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La peinture baroque est liée au mouvement culturel baroque qui marque l'Europe, essentiellement au fil des XVIIe et XVIIIe siècles. Ses représentants les plus fameux viennent d'Italie et des Pays-Bas, comme Caravage ou Rubens, mais parfois aussi d'autres pays européens comme la France ou l'Espagne.

L'art baroque comme expression du pouvoirModifier

Articles détaillés : Art baroque et Contre-Réforme.
 
L'apothéose des Médicis de Luca Giordano (palais Medici-Riccardi, Florence) : l'art baroque de Giordano exprime tout le pouvoir d'une illustre famille, aussi bien d'un point de vue politique que religieux.

Le Concile de Trente (1545-1563), au cours duquel l’Église catholique romaine doit répondre à des questions de réforme interne soulevées tant par les protestants que par ses propres membres, encourage la création artistique comme support de dévotion mais également comme outil d'enseignement[1]. Le Concile affirme que les œuvres doivent illustrer la doctrine sans la trahir, tout en reconnaissant l'utilité des représentations imagées d'éléments doctrinaires pour une masse peu instruite[2]. L'art de l'époque se concentre donc sur les saints, la Vierge Marie et sur des épisodes bien connus de la Bible : il est affirmé comme devant constituer l'expression du pouvoir religieux, et en l'occurrence du pouvoir catholique romain[3]. Cette conception populiste[réf. nécessaire] du rôle de l'art sacré est vue par beaucoup d’historiens d’art comme l’un des éléments ayant conduit aux innovations de Caravage et des frères Carracci qui officient à Rome vers 1600 et qui s'y font concurrence pour obtenir des commandes. La ville se trouve d'ailleurs bouleversée par cette ébullition artistique : plus de la moitié des églises de Rome se trouve restaurée, modifiée ou redécorée entre 1560 et 1660[3].

En opposition explicite à l'approche protestante de la religiosité, dans une logique doctrinaire souvent qualifiée de « Contre-Réforme », l'Église catholique met en avant une liturgie faite de théâtralité solennelle qui doit s'exprimer à travers toutes les formes artistiques et en particulier la sculpture, l'architecture et la peinture. Le rôle de la peinture, singulièrement, consiste à proposer des effets d'illusion en écho aux deux autres formes artistiques[3].

Bien que venu de Rome, l'art baroque se répand ensuite partout en Europe, notamment dans les villes et souvent au profit des familles princières qui y voient une occasion d'afficher tout le faste de leur rang ; cet art constitue donc une traduction visuelle de l'idée de pouvoir, aussi bien politique que religieux[4].

Le terme d'« art baroque » n'est pas contemporain du XVIIe siècle : il apparaît plus tard chez des théoriciens de l'art qui emploient alors le terme de manière dépréciative[4].


CaractéristiquesModifier

 
Saint Dominique et saint François préservant le monde de la colère du Christ de Pierre-Paul Rubens, vers 1618-1620, musée des beaux-arts de Lyon.

Par opposition à la peinture de la Renaissance qui montre habituellement le moment précédant un événement important, les artistes baroques choisissent le point le plus dramatique, le moment où l'action se produit. L’art baroque est réputé pour évoquer l’émotion et la passion et non la rationalité et le calme qui se dégage de la peinture de la Renaissance[réf. souhaitée].

Au niveau de la composition picturale, la peinture baroque se caractérise tout d'abord par l'utilisation de nombreuses couleurs chaudes et vives qui vont du rose au blanc en passant par le bleu. D'autre part, les contrastes sont très présents, avec des jeux de lumière et d'ombre qui peuvent notamment être utilisés pour mettre en avant la masse musculaire de l’homme. En opposition avec l'approche typique de la Renaissance, qui a un éclairage de la toile uniforme, l’éclairage de la toile baroque se fait par taches. Cette technique attire l'attention sur certaines zones et en laisse d’autres dans la pénombre (utilisation du clair-obscur).

Toujours dans un esprit de contradiction avec la Renaissance, la toile baroque donne des expressions faciales aux personnages présents sur la toile pour faire passer des sentiments. Elle représente aussi principalement une asymétrie (l’action principale n’est pas nécessairement au centre). Les lignes de force de la toile ne sont plus uniquement horizontales ou verticales mais également obliques ou courbes, ce qui a pour effet de donner une position instable aux personnages et une impression de mouvement. Cet effet de mouvement est exprimé par une profusion de vêtements soulevés ou agités par le vent ; le choix des costumes fait souvent référence à l’antiquité. Des étoffes sont également disposées comme des rideaux pour faire une théâtralisation de la scène.

Le baroque s’oppose donc de diverses façons à la Renaissance : c’est une période de rupture qui veut représenter le changement. Les œuvres baroques se différencient par leur intérêt pour le changement, le mouvement, l’instabilité des choses.

« La lumière, traversant la lentille et impressionnant l’émulsion sur la pellicule, ne parvient à reproduire qu’un aspect du mouvement. Mais le mouvement est une suite ininterrompue d’attitudes : le cinéma au ralenti l’a révélé. L’esprit de l’artiste baroque saisit ces aspects successifs et les condense en une seule image  »

— P. Charprentrat, L’art baroque, Vendôme, Imprimerie des presses universitaires de France,1967.

Les peintres baroques abordent généralement des thèmes artistiques tirés des légendes et contes bibliques ou mythologiques. Cependant, bien que la peinture religieuse, la peinture d'histoire, les allégories et les portraits soient considérés comme les sujets les plus nobles, le paysage et les scènes de genre sont également très répandus.

Peintres baroques notablesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jacqueline Lichtenstein, La Peinture, Larousse-Bordas, coll. « Textes Essentiels »,
  2. Concile de Trente, « Décret sur l’invocation, la vénération et les reliques des saints, et sur les images saintes » in Les Conciles Œcuméniques : Les Décrets, De Trente À Vatican II, 1545-1965, vol. 2-2, Cerf, , 2457 p.
  3. a b et c Lachi 2006, p. 130.
  4. a et b Lachi 2006, p. 129.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Julián Gállego, La Grande histoire de la peinture : 9, La Peinture baroque et l'art de cour : 1610-1690, Skira, Genève ; Weber, Paris, , 94 p.
  • Chiara Lachi, La grande histoire de l'art : Le baroque et le classicisme, vol. 8, Le Figaro collections, , 430 p. (ISBN 2-35091-072-5).
  • Andreas Prater et Hermann Bauer, La peinture du baroque, B. Taschen, , 159 p. (ISBN 3-8228-8365-4)
  • Stefano Zuffi (dir.) et Francesca Castria (trad. Silvia Bonucci et Claude Sophie Mazéas), La peinture baroque, Gallimard, , 397 p. (ISBN 2-07-011633-6)

Articles connexesModifier