1918 en dadaïsme et surréalisme

ÉphéméridesModifier

AvrilModifier

MaiModifier


  • André Breton est envoyé au Centre d'instruction de Noailles, puis à Moret-sur-Loing et Saint-Mammès, où il est affecté au 81e régiment d'artillerie lourde comme infirmier[2].
  • Au cours d'une opération commando, Joë Bousquet est grièvement blessé. Il en devient paraplégique[3].

JuinModifier

JuilletModifier

AoûtModifier

SeptembreModifier


  • Représentation à Zurich du spectacle de marionnettes Le Roi cerf. La fable de la pièce initiale de Carlo Gozzi (1720-1806) est transposée en 1913 et raconte l'épisode de la rupture survenue entre Carl Jung et Sigmund Freud. Aux personnages traditionnels de la commedia dell'arte se mêlent des personnages originaux appelés Docteur Complex, Freud Analyticus[12] et la Fée Urlibido. Les marionnettes ainsi que les décors sont réalisés par Sophie Taeuber[13].

  • La revue de Louis Delluc Le Film publie un article d'Aragon intitulé Du décor : « […] courageux précurseurs, qu'ils fussent peintres ou poètes […] qu'un journal ou un paquet de cigarettes savaient émouvoir […] Ils connaissent cette fascination des hiéroglyphes sur les murs […] Ces lettres qui vantent un savon valent les caractères des obélisques ou les inscriptions d'un grimoire de sorcellerie […] Nous les avons déjà vues éléments d'art chez Picasso, Braque ou Juan Gris. »[14]

  • Breton est affecté à l'hôpital du Val-de-Grâce pour y préparer l'examen de médecin auxiliaire. Il prend une chambre à l'hôtel des Grands Hommes, 9 place du Panthéon[15].
  • Antonin Artaud est envoyé près de Neuchâtel en Suisse dans une clinique spécialisée dans les affections nerveuses.

NovembreModifier

  • 1er novembre
    Breton rend visite à Picasso au Bateau-Lavoir[16].

  • Mort de Guillaume Apollinaire, à 37 ans, victime de la grippe espagnole[16].
    Soupault : « C'est Apollinaire qui me prit par la main et qui me montra ce qu'était la poésie vivante et la pénitence du feu […] Je puis encore reconnaître certains jours, dans un rayon de soleil, au coin d'une rue ou brillant dans la monotonie de la pluie qui tombe, le sourire d'Apollinaire. »[17].

  • Aragon est envoyé en Alsace, puis en Sarre avec l'armée d'occupation[18].

  • Lettre de Jacques Vaché à Breton : « Comment vais-je faire, pauvre ami, pour supporter ces derniers mois d'uniforme [...] ILS se méfient... ILS se doutent de quelque chose - Pourvu qu'ILS ne me décervèlent pas pendant qu'ILS m'ont en leur pouvoir »[19].

  • Première représentation de Couleur du temps d'Apollinaire[16]. Au cours de cette représentation, Paul Éluard approche Breton mais à cause de sa timidité, il prétexte la ressemblance avec un ami qu'il croyait mort à la guerre[20].

  • Jacques Vaché, Blanche acétylène, poème joint à la lettre du adressée à Breton.
  • À Berlin, le Novembergruppe dont font partie Jefim Golyscheff et le peintre expressionniste Emil Nolde, publie un manifeste demandant la dissolution des académies et la liberté totale du dessin dans les arts plastiques[21].

DécembreModifier


  • Lettre de Vaché à Breton : « [...] je m'en rapporte à vous pour préparer les voies de ce Dieu décevant, ricaneur un peu, et terrible en tout cas. Comme ce sera drôle, voyez-vous, ce vrai ESPRIT NOUVEAU se déchaîne. J'ai reçu votre lettre en multiples découpures collées, qui m'a empli de contentement - C'est très beau, mais il y manque quelqu'extrait d'indicateur de chemins de fer, ne croyez-vous pas ? ... Apollinaire a fait beaucoup pour nous et n'est certes pas mort ; il a, d'ailleurs, bien fait de s'arrêter à temps [...] IL MARQUE UNE ÉPOQUE. Les belles choses que nous allons pouvoir faire ; - MAINTENANT ! »[22].
  • Parution du troisième numéro de Dada, lettrage rouge sur couverture blanche avec un bois gravé abstrait de Janco et citation de Descartes : « Je ne veux même pas savoir s'il y a eu des hommes avant moi. », arrive à Paris. Il contient le Manifeste Dada 1918. Tristan Tzara : « Je suis contre les systèmes, le plus acceptable des systèmes est celui de n'en avoir par principe aucun […] Il nous faut des œuvres fortes, droites, précises à jamais incomprises […] Je détruis les tiroirs du cerveau et ceux de l'organisation sociale. Dada ne signifie rien. »[23]
  • Séduit par les propositions radicales proclamées dans la revue Dada, Breton entame une correspondance avec Tzara.

Cette année-làModifier

ŒuvresModifier

Notes et référencesModifier

  1. Laurent Le Bon (sous la direction de), Dada, Éditions du Centre Pompidou, Paris, 2005, p. 264.
  2. Marguerite Bonnet, André Breton, Œuvres complètes, Tome 1 : chronologie, éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1988, p. XXXVII.
  3. Adam Biro & René Passeron (sous la direction de), Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre, Genève & Presses universitaires de France, Paris, 1982, p. 61.
  4. Marcelle Dumas & Lucien Scheler, Chronologie de Paul Éluard, dans Poésies complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1968, p. LXI.
  5. Dumas & Scheler, op. cit., p. LXI.
  6. Gabriele Crepaldi, L'Art moderne 1900-1945, Gründ, 2006, p. 194.
  7. T. Fraenkel (1896-1964), ami de Breton depuis le collège Chaptal. Élève à la faculté de médecine, il rejoint Breton à Nantes en 1915, y fait la connaissance de Jacques Vaché, puis retrouve Aragon et Breton à l'hôpital du Val-de-Grâce en 1917. Pierre Daix La Vie quotidienne des surréalistes, 1917-1932, éditions Hachette, Paris, 1992, p. 424.
  8. Daix, op. cit., p. 30.
  9. Lettre du 29 juillet. Bonnet, op. cit., p. XXXVII.
  10. Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du Surréalisme, Éditions du Seuil & A.T.P., Chamalières, 1996, p. 46.
  11. Daix, op. cit., p. 29.
  12. Photographie de la marionnette dans L'Œil, no 613, mai 2009, p. 58.
  13. Le Bon, op. cit., p. 930.
  14. Daix, op. cit., p. 62.
  15. Bonnet, op. cit., p. XXXVIII.
  16. a b et c Daix, op. cit., p. 31.
  17. Daix, op. cit., p. 32.
  18. Cette période sera évoquée, quarante ans plus tard, dans son poème Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
  19. Vaché, op. cit., p. 45.
  20. Daix, op. cit., p. 99.
  21. Artpress, janvier 2007.
  22. Vaché, op. cit., p. 48.
  23. Daix, op. cit., p. 42
  24. Serge Lemoine, Dada, éditions Hazan, Paris, 1991-2005, p. 73.
  25. Agnès Angliviel de la Beaumelle, Yves Tanguy, Centre Pompidou, Paris, 1982, p. 168.
  26. Le Bon, op. cit., p. 112.
  27. Lemoine, op. cit., p. 19.
  28. 78 × 94 cm. Centre Pompidou, Paris (œuvre acquise en 2009). Reproduction dans Le Surréalisme 1922-1942, catalogue de l'exposition du Musée des Arts Décoratifs de Paris, 1972, p. 59.
  29. Le Bon, op. cit., p. 467.
  30. Reproduction dans Artpress, janvier 2007.
  31. 140 × 110 cm. Staatsgalerie, Stuttgart. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 42.
  32. Le Bon, op. cit., p. 260.
  33. Lemoine, op. cit., p. 30.
  34. 60 × 70 cm. Reproduction dans Connaissance des arts no 662, juillet-août 2008, p. 62.
  35. 62,8 × 45,6 cm. Centre Pompidou, Paris. Reproduction dans L'Œil no 683, octobre 2015, p. 75.
  36. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 30.
  37. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 82.
  38. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 25.
  39. Reproduction dans Lemoine, op. cit., p. 18.
  40. Reproduction dans Le Bon op. cit., p. 927 et Lemoine, op. cit., p. 22.