Ouvrir le menu principal

Vieux Maître

peintre talentueux ayant vécu en Europe avant 1800

Un « Vieux Maître » est un peintre de qualité importante qui a travaillé en Europe vers le début du XVIe siècle. L'expression désigne également un tableau de l'un de ces peintres. Il existe aussi des vieux maître de l'Estampe, équivalents pour l'art de l'estampe de la même époque, ainsi que les Vieux Maîtres du Dessin.

En théorie, un Vieux Maître est censé être un artiste qui était complètement formé, un maître de sa guilde d'artistes, et qui travaillait indépendamment. Mais en pratique, les peintures considérées comme étant produites par des élèves ou des ateliers étaient incluses dans cette appellation. Ainsi, au-delà d'un certain niveau de compétence, la date — plutôt que la qualité — est le principal critère d'admission de ce terme.

Période concernéeModifier

Aux XVIIIe et XIXe siècles, le terme a souvent concerné une époque ayant eu comme date de début 1450 ou 1470, les peintures antérieures étant considérées comme « primitives ». Mais cette distinction s'est perdue.

L’Oxford English Dictionary original du début du XXe siècle définit le terme comme « un « maître » qui a vécu avant la période définie comme « moderne », principalement attribué aux peintres du XIIIe siècle au XVIe ou XVIIe siècle[N 1]. » La première citation donnée provient d'une encyclopédie populaire de 1840 : « car un peintre d'animal, Edwin Landseer, surpasse de loin n'importe lequel des Vieux Maîtres[N 2]. »

Il y a des termes comparables en néerlandais, en français et en allemand. Les Néerlandais pourraient avoir été les premiers à utiliser réellement le terme, dans le XVIIIe siècle, et désignait principalement l'Âge d'or de la peinture néerlandaise du siècle antérieur. L'ouvrage Les Maîtres d'autrefois d'Eugène Fromentin (1876) pourrait avoir aidé à populariser le concept, bien que « vieux maître » est également utilisé en français. La célèbre collection de la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde est l'un des quelques musées qui inclut le terme dans son propre nom actuel — « Alte Meister » —, bien que beaucoup d'autres l'utilisent pour le nom de leurs départements ou sections. La collection de Dresde s'arrête à la période baroque.

La date de fin est nécessairement vague — Francisco de Goya (1746-1828) est unanimement considéré comme un Vieux Maître, et il continuait à peintre et à graver à sa mort. Mais par exemple, le terme peut aussi être utilisé, bien qu'il ne l'est généralement pas, pour John Constable (1776-1837) ou Eugène Delacroix (1798–1868).

Le terme tend à être évité par les historiens de l'art car étant trop vague, en particulier lors d'évaluations de peintures. Cependant, les termes Vieux Maîtres de l'estampe, équivalents pour l'art de l'estampe de la même époque, ainsi que les Vieux Maîtres du Dessin, idem, sont encore utilisés. Le terme est toujours régulièrement utilisé dans le marché de l'art ; les sociétés de vente aux enchères continuent de diviser leurs ventes entre, par exemple « Peintures des Vieux Maîtres », « Peintures du dix-neuvième siècle » et « Peintures modernes »[réf. nécessaire]. Christie's définit le terme ainsi : « entre le XIVe siècle et le début du XVIIIe siècle[réf. nécessaire],[1] ».

Artistes anonymesModifier

Article détaillé : Maîtres anonymes.

Les artistes, le plus souvent des périodes les plus primitives, dont la main a été identifiée par les historiens de l'art mais pas identifiés formellement, se voient souvent attribuer un nom de convention par ceux-ci tels que Maître E. S. (à partir de son monogramme), le maître de Flémalle (à partir du lieu original de son œuvre, bien que finalement identifié comme Robert Campin), le Maître viennois de Marie de Bourgogne (à partir du livre d'heures de Marie de Bourgogne), le Maître de Latin 757 (en) (à partir d'une enluminure qu'il a faite), le Maître du Diptyque de Brunswick (en) (à partir du diptyque éponyme) et le Maître de Schloss Lichtenstein (en) (à partir du château de Lichtenstein).

Liste non exhaustive des Vieux Maîtres les plus importantsModifier

Une liste exhaustive est impossible à établir. Il s'agit ici de fournir une liste représentative pour chacune des périodes.

 
Nature morte avec tarte, aiguière d'argent et crabe de Willem Claeszoon Heda (1658), huile sur toile, Frans Hals Museum, Haarlem, Pays-Bas.

Gothique, gothique international, proto-gothiqueModifier

Article détaillé : Peinture gothique.

Renaissance primitiveModifier

Article détaillé : Renaissance.

Haute RenaissanceModifier

Article détaillé : Haute Renaissance.

Peinture vénitienne de la RenaissanceModifier

Article détaillé : École vénitienne (peinture).

École siennoiseModifier

Article détaillé : École siennoise.

Renaissance nordiqueModifier

Article détaillé : Renaissance nordique.
 
La Crucifixion du Christ de Lucas Cranach l'Ancien (1503).

Peinture espagnoleModifier

Article détaillé : Siècle d'or espagnol.

ManiéristesModifier

Article détaillé : Maniérisme.

Peinture baroqueModifier

Article détaillé : Peinture baroque.

Âge d'or de la peinture néerlandaise et peinture baroque flamandeModifier

RococoModifier

Article détaillé : Rococo.

Peinture britanniqueModifier

NéoclassicismeModifier

Article détaillé : Néoclassicisme.

RomanticismeModifier

Article détaillé : Romanticisme.

Vieux maîtres chinois et japonaisModifier

ConservationModifier

Les collections les plus importantes d'œuvres des vieux maîtres sont conservés dans de nombreux musées d'Europe et du monde entier, tels que l'Alte Pinakothek de Munich, la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde et celle de Cassel en Allemagne et la National Gallery of Art de Washington aux États-Unis.

Les Vieux Maîtres dans la cultureModifier

« 

Dans les bouges fumeux où pendent des jambons,
Des boudins bruns, des chandelles et des vessies,
Des grappes de poulets, des grappes de dindons,
D’énormes chapelets de volailles farcies,
Tachant de rose et blanc les coins du plafond noir,
En cercle, autour des mets entassés sur la table,
Qui saignent, la fourchette au flanc dans un tranchoir,
Tous ceux qu’auprès des brocs la goinfrerie attable,
Craesbeke, Brakenburgh, Teniers, Dusart, Brauwer,
Avec Steen, le plus gros, le plus ivrogne, au centre,
Sont réunis, menton gluant, gilet ouvert,
De rires plein la bouche et de lard plein le ventre.

 »

— Émile Verhaeren, « Les Vieux Maîtres » dans Poèmes, 1895.

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Texte original : « a 'master' who lived before the period accounted 'modern', chiefly applied to painters from the 13th to the 16th or 17th century. »
  2. Texte original : « As a painter of animals, Edwin Landseer far surpasses any of the old masters. »
Références

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Ouvrages généraux
  • Dominion Gallery, Peintures de vieux maitres, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles : cat. exp. mars-avril 1947, Montréal, Québec, The Gallery, (OCLC 80075208)
  • Pierre Delorme, Les Vieux maîtres, Paris, G. Trédaniel, , 94 p. (ISBN 9782857072362)
Ouvrages régionaux
  • Adam von Bartsch, Les vieux maîtres allemands, Vienne, Degen, , 270 p. (OCLC 257831350)
  • Adam von Bartsch, Les vieux maîtres italiens, Vienne, Degen, , 416 p. (OCLC 257831684)
  • Fritz Stahl, Vieux maîtres anglais, Paris, Librairie artistique et littéraire, 60 p. (OCLC 27065853)
  • René Grousset, Paysages, fleurs, animaux : 16 planches en couleurs d'après les tableaux des vieux maitres chinois et japonais, Paris, Plon, , 27 p. (OCLC 852128139)
  • (en) Frank Rutter, The old masters, New York, George H. Doran Co., , 246 p. (OCLC 5715771)
  • (en) Simon Gray, The old masters, Londres, Faber and Faber, , 69 p. (ISBN 9780571227655)
  • (en) David Hockney, Secret knowledge : rediscovering the lost techniques of the old masters, New York, Viking Studio, , 296 p. (ISBN 9780670030262)

FilmographieModifier

  • (en) Old masters, de Francis Ames-Lewis, Tim Marlow et Peter Curran (DVD : Princeton, New Jersey, Films for the Humanities & Sciences, 2002).
    Producteurs et diffuseurs : TiFilms for the Humanities, BBC Worldwide Americas. Producteur de la série : Tim Carter. (OCLC 53070255)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier