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Astéroïde

corps céleste tellurique trop petit pour être assimilé à une planète
Article général Pour un article plus général, voir Planète mineure.
L’astéroïde géocroiseur (433) Éros sur lequel s’est posée la sonde NEAR Shoemaker.
L'astéroïde de la ceinture principale (243) Ida ainsi que sa lune Dactyle. Dactyle est la première lune astéroïdale à avoir été découverte.

Un astéroïdeÉcouter est une planète mineure composé de roches, de métaux et de glaces, et dont les dimensions varient de l'ordre du mètre (limite actuelle de détection) à plusieurs centaines de kilomètres.

En 1801, le premier astéroïde est découvert et nommé Cérès. C'est le plus gros astéroïde de la ceinture principale, groupe d'astéroïdes le plus important en nombre d'objets connus (plus de 720 000 en avril 2019 ou 750 000 en comptant la périphérie immédiate). Les astéroïdes géocroiseurs (environ 20 000 connus en avril 2019) constituent le second groupe en nombre. Ces deux groupes rassemblent plus de 95% des planètes mineures connues.

Les planètes mineures situées au delà de Neptune sont parfois considérées comme des astéroïdes mais aussi, de plus en plus souvent, distinguées et désignées comme objets transneptuniens. Leur composition est plus riche en glace et plus pauvre en métaux et en roches, ce qui les apparente à des noyaux cométaires[1].

Contrairement aux comètes les astéroïdes ne présentent pas d'activité cométaire. Cependant, quelques-uns ont été observés avec une activité partielle et sont qualifiés d'astéroïdes actifs[2].

On suppose que les astéroïdes sont des restes du disque protoplanétaire qui ne se sont pas regroupés en planètes.

Certains astéroïdes géocroiseurs (c'est à dire croisant l'orbite de la Terre) sont considérés comme potentiellement dangereux à cause du risque de collision avec la Terre. Ils sont surveillés par des systèmes automatisés et des études sont menées sur les possibilités de les détourner en cas de menace affirmée.

Sommaire

Terminologie et frontière du concept d'astéroïdeModifier

HistoireModifier

Premières découvertesModifier

 
La planète naine (1) Cérès vue par la sonde spatiale Dawn.

Le premier astéroïde est découvert fortuitement par Giuseppe Piazzi, directeur de l’observatoire de Palerme. Le 1er janvier 1801, alors qu’il mène des observations dans la constellation du Taureau afin d’établir un catalogue stellaire, il repère un nouvel astre. Le lendemain, il constate avec surprise que celui-ci s’est déplacé vers l’ouest[3]. Il suit le déplacement de cet objet pendant plusieurs nuits. Son collègue, Carl Friedrich Gauss, utilise ces observations pour déterminer la distance exacte de cet objet inconnu à la Terre. Ses calculs situent l’astre entre les planètes Mars et Jupiter. Piazzi le nomme Cérès, du nom de la déesse romaine qui fait sortir la sève de la terre et qui fait pousser les jeunes pousses au printemps, et également déesse protectrice de la Sicile.

Selon la loi de Titius-Bode, formulée en 1766 par Johann Daniel Titius et divulguée par Johann Elert Bode, une planète aurait dû graviter entre Mars et Jupiter. Une campagne d’observation, initiée par Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande en 1796, avait été lancée afin de la localiser[3]. Piazzi, sans le vouloir, avait devancé ses collègues avec la découverte de Cérès sur l’orbite de l’hypothétique planète.

Entre 1802 et 1807, trois autres objets sont découverts sur des orbites voisines : Pallas, Junon et Vesta. Les quatre nouveaux corps sont alors considérés comme de véritables planètes. Le terme de petites planètes est généralement employé ; cependant dès 1802, William Herschel propose l’appellation d’astéroïde, qui signifie littéralement « en forme d’étoile », à cause de leur aspect au télescope, différent de celui en forme de disque régulier des autres planètes[4]. Avec, de plus, leur petite taille ou l’inclinaison orbitale élevée de Pallas, il s’agissait selon lui d’objets du Système solaire à distinguer des planètes.

Il faut attendre 1845 pour qu’une nouvelle petite planète soit découverte, Astrée, par Karl Ludwig Hencke. Dès lors, les découvertes ne cessent de se multiplier et l’appellation proposée par Herschel s’impose.

Au XXe siècleModifier

En juillet 1868, cent astéroïdes sont connus. La millième découverte homologuée a lieu en novembre 1921 (969 Leocadia) et la dix-millième en octobre 1989 ((21030) 1989 TZ11). En règle générale, l’ordre des dates de découverte diffère de l’ordre de numérotation des astéroïdes, car l’affectation d’un numéro se fait après une détermination suffisamment fiable de l’orbite de l’objet.

La majorité des découvertes d’astéroïdes se font dans la zone comprise entre Mars et Jupiter, et appelée la ceinture d’astéroïdes (ou ceinture principale). Mais d’autres sont découverts en dehors de cette zone, soit parce qu’ils possèdent une orbite qui les fait s’éloigner de la ceinture principale, soit parce qu’ils sont situés dans une tout autre zone du Système solaire (voir Principaux groupements).

L’étude des astéroïdes fut longtemps délaissée par les astronomes. Nous les connaissons depuis maintenant plus de deux cents ans, mais ils étaient considérés comme les rebuts du Système solaire[5]. On sait maintenant que les astéroïdes sont une clé importante de la compréhension de la formation du Système solaire et c’est pour cette raison que les astronomes montrent un plus grand intérêt envers ces objets.

DénominationModifier

Article détaillé : Désignation des astéroïdes.

Dans les premières décennies du XIXe siècle, les astéroïdes furent affublés d'un symbole astronomique (  pour Cérès,   pour Pallas,   pour Junon, etc.), à l'instar des planètes du Système solaire. Les astéroïdes étaient à cette époque considérés comme des planètes à part entière. En 1851, devant leur nombre grandissant, le spécialiste allemand Johann Franz Encke prit la décision de remplacer ces symboles par une numérotation.

En 1947, l'américain Paul Herget, directeur de l'Observatoire de Cincinnati, est chargé par l'Union astronomique internationale de fonder le Centre des planètes mineures. Depuis, la désignation des planètes mineures est assurée par ce centre.

Quand l’orbite d’un astéroïde est confirmée, l’apparition reçoit une première désignation constituée de l’année de découverte suivie d’une lettre représentant la quinzaine durant laquelle s’est produite la découverte, et d’une seconde lettre indiquant l’ordre de découverte pendant cette quinzaine (la lettre I n’est pas utilisée). Si plus de 25 objets sont découverts dans une quinzaine, on recommence l’alphabet en ajoutant un numéro qui indique combien de fois la seconde lettre est réutilisée (exemple : 1998 FJ74).

L’astéroïde reçoit ensuite un numéro permanent, noté entre parenthèses, accompagnant la première désignation (exemple : (26308) 1998 SM165), puis parfois, et plus tard, un nom qui remplace la première désignation (exemple : (588) Achille). Les premiers ont reçu les noms de personnages de la mythologie grecque ou romaine, à l’instar des planètes et de leurs satellites, d’autres mythologies ont ensuite été utilisées (nordique, celtique, égyptienne…) ainsi que des noms de lieux, des prénoms ou des diminutifs, des noms de personnages fictifs, d’artistes, de scientifiques, de personnalités des milieux les plus divers, des références à des événements historiques[6]… Les sources d’inspirations pour nommer un astéroïde sont désormais très variées.

Ces dernières années, le rythme de découverte est tel que les astéroïdes sans noms sont majoritaires. Quelques groupes d’astéroïdes ont des noms ayant un thème commun. Par exemple, les centaures sont nommés d’après les Centaures de la mythologie et les Troyens sont nommés d’après les héros de la guerre de Troie. Au , sur 310 376 astéroïdes numérotés, le dernier nommé était (301638) Kressin, et le premier astéroïde sans nom était (3708) 1974 FV1.

Paramètres orbitauxModifier

Propriétés physiques et classifications spectralesModifier

La composition des astéroïdes est évaluée d’après leur spectre optique mesurant la lumière réfléchie, qui correspond à la composition de leur surface. Celle des météorites est connue avec l'analyse des fragments retrouvés sur Terre.

 
253 Mathilde, de classe C.

Le système classique de classification spectrale des astéroïdes, élaboré en 1975, les classe selon un système basé sur leur couleur, leur albédo et leur spectre optique. Ces propriétés étaient censées correspondre à la composition de leur surface. Il faut noter, cependant, que certains types sont plus facilement détectables que d'autres. Ainsi, ce n'est pas parce que la proportion d'astéroïdes d'un type donné est plus importante qu'ils sont effectivement plus nombreux. Il existe des systèmes de classification plus récents, dont deux se démarquent : Tholen et SMASS.

À l'origine, la classification des astéroïdes se basait sur des suppositions au sujet de leur composition :

Ceci a porté à confusion, car le type spectral d'un astéroïde ne garantit pas sa composition.

Principaux groupementsModifier

Article détaillé : Groupe de planètes mineures.

Ceinture principaleModifier

 
Schéma du Système solaire interne, jusqu'à l'orbite de Jupiter, faisant apparaître les orbites des planètes internes et la position approximative du cœur de la ceinture d'astéroïdes ; les astéroïdes troyens sont également représentés.
Article détaillé : Ceinture d'astéroïdes.

La ceinture dite principale, entre les orbites de Mars et Jupiter, distante de deux à quatre unités astronomiques du Soleil, est le principal groupement : plus de 720 000 objets y ont été répertoriés à ce jour. L’influence du champ gravitationnel de Jupiter les a empêchés de former une planète. Cette influence de Jupiter est également à l’origine des lacunes de Kirkwood, qui sont des orbites vidées par le phénomène de résonance orbitale.

GéocroiseursModifier

Article détaillé : Objet géocroiseur.

Les astéroïdes géocroiseurs sont des astéroïdes dont l’orbite est relativement proche de celle de la Terre. Au 3 septembre 2011, on en dénombre 8 113[7].

Les Amors, dont 433 Éros fait partie, les Atens et les Apollons en sont les principaux groupes.

Seuls les Atens et les Apollons croisent l’orbite de la Terre, et l’intérêt grandissant qu’on leur porte est lié à la crainte de les voir entrer en collision avec celle-ci. Ces croiseurs sont appelés ECA Earth-Crossing Asteroids ou NEO Near Earth Objects en anglais.

L’agence spatiale européenne (ESA) a entamé en 2004 un projet à long terme de protection de la Terre contre les géocroiseurs.

TroyensModifier

Article détaillé : Troyen (astronomie).

Les astéroïdes troyens sont situés sur l’orbite d’une planète, aux deux points de Lagrange, L4 et L5. On en compte 4 990 au 3 septembre 2011[8].

La quasi-totalité des Troyens sont sur l’orbite de Jupiter. Mars possède sept astéroïdes troyens, Neptune neuf, et la Terre un seul (2010 TK7, découvert en 2010 par le télescope spatial WISE[9]).

À ce jour les autres planètes ne semblent pas en posséder, sans doute en raison de l’influence soit du Soleil, soit des planètes voisines susceptibles de perturber les points de Lagrange, ou n'ont pas encore été découverts.

Ceinture de KuiperModifier

 
Vue d'artiste de la ceinture de Kuiper et du nuage d'Oort.
Article détaillé : Ceinture de Kuiper.

La ceinture de Kuiper, située au-delà de l'orbite de Neptune, semble être potentiellement la plus grande concentration de petits corps du Système solaire. Au , 1 229 objets transneptuniens sont dénombrés par le Centre des planètes mineures[7].

Le premier membre découvert de cette ceinture fut Pluton, longtemps le seul objet connu de cette zone. Son unicité et sa taille supposée similaire à celle de la Terre ont fait qu'il a longtemps été considéré comme planète. Néanmoins, la confirmation en 1978 de son compagnon, Charon, a permis de définitivement savoir que Pluton était bien plus petit qu'imaginé. Il faudra ensuite attendre 1992 pour qu'un autre objet de Kuiper soit découvert : ce sera (15760) Albion, classé par la suite dans la catégorie des cubewanos ou objets classiques de la ceinture de Kuiper. La découverte de ce corps attira l’attention des astronomes sur les objets «transneptuniens», leur laissant dire que comme prédit il devait en exister en grandes quantités. Aujourd'hui, plusieurs membres de la ceinture de Kuiper, de taille comparable à celle de Pluton ou de Charon sont connus.

Le plus grand objet identifié dans la ceinture de Kuiper est Pluton — Éris, de taille à peine supérieure mais clairement plus massif, est un objet épars, la plupart du temps situé bien au-delà des limites de la ceinture de Kuiper.

Cette ceinture serait la source de près de la moitié des comètes qui sillonnent le Système solaire.

Objets épars et objets détachésModifier

En 2005 fut découvert un objet épars dont la taille était initialement estimée à près de 3 000 kilomètres. Cet objet, depuis lors nommé Éris et dont la taille a été aujourd'hui réévaluée à 2 326 kilomètres (soit seulement une vingtaine de kilomètres de plus que Pluton), a relancé le débat sur la démarcation entre les gros objets et les planètes du Système solaire. Ainsi, en août 2006, l’Union astronomique internationale décide de créer le statut de planète naine, aussitôt décerné à Pluton qui perd celui de planète, à (136199) Éris, tous deux transneptuniens, et à (1) Cérès, le plus gros astéroïde de la ceinture principale. D’autres objets de la ceinture de Kuiper sont candidats à ce nouveau statut.

Nuages de Hills et d'OortModifier

Articles détaillés : Nuage de Hills et Nuage de Oort.

Le nuage de Hills, parfois nommé nuage d'Oort interne, serait un disque de débris situé entre 100 à 3 000 et 30 000 à 40 000 unités astronomiques du Soleil. Le nuage de Oort (ˈɔrt), aussi appelé le nuage d’Öpik-Oort (ˈøpik), est un vaste ensemble sphérique hypothétique de corps situé à environ 50 000 ua du Soleil[10] (≈ 0,8 année-lumière). Ces deux structures sont donc situées bien au-delà de l’orbite des planètes et de la ceinture de Kuiper. La limite externe du nuage de Oort, qui formerait la frontière gravitationnelle du Système solaire[11], se situerait à plus d’un millier de fois la distance séparant le Soleil et Pluton, soit environ une année-lumière et le quart de la distance à Proxima du Centaure, l’étoile la plus proche du Soleil. Il n'est d'ailleurs pas exclu qu'il existe un continuum entre le nuage de Oort « solaire » et une structure similaire autour du système Alpha Centauri.

CentauresModifier

Article détaillé : Centaure (planétoïde).

Les Centaures sont des astéroïdes qui naviguent autour du Soleil entre les orbites des planètes géantes (au nombre de 319 au , en incluant certains objets épars[7]). Le premier qui fut découvert est 2060 Chiron, en 1977. On suppose généralement que ce sont des astéroïdes ou des comètes, provenant probablement de la ceinture de Kuiper, qui ont été éjectés de leurs propres orbites.

Méthodes de détection et d'analyseModifier

Observations à l'œil nu ou aux jumellesModifier

Les astéroïdes sont presque impossibles à observer à l’œil nu. Ils sont bien plus petits que les planètes, et très peu lumineux. L’astéroïde 4 Vesta en est l’exception, puisque c’est le seul qu’il soit parfois possible d’observer sans appareil optique. Sa luminosité n’étant toutefois pas très grande, il faut donc savoir où poser le regard.

Un astéroïde ressemble plus ou moins à une étoile qui brille dans le ciel nocturne. Le meilleur moyen pour partir à la chasse aux astéroïdes avec ses jumelles ou son télescope est d’observer le fond étoilé, plusieurs nuits d’affilée, et de détecter les points lumineux qui se déplacent par rapport au fond, qui, lui, paraît stable. Certains catalogues répertorient la position des astéroïdes, et il est alors plus facile de pointer le télescope au bon endroit.

Exploration des astéroïdesModifier

 
L’astéroïde Éros survolé par la sonde Near, le 19 septembre 2000 (vidéo).

Les premières images rapprochées d’un astéroïde sont l’œuvre de la sonde Galileo envoyée vers Gaspra en 1991 et Ida en 1993.

Lancée le par la NASA la sonde NEAR Shoemaker se met en orbite autour de l’un des plus gros astéroïdes géocroiseurs : Éros. Après avoir établi une cartographie complète de la surface de 433 Éros entre avril et octobre 2000, et bien que cela n'ait pas été prévu initialement, la sonde se pose en douceur sur l’astéroïde le . Son dernier signal est reçu le 28 février.

En 2003, la JAXA lance la sonde Hayabusa vers l’astéroïde Itokawa, avec pour objectif de s’y poser en douceur et d’en prélever des échantillons. Malgré plusieurs pannes et incidents[12], la sonde revient sur Terre le , sans que l’on sache si elle contient effectivement des échantillons[13]. Finalement, le 16 novembre, la Jaxa annonce que l’analyse des particules récoltées par Hayabusa a confirmé leur origine extraterrestre[14]. Le Japon devient ainsi le premier pays à s’être posé sur un astéroïde et en avoir rapporté des échantillons.

En 2012, Planetary Resources se constitue en vue de l'exploitation minière des astéroïdes, suivie en 2013 par la compagnie Deep Space Industries.

Astéroïdes explorés par des sondes spatiales (mise à jour janvier 2019)
Année Astéroïde Type d'astéroïde Opérations réussies Sonde Organisme
1991 (951) Gaspra Ceinture principale Survol Galileo NASA
1993 (243) Ida (et Dactyle) Ceinture principale Survol Galileo NASA
1997 (253) Mathilde Ceinture principale Survol NEAR Shoemaker NASA
1999 (9969) Braille Croiseur de Mars Survol Deep Space 1 NASA
2000-2001 (433) Eros Géocroiseur / Amor Orbiteur + Attérissage NEAR Shoemaker NASA
2002 (5535) Annefrank Ceinture principale Survol Stardust NASA
2005-2010 (25143) Itokawa Géocroiseur / Apollon Orbiteur + Retour échantillons Hayabusa JAXA
2008 (2867) Steins Ceinture principale Survol Rosetta ESA
2010 (21) Lutèce Ceinture principale Survol Rosetta ESA
2011-2012 (4) Vesta Ceinture principale Orbiteur Dawn NASA
2012 (4179) Toutatis Géocroiseur / Apollon Survol Chang'e 2 CNSA
2015-2018 (1) Cérès Ceinture principale Orbiteur Dawn NASA
2015 Pluton et Charon Ceinture de Kuiper / Plutino Survol New Horizons NASA
2018-en cours (162173) Ryugu Géocroiseur / Apollon Orbiteur + En cours Hayabusa 2 JAXA
2018-en cours (101955) Bénou Géocroiseur / Apollon Orbiteur + En cours OSIRIS-Rex NASA
2019 (486958) 2014 MU69 Ceinture de Kuiper / Cubewano Survol New Horizons NASA

Rq : ne sont ici listés que les astéroïdes explorés "de près" par une sonde spatiale ; quelques autres ont été survolés "de loin" tels que Masursky, APL, Arawn...

Astéroïdes et histoire du Système solaireModifier

Heinrich Olbers, le découvreur de Pallas et Vesta, avait émis l’hypothèse que les astéroïdes étaient les fragments d’une planète détruite. Cet objet supposé fut même baptisé ultérieurement Phaéton. L’hypothèse la plus communément admise aujourd’hui considère les astéroïdes comme des résidus du Système solaire primitif n’ayant pu s’agglomérer jusqu'à former une planète, à cause notamment de l’influence gravitationnelle de Jupiter[15]. Ils sont donc considérés comme des reliques du Système solaire, leur étude plus poussée et leur exploration permettraient d’en savoir davantage sur la formation du Système solaire.

Astéroïdes potentiellement dangereux pour la TerreModifier

Les astronomes doivent conventionnellement communiquer leurs observations d'astéroïdes nouveaux au Centre des planètes mineures[16]. Le risque est identifié et fait l'objet d'une remédiation autant que possible : lire stratégies de déviation des astéroïdes.

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2010)
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Impact (vue d’artiste, Don Davis).

Lorsqu’un astéroïde ou un fragment d’astéroïde pénètre dans l’atmosphère de la Terre, les frottements avec cette dernière provoquent sa combustion. Si l’objet est assez volumineux, cette combustion n’est pas complète et il percute alors la surface de la Terre.

En 2010, plus de 5 400 astéroïdes et comètes ont été détectés dans un rayon de 195 millions de kilomètres autour du Soleil, assez près de notre planète pour que les astronomes les classent dans la catégorie des objets proches de la Terre (Near Earth Objects, NEO) ou géocroiseurs. Ceux qui mesurent plus de 140 m de large et passent à moins de 7,4 millions de kilomètres de l’orbite de la Terre sont considérés comme dangereux. Au 30 avril 2008, les astronomes avaient catalogué plus de 900 corps célestes de ce type, dont (99942) Apophis, un astéroïde qui passera à 32 000 km de la Terre en 2029. La probabilité qu’un de ces objets dangereux entre en collision avec la Terre est quasi nulle à l’échelle du temps humain, mais quasi certaine à l’échelle du temps cosmique, le phénomène d’accrétion n’étant nullement terminé. C’est la raison pour laquelle des observateurs surveillent constamment leur position — recalculant leur orbite et les risques d’impact qu’ils présentent — et scrutent les régions voisines de l’espace à la recherche de nouvelles menaces.

Par exemple l’observatoire de Remanzacco a signalé que le , à 17 heures TU, un astéroïde d’un diamètre compris entre 5 et 20 m était passé à 12 300 km de la Terre. Cet événement se reproduit, en moyenne, une fois tous les six ans d’après la NASA[17].

Risques d'impacts selon la tailleModifier

  • Taille du corps : < 10 m :
    • Fréquence d’impact : 200 fois par an ;
    • Conséquence d’une chute sur la Terre : désintégration dans l’atmosphère.
  • Taille du corps : 10 à 100 m :
    • Fréquence d’impact : une fois par siècle (exemples connus : Meteor Crater, Arizona, il y a 50 000 ans ; Toungouska, Sibérie, 30 juin 1908) ;
    • Conséquence possible d’une chute sur la Terre : destruction d’une ville, raz-de-marée.
  • Taille du corps : 100 m à 1 km :
    • Fréquence d’impact : une fois tous les 5 000 à 30 000 ans ;
    • Conséquence probable d’une chute sur la Terre : environ cinq millions à cent millions de morts.
  • Taille du corps : > 5 km :
    • Fréquence d’impact : une fois tous les 100 millions d’années ;
    • Conséquence d’une chute sur la Terre : hiver d'impact, disparition de l’humanité, catastrophe globale.
  • Taille du corps : de 100 à 200 km
    • Fréquence d'impact : une fois tous les 1 milliard d'années ;
    • Conséquence d'une chute sur la Terre : vaporisation des océans, disparition de toute forme de vie sur Terre.

Hypothèses d'exploitation minière des astéroïdesModifier

Dans les années 2010, des projets d'exploitation minière des astéroïdes sont lancés par des sociétés privées du secteur spatial, Planetary Resources et Deep Space Industries. Les astéroïdes sont en effet riches en matériaux précieux, tels les métaux lourds et les terres rares, présents sur leur surface car ces corps sont trop petits pour avoir subi la différenciation planétaire[18] : la valeur commerciale d'un km3 d'astéroïde, hors frais d'exploitation, est estimée à 5000 milliards d'euros[19]. La NASA a également pour ambition de capturer un petit astéroïde (de 7 à 10 mètres de diamètre, avec un poids maximal de 500 tonnes) et de le mettre en orbite stable autour de la Lune. Les faisabilités et le coût de ces projets font l'objet de débats, seule la sonde Hayabusa ayant réussi en 2010 à ramener quelques poussières de l'astéroïde Itokawa[20].

Le 22 janvier 2014, l'Agence spatiale européenne a annoncé la première détection certaine de vapeur d'eau dans l'atmosphère de Cérès, le plus grand objet de la ceinture d'astéroïdes[21]. La détection a été réalisée par des observations en infrarouge lointain (en) du télescope spatial Herschel[22]. La découverte est particulière parce qu'on s'attend à ce que les comètes, et non les astéroïdes, comportent des queues et des jets. Selon l'un des scientifiques, « la délimitation entre les comètes et les astéroïdes devient de plus en plus floue[22] ».

Astéroïdes notablesModifier

La plupart des astéroïdes gravitent de manière anonyme dans la ceinture principale ou la ceinture de Kuiper. Quelques uns accèdent toutefois à la notoriété, en particulier au regard de l'histoire des découvertes, de leur taille, orbite ou propriété atypiques, de leur dangerosité pour la Terre, etc.

Astéroïdes notables - Tableau 1 (mise à jour février 2019)
Premiers identifiés

(année référencement)

Plus gros

(diamètre moyen)

Visités par une sonde spatiale Référents d'une classe
Ceinture principale et périphérie Cérès (1801), Pallas (1802), Junon (1804), Vesta (1807), Astrée (1845) Cérès (946 km), Pallas, Vesta, Hygie (entre 400 et 550 km), Interamnia, Europe, Sylvia, Davida (entre 250 et 350 km) Gaspra, Ida (et Dactyle), Mathilde, Annefrank, Steins, Lutèce, Vesta, Cérès Hungaria, Hilda, Alinda, Griqua, Cybèle, Phocée (et nombreux autres pour les familles de Hirayama)
Troyens de Jupiter Achille (1906), Patrocle (1906) Hector (env 230 km) (aucun à ce jour)
Astéroïdes géocroiseurs Eros (1898), Albert (1911) (pour les amors) ; Apollon (1932), Adonis (1936) (pour les apollons) ; Aton (1976) (pour les atons) ; Atira (2003) (pour les atiras) Ganymède (env 35 km) Braille, Eros, Itokawa, Toutatis, Ryugu, Bénou Atira, Aton, Apollon, Amor
Centaures et damocloïdes Hidalgo (1920) ou Chiron (1977) suivant critères Chariclo (env 250 km) (aucun à ce jour) Damoclès (damocloïdes)
Objets transneptuniens Pluton (1930), Charon (1978), Albion (1992) Pluton (2375 km), Eris (2326 km), Hauméa, Makémaké, 2007 OR10, Charon, Quaoar (entre 1100 et 1500 km), Sedna, Orcus (entre 900 et 1100 km) Pluton (et Charon), 2014 MU69 (dit "Ultima Thulé") Pluton (plutoïdes, plutinos), Albion = 1992 QB1 (cubewanos), Sedna (sednoïdes)
Astéroïdes notables - Tableau 2 (mise à jour mars 2019)
Premiers identifiés Autres exemples
Orbites particulières
Astéroïdes se rapprochant le plus du Soleil / 2005 HC4
Astéroïdes potentiellement dangereux (dépend des critères retenus) Hermès, Toutatis, Asclépios, Florence, Apophis
Astéroïdes détectés avant leur chute sur Terre 2008 TC3 (2008, découvert 2 jours avant son impact) 2014 AA, 2018 LA
Troyens de la Terre 2010 TK7 (2010) (seul identifié à ce jour) /
Astéroïdes coorbitaux avec la Terre (3753) Cruithne (orbite particulière identifiée en 1997) (54509) YORP, 2002 AA29, 2003 YN107, (469219) Kamo‘oalewa
Troyens de Mars (5261) Eurêka (1990) (121514) 1999 UJ7 (unique troyen situé en L4)
Croiseurs des quatre planètes internes (1566) Icare (1949) (2212) Héphaïstos, (3200) Phaéton
Astéroïdes rétrogrades Dioretsa (1999) (65407) 2002 RP120
Objets détachés (dépend des critères retenus) (90377) Sedna, 2012 VP113, 2015 TG387
Objets transneptuniens s'éloignant le plus du Soleil / 2017 MB7, 2014 FE72
Objets interstellaires avec orbite hyperbolique 1I/ʻOumuamua (2017) (seul identifié à ce jour) /
Propriétés particulières
Planètes naines officielles (1) Cérès, (134340) Pluton, Eris (reconnaissance en 2006), Makémaké, Hauméa (reconnaissance en 2008) /
Systèmes binaires Pluton + Charon (1978) ; Ida + Dactyle (1994) Eris + Dysnomie ; Makémaké + S/2015 ; Quaoar + Weywot ; Orcus + Vanth
Systèmes triples Sylvia + Romulus (2001) et Rémus (2005) Eugénie + Petit-Prince et S/2004 ; Hauméa + Hi'iaka et Namaka
Systèmes quadruples ou supérieurs Pluton + Charon (1978), Hydre (2005), Nix (2005), Kerbéros (2011) et Styx (2012) (seul identifié à ce jour) /
Systèmes avec anneaux Chariclo (anneaux découverts en 2014) Chiron, Hauméa
Astéroïdes actifs Elst-Pizarro (activité découverte en 1996) Chiron, LINEAR, Wilson-Harrington, Phaéton
Méthodes de détection et d'analyses
Détection par méthode photographique Brucia (1891)
Détection par un satellite Phaéton (satellite IRAS en 1983)
Analyse par radar Castalie (analyse en 1989)
Détection par un système automatisé Summanus (programme Spacewatch en 1990)
Observation par une sonde spatiale Gaspra (sonde Galileo en 1991) (voir tableau précédent pour liste exhaustive)
Observation par une sonde mise en orbite Eros (sonde NEAR Shoemaker en 2000) Itokawa, Vesta, Cérès, Ryugu, Bénou
Analyse par retours d'échantillons Itokawa (sonde Hayabusa en 2010) (expérience unique à ce jour) /


RéférencesModifier

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AnnexesModifier

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