Faustine l'Ancienne

impératrice romaine, épouse d'Antonin le Pieux (empereur de 138 à 161)

Faustine
Illustration.
Buste de Faustine l'Ancienne, musées du Capitole.
Titre
Impératrice romaine
Biographie
Titre complet Impératrice romaine
Nom de naissance Annia Galeria Faustina
Date de naissance v. 100
Lieu de naissance Rome
Date de décès v. 140
Père Marcus Annius Verus consul
Mère Rupilia Faustina
Fratrie Marcus Annius Libo consul
Marcus Annius Verus prêteur
Conjoint Antonin le Pieux empereur romain
Enfants Faustine la Jeune
Marcus Aurelius Fulvius Antoninus
Marcus Galerius Aurelius Antoninus
Aurelia Fadilla

Annia Galeria Faustina, dite Faustina Maior ou Faustine l'Ancienne (v. 100 - v. 140), est une impératrice romaine, épouse d'Antonin le Pieux (empereur de 138 à 161).

Aureus à l'effigie de Faustine mère. Date : c. après 148. La partie la plus importante du monnayage de consécration de Faustine mère fut frappée après 147 et peut-être jusqu’à la mort d’Antonin le Pieux lui-même, en 161. Au revers, Faustine mère a parfois aussi été assimilée à Cérès ou à Junon.

BiographieModifier

Origines et enfanceModifier

Sa parenté est connue par l'Histoire Auguste[1]. Issue d'une famille romaine d'origine espagnole, elle est la fille du consul Marcus Annius Verus. Sa mère est Rupilia Faustina, vraisemblablement une petite-nièce de Trajan. Elle est l'aînée d'une fratrie de trois enfants avec Marcus Annius Libo, consul éponyme en 128 ; et Marcus Annius Verus, qui atteint la préture avant de décéder tôt, en l’an 124, après avoir épousé Domitia Lucilla Minor et avoir eu comme enfant le futur empereur Marc Aurèle et Annia Cornificia Faustina[2],. Elle est née et a été élevée à Rome. Elle est la nièce de Vibia Sabina, la femme d’Hadrien[3].

JeunesseModifier

Elle épouse Antoninus Pius entre 110 et 115. Leur mariage est heureux et ils ont quatre enfants[2] :

  • Marcus Aurelius Fulvius Antoninus (mort avant 138) ; une inscription posthume a été trouvée dans le mausolée d'Hadrien à Rome ;
  • Marcus Galerius Aurelius Antoninus (mort avant 138) ; une inscription posthume a aussi été trouvée dans le mausolée d'Hadrien à Rome et son nom est inscrit sur une pièce impériale grecque ;
  • Aurelia Fadilla (morte en 135), elle épouse Aelius Lamia Silvanus ou Syllanus, n'a pas d'enfant et une inscription posthume a été trouvée en Italie ;
  • Annia Galeria Faustina Minor ou Faustine la Jeune (entre 125/130-175), future impératrice romaine, elle épouse son cousin maternel, le futur empereur Marc Aurèle[4]. C'est leur seul enfant à vivre jusqu'à l'âge adulte.

L'Histoire Auguste fait état de rumeurs sur sa liberté et sa conduite relachée, qu'Antonin fit taire, non sans en être peiné[5].

ImpératriceModifier

Le 10 juillet 138, son oncle Hadrien meurt et son mari, Antonin, devient le nouvel empereur, en tant qu'héritier de fils adoptif d'Hadrien. Elle devient alors impératrice et le sénat lui accorde le titre d'Augusta.

Elle est très respectée et renommée pour sa beauté et sa sagesse. Tout au long de sa vie, elle participe à des actions de charité envers les pauvres et pour l'éducation des enfants romains, particulièrement les filles.

Décès et postéritéModifier

 
L'apothéose de Faustine et d'Antonin, base de la colonne antonine. Musées du Vatican.

Faustine meurt au cours de la troisième année de règne d'Antonin[6], en octobre 140[7] ou en décembre 141[8]. Antonin honore sa mémoire de différentes manières. Il la fait diviniser lors d'une apothéose et de jeux funèbres et fait construire un temple en son honneur sur le Forum romain, avec un collège de prêtresses flaminiques pour son culte[6]. Il fait frapper de nombreuses monnaies avec son portrait et l’inscription DIVA FAVSTINA (« Divine Faustine »). Antonin crée aussi une fondation alimentaire pour les orphelines romaines appelées puellae faustinianae (« Les filles de Faustine »)[9].

En 163, Marc-Aurèle fait figurer sur la base de la Colonne d'Antonin le Pieux un relief décrivant l'apothéose de Faustine l'ancienne et d'Antonin, ses parents adoptifs[10].

Portait physiqueModifier

Le portrait de Faustine l'ancienne est bien établi grâce aux effigies monétaires et aux nombreux bustes en marbre exposés dans les musées : petite bouche aux coins relevés, menton effilé, yeux en partie voilés par la paupière supérieure, grand front. La chevelure abondante séparée par une raie médiane est rassemblée en une natte enroulée plusieurs fois en un épais chignon au sommet de la tête, formant une sorte de cône tronqué[11]. Des variantes de cette coiffure existent, avec des petites tresses latérales qui rejoignent la tresse principale[12].

En 2008, des archéologues ont trouvé une colossale tête en marbre sur le site de l'ancien Sagalassos en Turquie, qui appartient à Faustine[14].

RéférencesModifier

  1. Histoire Auguste, Vie d'Antonin, I.
  2. a et b Chastagnol 1994, p. 89, stemma de la famille d'Antonin et de Faustine.
  3. Chastagnol 1994, p. 85.
  4. Histoire Auguste, Vie Marc-Aurèle, I.
  5. Histoire Auguste, Vie d'Antonin, I, 7.
  6. a et b Histoire Auguste, Vie d'Antonin, VI, 7.
  7. Chastagnol 1994, p. 97, note 7.
  8. Lantier 1941, p. 133 et 136.
  9. Histoire Auguste, Vie d'Antonin, VIII.
  10. Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain, Seuil, , 800 p. (ISBN 2020026775), p. 384.
  11. Lantier 1941, p. 133.
  12. Lantier 1941, p. 135.
  13. Lantier 1941, p. 136.
  14. (en) Paul Rincon, « Head of Roman empress unearthed », BBC NEWS,‎ (lire en ligne)

BibliographieModifier

  • (la + fr) Auteur inconnu (trad. du latin par André Chastagnol, préf. André Chastagnol), Histoire Auguste, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , CLXXXII + 1244 (ISBN 2-221-05734-1).
  • (en) Jasper Burns, Great Women of Imperial Rome. Mothers and Wives of the Caesars, Londres, New-York, , XXII + 348 (ISBN 0-415-40898-9).
Christine Hoët-Van Cauwenberghe, « Notes de lecture de Great Women of Imperial Rome. Mothers and Wives of the Caesars », L'antiquité classique, t. 78,‎ , p. 537-538 (lire en ligne).
  • Raymond Lantier, « Buste en cristal de roche : Faustine l'Ancienne », Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, t. 38,‎ , p. 129-146 (lire en ligne).

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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