George Pau-Langevin

femme politique française

George Pau-Langevin
Illustration.
George Pau-Langevin en 2013.
Fonctions
Députée française
En fonction depuis le
(4 ans et 21 jours)
Réélection 18 juin 2017
Circonscription 15e de Paris
Législature XIVe et XVe (Cinquième République)
Groupe politique SER (2016-2017)
NG (2017-2018)
SOC (depuis 2018)
Prédécesseur Fanélie Carrey-Conte

(1 mois et 1 jour)
Élection 17 juin 2012
Circonscription 15e de Paris
Législature XIVe (Cinquième République)
Groupe politique SRC
Prédécesseur Michel Charzat
Successeur Fanélie Carrey-Conte

(5 ans)
Élection 17 juin 2007
Circonscription 21e de Paris
Législature XIIIe (Cinquième République)
Groupe politique SRC
Prédécesseur Michel Charzat
Successeur Circonscription supprimée
Ministre des Outre-mer

(2 ans, 4 mois et 28 jours)
Président François Hollande
Premier ministre Manuel Valls
Gouvernement Valls I et II
Prédécesseur Victorin Lurel
Successeur Ericka Bareigts
Ministre déléguée à la Réussite éducative

(1 an, 10 mois et 15 jours)
Président François Hollande
Premier ministre Jean-Marc Ayrault
Gouvernement Ayrault I et II
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Conseillère régionale d'Île-de-France

(5 ans, 11 mois et 20 jours)
Élection 22 mars 1992
Circonscription Paris
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)
Nationalité Française
Parti politique PS (depuis 1975)
Diplômée de Université Panthéon-Assas
Profession Avocate

George Pau-Langevin, née le à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), est une avocate, responsable associative et femme politique française.

Membre du Parti socialiste (PS), proche de Bertrand Delanoë, elle est députée de la 21e circonscription de Paris de 2007 à 2012, avant d'être réélue dans la 15e circonscription en 2012.

Ministre déléguée à la Réussite éducative dans les gouvernements de Jean-Marc Ayrault de 2012 à 2014, elle est nommée ministre des Outre-mer en 2014 dans les gouvernements de Manuel Valls. Démissionnaire en 2016, elle retrouve son siège de députée et se voit réélire à l’Assemblée nationale l’année suivante.

BiographieModifier

Études et carrière professionnelleModifier

Elle est titulaire d'une maîtrise de lettres modernes (obtenue à la Sorbonne) et d'un diplôme d'études supérieures (DES) de droit privé (obtenu à l’université Panthéon-Assas).

George Pau-Langevin est présidente du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples de 1984 à 1987[1]. En 1989, elle intègre en tant que directrice adjointe l’Agence nationale de promotion et d’insertion des travailleurs d’Outre-mer (ANT), qu'elle dirige de 1997 à 2001. Conseillère du maire de Paris, Bertrand Delanoë, pour la vie associative et déléguée générale à l'Outre-mer de 2001 à 2007, elle est également avocate[2].

Elle est décorée de l'ordre national de la Légion d'honneur en [3].

Parcours politiqueModifier

Élue locale parisienneModifier

Conseillère municipale du 20e arrondissement de Paris de 1989 à 1995[1], elle retrouve cette fonction lors des élections municipales de 2008, élue en treizième position sur la liste conduite par Frédérique Calandra[4].

George Pau-Langevin est à l’origine du changement de nom de la rue Richepanse (général qui contribua à rétablir l’esclavage en Guadeloupe en 1802, sur l'ordre de Bonaparte) en rue du Chevalier-de-Saint-George, dans le 1er arrondissement de Paris (du nom d'un métis guadeloupéen, épéiste, violoniste, chef d'orchestre et célèbre compositeur, de la seconde moitié du XVIIIe siècle)[5].

Elle est conseillère régionale d’Île-de-France de 1992 à 1998[6].

DéputéeModifier

Elle est élue députée dans la 21e circonscription de Paris lors des élections législatives de 2007.

Vice-présidente du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) à l'Assemblée nationale, elle est chargée des questions d'immigration et de codéveloppement entre 2007 et 2009[7]. À ce titre, elle est responsable pour l'opposition du projet de loi de relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile. Elle combat la mesure relative aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial et saisit, avec ses collègues du groupe socialiste, le Conseil constitutionnel au sujet des statistiques ethniques[8]. Celui-ci prononce la censure au motif que « si les traitements nécessaires à la conduite d'études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration peuvent porter sur des données objectives, ils ne sauraient, sans méconnaître le principe énoncé par l'article 1er de la Constitution, reposer sur l'origine ethnique ou la race »[9].

 
George Pau-Langevin au Zénith de Paris, en 2007.

Elle est l'auteure d'une proposition de loi visant à lutter contre les discriminations liées à l'origine, réelle ou supposée[8], et membre des missions d'information sur les centres de rétention et sur les questions mémorielles.

En , elle est chargée par le groupe SRC de suivre les questions de justice. Elle s'est alors particulièrement impliquée sur trois sujets : l'accès au droit (elle est l'auteure avec Philippe Gosselin d'un rapport parlementaire sur la question[10]), la justice des mineurs et la participation des citoyens au fonctionnement de la justice (elle est l'auteure avec Dominique Raimbourg d'une note sur ce sujet publiée par la Fondation Jean-Jaurès[11]).

En , elle publie un livre, intitulé Représenter le peuple français, retraçant son parcours et détaillant sa vision du rôle et de la place du député[7].

En , elle est signataire d'une lettre ouverte de parlementaires[12] demandant à Nicolas Sarkozy de s'opposer, au nom de la France, à la reconnaissance unilatérale de l’État de Palestine le aux Nations unies. Les signataires de cette lettre ouverte souhaitent la poursuite du dialogue afin de parvenir à « une résolution pacifique et négociée du conflit israélo-palestinien reposant sur le principe de deux États pour deux peuples ». La presse souligne que quelques « élus PS ont rejoint l'UMP contre un État palestinien », à l'encontre de la position délibérée sur le sujet par leur propre parti[13]. George Pau-Langevin a, quelques heures après la publication de cette lettre ouverte, précisé sa position : « Aujourd’hui, le Parti socialiste a adopté une position très nette sur cette question, réaffirmant la nécessité de mettre fin à ce qui pouvait être ressenti comme un déni de droit, entretenant dangereusement un foyer d’instabilité dans cette région du monde, à un moment où les pays occidentaux doivent conforter les aspirations démocratiques exprimées par les peuples du Printemps arabe. Je fais mienne cette position délibérée par les responsables du parti auquel j’appartiens »[14].

Ministre sous François HollandeModifier

À la suite de la victoire de François Hollande à l'élection présidentielle de 2012, elle est nommée ministre déléguée à la Réussite éducative auprès du ministre de l’Éducation nationale[15] dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Lors des élections législatives qui suivent, elle est élue députée dans la 15e circonscription de Paris. Sa nomination en qualité de ministre la conduit à laisser son mandat à sa suppléante, Fanélie Carrey-Conte, qui l'exerce à partir du [16].

Son bilan au ministère de la Réussite éducative comporte des mesures en faveur de la relation de l’École aux parents, de l’égalité et contre les discriminations, la tenue d’assises avec le ministre chargé de la Ville et l’ensemble des acteurs de la réussite éducative, la création d’un Observatoire national de la réussite éducative et l’attribution de la Grande Cause nationale 2013 à la lutte contre l’illettrisme[17].

Lors du remaniement du , consécutif à la défaite de la majorité aux élections municipales, elle est nommée ministre des Outre-mer dans le gouvernement Valls I à la place de Victorin Lurel. Elle est reconduite à ce poste le dans le gouvernement Valls II, même si son départ est envisagé lors du remaniement de [18].

Dans cette fonction, elle présente plusieurs « plans » pour l'outre-mer (jeunesse, logement, santé, sécurité)[18] et gère en plusieurs nuits de violences urbaines à Mayotte. Elle prépare, conjointement avec la secrétaire d’État chargée de l’Égalité réelle Ericka Bareigts, le projet de loi pour l'égalité réelle outre-mer, prévoyant un plan de développement pour réduire progressivement les écarts de niveaux de vie et de qualité de vie[19] et la création de la future Cité des Outre-mer[18]. Le projet de loi fait l'objet d'une consultation sur internet des ultramarins[20]. Elle regrette l'absence d'évolution du statut de Saint-Pierre-et-Miquelon[20].

George Pau-Langevin annonce sa démission le (le même jour qu'Emmanuel Macron) « pour des raisons personnelles [et] retrouver le contact avec le terrain »[18], après avoir pourtant fait une conférence de presse de rentrée le matin même[20]. Elle est remplacée par Ericka Bareigts[21].

Après le gouvernementModifier

Le , George Pau-Langevin retrouve son mandat de députée à moins d'un an du renouvellement de l'Assemblée nationale. Début , elle obtient, face à Frédérique Calandra[22], l'investiture du PS pour la 15e circonscription de Paris en vue des élections législatives de 2017[23].

Elle est l'une des porte-parole de Vincent Peillon pour la primaire citoyenne de 2017. Elle est également chargée du projet Justice et Institutions avec Colette Capdevielle et Francis Lec et membre du comité politique de la campagne[24].

Candidate à sa réélection lors des élections législatives de 2017, à l'issue du premier tour, elle se place en première position avec 24,1 % des suffrages exprimés et un peu plus de 2 000 voix d'avance sur le candidat de La France insoumise, Mehdi Kemoune, qu'elle affronte au second tour. Elle l'emporte au second tour avec 60,3 % des suffrages exprimés, dans une circonscription où La République en marche n'avait pas investi de candidat, l’abstention atteignant 56,7 % des inscrits et les votes blancs et nuls 9,3 % des exprimés[25]. Elle est la seule candidate présentée par le PS à l'avoir emporté à Paris lors de ces élections[26].

Elle soutient la candidature de Stéphane Le Foll au poste de premier secrétaire du Parti socialiste pour le congrès du parti qui a lieu début 2018[27].

En , elle se voit confier par la délégation aux Outre-mer de l'Assemblée nationale une mission sur l'avenir de la chaîne France Ô, appelée à disparaître de la TNT en 2020[28]. Déplorant une « disparition inquiétante » et que « malgré plusieurs relances, les travaux n'avancent pas », elle annonce en son retrait de cette mission[29],[30]. Elle fait partie en des 125 personnalités signataires d'une tribune dans Libération contre la suppression de France Ô[31].

George Pau-Langevin figure en dernière position sur la liste conduite par Éric Pliez lors des élections municipales de 2020 dans le 20e arrondissement de Paris[32].

Détail des mandats et fonctionsModifier

Au gouvernementModifier

À l’Assemblée nationaleModifier

Au niveau localModifier

Résultats aux élections législativesModifier

Année Parti Circonscription % Issue
1er tour 2d tour
2007[33] PS 21e de Paris 27,8 62,7 Élue
2012[33] PS 15e de Paris 47,0 73,5 Élue
2017[25] PS 15e de Paris 24,1 60,3 Élue

PublicationsModifier

  • Guide pratique du droit des étrangers : le droit, les démarches (2004).
  • Représenter le peuple français (2011).

Notes et référencesModifier

  1. a et b « George Pau-Langevin est nommée ministre des Outre-Mer », sur 20minutes.fr, (consulté le 21 mars 2020).
  2. « Voix de l’outre-mer », sur lexpress.fr, .
  3. « Ordre de la Légion d'honneur - Nominations, promotions et élévations du 31 décembre 2001 », sur france-phaleristique.com.
  4. Ministère de l’Intérieur, « Résultats des élections municipales 2008 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 21 mars 2020).
  5. « La rue Richepance devient celle du Chevalier-de-Saint-Georges », sur leparisien.fr, (consulté le 21 mars 2020).
  6. « George Pau-Langevin, du MRAP au ministère de la réussite éducative », sur lemonde.fr, (consulté le 22 mars 2020).
  7. a et b « "Représenter le peuple français" : George Pau-Langevin dans le texte », sur La Première, (consulté le 21 mars 2020).
  8. a et b « Discriminations : les députés socialistes veulent faire avancer le dossier des statistiques éthiques », sur lemonde.fr, (consulté le 21 mars 2020).
  9. « Le Conseil constitutionnel invalide les statistiques ethniques », sur lemonde.fr, (consulté le 21 mars 2020).
  10. « Rapport d’information de M. Philippe Gosselin et Mme George Pau-Langevin, députés » [PDF], sur assemblee-nationale.fr.
  11. « Jurés populaires en correctionnelle : une fausse bonne idée ? », sur jean-jaures.org, .
  12. « 100 élus français opposés à la demande d'un État palestinien à l'ONU », sur lepoint.fr, (consulté le 22 mars 2020).
  13. « Des élus PS rejoignent l'UMP contre un État palestinien », sur lexpress.fr, (consulté le 29 décembre 2015).
  14. « Sur la reconnaissance de l’État palestinien », sur georgepaulangevin.fr.
  15. « Les attributions de la ministre de la réussite éducative publiées au JO », sur lepoint.fr, .
  16. « Les suppléants entrent dimanche à l'Assemblée Nationale », sur France 3 Paris Île-de-France, (consulté le 21 mars 2020).
  17. « Où est passée la réussite éducative après le remaniement ministériel ? », sur cafepedagogique.net, (consulté le 21 mars 2020).
  18. a b c et d « Départ surprise de George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer », sur lemonde.fr, .
  19. Patrick Roger, « Un projet de loi s’attaque aux inégalités entre la métropole et les DOM-TOM », sur lemonde.fr, .
  20. a b et c William Kromwel, « La rentrée en forme de bilan de la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin », sur La Première, .
  21. « George Pau-Langevin remplacée par Ericka Bareigts au ministère de l'Outre-Mer », sur parismatch.com, (consulté le 1er août 2020).
  22. Amandine Réaux, « Investitures PS aux législatives : la candidature dissidente qui agace l’ex-ministre George Pau-Langevin », sur lelab.europe1.fr, .
  23. Emmanuel Berretta, « Législatives : Anne Hidalgo sous tension », sur lepoint.fr, .
  24. « Primaire à gauche : Peillon détaille son organigramme de campagne », sur ouest-france.fr, .
  25. a et b Ministère de l’Intérieur, « Résultats des élections législatives 2017 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 21 mars 2020).
  26. « Législatives à Paris : Pau-Langevin sauve l’honneur du PS », sur leparisien.fr, (consulté le 9 juin 2020).
  27. Sophie de Ravinel, « À l'Assemblée, la paix armée avant la clarification », sur lefigaro.fr, , p. 6.
  28. « L'avenir de France Ô au Sénat et à l'Assemblée nationale », sur fxgpariscaraibe.com, (consulté le 9 juin 2020).
  29. « «On est déjà en train d'exécuter France Ô», dénonce la député Pau-Langevin », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 9 juin 2020).
  30. « La députée de Paris George Pau-Langevin se retire de la "mission flash" sur l’avenir de France Ô », sur La Première, (consulté le 9 juin 2020).
  31. Loïc Céry, « L'appel des 125 personnalités contre la suppression de France Ô », sur blogs.mediapart.fr, (consulté le 1er août 2020).
  32. Ministère de l'Intérieur, « Listes de Paris 20e secteur », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 9 juin 2020).
  33. a et b « Tous les jeux de données de 1958 à 2012 au format XLS en une archive », sur data.gouv.fr (consulté le 21 mars 2020).

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier