Antonin le Pieux

empereur romain de 138 à 161

Antonin le Pieux
Empereur romain
Image illustrative de l’article Antonin le Pieux
Statue d'Antoninus Pius (v. 150)
Musée Chiaramonti (Inv. 337).
Règne

(22 ans, 7 mois et 24 jours)
Période Antonins
Précédé par Hadrien
Suivi de Lucius Verus et Marc Aurèle
Biographie
Nom de naissance Titus Aurelius Fulvus
Boionus Arrius Antoninus
Naissance
Lanuvium, Latium, Italie
Décès (à 74 ans)
Lorium, Étrurie, Italie
Inhumation Mausolée d'Hadrien
Père Titus Aurelius Fulvus
Mère Arria Fadilla (de)
Épouse Faustine l'Ancienne
Galeria Lysistrate (concubine de veuvage)
Descendance (1) Faustine la Jeune
Trois autres enfants décédés.
Adoption Marc Aurèle et Lucius Verus
Empereur romain

Antonin le Pieux ( à Lanuvium, Latium) est un empereur romain, qui régna de 138 à 161. Par son père Titus Aurelius Fulvus, consul en 89, et son grand-père Titus Aurelius Fulvus, consul en 85, il est originaire de Nemausus (Nîmes). Il fait partie des souverains connus sous le nom des « cinq bons empereurs ».

BiographieModifier

 
Aureus d'Antonin le Pieux. Date : 145. Le revers fait peut-être référence à une statue cultuelle de Rome qui était déposée dans le temple de Vénus et de Rome dédicacé en 141, au début du règne. Rome, normalement nicéphore (qui tient la Victoire) porte ici le palladium. C’est la statuette votive qu’Énée aurait emportée de Troie et transportée dans le Latium. Associer Rome et le palladium, c’est revenir aux origines de la cité de Romulus dont le 900e anniversaire de la fondation (21 avril 753 av. J.-C.) sera célébré en 147 en liaison avec les decennalia d’Antonin.

C'est dans la magistrature qu'Antonin le Pieux commença sa carrière. Il devint d'abord questeur, puis préteur. En 120, il est consul. Il montra ensuite ses talents d'administrateur en dirigeant un district d'Italie, puis comme proconsul d'Asie.

Il épousa Faustina (Faustine l'Ancienne), nièce de la femme d'Hadrien, et ce dernier l'adopta, mais à la condition qu'Antonin adopte à son tour Marcus Aurelius Antoninus (futur Marc Aurèle) et Lucius Verus. Hadrien pensait sans doute qu'Antonin, âgé de 52 ans à son avènement, ne règnerait pas longtemps[1]. Lorsque Hadrien mourut, Antonin put lui succéder et il brisa les fiançailles de Marc Aurèle et le maria avec sa fille, Faustine la Jeune.

Sa femme lui donna deux fils et deux filles :

  • Marcus Aurelius Fulvus Antoninus (mort avant 138), son inscription funéraire fut trouvée dans le mausolée d'Hadrien à Rome ;
  • Marcus Galerius Aurelius Antoninus (mort avant 138), son nom est inscrit dans le mausolée d'Hadrien à Rome et apparaît sur des monnaies provinciales frappées par le koinon de Chypre[2] ;
  • Aurelia Fadilla (morte en 135) ; elle épousa Lucius Lamia Silvanus, consul en 145. Elle n'eut pas d'enfants de son mariage et une inscription à son nom fut trouvée sur une tombe en Italie ;
  • Annia Galeria Faustina Minor, dite Faustine la Jeune pour la distinguer de sa mère (née vers 125-130, morte en 175), future impératrice romaine, mariée à son cousin germain Marc Aurèle.

À sa mort en 141, Faustine l'Ancienne fut divinisée par Antonin. L'Empereur eut ensuite pour concubine Galeria Lysistrate[3],[4].

Antonin doit son surnom de « Pieux » au Sénat. Il semble que sa dévotion et son respect envers son père, le sénat, les lois et les dieux en aient été la raison. Comme Auguste avant lui, il fut honoré d'un bouclier proclamant sa « pietas erga deos patriamque » traduit par : « piété envers les dieux et la patrie ».

Son règne ne fut pas marqué par des conquêtes, mais par une volonté de consolidation. Ainsi, vers 143 il fit ériger le mur d'Antonin en Grande-Bretagne, entre le Firth of Forth et la Clyde ; ce mur doublait le mur d'Hadrien. Cette fortification fut cependant abandonnée au bout d'une dizaine d'années.

II favorisa également les constructions strictement utilitaires (routes, aqueducs etc.) et fêta avec faste en 148 le 900e anniversaire de Rome, en allant puiser dans sa fortune personnelle.

DécèsModifier

Après le plus long règne depuis Auguste, dépassant de quelques mois celui de Tibère, Antonin le Pieux meurt le emporté par des fièvres à Lorium en Étrurie, à 19 km de Rome. Il semble qu'il soit mort du paludisme, comme Trajan en 117. Son corps fut placé dans le mausolée d'Hadrien (non-incinéré), une colonne lui fut dédiée sur le Campus Martius, et le temple qu'il avait construit en 141 dans le Forum pour son épouse divinisée, fut redédié à son épouse Faustina et à lui-même. Il est divinisé par le Sénat immédiatement après sa mort.

Noms et titresModifier

Noms successifsModifier

  • 86, naît : TITVS•AVRELIVS•FVLVVS•BOIONVS•ARRIVS•ANTONINVS ;
  • 138 (25 février)[5], adopté par Hadrien : IMPERATOR•TITVS•ÆLIVS•CÆSAR•ANTONINVS ;
  • 138, accession à l'Empire : IMPERATOR•CÆSAR•TITVS•ÆLIVS•HADRIANVS•AVGVSTVS ;
  • 139, reçoit du Sénat le titre de « Pieux » : IMPERATOR•CÆSAR•TITVS•ÆLIVS•HADRIANVS•AVGVSTVS•PIVS.

Titres et magistraturesModifier

Titulature à sa mortModifier

À sa mort en 161 sa titulature était :

IMPERATOR•CÆSAR•TITVS•ÆLIVS•HADRIANVS•ANTONINVS•AVGVSTVS•PIVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIÆ•POTESTATIS•XXIV, IMPERATOR•II, CONSVL•IV, PATER•PATRIÆ

Antonin le Pieux a été divinisé par le Sénat.

GalerieModifier

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RéférencesModifier

  1. Cf. H.G. Pflaum : Le règlement successoral d'Hadrien in Historia Augusta Colloquium Bonn 1963, Bonn, 1964, p. 95-122.
  2. « Roman Provincial Coinage Online », sur rpc.ashmus.ox.ac.uk (consulté le )
  3. Histoire Auguste, (ISBN 978-2-221-14071-0), vie d'Antonin, VIII, 9
  4. (la) Inscritiones Latinæ Selectæ (ILS) (lire en ligne), p. ILS 1836
  5. Jean-Pierre Martín, Le Siècle des Antonins, Presses Universitaires de France, , p. 127.
  6. Victor Chapot, « Antiquités de la Syrie du Nord : Euphratésie, Osrhoène, Commagène », Bulletin de correspondance hellénique, Athènes, École française d'Athènes, vol. 26,‎ , p. 165 (DOI 10.3406/bch.1902.3362, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • André Chastagnol (dir), Histoire Auguste, trad. et intro. André Chastagnol, « Introduction à la Vie d'Antonin » et « Vie d'Antonin », Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1994, [1].
  • Bernard Rémy, Antonin le Pieux. Le siècle d'or de Rome (138-161), Fayard, 2005 (ISBN 2213623171).

Articles connexesModifier

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