Ouvrir le menu principal

Erzurum

ville turque

Erzurum
kurde Erzírom ,
Erzurum
Administration
Pays Drapeau de la Turquie Turquie
Région Anatolie orientale
Province Erzurum
District Erzurum
Maire
Mandat
Mehmet Sekmen (AKP)
2019-2024
Préfet Celalettin Güvenç
2004
Indicatif téléphonique international +(90)
Plaque minéralogique 25
Démographie
Population 561 874 hab.
Densité 23 hab./km2
Géographie
Coordonnées 39° 54′ nord, 41° 16′ est
Altitude 1 945 m
Superficie 2 474 100 ha = 24 741 km2
Localisation
Localisation de Erzurum
Districts de la province de Erzurum

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte administrative de Turquie
City locator 14.svg
Erzurum

Géolocalisation sur la carte : Turquie

Voir la carte topographique de Turquie
City locator 14.svg
Erzurum
Liens
Site de la mairie http://www.erzurum.bel.tr
Site de la province http://www.erzurum.gov.tr
Sources
« Index Mundi/Turquie »

Erzurum ou Erzéroum (Կարին (K'arin ou Garin[1]) en arménien ; ერზრუუმი (Erzruumi) en géorgien ; Erzîrom en kurmandji) est une ville d'Anatolie orientale ou d'Arménie occidentale, aujourd'hui en Turquie, ayant appartenu à l'Arménie et à la Géorgie. Préfecture de la province du même nom, elle compte une population de 561 874 habitants (recensement de 2008).

GéographieModifier

TopographieModifier

Située à 1 945 mètres d'altitude, cette ville du nord-est de la Turquie est une des plus hautes de la région. La ville se trouve dans une plaine parsemée de quelques collines de roches volcaniques dont la plus élevée porte la citadelle.

ClimatModifier

Erzurum connaît un climat continental marqué, avec une température moyenne de −11 °C en janvier. Les températures tombent fréquemment en dessous des −35 °C en hiver, avec de lourdes chutes de neige. Le climat de la ville est relativement rigoureux étant donné la position continentale et l’altitude élevée. Les températures oscillent en moyenne entre -8,6 °C l’hiver et 19,6 °C l’été mais peuvent atteindre des extrêmes : jusque – 30 °C en janvier et +34 °C en août [2]. L’hiver est assez long avec une couverture neigeuse en place pendant plusieurs mois et des chutes de neige possibles en plein été. La végétation naturelle est plus ou moins steppique et les paysages verdoyants uniquement lors de la fonte des neiges font apparaitre une teinte roussâtre [2]. Les arbres sont assez rares puisque les plus proches forets se trouvent à 100 km au Nord Est. Les possibilités agricoles sont assez limitées puisque le froid d’hiver exclut les céréales et l’été dessèche les pâturages [2].  La ville est confrontée à des séismes assez réguliers : le 27 octobre 1843, un séisme fit d’importants dégâts matériels et le 19 aout 1966, un séisme fit quelques victimes. En 1983, un nouveau séisme de 6.9 sur l’échelle de Richter [2] a touché la ville.

HistoireModifier

Si un canton de Karin dans la province historique arménienne de Haute-Arménie est connu par la Géographie d'Anania de Shirak, et que ce canton semble avoir fait partie du domaine royal arsacide avant la fin du IVe siècle[3], il ne paraît pas avoir compris une ville, mais plutôt un village[4]. C'est sur le site de ce village que la ville de Théodosio(u)polis est fondée[5].

La naissance d'Erzurum remonte au Ve siècle lorsque l'empereur Théodose II fonda une place militaire aux confins orientaux de l’empire byzantin : Theodosiopolis, objet de luttes entre Sassanides, musulmans et byzantins.

Forteresse importante du limes oriental, fortifiée sous Justinien, elle est prise par les Arabes, détruite par Constantin V en 751-752, reconstruite par les Arabes, puis reconquise par les Byzantins au Xe siècle, et enfin mise à sac par les Seldjoukides en 1048[3]. En 1048, la population de la ville d'Arzen située à l'est, est chassée par les Seldjoukides et vient s'installer dans la ville de Theodosiopolis qui devient Arzen-er-Roum (Roum signifie l'Empire byzantin) d'où le nom actuel d'Erzurum [6].

Après 1071 et la bataille de Manzikert qui voit la conquête de la ville par les musulmans, elle prend le nom d'Arz al-Roum (en arabe : ʾarḍ ar-rūm, أرض الروم, « terre des Roum »). Elle aurait été nommée ainsi à cause des Arméniens réfugiés venant d'une ville proche nommée Arzan et détruite en 1049 par les Seldjoukides[7],[8]. Ce nom évolue ensuite en Erzerum et Erzurum.

La ville passa successivement aux mains des Seldjoukides qui lui donnèrent d’importants monuments puis des Mongols et des Ottomans des Safavides pour entrer définitivement dans l’empire ottoman à la fin du XVIe siècle [6].

La cité a été prise par Akkonyunlu Turkman Uzun Hassan en 1468 après la mort du dirigeant de la fédération tribale d’origine turcomane Kara koyunlu, Jihan shah. Après la chute d’Akkonyunlu, le contrôle de la ville passe au Shah Ismail et aux Qizilbash. Les Ottomans ont pris le contrôle de la cité en 1514 par Selim Ier dans sa campagne à Chaldrian. Les diverses conquêtes au XVe et XVIe siècle ainsi que les guerres ont provoqué des mouvements de population forcés ce qui a contribuer à faire baisser la population de la ville.

Erzurum n’a jamais connu de paix avant la fin du XVIe siècle. Soliman le Magnifique (10e sultan ottoman) a entrepris trois campagnes contre les Safavides. Erzurum était une cité forteresse à partir de laquelle les gouverneurs locaux ont mené des offensives contre les Safavides et Erzurum était un terrain de bataille pendant les guerres à l’est. Au XVIe siècle, Erzurum était une cité frontière qui subissait les conséquences de sa position.

Erzururm a longtemps été un important centre culturel, commercial et militaire de l'est de l'Anatolie. Sa prospérité reposait sur des routes d’échange entre Tabriz, Ardabil, Trabzon, Sivas, Tokat et des villes productrices de soie en Iran [2].

Selim Ier l'a conquise des Safavides et Soliman a ordonné sa restauration qui débuta en 1529 sous les ordres de Ferhad Pasha. La cité devint une forteresse pour les campagnes militaires contre les Safavides. Soliman y mena d’importantes campagnes contre les Safavides en 1534, 1548 et 1554.

La population d'Erzurum est restée faible puisque la cité a été en proie à de nombreux conflits. En 1540, la ville était pratiquement vide de population, elle était considérée comme une ville principalement militaire. Il a fallu attendre le règne de Mourad IV dès 1639 pour que la ville retrouve la paix. Pendant trois siècles la ville est une place forte ottomane face aux Iraniens et surtout aux russes. En 1829, la ville tombe aux mains des russes qui l’abandonnent aussitôt. En 1879, elle fut reconquise par les russes mais fut restituée à l’empire ottoman par le traité de Berlin [2].

 
Victimes des massacres hamidiens à Erzurum ().

La ville fut dirigée par les Ottomans jusqu'en 1829 lorsque l'Empire russe s'en empara. Mais le traité d'Andrinople signé quelques mois plus tard met fin à cette situation et les Turcs récupèrent rapidement la ville. La situation se reproduit quelques années plus tard, après la guerre russo-turque de 1877-1878. Cette fois-ci, c'est le traité de San Stefano qui permet à l'Empire ottoman de récupérer Erzurum.

La ville connaît les heures les plus sombres de son histoire pendant les massacres hamidiens (1894-1896), pendant lesquels de nombreux citoyens, surtout arméniens, sont tués[9], puis pendant le génocide arménien (1915-1917) lors duquel elle est un important centre de déportation et d'extermination[10]. Sur les 20 000 Arméniens de la ville, seule une centaine survit ; il est estimé que 90 % des Arméniens de la région ont été exterminés durant le génocide arménien[11].

Durant la Première Guerre mondiale, la ville est finalement prise par l'armée russe de Nikolaï Ioudenitch le . En 1918, la Turquie récupère Erzurum par le traité de Brest-Litovsk.

C’est à Erzurum que se réunit, le 23 juillet 1919, le Congrès qui choisit Mustafa Kemal pour président mais la révolution kémaliste abandonna la ville pour Sivas puis Ankara. Le congrès d'Erzurum marque le début de la guerre d'indépendance de la Turquie.

ÉconomieModifier

La ville d’Erzurum est un point stratégique puisqu’elle est le point final du gazoduc du sud Caucase, aussi appelé le gazoduc Baku-Tbiliss-Erzurum (BTE).  Depuis une quinzaine d’années, le gaz de la Caspienne est transporté par ce biais vers le port turc de Ceyhan et les marchés européens. La ville devait également être le point de départ du gazoduc de Nabucco qui devait transporter de la mer Caspienne vers plusieurs pays membres de l’Union Européenne. Le projet a été avorté en 2013 [12].

L’une des plus larges sources de revenus de la ville provient de l’Université Atatürk créée en 1950 et qui abrite plus de 40 000 étudiants. Il s’agit de l’une des plus grandes universités de Turquie. Le tourisme est également une source importante de revenus pour la ville. Erzurum abrite des monuments Seldjoukides, mais c’est aussi une station de ski très prisée en hiver.

Erzurum est également célèbre pour la production d’objets fabriqués à partir de pierre d’Oltu, une forme de jais naturel travaillée et exploitée à Erzurum depuis le XVIIIe siècle. Appelée aussi "ambre noir" ou ambre d’Erzurum, c’est une pierre semi-précieuse qui est utilisée dans la fabrication de bijoux, épingles à cravates, fume-cigarettes, chapelets. Dans le centre d’Erzurum, le Tashan, un espace de deux étages datant du Moyen Age, lui est dédié.

PolitiqueModifier

Erzurum, connue comme The Rock (« Le Rocher ») dans le code OTAN, a servi de base aérienne la plus sud-orientale de l'OTAN durant la Guerre froide.

Lieux et monumentsModifier

Personnalités nées à ErzurumModifier

Voir la catégorie : Naissance à Erzurum.

Dans les artsModifier

Dans l'album Vol 714 pour Sydney, en page 30, le milliardaire Laszlo Carreidas parle de son grand-père maternel qui était « sucreur de rahat-lokum à Erzeroum » (sic).

Notes et référencesModifier

  1. La lettre <Կ> se prononce [k] en arménien classique, [k'] en arménien oriental et [g] en arménien occidental cf l'article Ken (arménien).
  2. a b c d e et f Marcel Bazin, « Erzurum : un centre régional en Turquie », Revue Géographique de l'Est, vol. 9, no 3,‎ , p. 269–314 (DOI 10.3406/rgest.1969.2033, lire en ligne, consulté le 29 avril 2019)
  3. a et b Nina G. Garsoïan, « La date de la fondation de Théodosioupolis-Karin », dans Revue des études byzantines, 62 (2004), p. 181.
  4. Nina G. Garsoïan, op. cit., p. 182.
  5. Nina G. Garsoïan, op. cit., p. 183.
  6. a et b (en) Ronald C. Jennings, « Urban Population in Anatolia in the Sixteenth Century: A Study of Kayseri, Karaman, Amasya, Trabzon, and Erzurum », International Journal of Middle East Studies, vol. 7, no 1,‎ .
  7. (en) Martijn Theodoor Houtsma, E.J. Brill's First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936 (9 volumes), vol. I, BRILL, , 5164 p. (ISBN 978-900408265-6, présentation en ligne, lire en ligne), « Arzan », p. 473 (la fin de l'article).
  8. Ibn Battûta (trad. C. Defrémery et B. R. Sanguinetti (1858)), Voyages (3 volumes), De la Mecque aux steppes russes, vol. II, Paris, François Maspero, coll. « La Découverte », , (.pdf) 392 p. (ISBN 2-7071-1303-4, présentation en ligne, lire en ligne), p. 134, note 247
    Introduction et notes de Stéphane Yerasimov.
  9. (en) Vahakn Dadrian, Warrant for Genocide: Key Elements of Turko-Armenian Conflict, New Brunswick and London: Transaction Publishers, 1999, p. 141.
  10. (en) Peter Balakian, The Burning Tigris: The Armenian Genocide and America's Response, p. 176.
  11. Robert Hewsen, « Summit of the Earth: The Historical Geography of Bardzr Hayk », dans Richard G. Hovannisian (dir.), Armenian Karin/Erzerum, Mazda Publishers, Costa Mesa, 2003 (ISBN 9781568591513), p. 51-56, 60.
  12. « Biélorussie, Turquie : l’Union Européenne à l’heure des États pivots », sur The Conversation, (consulté le 18 avril 2019).
  13. a et b « Erzurum Archaeology Museum », sur Ministery of culture and tourism (consulté le 1er juillet 2018)

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier