Baccio Bandinelli

sculpteur italien

Baccio Bandinelli, Bartolomeo Bandinelli ou Bandelli, ou encore Bartolomeo Brandini (né à Florence le - mort le dans cette même ville), est un sculpteur et peintre italien de la Renaissance qui exerça à Florence, Gênes, Rome et Lorette. Il fut le rival malheureux de Michel-Ange puis celui un peu plus heureux de Benvenuto Cellini.

Baccio Bandinelli
Image dans Infobox.
Autoportrait (vers 1550, Musée des beaux-arts de Strasbourg)
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 71 ans)
FlorenceVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Activités
Maître
Lieu de travail
Père
Michelangelo de Brandini (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

BiographieModifier

Membre de l'école de Rustici où il connut Léonard de Vinci, il échoue dans la peinture et étudie les ouvrages de Donatello et de Verrocchio.

Se croyant l'égal de Michel-Ange, il lui voue une haine éternelle et les disciples de Michel-Ange ont ainsi rabaissé injustement ses mérites en ne voyant dans son travail que fausse grandeur, exagération, enflure de style et mauvais goût[1].

Fils d’un célèbre orfèvre florentin, Michelangelo Brandini, il fut envoyé pour étudier le dessin et la peinture, mais c’est dans la sculpture qu’il découvrit son talent, donc il se consacra seulement à cet art.

 
Autoportrait de Baccio Bandinelli, env.1530, Isabella Stewart Gardner Museum à Boston.

Membre de l'école de Rustici où il connut Léonard de Vinci, Il fut l’élève de Giovan Francesco Rustici, puis subit l’influence déterminante de Michel-Ange, dont il devint l’imitateur et le rival.

Il étudie les ouvrages de Donatello et de Verrocchio.

Giorgio Vasari rapporte que la dévotion envers le Buonarroti débouche sur l’envie, avec l’épisode des dessins animés de la bataille de Cascina, une fresque que Michel-Ange aurait dû réaliser pour le Palazzo Vecchio, mais qui n’a jamais été mis en œuvre. Les dessins étaient exposés au Palazzo Medici et de nombreux jeunes artistes allaient les étudier et les copier, parmi lesquels Baccio était l’un des plus dévots, en arrivant à obtenir la clé de la chambre où ils étaient gardés.

Mais, ne parvenant pas à arriver dans le dessin à la force expressive de Michel-Ange, il soustrait d’abord les cartons en les découpant en carrés, puis les détruisit dans un accès de colère pendant les émeutes qui suivirent la réinstallation des Médicis de 1512.

En 1518, il est à Lorette où il réalise une grande partie de la sculpture du panneau relatif à la Naissance de la Vierge pour le revêtement en marbre de la Sainte Maison.

Il travailla à Gênes, où lui fut commandée la statue inachevée d’Andrea Doria, qui resta à Carrare à l’état d’ébauche (utilisée pour embellir la fontaine du Géant placée sur la piazza del Duomo)

À Rome, il exécute la maquette du San Michele qui doit figurer au sommet du Castel Sant’Angelo.

En 1530, Charles Quint le fait chevalier de San Jacopo. Pour fournir les preuves de noblesse (qu’il n’avait pas), il chargea le lettré A. F. Doni de lui fournir une attestation des Bandinelli de Sienne d’appartenir à leur famille et à cette occasion il changea de nom de famille. L’épisode lui vaudra plusieurs satires.

Les œuvres dans lesquelles l’émulation de Michel-Ange est plus marquée (Hercule et Cacus di Piazza della Signoria, 1534, Adam et Ève, déjà dans la cathédrale et aujourd’hui au Bargello, le Christ mort soutenu par Nicodème dans la basilique de la Santissima Annunziata) sont caractérisées par un gigantisme emphatique et structurellement faible ; d’autres sculptures plus autonomes, comme les reliefs du chœur de Santa Maria del Fiore, considérés comme son chef-d’œuvre, et les dessins, sur beaucoup desquels gravèrent les plus célèbres artistes de l’époque, se côtoient pour leur virtuosité raffinée aux expériences contemporaines du maniérisme le plus aulique.

Benvenuto Cellini était son ennemi acharné, sur le plan personnel et artistique. Entre les deux volaient souvent des insultes féroces : Baccio Bandinelli dans un accès de colère lui reprocha ses attitudes homosexuelles au Palazzo Vecchio, devant le grand-duc Cosme Ier lui-même, tandis que le Cellini dans son autobiographie rapporta une série nourrie de critiques à son Hercule et Cacus, en le comparant, entre autres, à "un mauvais sac de melons contre un mur". Quand Baccio exécuta un buste pour Cosme I (1540), peu après Cellini se fit assigner la même tâche réalisa un magnifique buste en bronze, que Cosme sembla moins apprécier puisqu'il l’envoya à Portoferraio. Les deux œuvres se trouvent aujourd’hui au Bargello.

 
Bas-relief de personnages masculins dans le Choeur de Santa Maria Del Fiore.

ŒuvresModifier

Sculpture

Attiré par la sculpture monumentale et les effets grandioses, Baccio Bandinelli cherche à rivaliser avec l'art de Michel-Ange, mais sans en montrer le même génie. Il a cependant exécuté des œuvres remarquables :

Peinture
Dessin

Beaux-Arts de Paris :

  • Tête de Laocoon[4], atelier de Baccio Bandinelli, plume, encre brune, H. 0,344 ; L. 0,278 m. Au verso : même tête à la plume, encre brune ; autre étude de face, à la plume, encre brune à droite ; croquis de personnage au crayon noir en haut à gauche. Etude probablement réalisée dans l'atelier de l'artiste et peut-être d'après l'œuvre du maître, pour la préparation d'une copie grandeur nature en marbre du Laocoon. Cette copie est une commande du pape Léon X pour le roi François Ier, elle ne fut jamais envoyée et est aujourd'hui conservée dans la Galerie des Offices à Florence. Le dessin de Bandinelli est centrée sur le visage du Laocoon[5].
  • Homme nu, le corps de trois-quarts et la tête vue de profil[6], entourage de Baccio Bandinelli, pierre noire, H. 0,427 ; L. 0,250 m. Ce dessin correspond au type de feuilles autonomes exécutées d'après modèle vivant et sans doute destinées à la vente. Très probablement issue de la pratique d'atelier, cette feuille s'apparente à une variation assez réussie d'après une œuvre du maître de l'atelier, Bandinelli, réalisée par un élève ou un assistant. Elle peut être rapprochée d'une Académie à la sanguine réalisée par Bandinelli et conservée au British Museum à Londres. Ce dessin des Beaux-Arts trahit une influence très forte des figures masculines de Michel-Ange[7].
  • Adam et Eve implorant l'Eternel[8], plume, encre brune, H. 0,435 ; L. 0,290 m. Etude préparatoire au premier projet de Bandinelli pour le décor du chœur du Duomo daté entre 1547 et 1548 à Florence. Cette étude se situe au début du cycle de quatorze compositions consacrées à différents épisodes de la Genèse. Elle est un magnifique témoignage de la virtuosité technique de l'artiste : destinée à être soumise au commanditaire, elle présente toutes les caractéristiques susceptibles de plaire. Vasari rassembla au moins sept feuilles de Bandinelli. Ce dessin de l'Ecole des Beaux-Arts était soigneusement consigné dans son célèbre Libro de' Disegni et fut doté d'une bordure décorée de cartouches enroulés et complété d'une annotation indiquant le nom de l'artiste[9].
  • Le Corps du Christ porté par les saintes femmes[10], plume, encre brune, H. 0,277 ; L. 0,393 m. Commentaire ci-dessous[11].
  • Le Christ pleuré par les saintes femmes[12], plume, encre brune, H. 0,267 ; L. 0,400 m. Ces deux feuilles, Le Corps du Christ porté par les saintes femmes et Le Christ pleuré par les saintes femmes sont assurément liées à la commande du chœur du Duomo. Elles mettent en scène deux moments consécutifs se rapportant, soit au second projet pour les bas-reliefs du soubassement consacré à la vie du Christ, soit au décor du maître-autel. Elles sont datées entre 1548 et 1553, selon qu'elles sont préparatoires pour l'un ou pour l'autre. Elles donnent toute la mesure de la puissance du style de la maturité de Bandinelli[13].
  • Deux femmes conversant[14], entourage de Baccio Bandinelli (Giovanni Bandini ?), plume, encre brune et lavis brun, H. 0,337 ; L. 0,245 m. Au verso : Homme nu à la sanguine. La facture trahit quelques faiblesses techniques et des maladresses stylistiques, ce qui explique la remise en cause de son attribution à Bandinelli par Roger Ward en 1982. Le dessin rappelle davantage ceux de Giovanni Bandini. Il a énormément copié l'œuvre de son maître, Bandinelli, et cette étude pourrait en être un exemple. Bandinelli traite à plusieurs reprises des scènes de conversation, par exemple Femmes conversant et La Visitation, dessins conservés au musée du Louvre à Paris[15].

Mort en 1560, il n'a pas fait aboutir son projet de la fontaine de Neptune de la Piazza della Signoria que Bartolomeo Ammannati a réalisé plus tard[16].

Notes et référencesModifier

  1. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t. 1, Ch. Delagrave, 1876, p. 215
  2. (de) Detlef Heikamp, « Zum Herkules und Kakus von Baccio Bandinelli », dans Le Parole e le marmi, Studi in onore di Raniero Gnoli, , p. 983-1006.
  3. Collection d'autoportraits du Musée des Offices, (it) Wolfram Prinz (et aut.), « La collezione di autoritratti : Catalogo generale », dans Gallerie degli Uffizi, Gli Uffizi, Florence, Centro Di, (1re éd. 1979), 1211 p. (ISBN 88-7038-021-1), p. 795.
  4. « Tête de Laocoon, Atelier de Baccio Bandinelli », sur Cat'zArts
  5. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 50-53, Cat. 9
  6. « Homme nu, le corps de trois-quarts et la tête vue de profil, Entourage de Baccio Bandinelli », sur Cat'zArts
  7. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 54-57, Cat. 10
  8. « Adam et Eve implorant l'Eternel, Baccio Bandinelli », sur Cat'zArts
  9. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 58-62, Cat. 11
  10. « Le Corps du Christ porté par les saintes femmes », sur Cat'zArts
  11. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 63-68, Cat. 12
  12. « Le Christ pleuré par les saintes femmes », sur Cat'zArts
  13. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 63-68, Cat. 13
  14. « Deux femmes conversant, Entourage de Baccio Bandinelli », sur Cat'zArts
  15. Sous la direction d'Emmanuelle Brugerolles, Le dessin à Florence au temps de Michel-Ange, Carnets d'études 13, Beaux-arts de Paris les éditions, 2009-2010, p. 69-71, Cat. 14
  16. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXe siècle, Paris/Milan, Musée du Louvre Editions, , 331 p. (ISBN 2-35031-032-9), p.309

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (de) David Greve, Status und Statue : Studien zu Leben und Werk des Florentiner Bildhauers Baccio Bandinelli, Frank & Timme, Berlin, 2008, 477 p. (ISBN 3-86596-154-1) (texte remanié d'une thèse d'Histoire de l'art, Freie Universität Berlin, 2006)
  • (de) Nicole Hegener, Divi iacobi eqves : Selbstdarstellung im Werk des Florentiner Bildhauers Baccio Bandinelli, Deutscher Kunstverlag, Munich, 2008, 784 p. (ISBN 978-3-422-06657-1)
  • (en) Louis A. Waldman (dir.), Baccio Bandinelli and art at the Medici court : a corpus of early modern sources, American Philosophical Society, Philadelphie, 2004, 935 p. (ISBN 0-87169-251-1)
  • (fr) Carel van Tuyll van Serooskerken, Baccio Bandinelli, Musée du Louvre, Département des arts graphiques, Paris, 2008, 94 p. (ISBN 978-2-35031-172-2)

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Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
Page ?? - édition 1568

Liens externesModifier