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Bataille de Mergentheim

bataille de la guerre de Trente Ans
Bataille de Mergentheim
Description de cette image, également commentée ci-après
Ordre des troupes (dessin français)
Informations générales
Date
Lieu Herbsthausen, Franconie
Issue défaite tactique française
Belligérants
Royaume de France Royaume de FranceDrapeau de l'Électorat de Bavière Électorat de Bavière
Commandants
Vicomte de Turenne
Cavalerie de Weimar
Reinhold de Rosen
Franz von Mercy
Forces en présence
3 500 fantassins, 5 500 cavaliers[1]4 300 fantassins, 5 300 cavaliers, 9 pièces d'artillerie[1]

Guerre de Trente Ans

Batailles

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Coordonnées 49° 24′ 07″ nord, 9° 49′ 44″ est

Géolocalisation sur la carte : Bavière

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Bataille de Mergentheim

Géolocalisation sur la carte : Allemagne

(Voir situation sur carte : Allemagne)
Bataille de Mergentheim

La bataille de Mergentheim (parfois incorrectement appelée « bataille de Marienthal » dans les sources françaises de l'époque) est une bataille de la guerre de Trente Ans ; elle a opposé les troupes françaises aux troupes bavaroises le .

Sommaire

PréludeModifier

Après que les troupes franco-saxonnes, fortes de 11 000 hommes, eurent passé le Rhin à Spire le , le maréchal de Turenne fit marche vers la Souabe et prit au mois d'avril ses quartiers dans les moulins de l'Hospice du Saint-Esprit, face aux portes de la ville de Hall. Il caserna ses troupes alentour et exigea la reddition de la ville, qui proposait pourtant une rançon. C'est pourquoi le général bavarois Franz von Mercy, qui croyait que l'armée française allait poursuivre vers la vallée du Danube, prit position à Ellwangen[2]:p. 295.

Mais Turenne établit son quartier-général le dans la forteresse teutonique de Mergentheim et son armée avait pris ses quartiers, apparemment à la demande expresse de Reinhold de Rosen, dans les villages environnants : ainsi les soldats pourraient jouir de l'abondante fertilité des vignobles et se nourrir sur le pays[2]:p. 295. Un rapport contemporain rapporte ainsi que Turenne « et ses troupes franco-weimariennes tournent autour du pot en Franconie. »[3]

Turenne aurait ordonné qu'aucun régiment ne s'éloigne de plus de deux heures de marche du point de ralliement d’Herbsthausen ; Herbsthausen occupait le carrefour de la route du Neckar vers l'ouest, et de celle reliant Mergentheim à Crailsheim, ce qui justifie le choix de Turenne[2]:p. 296.

Quoi qu'il en soit, cet ordre resta sans effet : le régiment de Saxe-Weimar, fort de 5 500 cavaliers, n'avait au printemps pu ravitailler ses chevaux qu'avec peine, et se dispersait à présent sur une ligne de 40 km entre Rothenburg ob der Tauber et Buchen à travers le plateau d'Odenwald[1]:p. 174 ; au reste, les Français négligeaient leurs avant-postes[2]:p. 295.

Mercy avait pu reconnaître les positions françaises et prévoyait de faire marcher de nuit son armée depuis Dinkelsbühl et Feuchtwangen vers Mergentheim en passant par Michelbach an der Lücke et Blaufelden afin de surprendre Turenne. La rapidité extraordinaire de ce mouvement de troupe ne fut possible que par la réduction du train, justifiée par la diminution de la taille des effectifs dans les deux camps depuis le début du conflit[2]:p. 294

DéroulementModifier

Mercy attaque les troupes françaises par surprise le .

Turenne poste son aile droite, commandée par von Rosen et composée surtout de fantassins, dans une petite forêt. Son centre, lui aussi composé principalement d'infanterie, occupe le village d'Herbsthausen, tandis que l'aile gauche, commandée par Turenne lui-même, est formée de la cavalerie weimarienne. Au total, les Français alignent 10 000 hommes[2]:p. 297 et suiv.

La cavalerie bavaroise est partagée entre les deux ailes, tandis que l'infanterie avance vers le centre. Werth commande les escadrons de l'aile gauche, Mercy ceux de l'aile droite. Le colonel Jakob Kolb[A 1] est à la tête d'une petite armée de réserve[2]:S. 296.

D'emblée, les positions françaises sont prises sous le feu de l'artillerie bavaroise puis l'infanterie bavaroise, commandée par le général Johann von Reuschenberg[A 2] attaque l'aile droite ennemie embusquée : les troupes françaises de von Rosen ne tirent qu'une seule salve, puis prennent la fuite vers le village, poursuivies par les Bavarois[2]:p. 298.

Turenne réagit rapidement et contre-attaque. Sa cavalerie prend d'abord le meilleur contre l'aile de von Mercy et provoque la fuite d'une partie des contingents ennemis, jusqu'à ce que l'armée de réserve du colonel Kolb entre en action. La supériorité numérique des escadrons de Jean de Werth sur le flanc gauche fait enfin la décision : ils contournent Herbsthausen et attaquent par derrière la cavalerie de Turenne[2]:S. 298 et suiv.. Les français sont battus dans l'heure, perdant le tiers de leur effectif et toute leur artillerie. Turenne doit se retirer avec le reste de ses troupes et repasse le Rhin.

ConséquencesModifier

Les garnisons françaises du château de Mergentheim et du Fort de Neuhaus se rendirent le jour même. Au château, outre les munitions de l'ennemi, les Bavarois tombèrent sur la caisse de guerre de Turenne. Ils firent prisonniers les deux généraux de Turenne, Schmidberg et Rosen, et avec eux 2500 soldats 185 officiers, quatre pièces d'artillerie et tout le train ennemi[1]:p. 176

Le général von Mercy reconstitua ses rangs en retournant une partie des prisonniers grâce à la solde saisie[4]:p. 299 et suiv. Il poursuivit Turenne, qui avait pris la fuite en Hesse et jusqu'aux rives du Main. Selon certaines sources[1]:p. 176, les paysans de Franconie auraient d'eux-mêmes participé à cette chasse à l'homme.

Si Napoléon Bonaparte a pu voir dans le choix d'un point de concentration à découvert, au milieu des avant-postes, une faute tactique décisive de Turenne[2]:p. 297, ce dernier rejeta pour sa part la responsabilité de cet échec cuisant sur ses officiers :

« Dès que l’armée fut arrivée à Mariendal, comme c’etoit dans la fin du mois d’avril, & qu’il n’y avoit point encore d’herbes, on pressa fort M. de Turenne de permettre que la cavalerie se séparât dans les petites villes, où on laisseroit son bagage au premier ordre, & qu’on viendroit promptement au rendez-vous. Pour dire vrai, le trop de facilité à ne point faire pâtir la cavalerie, faute de fourrage ; la grande envie qu’ils se missent promptement en bon état, plusieurs officiers assurent que chacun dans son lieu acheteroit des chevaux pour les démontés, & aussi l’éloignement de l’ennemi qui étoit à près de dix heures de-là, les partis rapportant qu'ils étoient séparés, firent résoudre M. de Turenne mal a propos à les envoyer dans de petits lieux fermés. »

— Collection des mémoires du maréchal de Turenne, p. 297.

Cette bataille se solda d'abord par un avantage numérique des Impériaux en Allemagne méridionale[2]:p. 299 et suiv., sans toutefois porter un coup fatal à l'invasion française[1]:p. 174. Turenne parvint en effet à ramener les troupes encore intactes sur les rives du Rhin et remit sa démission au cardinal Mazarin, qui cependant la refusa. Le Premier ministre ordonna au contraire à Turenne de faire au plus vite sa jonction avec l'armée de Condé. Peu après, les deux généraux français, renforcés par des contingents hessois, repassaient le Rhin. Le , ils culbutent l'armée impériale à la bataille d'Alerheim commandée par Jean de Werth et Franz von Mercy : c'est la revanche de la bataille de Mergentheim. Les Français sont victorieux. Le maréchal von Mercy meurt frappé par une balle de mousquet ; il est enterré sur le champ de bataille.

NoteModifier

  1. a b c d e et f D'après Carlheinz Gräter, « Die Schlacht von Herbsthausen : Vor 400 Jahren erlitt Turenne seine einzige Niederlage gegen Baiern », Frankenland., no 47,‎ , p. 174–176 (lire en ligne [PDF]).
  2. a b c d e f g h i j et k Beschreibung des Oberamts Mergentheim.
  3. cité d'après Beschreibung des Oberamts Mergentheim, p. 295.
  4. Cf. Bernd Warlich, « Hans Jakob Kolb von Kager », sur 30jaehrigerkrieg.de
  1. Cf. Bernd Warlich, « Hans Jakob Kolb von Kager. », sur 30jaehrigerkrieg.de
  2. Parfois appelé fautivement Rauschenberg, cf.: ADB, notice Johann von Reuschenberg.

SourcesModifier

  • Friedemann Bedürftig: „Taschenlexikon Dreißigjähriger Krieg“; Piper Verlag GmbH; München; Oktober 1998; (ISBN 3-492-22668-X)
  • C. V. Wedgwood: „Der 30jährige Krieg“; List Verlag München Leipzig; 10. Auflage 1998; (ISBN 3-471-79210-4)


Voir aussiModifier