Orazio Gentileschi

peintre italien

Orazio Lomi Gentileschi, né à Pise en 1563, mort à Londres en 1639, est un peintre italien caravagesque de compositions religieuses.

Orazio Gentileschi
Orazio Gentileschi - Il suonatore di liuto (National Gallery of Art).jpg
Orazio Gentileschi, La Joueuse de Luth (vers 1612-1620), Washington, National Gallery of Art.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 75 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Fratrie
Enfants
Artemisia Gentileschi
Francesco Gentileschi (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Annonciation
Diane chasseresse par Orazio Gentileschi
François d'Assise par Orazio Gentileschi
David contemplant la tête de Goliath (vers 1612), attribué à Orazio Gentileschi.

CarrièreModifier

Influencé par Le Caravage dont il a été le disciple direct, il est le plus vieux des peintres caravagesques[1], même s'il s'est brouillé définitivement avec lui[2]. Il a mis dans ses œuvres de plus en plus d'accents personnels, dont une pureté des formes ; son style propre est élégant et raffiné, en oubliant les artifices de composition du maître (personnages à mi-corps, pas de perspective mais des plans successifs, ténébrisme...).

Après une période romaine (1587-1612), où il rencontre Reni et Le Caravage, il travaille dans la région des Marches (1613-1619), il passe à Gênes puis retourne en Toscane (1621-1624). Il est le collègue d'Agostino Tassi. Il a influencé notablement le peintre espagnol Juan Bautista Maíno.

Il séjourne en France (1624-1626), où il peint pour le Palais du Luxembourg, La Félicité publique triomphant des dangers, probablement commandé par la reine Marie de Médicis. Son séjour parisien influence la peinture des frères Le Nain, de Philippe de Champaigne et de Laurent de La Hyre[3].

Charles Ier, depuis son accession au trône en 1625, n'a eu de cesse de faire venir en Angleterre les plus grands peintres étrangers de l'époque. C'est ainsi qu'il invite Gentileschi qui devient peintre de cour et réalise des grands décors et des répliques de ses peintures connues, comme c'est peut-être le cas du Repos de la sainte famille pendant la Fuite en Egypte[3]. Le style d'Orazio devient de plus en plus conventionnel, mais ses œuvres sont appréciées pour leur classicisme par l'aristocratie anglaise.

Orazio Gentileschi reçoit la charge de la décoration d'un plafond (Allégorie du Triomphe de la Paix et des Arts) dans la Casa delle Delizie de la reine Henriette Marie à Greenwich. Sa fille, Artemisia Gentileschi, elle-même peintre reconnu, le rejoint à l'invitation du roi en 1638. Le père et la fille collaborent au plafond, mais Orazio meurt à Londres en 1639.

Van Dyck l'a inclus dans sa série de portraits de cent hommes illustres. Ce portrait a été gravé par Felice Polanzani.

ŒuvresModifier

En Italie
Départ de Rome
  • Saint François soutenu par un ange (1612-1613), huile sur toile, 133 × 98 cm, Rome, palais Barberini, Galleria Nazionale d'Arte Antica.
  • Vierge à l'Enfant, Rome, Palais Corsini, Galleria Nazionale d'Arte Antica.
  • Vision de sainte Francesca Romana (1615-1619), huile sur toile, Urbino, Galleria Nazionale delle Marche.
  • Vierge à l'Enfant dans un paysage (1615-1620), huile sur toile, Gênes, Palazzo Rosso.
  • Circoncision (1616-1620 env.), huile sur toile, 390 × 252 cm, Ancône, Pinacoteca civica Francesco Podesti.
  • Deux femmes dans le miroir (1620 env.), huile sur toile, 132,5 × 154,5 cm, Munich, Alte Pinakothek.
  • Portrait de jeune femme en Sibylle (1620 env.), huile sur toile, 82,5 × 73 cm, Houston, Texas, Museum of Fine Arts.
  • Sainte Cecile, Saint Valerien et Tiburce (1620 env.), huile sur toile, 350 × 218 cm, Milan, pinacothèque de Brera.
  • Danae (1621 env.), huile sur toile, 163,5 × 228,5 cm, Cleveland Museum of Art
  • Loth et ses filles (1621 env.), huile sur toile, 120 × 168,5 cm, Madrid, musée Thyssen-Bornemisza.
  • Loth enivré par ses filles (1622 env.), huile sur toile, 59 × 74 cm, Los Angeles, J. Paul Getty Museum.
  • Annonciation (1623 env.), huile sur toile, 286 × 196 cm, Turin, Galerie Sabauda.
En France
  • Le Bonheur ou La Félicité publique triomphant des dangers (1624), huile sur toile, 268 × 170 cm, Paris, musée du Louvre
  • Le Repos de la Sainte Famille pendant la fuite en Égypte (1628), huile sur toile, 157 × 225 cm, Paris, musée du Louvre
En Angleterre
  • Joueur de luth (1626 env.), huile sur toile, 144 × 130 cm, Washington, National Gallery of Art.
  • Sainte Marie Madeleine pénitente (1626-1628 env.), huile sur toile, 163 × 208 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
  • Joseph et la femme de Putiphar (1626-1630, huile sur toile, 204,9 × 261,9 cm, Windsor, Royal Collection.
  • Repos pendant la fuite en Egypte (1628), huile sur toile, 157 × 225 cm Paris, musée du Louvre
  • Loth et ses filles (1628 env.), huile sur toile, 226 × 282 cm, Musée des beaux-arts de Bilbao
  • Cupidon et Psyché (1628-1630), huile sur toile, 137 × 160 cm, Saint-Pétersbourg, Musée de l'Ermitage.
  • Moïse sauvé des eaux (1630-1631), huile sur toile, 257 × 301 cm, Londres, National Gallery.
  • Moïse sauvé des eaux (1633), huile sur toile, 242 × 281 cm, Madrid, musée du Prado.
  • Une Sibylle (1635-1638 env.), huile sur toile, 59 × 68,7 cm, Windsor, Royal Collection.

Doute sur l'authenticité d'une œuvreModifier

David contemplant la tête de Goliath (vers 1612), huile sur lapis-lazuli de 25 × 19 cm attribuée à Orazio Gentileschi a été prêté à la National Gallery par son propriétaire actuel en 2013 et exposé jusqu'en . Il a été restitué au collectionneur à l'issue d'une enquête suspectant une contrefaçon. Le musée anglais qui entreprend des recherches de diligence raisonnable sur les œuvres prêtées ainsi qu'un contrôle de leur état n'avait aucun doute quant à l'authenticité du tableau[4].

Notes et référencesModifier

  1. (it) Laura Bartoni, Francesca Cappelletti, Caravaggio e i caravaggeschi : Orazio Gentileschi, Orazio Borgianni, Battistello, Carlo Saraceni, Bartolomeo Manfredi, Spadarino, Nicolas Tournier, Valentin de Boulogne, Gerrit van Honthorst, Artemisia Gentileschi, Giovanni Serodine, Dirck van Baburen, Cecco del Caravaggio, Milan, Il Sole 24 Ore Libri, , 335 p.
  2. Eva Bensard, « Le Caravage maître malgré lui », Muséart, no 90,‎ , p.17
  3. a et b Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXe siècle, Musée du Louvre Editions, , 576 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 336-337
  4. (en) « Sotheby's declares 'Frans Hals' work a forgery », sur bbc.com,

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier