Famille Feydeau

Famille Feydeau
Image illustrative de l’article Famille Feydeau
Armes

Blasonnement D'azur au chevron d'or accompagné de trois coquilles du même
Branches Brou
Saint-Christophe
Période XVe au XXIe siècle
Pays ou province d’origine Marche
Demeures Château de Brou
Charges Garde des sceaux
Conseiller d'État
Fonctions militaires Lieutenant-colonel
Fonctions ecclésiastiques évêque d'Amiens
évêque de Digne

La famille Feydeau est une famille subsistante de la noblesse française, originaire de la Marche. Elle a formé de nombreuses branches, anoblies à des dates différentes, dont la branche de Saint-Christophe, établie en 1729 en Angoumois, anoblie en 1771, est la seule subsistante.

HistoireModifier

La famille Feydeau est originaire de Felletin (Creuse) puis Bellac (Haute-Vienne), dans la Marche. L'une de ses branches, seule subsistante, s'est établie en 1729 à Saint-Christophe, en Angoumois (Charente)[1],[2],[3].

Les Feydel (langue d’oc), Feydelli (en latin) ou Feydeau (langue d’oïl) sont originaires de Felletin (Haute Marche) où ils sont cités en 1423[4]. Mentionnés en tant qu’habitants et bourgeois de cette ville au XVe siècle[5],[6], ils ne pouvaient déjà être en état de noblesse à cette époque, contrairement aux prétentions des branches parisiennes de cette famille (pourtant bénéficiaires d’anoblissements en bonne et due forme… mais nettement plus récents) et aux nombreuses maintenues obtenues en ce sens à partir du XVIIe siècle, reprises à la lettre par le chartiste Pierre Flament[7]. À la fin du XVe siècle, plusieurs fils de Thomas Feydeau (habitant de Felletin et premier degré fiable) entrent au service du duc Pierre II de Bourbon, comte de la Marche, dont Michel Feydeau, licencié-ès-lois, avocat, envoyé en 1502 en Basse Marche en tant que juge ou président & lieutenant général de la sénéchaussée. Ce dernier fonde à Bellac une lignée de juges, d’avocats et d’officiers de milice, dont est issu Jean Feydeau (1698-1779), habitant de Bellac et premier (1729) seigneur de Saint-Christophe (Saint-Christophe (Charente)) de sa lignée, qui, à la suite de l’imposition d’office de son père (capitaine de la milice bourgeoise de Bellac) aux ustensiles (impôt accessoire de la taille) à partir de 1708 (probablement à la suite des édits d’août 1705 et de 1706 qui révoquent l’exemption d’ustensiles & franc-fief dont bénéficiaient les officiers de milice des petites villes) puis, consécutivement, à sa propre imposition au franc-fief et à la taille, obtient, par l’entremise des Feydeau de Brou et de Claude-Henry Feydeau de Marville ses lointains parents, des lettres patentes[8] données par Louis XV à Versailles en juin 1771 et enregistrées au Conseil supérieur de Clermont-Ferrand le , le relevant de cette dérogeance et entérinant comme noble sa filiation remontée sur 7 générations jusqu’à Michel Feydeau. Les Feydeau de Saint-Christophe représentent la dernière branche subsistante issue de Thomas Feydeau, par ailleurs auteur des Feydeau de La Roche et du Noncelier (demeurés bourgeois à Felletin), de Brou (secrétaire du roi 1608)[9].

La famille Feydeau entra au service des ducs du Bourbonnais à la fin du XVe siècle, puis intégra l'administration royale lorsque le duché du Bourbonnais revint à la couronne en 1531. C'est ainsi que plusieurs branches de cette famille s'établirent à Moulins, capitale du Bourbonnais, puis à Paris. Elle s'y illustra jusqu'à donner un garde des sceaux de France en 1762.

Cette famille s'est divisée à partir du XVe siècle en de nombreuses branches : les Feydeau de La Roche et du Noncelier, de Brou, Calende, Vaugien, Marville, Rochefort, Clusors, Saint-Christophe (dernière subsistante), etc.

Principes de noblesseModifier

Cette famille marchoise est distincte des familles homonymes poitevines Feydeau possessionnées à Romagne (La Millière) et Persac (La Mothe), Queaux (Ressonneau), Roumazières-Loubert (Peyras), etc., de noblesse médiévale et éteintes.

PersonnalitésModifier

Châteaux et demeuresModifier

À Paris, la famille Feydeau a donné son nom à plusieurs hôtels particuliers :

  • l'ancien hôtel de Feydeau de Brou, au 44, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, habité par les Feydeau de Brou au XVIIe siècle ;
  • le nouvel hôtel de Feydeau de Brou, au 13, rue de l'Université, édifié par cette famille au début du XVIIIe siècle ;
  • l'hôtel de Feydeau du Plessis ou Feydeau-Duplessis (précédemment hôtel d'Ormesson), au 5 de l'ancienne rue du Chaume (actuelle rue des Archives), résidence parisienne aux XVIIe et XVIIIe siècles des Feydeau, seigneurs du Plessis-Saint-Antoine (Le Plessis-Trévise) ;
  • l'hôtel Feydeau de Montholon, au 2, rue Séguier, dont l'une des façades borde la Seine et qui porte le nom de François-de-Paule Feydeau (1676-1710), seigneur du Plessis-Saint-Antoine et de Trancault, baron de Bourdenay, conseiller au Parlement de Paris, et de son épouse Catherine-Gabrielle de Montholon ;
  • l'ancien hôtel de Feydeau de Marville (anciennement maison du Grand Henry, puis hôtel de Montbrun), sis au 19, place des Vosges, résidence des Feydeau de Marville de 1712 à 1754 ;
  • le nouvel hôtel de Feydeau de Marville, ou hôtel de Marville (précédemment hôtel d'Avejan), au 53, rue de Verneuil, qui fut la propriété de Claude-Henry Feydeau de Marville de 1770 à 1787, puis des Feydeau de Brou.

TitresModifier

  • Marquis en 1761 (éteint)

OdonymieModifier

En tant qu'anciens (co)seigneurs indivis du fief parisien de la Grange-Batelière aux XVIIe et XVIIIe siècles, la famille a donné son nom à la rue Feydeau sur le territoire duquel cette rue a été tracée[11].

Elle a aussi donné son nom à une rue de Felletin, dans la Marche (Creuse), où elle est possessionnée depuis le XVe siècle.

Paul-Esprit Feydeau de Brou, intendant de Bretagne lors de l'incendie de Rennes de 1720 et la conspiration de Pontcallec, donna son nom au XVIIIe siècle à l'Île Feydeau de Nantes et à la rue Feydeau de Saint-Malo.

Un membre de cette même branche des Feydeau, seigneurs de Vaugien (Saint-Rémy-lès-Chevreuse) et de Courcelle (Gif-sur-Yvette), donna par ailleurs son nom à une rue de Gif-sur-Yvette : allée Louise "Élisabeth de Feydeau", prieure de l'abbaye royale Notre-Dame du Val-de-Gif au XVIIIe siècle.

Notes et référencesModifier

  1. Gustave Chaix d'Est-Ange, tome 18 Fel-For, 1922, p. 121, (lire en ligne)
  2. Étienne de Séréville & Fernand de Saint-Simon, Dictionnaire de la Noblesse Française, 1975, page 433
  3. Henri Beauchet-Filleau, Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, 1905, page 419 (présentation en ligne)
  4. Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1903, p. 455 (présentation en ligne)
  5. Les Charités de la ville de Felletin au XVe siècle ([PDF] présentation en ligne)
  6. Le Cartulaire de Bertaud de Ry, gentilhomme normand, capitaine de Felletin sous Charles VII, publié par le Bulletin philologique et historique jusqu'à 1715 du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1915 (présentation en ligne)
  7. présentaion en ligne)
  8. copie aux AN O/1/176, no 155, fol. 427
  9. a et b Rolland Abraham Tessereau, Histoire chronologique de la grande Chancelerie de France, chez Pierre Le Petit, 1676, p. 272, présentation en ligne)
  10. lire en ligne)
  11. Bernard Quilliet, Les Fiefs parisiens et leurs seigneurs laïcs au XVIIIe siècle. Voir sur www.persee.fr

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier