 2 s 0 temps réalisé le vendredi sur le mulet, non retenu pour la grille
(temps retenu 1 min 32 s 7, réalisé le jeudi)
4   Jack Brabham Brabham-Climax 1 min 31 s 0 + 2 s 1 temps réalisé le vendredi
5   Innes Ireland Lotus-Climax 1 min 31 s 1 + 2 s 2 temps réalisé le vendredi
6   John Surtees Lola-Climax 1 min 31 s 5 + 2 s 6 temps réalisé le vendredi
7   Tony Maggs Cooper-Climax 1 min 31 s 7 + 2 s 8 temps réalisé le jeudi
8   Richie Ginther BRM 1 min 31 s 7 + 2 s 8 temps réalisé le vendredi
9   Bruce McLaren Cooper-Climax 1 min 31 s 7 + 2 s 8 temps réalisé le vendredi
10   Neville Lederle Lotus-Climax 1 min 33 s 6 + 4 s 7 temps réalisé le vendredi
11   Roy Salvadori Lola-Climax 1 min 35 s 4 + 6 s 7 temps réalisé le jeudi
12   John Love Cooper-Climax 1 min 36 s 4 + 7 s 7 temps réalisé le jeudi
13   Ernie Pieterse Lotus-Climax 1 min 36 s 8 + 7 s 9 temps réalisé le vendredi
14   Doug Serrurier LDS-Alfa Romeo 1 min 36 s 8 + 7 s 9 temps réalisé le vendredi
15   Mike Harris Cooper-Alfa Romeo 1 min 39 s 1 + 10 s 2 temps réalisé le vendredi
16   Carel Godin de Beaufort Porsche 1 min 39 s 2 + 10 s 3 temps réalisé le vendredi

Grille de départModifier

 
Sixième pole position de la saison pour Jim Clark, qui a une nouvelle fois dominé les essais.
Grille de départ du Grand Prix et résultats des qualifications[18]
1re ligne Pos. 2 Pos. 1
 
G. Hill
BRM
1 min 29 s 6
 
Clark
Lotus
1 min 29 s 3
2e ligne Pos. 4 Pos. 3
 
Ireland
Lotus
1 min 31 s 1
 
Brabham
Brabham
1 min 31 s 0
3e ligne Pos. 6 Pos. 5
 
Maggs
Cooper
1 min 31 s 7
 
Surtees
Lola
1 min 31 s 5
4e ligne Pos. 8 Pos. 7
 
McLaren
Cooper
1 min 31 s 7
 
Ginther
BRM
1 min 31 s 7
5e ligne Pos. 10 Pos. 9
 
Lederle
Lotus
1 min 33 s 6
 
Taylor
Lotus
1 min 32 s 7
6e ligne Pos. 12 Pos. 11
 
Love
Cooper
1 min 36 s 4
 
Salvadori
Lola
1 min 35 s 4
7e ligne Pos. 14 Pos. 13
 
Serrurier
LDS
1 min 36 s 8
 
Pieterse
Lotus
1 min 36 s 8
8e ligne Pos. 16 Pos. 15
 
Beaufort
Porsche
1 min 39 s 2
 
Harris
Cooper
1 min 39 s 1
9e ligne Pos. 17
 
Johnstone
BRM
pas de temps

Déroulement de la courseModifier

À la suite des problèmes de lubrification et de carburation survenus lors de la dernière séance d'essais, les mécaniciens de l'équipe BRM ont travaillé de longues heures la veille de la course pour remplacer le moteur de la voiture de Graham Hill par celui du mulet[20].

Le départ est donné le samedi à quinze heures, devant plus de quatre-vingt-dix mille spectateurs[15]. Le temps est sec, mais le vent s'est levé. Jim Clark démarre impeccablement alors que Graham Hill fait trop patiner ses roues et perd immédiatement quelques mètres sur la Lotus de son rival. Clark achève son premier tour avec près d'une seconde d'avance sur la BRM, tandis que la Cooper de Tony Maggs, déjà quelque peu distancée, emmène le reste du peloton. Hill tente de s'accrocher au sillage de la Lotus mais celle-ci est plus rapide et, sans donner l'impression de forcer l'allure, Clark va se détacher au rythme d'une seconde par tour. Derrière les deux premiers, la bataille est serrée pour la troisième place, John Surtees (Lola) et Bruce McLaren (Cooper) talonnant Maggs. Au quatrième tour, alors que Clark vient de s'approprier le record de la piste à 155 km/h de moyenne, McLaren dépasse Surtees et se cale dans les roues de son coéquipier. Devant son public, Maggs parvient toutefois à se maintenir en troisième position mais au onzième tour, alors qu'en tête Clark a porté son avance sur Hill à dix secondes, Surtees déborde les deux Cooper, s'emparant de la troisième place. Il ne parvient cependant pas à les distancer, le trio continuant à perdre du terrain sur les deux premiers. Plus loin, la BRM de Richie Ginther, qui occupait la sixième place depuis le départ, commence à émettre un bruit sourd, et le pilote américain se fait bientôt dépasser par un groupe comprenant Innes Ireland (Lotus), Jack Brabham (sur sa propre monoplace) et Trevor Taylor. Ce dernier n'ira cependant guère plus loin, la boîte de vitesses de sa Lotus s'étant bloquée.

Même si l'allure a baissé à cause des rafales de vents ralentissant les monoplaces dans la ligne droite, Clark continue à creuser l'écart sur Hill. Au vingtième tour, treize secondes séparent les deux premiers alors que McLaren, qui vient de déborder Surtees, est à douze secondes de la BRM. Surtees parvient à reprendre momentanément la troisième place mais deux tours plus tard McLaren reprend définitivement l'avantage sur le Britannique, qui va finalement renoncer au tiers de la course, distribution endommagée. Maggs récupère alors la quatrième place, devant Brabham et Ireland. Les positions semblent désormais acquises, tous ces pilotes ayant adopté une allure régulière. À la mi-course, Clark est hors de portée, vingt-sept secondes devant Hill, ce dernier possédant la même avance sur McLaren. Seul un incident peut empêcher le champion écossais de décrocher la victoire, synonyme de titre mondial. Clark continue cependant à tourner nettement plus vite que ses poursuivants et au cinquantième tour, Hill est à près d'une demi-minute de la Lotus. Dix tours plus tard, son retard reste inchangé et tout parait désormais joué. C'est alors qu'une fumée bleue se dégage de l'arrière de la voiture de tête. Clark continue deux tours encore, avant que, pression d'huile à zéro, il ne soit contraint de rejoindre son stand et abandonner. Hill hérite du commandement de la course, loin devant McLaren et Maggs qui roulent de concert. La fin de course se déroule sans changement aucun, le pilote BRM remportant sa quatrième victoire de la saison, assortie du titre de champion du monde. Les Cooper de McLaren et Maggs, groupées à l'arrivée, obtiennent les deuxième et troisième places, devant Brabham. Cinquième, Ireland obtient son meilleur résultat de la saison, à plus d'un tour du vainqueur.

Classements intermédiairesModifier

Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, deuxième, troisième, cinquième, dixième, quinzième, vingtième, vingt-cinquième, trentième, quarantième, cinquantième, soixantième et soixante-dixième tours[21],[22].

Classement de la courseModifier

 
Beau résultat groupé des Cooper T60, avec les deuxième et troisième places de McLaren et Maggs.
Pos Pilote Écurie Tours Temps/Abandon Grille Points
1 3   Graham Hill BRM 82 2 h 08 min 03 s 3 2 9
2 8   Bruce McLaren Cooper-Climax 82 2 h 08 min 53 s 1 (+ 49 s 8) 8 6
3 9   Tony Maggs Cooper-Climax 82 2 h 08 min 53 s 6 (+ 50 s 3) 6 4
4 10   Jack Brabham Brabham-Climax 82 2 h 08 min 57 s 1 (+ 53 s 8) 3 3
5 11   Innes Ireland Lotus-Climax 81 2 h 09 min 03 s 6 (+ 1 tour) 4 2
6 20   Neville Lederle Lotus-Climax 78 2 h 08 min 08 s 7 (+ 4 tours) 10 1
7 4   Richie Ginther BRM 78 2 h 08 min 37 s 2 (+ 4 tours) 7  
8 18   John Love Cooper-Climax 78 2 h 09 min 29 s 1 (+ 4 tours) 12  
9 5   Bruce Johnstone BRM 76 2 h 08 min 57 s 6 (+ 6 tours) 17  
10 14   Ernie Pieterse Lotus-Climax 71 2 h 08 min 13 s 0 (+ 11 tours) 13  
11 15   Carel Godin de Beaufort Porsche 70 Alimentation 16  
Abd. 1   Jim Clark Lotus-Climax 62 Fuite d'huile 1  
Abd. 21   Doug Serrurier LDS-Alfa Romeo 62 Radiateur 14  
Abd. 7   Roy Salvadori Lola-Climax 56 Fuite d'essence 11  
Abd. 22   Mike Harris Cooper-Alfa Romeo 31 Roulement de roue 15  
Abd. 6   John Surtees Lola-Climax 26 Moteur 5  
Abd. 2   Trevor Taylor Lotus-Climax 11 Boîte de vitesses 9  

Légende :

  • Abd.=Abandon

Pole position et record du tourModifier

  • Pole position :   Jim Clark en 1 min 29 s 3 (vitesse moyenne : 158,029 km/h). Temps réalisé lors de la journée d'essais du vendredi [18]. Clark a ce même jour effectué un tour en 1 min 28 s 9 (vitesse moyenne : 158,740 km/h) au volant de sa monoplace de réserve, temps cependant non retenu car non obtenu sur la voiture utilisée en course, selon la règle alors en vigueur[19].
  • Meilleur tour en course :   Jim Clark en 1 min 31 s 0 au 3e tour (vitesse moyenne : 155,077 km/h).

Tours en têteModifier

Classement final du championnatModifier

  • Attribution des points : 9, 6, 4, 3, 2, 1 respectivement aux six premiers de chaque épreuve.
  • Pour la coupe des constructeurs, même barème et seule la voiture la mieux classée de chaque équipe inscrit des points.
  • Seuls les cinq meilleurs résultats sont comptabilisés. Graham Hill doit décompter le point acquis à Monaco, les trois acquis en Grande-Bretagne et les six acquis aux États-Unis et Bruce McLaren les trois points marqués en France et les deux points acquis en Allemagne. Chez les constructeurs, BRM doit décompter le point acquis à Monaco, les quatre points acquis en France, les trois acquis en Grande-Bretagne et les six acquis aux États-Unis, Lotus-Climax les deux points acquis en Afrique du Sud, Cooper-Climax les deux points acquis aux Pays-Bas, les deux acquis en Allemagne et les quatre acquis aux États-Unis et Porsche le point marqué en Italie.
  • Le règlement permet aux pilotes de se relayer sur une même voiture, les points éventuellement acquis étant alors perdus pour pilotes et constructeur[18].
 
Graham Hill a dû attendre la dernière manche de la saison pour s'adjuger le titre de champion du monde.
Classement des pilotes
Pos. Pilote Écurie Points  
NL
 
MON
 
BEL
 
FRA
 
GBR
 
ALL
 
ITA
 
USA
 
AFS
1   Graham Hill BRM 42 (52) 9 (1) 6 - (3) 9 9 (6) 9
2   Jim Clark Lotus 30 - - 9 - 9 3 - 9 -
3   Bruce McLaren Cooper 27 (32) - 9 - (3) 4 (2) 4 4 6
4   John Surtees Lola 19 - 3 2 2 6 6 - - -
5   Dan Gurney Porsche 15 - - - 9 - 4 - 2 -
6   Phil Hill Ferrari 14 4 6 4 - - - - - -
7   Tony Maggs Cooper 13 2 - - 6 1 - - - 4
8   Richie Ginther BRM 10 - - - 4 - - 6 - -
9   Jack Brabham Lotus & Brabham¹ 9 - - 1 - 2 - -
10   Trevor Taylor Lotus 6 6 - - - - - - - -
11   Giancarlo Baghetti Ferrari 5 3 - - - - - 2 - -
12   Lorenzo Bandini Ferrari 4 - 4 - - - - - - -
  Ricardo Rodríguez Ferrari 4 - - 3 - - 1 - - -
14   Willy Mairesse Ferrari 3 - - - - - - 3 - -
  Joakim Bonnier Porsche 3 - 2 - - - - 1 - -
16   Innes Ireland Lotus 2 - - - - - - - - 2
  Carel Godin de Beaufort Porsche 2 1 - - 1 - - - - -
18   Masten Gregory Lotus 1 - - - - - - - 1 -
  Neville Lederle Lotus 1 - - - - - - - - 1
 
La BRM P57 championne du monde.
Coupe des constructeurs
Pos. Écurie Points  
NL
 
MON
 
BEL
 
FRA
 
GBR
 
ALL
 
ITA
 
USA
 
AFS
1 BRM 42 (56) 9 (1) 6 (4) (3) 9 9 (6) 9
2 Lotus-Climax 36 (38) 6 - 9 - 9 3 - 9 (2)
3 Cooper-Climax 29 (37) (2) 9 - 6 4 (2) 4 (4) 6
4 Lola-Climax 19 - 3 2 2 6 6 - - -
5 Porsche 18 (19) 1 2 - 9 - 4 (1) 2 -
Ferrari 18 4 6 4 - - 1 3 - -
7 Brabham-Climax 6 - - - - - - - 3 3
8 Lotus-BRM 1 - - - - - - - 1 -

À noterModifier

  • 4e victoire en championnat du monde pour Graham Hill.
  • 5e victoire en championnat du monde pour BRM en tant que constructeur.
  • 5e victoire en championnat du monde pour BRM en tant que motoriste.
  • À l'issue de cette course, Graham Hill est champion du monde des pilotes et l'écurie BRM remporte la coupe des constructeurs.

Notes et référencesModifier

  1. Johnny Rives, Gérard Flocon et Christian Moity, La fabuleuse histoire de la formule 1, Éditions Nathan, , 707 p. (ISBN 2-09-286450-5)
  2. Graham Hill (trad. de l'anglais), Au seuil du danger, Paris, Editions Solar, , 318 p.
  3. a et b Christian Naviaux, Les Grands Prix de Formule 1 hors championnat du monde : 1946-1983, Nîmes, Éditions du Palmier, , 128 p. (ISBN 2-914920-05-9)
  4. Christopher Hilton (trad. de l'anglais), Formule 1 : Les jours de gloire, Paris, Editions Solar, , 240 p. (ISBN 2-263-00124-7)
  5. Pierre Ménard, « BRM 57 : Coup de sang à Bourne », Revue Automobile historique, no 33,‎
  6. Christian Moity et Serge Bellu, « La galerie des championnes - 1962 : la BRM P57 - V8 1500 », Revue L'Automobile, no 393,‎
  7. Gérard Crombac (trad. de l'anglais), Colin Chapman : L'épopée Lotus en formule 1, Paris, Presses Universitaires de France, , 381 p. (ISBN 2-13-040012-4)
  8. Patrick Michel, « La famille Coventry Climax : Le roi est mort, vive le roi ! », Revue auto passion, no 25,‎
  9. Christian Moity et Serge Bellu, « La galerie des championnes - 1963/65 : les Lotus Climax 1500 », Revue L'Automobile, no 390,‎
  10. Gérard Gamand, « L'histoire de Coventry Climax », Revue Autodiva, no 32,‎ )
  11. L'année automobile no 10 1962-1963, Lausanne, Edita S.A.,
  12. Revue L'Automobile no 197 - septembre 1962
  13. Gérard Gamand, « 1962 : La première Lola de Formule 1 », Revue Autodiva, no 24,‎
  14. Pierre Ménard, « Carel Godin de Beaufort », Revue Automobile historique, no 41,‎
  15. a et b Revue Sport Auto no 14 - février 1963
  16. Gérard Gamand, « Hugh Powell : Un coup de Scirocco ! », Revue Autodiva, no 21,‎
  17. (en) Bruce Jones, The complete Encyclopedia of Formula One, Colour Library Direct, , 647 p. (ISBN 1-84100-064-7)
  18. a b c et d (en) Mike Lang, Grand Prix volume 1, Haynes Publishing Group, , 288 p. (ISBN 0-85429-276-4)
  19. a b c et d (en) Denis Jenkinson, « The 9th South African Grand Prix : Graham Hill and B.R.M. clinch world championships », Magazine MotorSport, no 2 Vol.XXXIX,‎
  20. Revue L'Automobile no 202 - février 1963
  21. (en) Autocourse : The Review of International Motor Sport 1962/63, Trafalgar Press Ltd, , 200 p.
  22. Edmond Cohin, L'historique de la course automobile, Editions Larivière, , 882 p.