1924 en dadaïsme et surréalisme

ÉphéméridesModifier

FévrierModifier

 
André Breton en 1924

MarsModifier


  • Paul Éluard embarque à Marseille pour un voyage autour du monde[3].

  • Paul Éluard, Mourir de ne pas mourir. Noté en exergue : « Pour tout simplifier je dédie mon dernier livre à André Breton »[3].

MaiModifier

JuinModifier

JuilletModifier


  • Dans Le Journal littéraire, Breton déclare : « Le surréalisme est à l'ordre du jour et Desnos est son prophète. »
  • Dans sa revue Surréalisme,  Yvan Goll publie un Manifeste du surréalisme dans la tonalité « Esprit nouveau » de Guillaume Apollinaire, ainsi qu'un programme pour un « théâtre surréaliste » : « La réalité est à la base de tout grand art ; la transposition de la réalité dans un plan supérieur (artistique) constitue le Surréalisme. »[7].
  • En vacances à Lorient, Breton fait la connaissance de Pierre Naville.

AoûtModifier


  • La revue Les Nouvelles littéraires publie un appel de Breton en faveur d'André Malraux emprisonné à Saïgon. Soupçonné de trafic d'œuvres archéologiques, il a été arrêté à Angkor[8].

SeptembreModifier

OctobreModifier

  • Breton rend visite à André Masson[6] dans son atelier de la rue Blomet (Paris, 15e arrdt). Ce dernier adhère aussitôt au groupe surréaliste.
  • Rencontre Breton / Artaud. Lettre de Simone Breton à Denise Lévy : « [Artaud], beau comme une vague, sympathique comme une catastrophe. »[6]. Artaud : « J'ai fait connaissance avec tous les dadas qui voudraient bien m'englober dans leur dernier bateau Surréaliste, mais rien à faire. Je suis beaucoup trop surréaliste pour cela. Je l'ai d'ailleurs toujours été, et je sais, moi, ce que c'est que le surréalisme. C'est le système du monde et de la pensée que je me suis fait depuis toujours. Dont acte. »
  • Retour d'Éluard[10]. Breton : « Alors il m'a mis un petit mot, qu'il m'attendait hier [au café] Cyrano, ni plus ni moins. C'est bien le même, à n'en pas douter. Des vacances, quoi. »[11].

  • Ouverture du Bureau de recherches surréalistes[6] : « ce bureau s'emploie à recueillir par tous les moyens appropriés les communications relatives aux diverses formes qu'est susceptible de prendre l'activité inconsciente de l'esprit. »[12].

  • André Breton, Manifeste du surréalisme et Poisson soluble[6].

  • En réaction aux funérailles nationales faites à l'écrivain Anatole France (mort le ), Aragon, Breton, Joseph Delteil, Robert Desnos, Pierre Drieu la Rochelle et Éluard publient une série de textes regroupés sous le titre Un cadavre[6]. Aragon et Drieu la Rochelle sont à l'origine de ce pamphlet. Drieu La Rochelle finance l'opération[13].
    Aragon : « Avez-vous déjà giflé un mort ? Certains jours j'ai rêvé d'une gomme à effacer l'immondice humaine ».
    Breton : « Loti, Barrès, France, marquons tout de même d'un beau signe blanc l'année qui coucha ces trois sinistres bonshommes : l'idiot, le traître et le policier. Avec France, c'est un peu de la servilité humaine qui s'en va. Que soit fête le jour où l'on enterre la ruse, le traditionalisme, le patriotisme et le manque de cœur ! »[14].
    Jacques Doucet, scandalisé, renvoie Aragon tandis que ses relations avec Breton se refroidissent.
  • Parution à Bucarest du premier numéro de la revue 75 HP créée par Victor Brauner et Ilarie Voronca. Y figure le Manifeste de la picto-poésie[15].

NovembreModifier


  • A Bruxelles, publication d'une feuille qui tient à la fois du tract et de la revue, intitulée Du Bleu 1, signée Paul Nougé mais écrite collectivement par Camille Goemans et Marcel Lecomte : « On conquiert le monde, on le domine, on l'utilise ; ainsi, tranquille et fier, un beau poisson tourne dans ce bocal (réponse à une enquête sur le modernisme). »[16]
  • Francis Picabia et Erik Satie, Relâche, ballet donné au théâtre des Champs-Élysées, avec la projection du film de René Clair Entr'acte, scénario de Picabia, musique de Satie et apparitions de Marcel Duchamp, Picabia, Man Ray[17]. Commentaire de Picabia : « Ce film est destiné à faire sortir le public de la salle[18]. »

DécembreModifier

  • 1er décembre
    Parution du premier numéro de la revue La Révolution surréaliste dirigée par Pierre Naville et Benjamin Péret[19] : « Le surréalisme ouvre les portes du rêve à tous ceux à qui la nuit est avare, le surréalisme est le carrefour des enchantements […], mais il est aussi le briseur de chaîne […] La Révolution… La Révolution… Le réalisme, c'est émonder les arbres, le surréalisme, c'est émonder la vie. »[20].

  • Jacques Doucet achète Demoiselles d'Avignon de Picasso. Pour Breton : « [C'est] l'événement capital du XXe siècle. Voilà le tableau qu'on promenait, comme autrefois la Vierge de Cimabue, à travers les rues de notre capitale, si le scepticisme ne l'emportait pas sur les grandes vertus particulières par lesquelles notre temps accepte d'être, malgré tout. Il me paraît impossible d'en parler autrement que d'une façon mystique. […] c'est un symbole pur, comme le tableau chaldéen, une projection intense de cet idéal moderne que nous n'arrivons à saisir que par bribes… »[21].

  • Visite de Lise Meyer, (future Deharme), au Bureau de recherches surréalistes. Coup de foudre de Breton.
    Elle donne au bureau « un des étonnants gants bleu ciel qu'elle porte. »[22].
 
Robert Desnos en 1924

Cette année-làModifier

  • Joë Bousquet adhère au groupe : « Je n'aurais pas élevé la voix à mon tour, ni jamais pris au sérieux les seules aspirations qui me font un bien précieux de ma vie ici-bas, si je n'avais rencontré Paul Éluard et André Breton, et si je n'étais devenu leur ami. »[23].
  • Rencontre Breton / Michel Leiris.
  • Naissance officielle du groupe surréaliste, dont les réunions quotidiennes se déroulent au café le Cyrano près de la rue Fontaine.
  • Dernier numéro de la revue 391[24].

ŒuvresModifier

Notes et référencesModifier

  1. Marguerite Bonnet, André Breton, Œuvres complètes, tome 1 : chronologie, Bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, Paris, 1988 p. XLVIII & p. 266.
  2. Marcelle Dumas & Lucien Scheler, Chronologie de Paul Éluard, dans Poésies complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1968, p. LXIII.
  3. a et b Dumas & Scheler, op. cit., p. LXIII.
  4. Bonnet, op. cit., p. XLVIII.
  5. Alain & Odette Virmaux Les Grandes figures du surréalisme international, éditions Bordas, Paris, 1994, p. 20.
  6. a b c d e et f Bonnet, op. cit., p. XLIX.
  7. Adam Biro René Passeron Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre, Genève & Presses universitaires de France, Paris, 1982, p. 186.
  8. Bonnet, op. cit. p. XLIX.
  9. L'usage de l'astéronyme a été pratiqué en 1886 à l'occasion de la publication du Premier chant des Chants de Maldoror. Jean-Luc Steinmetz dans sa préface à l'édition complètes des œuvres de Lautréamont, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 2009, p. XII.
  10. Dumas & Scheler, op. cit., p. LXIII
  11. Lettre à Marcel Noll du 7 octobre 1924 dans Henri Béhar André Breton le grand indésirable, éditions Fayard, Paris, 2005, p. 189.
  12. Extrait du communiqué de presse. Le bureau est situé au 15 rue de Grenelle, à l'hôtel de Berulle, dans un local prêté par le père de Pierre Naville, propriétaire de l'hôtel. Bonnet, op. cit., p. 481 & p. 1451.
  13. Georges Sebbag, André Breton l'amour-folie, éditions Jean-Michel Place, 2004, p. 72.
  14. Refus d'inhumer, dans Point du jour.
  15. Laurent Le Bon (sous la direction de), Dada, Éditions du Centre Pompidou, Paris, 2005, p. 61.
  16. Cette série de publications s'achèvera le 20 juin 1925 après 22 numéros avec Nakin 22. Reproduction de Bleu 1 et de Rouge 16 dans Xavier Canonne, Le Surréalisme en Belgique. 1924-2000, éditions Actes Sud, Arles, 2007, p. 17.
  17. Serge Lemoine Dada, éditions Hazan, Paris, 1991-2005, p. 80.
  18. Le Bon, op. cit., p. 264.
  19. Bonnet, op. cit., p. L.
  20. Pierre Daix La Vie quotidienne des surréalistes (1917-1932), éditions Hachette, Paris, 1993, p. 8.
  21. Béhar, op. cit., p. 191.
  22. André Breton, Nadja dans Œuvres complètes, tome 1, op. cit., p. 679 et Georges Sebbag, André Breton, l'amour-folie, éditions Jean-Michel Place, Paris, 2004, p. 61.
  23. Biro, op. cit., p. 61.
  24. Lemoine, op. cit., p. 92.
  25. Reproduction dans José Pierre, L'Univers surréaliste, Somogy, Paris, 1983, p. 137.
  26. Le Bon, op. cit., p. 149.
  27. Biro, op. cit., p. 18 & p. 47.
  28. Reproduction dans Agnès Angliviel de la Beaumelle, Yves Tanguy, Centre Pompidou, Paris, 1982, p. 48.
  29. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 117.
  30. Reproduction dans André Breton, Le Surréalisme et la Peinture, Gallimard, 1928-1965, p. 91.
  31. 29,5 × 19,5 cm. Reproduction dans Beaux Arts Magazine no 126, septembre 1994, p. 111.
  32. Le Bon, op. cit., p. 117.
  33. Philippe Audoin, Les Surréalistes, p. 24.
  34. Reproduction dans Gabriele Crepaldi, L'Art moderne 1900-1945, Gründ, 2006, p. 209.
  35. Breton, LSELP, p. 24.
  36. Werner Spies, La Révolution surréaliste, éditions du Centre Pompidou, Paris, 2002, p. 130.
  37. 21 × 27 cm. Reproduction dans Connaissance des arts no 675, octobre 2009, p. 114.
  38. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 49.
  39. Reproduction dans Aurélie Verdier, L'ABCdaire de Dada, éditions Flammarion, 2005, p. 52.
  40. Tableau disparu. Clébert, op. cit., p. 11.
  41. Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 35.
  42. Jean-Louis Bédouin, La Poésie surréaliste, Seghers, Paris, 1964, p. 285.
  43. a et b Spies, op. cit., p. 138.
  44. Spies, op. cit., p. 136.
  45. 146 × 115 cm. Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid. Reproduction dans L'œil no 642, janvier 2012, p. 55.
  46. Reproduction dans Breton, LSELP, op. cit., p. 37.
  47. Cité par Biro, op. cit., p. 316.
  48. Paris, MNAM. Reproduction dans Connaissance des arts no 658, mars 2008, p. 83.
  49. Édité en DVD en 2006 par Studio Canal.
  50. Reproduction dans Le Bon, op. cit., p. 115.
  51. 10,4 × 13 cm. Paris, MNAM. Reproduction dans Beaux Arts magazine no 82, septembre 1990, p. 56.
  52. Lemoine, op. cit., p. 99.