Gouvernement Manuel Valls (1)

gouvernement français du 31 mars 2014 au 25 août 2014
Page d'aide sur l'homonymie Pour le deuxième gouvernement Manuel Valls, voir Gouvernement Manuel Valls (2).
Gouvernement Manuel Valls I
Ve République

Président François Hollande
Premier ministre Manuel Valls
Formation
Fin
Durée 147 jours
Composition initiale
Parti(s) PS-PRG
Ministres 16
Secrétaires d'État 14
Femmes 15
Hommes 15
Représentation
XIVe législature
307 / 577

Précédent Jean-Marc Ayrault II Drapeau de la France Manuel Valls II Suivant

Le premier gouvernement Manuel Valls est le trente-septième gouvernement de la Ve République française, en fonction du 31 mars au 25 août 2014. Il s’agit du troisième gouvernement nommé par le président de la République François Hollande.

À la suite de la défaite de la gauche aux élections municipales françaises de 2014, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault présente la démission de son gouvernement. La nomination à l’hôtel Matignon de Manuel Valls, ministre de l’Intérieur sortant, est annoncée par François Hollande durant une allocution télévisée enregistrée dans un salon du palais de l'Élysée. Le décret de nomination du Premier ministre est publié au Journal officiel le [1].

Les ministres sont nommés par décret présidentiel le 2 avril[2],[3], les premières passations de pouvoir entre les anciens ministres sortants et leurs successeurs ont lieu le même jour[4]. La liste des secrétaires d'État est annoncée le [5].

Le , au lendemain d'un début de crise gouvernementale marqué par les déclarations du ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, Arnaud Montebourg, contre la politique économique du couple exécutif, Manuel Valls remet au chef de l'État la démission de son gouvernement. François Hollande le charge alors de nommer un nouveau gouvernement[6]. Il s'agit d'un des plus courts gouvernements de la Ve République et le second plus court (après le gouvernement Messmer III) si l'on excepte les gouvernements de transition électorale.

Sommaire

ContexteModifier

Départ des écologistesModifier

Le , Manuel Valls reçoit une délégation d’Europe Écologie Les Verts (EELV), devant laquelle il affirme sa volonté de poursuivre la transition énergétique ainsi que de mener des actions en faveur de la justice sociale et de la décentralisation[7]. À la suite de cette rencontre, le bureau exécutif d’EELV refuse par sept voix pour, trois voix contre et cinq abstentions de siéger au gouvernement Valls, malgré les offres qui lui sont proposées, notamment celle d’un grand ministère rassemblant l’environnement (écologie, développement durable), l’énergie, le logement et le transport. Cette décision est alors dénoncée par un certain nombre d’élus écologistes, comme le sénateur Jean-Vincent Placé et les députés Barbara Pompili et François de Rugy. Elle est, à l’inverse, soutenue par Pascal Canfin et Cécile Duflot[7], tous deux ministres du gouvernement sortant, dirigé par Jean-Marc Ayrault. Pour Emmanuelle Cosse, la secrétaire du mouvement, l’influence de Cécile Duflot dans cette décision a été « à la hauteur de son poids politique et de ses réalisations. Quand la ministre qui a mis en place la loi ALUR explique pourquoi elle ne veut pas participer à ce gouvernement, ce n'est pas anodin. Elle a pesé dans cette décision »[8]. Nonobstant le souhait de retour au gouvernement de quelques parlementaires isolés dans leur parti, la décision de quitter le gouvernement fut confirmée par plus de 80 % du conseil fédéral d'EELV.

Enracinement du mouvement des « frondeurs »Modifier

Dès la création de ce nouveau gouvernement, une frange de parlementaires, les « frondeurs », manifeste activement son opposition à la politique économique et sociale qu'il envisage.

Cette opposition ira en s'amplifiant.

Composition initialeModifier

Après la nomination du Premier ministre le 31 mars 2014[1], la composition initiale du gouvernement a été annoncée en deux temps. Seize ministres à parité d'hommes et de femmes sont nommés par décret du , publié au Journal officiel le [2]. Puis les secrétaires d'État, principalement issus des bancs des députés, sont nommés par décret du , publié au Journal officiel le [5] en raison d'une majorité réduite du pouvoir exécutif à l'Assemblée nationale pour voter la confiance au Premier ministre[9],[10].

Neuf ministres du précédent gouvernement, le gouvernement Ayrault II, conservent leur portefeuille, quatre ministres voient leur attributions étendues, et cinq autres changent de ministère. Pierre Moscovici, dont la liste sur laquelle il figurait a été battue lors l'élection municipale de 2014 à Valentigney, n'est pas reconduit dans ce gouvernement. Deux nouveaux ministres ne faisaient pas partie du précédent gouvernement : Ségolène Royal, qui avait cependant déjà été ministre dans les gouvernements Bérégovoy et Jospin, et François Rebsamen, alors président du groupe socialiste au Sénat, est pour la première fois nommé ministre.

Premier ministreModifier

MinistresModifier

Secrétaires d'État auprès d'un ministreModifier

  • Secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement : Jean-Marie Le Guen ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chargée du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger : Fleur Pellerin ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chargé des Affaires européennes : Harlem Désir ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chargée du Développement et de la Francophonie : Annick Girardin ;
  • Secrétaire d'État auprès de la ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche : Frédéric Cuvillier ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche : Geneviève Fioraso ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre des Finances et des Comptes publics, chargé du Budget : Christian Eckert ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire : Valérie Fourneyron ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique, chargée du Numérique : Axelle Lemaire ;
  • Secrétaire d'État auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens combattants et de la Mémoire : Kader Arif ;
  • Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Décentralisation, de la Réforme de l'État et de la Fonction publique, chargé de la Réforme territoriale : André Vallini ;
  • Secrétaire d'État auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée de la famille, des personnes âgées et de l'autonomie : Laurence Rossignol ;
  • Secrétaire d'État auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion : Ségolène Neuville ;
  • Secrétaire d'État auprès de la ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, chargé des Sports : Thierry Braillard.

Déclaration de politique généraleModifier

Le , le Premier ministre a présenté sa déclaration de politique générale du Gouvernement, suivant l'article 49 alinéa premier de la Constitution. Par 307 voix pour, 237 contre et 26 abstentions, Manuel Valls reçoit la confiance de l'Assemblée nationale[11].

Remaniement du 3 juin 2014Modifier

Valérie Fourneyron, secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire, quitte ses fonctions pour raison de santé le . Elle est remplacée à son poste par la députée Carole Delga. Le député Thierry Mandon entre également au gouvernement, nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre, chargé de la Réforme de l’État et de la simplification[12]. Marylise Lebranchu perd, par conséquent, l’attribution de la Réforme de l'État.

GalerieModifier

Premier ministreModifier

Image Fonction Nom Parti
  Premier ministre Manuel Valls PS

MinistresModifier

Image Fonction Nom[13] Parti
  Ministre des Affaires étrangères et du Développement international Laurent Fabius PS
  Ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Ségolène Royal PS
  Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Benoît Hamon PS
  Garde des Sceaux, ministre de la Justice Christiane Taubira Walwari (App.PRG)
  Ministre des Finances et des Comptes publics Michel Sapin PS
  Ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique Arnaud Montebourg PS
  Ministre des Affaires sociales et de la Santé[14] Marisol Touraine PS
  Ministre du Travail, de l'Emploi et du Dialogue social François Rebsamen PS
  Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian PS
  Ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve PS
  Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Najat Vallaud-Belkacem PS
  Ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique Marylise Lebranchu PS
  Ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filippetti PS
  Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Forêt et porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll PS
  Ministre du Logement et de l'Égalité des territoires Sylvia Pinel PRG
  Ministre des Outre-mer George Pau-Langevin PS

Secrétaires d'ÉtatModifier

Image Fonction Ministre de rattachement Nom Parti
  Secrétaire d'État chargé des Relations avec le Parlement Premier ministre Jean-Marie Le Guen PS
  Secrétaire d'État chargé de la Réforme de l'État et de la Simplification Premier ministre Thierry Mandon PS
  Secrétaire d'État chargée du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l'étranger Ministre des Affaires étrangères et du Développement international Fleur Pellerin PS
  Secrétaire d'État chargé des Affaires européennes Ministre des Affaires étrangères et du Développement international Harlem Désir PS
  Secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie Ministre des Affaires étrangères et du Développement international Annick Girardin PRG
  Secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche Ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie Frédéric Cuvillier PS
  Secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso PS
  Secrétaire d'État chargé du Budget Ministre des Finances et des comptes publics Christian Eckert PS
  Secrétaire d'État chargée du Commerce, de l'Artisanat, de la Consommation et de l'Économie sociale et solidaire Ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique Carole Delga PS
  Secrétaire d'État chargée du Numérique Ministre de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique Axelle Lemaire PS
  Secrétaire d'État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire Ministre de la Défense Kader Arif PS
  Secrétaire d'État chargé de la Réforme territoriale Ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique André Vallini PS
  Secrétaire d'État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l'Autonomie Ministre des Affaires sociales et de la Santé Laurence Rossignol PS
  Secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion Ministre des Affaires sociales et de la Santé Ségolène Neuville PS
  Secrétaire d'État chargé des Sports Ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports Thierry Braillard PRG

AgendaModifier

ParticularitésModifier

Présenté comme un « gouvernement de combat »[15], le gouvernement est composé d'un nombre réduit de ministres de plein exercice par rapport au précédent gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Il s'agit du premier gouvernement de la Ve République dirigé par un Premier ministre naturalisé français[16], Manuel Valls étant né espagnol.

Le gouvernement de Manuel Valls est composé principalement de personnalités issues ou proches du Parti socialiste. En plus du Premier ministre qui est lui-même socialiste, quatorze ministres appartiennent au Parti socialiste (PS) et deux appartiennent au Parti radical de gauche (PRG) ou en sont proches. Concernant les secrétaires d'État, douze appartiennent au Parti socialiste (PS) et deux appartiennent au Parti radical de gauche (PRG).

  • Vingt et un membres sont issus de l'Assemblée nationale : Manuel Valls, Laurent Fabius, Benoit Hamon, Michel Sapin (député suppléant), Marisol Touraine, Bernard Cazeneuve, Marylise Lebranchu, Aurélie Filippetti, Stéphane Le Foll, Sylvia Pinel, George-Pau Langevin, Jean-Marie Le Guen, Annick Girardin, Frédéric Cuvillier, Geneviève Fioraso, Christian Eckert, Valérie Fourneyron, Axelle Lemaire, Kader Arif, Ségolène Neuville et Thierry Braillard.
  • Trois membres sont issus du Sénat : François Rebsamen, André Vallini et Laurence Rossignol.
  • Un membre est issu du Parlement européen : Harlem Désir.
  • Cinq membres ne sont pas issus du Parlement mais occupent des mandats locaux : Ségolène Royal, Christiane Taubira, Arnaud Montebourg, Jean-Yves Le Drian, et Najat Vallaud-Belkacem.
  • Un membre n'assumait aucun mandat avant d'être nommé : Fleur Pellerin.
  • Onze membres sont actuellement conseillers municipaux voire conseillers communautaires : Manuel Valls, Benoit Hamon, Michel Sapin, François Rebsamen, Aurélie Filippetti, Stéphane Le Foll, Jean-Marie Le Guen, Frédéric Cuvillier, Christian Eckert, Valérie Fourneyron, Thierry Braillard.
  • Sept membres sont conseillers généraux : Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aurélie Filippetti, Jean-Marie Le Guen, André Vallini et Ségolène Neuville.
  • Sept membres sont conseillers régionaux : Ségolène Royal, Benoit Hamon, Christiane Taubira, Jean-Yves Le Drian, Marylise Lebranchu, Sylvia Pinel, Laurence Rossignol.
  • Un membre est élu d'un conseil territorial d'une collectivité d'outre-mer : Annick Girardin.
  • Sept membres n'ont aucun mandat local : Bernard Cazeneuve, George-Pau Langevin, Fleur Pellerin, Harlem Désir, Geneviève Fioraso, Axelle Lemaire et Kader Arif.
  • Sept membres étaient maires avant d'être ministres : Manuel Valls, Michel Sapin, François Rebsamen, Bernard Cazeneuve, Frédéric Cuvillier, Christian Eckert et Valérie Fourneyron,
  • Quatre membres étaient adjoints au maire : Laurent Fabius, Najat Vallaud-Belkacem, Geneviève Fioraso et Thierry Braillard.
  • Cinq membres étaient présidents d'EPCI avant d'être ministres : Manuel Valls, Laurent Fabius, Michel Sapin, François Rebsamen, Frédéric Cuvillier,
  • Cinq membres étaient vice-présidents d'EPCI : Stéphane Le Foll, Geneviève Fioraso, Christian Eckert, Valérie Fourneyron et Kader Arif.
  • Trois membres étaient présidents de conseil général : Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, André Vallini.
  • Deux membres étaient présidents de conseil régional : Ségolène Royal et Jean-Yves Le Drian.
  • Un membre était vice-président de conseil régional : Laurence Rossignol.
  • Trois des seize ministres et un secrétaire d'État sont d'anciens élèves de l'École nationale d'administration.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Décret du 31 mars 2014 portant nomination du Premier ministre », sur Légifrance,‎ (consulté le 2 avril 2014).
  2. a et b Décret du 2 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement, JORF no 0079 du 3 avril 2014 p. 6388.
  3. 16 ministres avec Manuel Valls, un gouvernement vraiment resserré ? - Challenges du 1er avril 2014.
  4. Passation de pouvoir entre les anciens ministres et les nouveaux ministres (Wikinews, 2 avril 2014).
  5. a et b Décret du 9 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement, JORF no 0085 du 10 avril 2014 p. 6560.
  6. « Le Gouvernement Valls démissionne », sur Le Monde.fr,‎
  7. a et b « Les écologistes d’EELV refusent finalement d’entrer au gouvernement », sur Le Nouvel Observateur,‎ (consulté le 2 avril 2014).
  8. « Cosse (EELV) : « C’est l’échec d’une majorité. Il y a une responsabilité de Hollande » », sur Le Monde,‎ (consulté le 2 avril 2014).
  9. Grégoire Biseau, « Vote de confiance : Hollande ne fait pas pacte de bravoure », sur liberation.fr,‎ (consulté le 12 juillet 2014)
  10. Béatrice Houchard, « Gouvernement : En attendant les secrétaires d’Etat », sur lopinion.fr,‎ (consulté le 12 juillet 2014)
  11. http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0785.asp
  12. RTL, Raphaël Bosse-Platière, « Remaniement : Valérie Fourneyron démissionne, Thierry Mandon fait son entrée au gouvernement », sur rtl.fr,‎
  13. http://www.francetvinfo.fr/politique/remaniement/gouvernement-valls/a-l-economie-cazeneuve-a-l-interieur-royal-a-l-ecologie-decouvrez-le-nouveau-gouvernement_566961.html.
  14. Si le décret du 2 avril 2014 relatif à la composition du Gouvernement a indiqué que Marisol Touraine était ministre des Affaires sociales, le décret du 9 avril portant nomination des secrétaires d'État mentionne « la ministre des affaires sociales et de la santé », mention également retenue sur le site officiel du gouvernement.
  15. Allocution du Président de la République diffusé le 30 mars 2014 à 20h00
  16. Manuel Valls, premier Premier ministre à ne pas être né français, AFP, 2 avril 2014, 11 h 58 (site liberation.fr).

Voir aussiModifier