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Éric Drouet

Gilet Jaune français
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Éric Drouet
Éric Drouet.jpg
Éric Drouet lors d'un rassemblement des gilets jaunes à Bordeaux en mars 2019.
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Éric Drouet, né en 1985, est un chauffeur routier français qui compte parmi les figures à l'origine du mouvement des Gilets jaunes lancé en France en et dont il est présenté par les médias comme l'une des principales figures.

BiographieModifier

Situation personnelleModifier

En 2019, Éric Drouet vit à Melun, en Seine-et-Marne, avec son épouse et leur fille. Il est conducteur de poids lourd[1], salarié à plein temps, et membre actif de l'association de tuning « Muster Crew »[2].

Mouvement des Gilets jaunesModifier

Lanceur de la contestationModifier

Fin , il décide avec un ami de lancer un appel à un rassemblement d'automobilistes sur le boulevard périphérique de Paris[2] pour protester contre la hausse des taxes sur les carburants, décidée par le gouvernement pour favoriser la transition énergétique, dans le cadre des engagements de la France découlant de l'accord de Paris.

Cet appel est à l'origine du lancement du mouvement des Gilets jaunes (GJ) le , ce qui vaudra à Éric Drouet d'être présenté dans les médias comme l'un des principaux (voire le véritable) fondateur du mouvement. Cela lui conférera, avec notamment Priscilla Ludosky et Maxime Nicolle, une stature médiatique singulière au sein du mouvement, même s'il est durant les premières semaines moins mis en avant que d'autres personnalités comme Jacline Mouraud[réf. nécessaire].

Influence sur les réseaux sociauxModifier

Éric Drouet intervient régulièrement pour échanger via des vidéos en direct avec les membres du groupe Facebook de « La France en colère !!! », qu'il administre avec sa mère[2]. Avec 300 000 membres début [2], ce groupe est l'un des plus nombreux. En raison de sa capacité à relayer les informations sur le mouvement, ce groupe est souvent considéré comme le principal vecteur de mobilisation de son animateur.

Souvent présenté comme l'un des leaders des Gilets jaunes, Éric Drouet conteste ce qualificatif et défend l'organisation horizontale du mouvement[2], lequel s'appuie sur la prise de décisions par les participants, en particulier par le biais des consultations en ligne via le groupe « La France en colère !!! ». Le , il représente néanmoins le mouvement des Gilets jaunes, avec Priscillia Ludosky, en rencontrant le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy[2].

Autour d'Éric Drouet s'est constitué un groupe de plusieurs personnalités considérées elles aussi comme figures du mouvement ou qui le soutiennent dans l'organisation et la préparation des actions : Jérôme Rodrigues, Farouk Largo, Laëtitia Dewalle, cette dernière présentée par les médias depuis l'origine comme co-initiatrice du mouvement, François Boulo, avocat rouennais, ainsi que Maxime Nicolle et Priscillia Ludosky, avec lesquels il mène, le plus souvent, des actions coordonnées[2].

Dans la nuit du 18 au , son domicile et son véhicule sont dégradés, notamment avec de la peinture jaune[3].

Poursuites judiciairesModifier

Le , il est interpellé à Paris en possession d'un bâton de 30 centimètres dans son sac, une « matraque » qui lui vaut d'être convoqué le au Tribunal correctionnel pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences » et « port d’arme prohibé de catégorie D »[4],[2],[5],[6]. Questionné sur l'« arme prohibée », il répond : « En tant que routier on a tous quelque chose pour se défendre, pour se protéger. Il était dans mon sac de travail, avec ma gamelle, et j’avais oublié qu’elle était là. Ce bâton, c’était un souvenir de mon père. »[5] Le 4 septembre 2019, il est relaxé pour le premier chef d'accusation, les juges ayant estimé que c'est son interpellation qui a créé un climat de violence, mais il est condamné à 500 euros d'amende avec sursis pour port d'arme prohibé[4],[7].

Il est à nouveau interpellé le et placé en garde à vue alors qu'il est l'initiateur d'un attroupement sur les Champs-Élysées en hommage à ceux qu'il considère comme victimes des violences policières durant les opérations de maintien de l'ordre public survenues lors des manifestations de Gilets jaunes. Il est jugé le pour « organisation d'une manifestation sans déclaration préalable »[8],[9]. À la suite de cette interpellation, en janvier 2019, une polémique naît quant à une éventuelle manipulation préméditée par Éric Drouet, qui aurait volontairement organisé l'événement sur les Champs-Élysées et enfreint la loi, dans le but de se faire arrêter et réaliser ainsi un coup médiatique[8]. Ce qu'il semble reconnaître dans une vidéo qu'il a postée puis supprimée le 3 janvier 2019[2].

Le , Éric Drouet est condamné à 2 000 euros d'amende, dont 500 avec sursis, pour avoir organisé deux manifestations à Paris sans déclaration[10].

Positionnement politiqueModifier

Éric Drouet se revendique comme étranger à tout engagement partisan[2]. Présenté par certains médias comme sympathisant du Rassemblement national (RN) ou de La France insoumise (FI), il a démenti avoir voté pour la candidate FN à l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen, contrant une fausse information lancée par l'éditorialiste Jean-Michel Aphatie[11].

Le , il lui est reproché une réaction « aux relents xénophobes » à des propos tenus par Maxime Nicolle, autre figure du mouvement, sur le Pacte de Marrakech[2],[12].

Jean-Luc Mélenchon lui rend hommage sur sa page Facebook le [13]. Éric Drouet affirme ensuite avoir été contacté par La France insoumise et le Rassemblement national pour figurer sur leur liste aux élections européennes, ce qu'il a refusé[14].

Critiques et polémiquesModifier

Intentions insurrectionnellesModifier

Le 5 décembre 2018, il déclare sur BFM TV être prêt à « entrer [à l'Élysée] » ce qui est interprété par certains comme un appel à prendre par la force le siège de la présidence de la République, ce dont il se défend : « Je vois un peu tout ce qui se dit sur mon sujet à la télé, que je serais un anarchiste ou je ne sais quoi. Je veux remettre les choses au clair : je n'ai jamais dit que je voulais aller à l'Élysée pour tout casser, mais pour se faire entendre. »[2].

Le 26 janvier 2019, il relaie un communiqué lançant un « appel au soulèvement » à la suite de l'éborgnement dont a été victime Jérôme Rodrigues au cours d'une manifestation des Gilets jaunes à Paris ce même jour. Cet appel est critiqué par Christophe Castaner, ministère de l'Intérieur, qui y voit une incitation à l’insurrection[2].

Rapports avec les médiasModifier

Éric Drouet est l'invité de plusieurs médias traditionnels, puis contestant leur objectivité dans le traitement du mouvement, rompt l'essentiel de ses contacts, notamment avec France Info dès novembre 2018[2], pour privilégier des interventions sur Brut, RT et auprès du journaliste controversé Vincent Lapierre[15]. Le , il intervient néanmoins dans l'émission Les Grandes gueules, diffusée sur RMC et RMC story[16].

Tensions avec d'autres personnalités du mouvement des Gilets jaunesModifier

À plusieurs reprises des membres et « figures » du MGJ se sont opposées aux positions prises par Éric Drouet. En janvier 2019, Priscillia Ludosky a déclaré vouloir rompre sa collaboration avec lui[17], avant de renouer début février. Selon Europe 1, Éric Drouet fait partie de la « frange radicale », ceux qui veulent aller plus loin, en manifestant par exemple la nuit pour fatiguer les forces de l'ordre, et dont l'objectif final est le renversement du gouvernement. Fin janvier 2019, ces « purs et durs » ne sont pas d'accord avec les modérés sur la suite à donner au mouvement de contestation[18].

Cagnotte en faveur des blessésModifier

Début janvier 2019, Éric Drouet lance une cagnotte PayPal pour lever des dons en faveur des blessés lors des manifestations du mouvement des Gilets jaunes. Cette initiative est critiquée par d'autres membres du mouvement, qui s’interrogent sur la répartition de l'argent allant être collecté[2].

OrthographeModifier

Éric Drouet est souvent critiqué et moqué en raison des nombreuses fautes d'orthographe et de grammaire qu'il commet dans la rédaction des messages qu'il poste sur Facebook[19]. Ces railleries sont considérées par le journaliste Vincent Glad comme l'expression d'un « mépris social » visant à « exclure les classes populaires de l’espace politique légitime »[20].

En conséquence, d'après le maître de conférences Christophe Benzitoun, les lecteurs adoptent deux attitudes différentes : « Il y a des groupes sociaux que ça ne dérange pas. En revanche, d’autres groupes vont estimer que le message est illisible et vont refuser de le lire jusqu’au bout »[21].

Notes et référencesModifier

  1. Perrine Storme, « Eric Drouet est-il un leader ? (1/2) », BFM TV,‎ 15/02/ 2019 (lire en ligne).
  2. a b c d e f g h i j k l m n et o Kocila Makdeche, « ENQUÊTE FRANCEINFO. Du tuning aux "gilets jaunes", comment Éric Drouet est devenu le "premier opposant à Emmanuel Macron" », France Info,‎ 02/02/ 2019 (lire en ligne).
  3. « Seine-et-Marne. Le domicile et la voiture de la figure des Gilets jaunes Eric Drouet dégradés pendant la nuit à Melun », sur actu.fr (consulté le 19 mars 2019)
  4. a et b « Eric Drouet condamné à 500 euros d'amende avec sursis pour "port d'arme prohibé" », sur LCI, (consulté le 17 septembre 2019)
  5. a et b « Procès d’Eric Drouet : était-ce une matraque ou un bâton ? », sur L'Obs,
  6. « Gilets jaunes : Éric Drouet, adulé par les uns, honni par les autres », sur Le Point, (consulté le 18 août 2019)
  7. « Gilets jaunes : Eric Drouet condamné pour sa "matraque" mais relaxé pour "groupement en vue de violences" », sur Europe 1, (consulté le 17 septembre 2019)
  8. a et b Michaël Bloch, « Éric Drouet : le Gilet jaune avait prévu de se faire arrêter », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne)
  9. « Récit d'audience: le drôle de procès d'Eric Drouet », sur LExpress.fr, (consulté le 18 août 2019)
  10. « "Gilets jaunes" : Eric Drouet condamné à 2 000 euros d'amende, dont 500 avec sursis, pour avoir organisé des manifestations non déclarées », sur Franceinfo, (consulté le 29 mars 2019)
  11. Louis Nadau, « "Eric Drouet, gilet jaune et électeur du FN" : récit d'une hallucination politico-médiatique », Marianne,‎ (lire en ligne)
  12. Valentine Pasquesoone, « "Chaos total", "remplacement des peuples" : trois questions sur le pacte de Marrakech, qui affole certains "gilets jaunes" », France Info,‎ (lire en ligne)
  13. « Mélenchon exprime sa « fascination » pour le « gilet jaune » Éric Drouet », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. « Eric Drouet affirme avoir été approché par Mélenchon et le RN (vidéo) », France-Soir,‎ (lire en ligne, consulté le 13 février 2019)
  15. Kocila Makdeche, « Hommages à Chavez, brouille avec Alain Soral et Quenelles d'or : le parcours sinueux de Vincent Lapierre, le reporter star chez les "gilets jaunes" », France Info,‎ (lire en ligne)
  16. Les Grandes Gueules, « #GiletsJaunes : "@JLMelenchon, le @RNational_off m'ont approché plusieurs fois pour les Européennes. J'ai toujours refusé, on n'est pas là pour mettre une politique plus qu'une autre en avant !" Éric #Drouet #GGRMCpic.twitter.com/gJHP8LFGtZ », sur @GG_RMC, (consulté le 13 février 2019).
  17. Yannick Vely, « "Gilets jaunes" : rien ne va plus entre Priscilla Ludosky et Eric Drouet », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  18. « Ludosky, Mouraud, Nicolle… Les figures des "gilets jaunes" plus divisées que jamais », sur Europe 1, (consulté le 18 août 2019)
  19. Frédéric Jacq, « Gilets jaunes. Une polémique sur les fautes d’orthographe exagérée ? », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le 13 février 2019)
  20. « Gilets jaunes : mon courrier des lecteurs est rempli de mépris social », sur Libération.fr, (consulté le 15 février 2019)
  21. https://www.letelegramme.fr/france/gilets-jaunes-une-polemique-sur-les-fautes-d-orthographe-exageree-27-12-2018-12172196.php

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier