Souss

Plaine du maroc

Souss

ⵙⵓⵙ

Image illustrative de l’article Souss
Agadir est considéré comme la capitale du Souss

Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Souss-Massa, Guelmim-Oued Noun
Villes principales Agadir
Inezgane
Tiznit
Tafraout
Taroudant
Ouled Teima
Massa
Aït Melloul
Biougra
Aït Baha
Sidi Ifni
Bouizakarne
Tata
Coordonnées 30° 18′ nord, 9° 20′ ouest
Superficie approximative 53 789 km2
Faune remarquable Onyx, Gazelle
Flore remarquable Arganier, Takiḍa, Amandier
Population totale 2 657 906 hab. (2014)
Régions naturelles
voisines
Drâa-Tafilalet

Le Souss (en berbère : ⵙⵓⵙ, Sus) est une région historique, culturelle et géographique du Maroc, qui constitue une partie de la région administrative de Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun. La région est connue pour l'arganier (qui est devenu un symbole du Souss) ainsi que pour être le chef-lieu de l'ethnie berbère Chleuh. Elle est aussi le berceau des dynasties Almoravides, Almohades et Saadiens ainsi que du Royaume autonome du Tazeroualt.

Il s'agit d'une région agricole commerciale et touristique majeure du Royaume. La production maraîchère, partagée entre les très grandes exploitations et les petits producteurs, participe au développement économique de la région. La plaine du Souss produit 40 % des agrumes marocains, et 60 % de la production des primeurs[1]. Elle est historiquement une étape du commerce transsaharien.

GéographieModifier

Le Souss est une région amazighophone du Sud-Ouest du Maroc, dont la capitale est Agadir.

La région déborde sur les montagnes du Haut Atlas au nord et de l'Anti Atlas au sud. Les autres villes importantes sont Inezgane, Ouled Taima, Tiznit, Tafraout, Taroudant, Taghazout, Aït Melloul, Biougra, Aït Baha, Sidi Ifni, Bouizakarne, Taliouine, Imouzzer des Ida-Outanane.

Géologie et végétationModifier

Le Souss est, géologiquement parlant, le bassin alluvial de l'Oued Souss, séparé du Sahara par les montagnes de l'Anti-Atlas.

La végétation courante est la savane dominée par l'arganier (Argania spinosa), un arbre endémique ; une partie de la région plantée d'arganiers est maintenant une réserve de biosphère de l'UNESCO qui tente de protéger cet habitat unique. Une autre espèce endémique est le Dragonnier Ajgal qui pousse surtout autour du Jebel Imzi.

HistoireModifier

 
Taroudant en 1998.

Un bassin très bien irrigué a fait du Souss l'une des régions les plus fertiles du Maroc pendant des siècles, connue depuis au moins le XIe siècle pour la culture et l'exportation du sucre. La région connut un règne indépendant des almohades sous l'égide des Ben Yedder entre 1252 et 1354[2]. L'âge d'or du Souss se situe aux alentours du XVIIe siècle pendant l'ère du royaume de Tazeroualte, quand la région entière a bénéficié de l'autonomie et a profité de l'exploitation commerciale du transport de l'or saharien et de la vente du sucre aux commerçants portugais, hollandais et anglais. Le commerce extérieur, à cette époque, se faisait à partir de la baie d'Agadir, située à 10 km au nord de l'embouchure du fleuve Souss.

AntiquitéModifier

La région était habité par des Gétules avec une communauté de Pharusiens. Elle a appartenu au Royaume de Maurétanie (Maurétanie Tingitane).

Période post-islamiqueModifier

Le Souss fut un des bastions principaux lors de la Grande Révolte Berbère. Les Berbères repoussèrent facilement les armées Ommeyades accusés de racisme envers les Berbères et ce malgré leur conversion. La région intégrera le sultanat idrisside sous le règne d'Idris II et sera administré par son fils Abd-Allah Ben Idris.[1]

 
Expansion maximale de la dynastie Almoravide

AlmoravidesModifier

Abdallah Ibn Yassin, originaire du Souss décida de partir fonder un ribat (sorte de couvent militaire) dans les îles de Tidra (actuelle Mauritanie), persuada plusieurs tribus du Souss et du Sahara et étendit sa domination par le jihad en lançant le mouvement almoravide. Les Almoravides étendirent leur domination sur une immense partie du grand Sahara (Mauritanie, Sénégal, centre et sud du Maroc, ouest de l'Algérie).

AlmohadesModifier

Ibn Tumert (en berbère : ⵓⵜⵓⵎⵔⵜ Ou-Toumert), homme religieux né dans l'anti Atlas occidental débuta le mouvement almohade à Tinmel et fut le premier à traduire le Coran en berbère. Il réussira à réunir toutes les tribus du Souss pour vaincre la dynastie almoravide avant de se lancer dans tout le Maghreb et l'Ibérie.

SaadiensModifier

Alaouites et TazeroualtModifier

Protectorat françaisModifier

 
Armée d'Ahmed El-Hiba près de Marrakech

La région du Souss sera le théâtre de plusieurs affrontements contre les forces coloniales.

Ahmed al-Hiba rassemblera les tribus du Souss après le traité de Fès pour combattre la présence française au sein de l'Empire chérifien. Un soulèvement dans le sud du Maroc a vu al-Hiba reconnu en tant que sultan par les tribus de la région de Tiznit, de Taroudant, de l'Anti-Atlas occidental, des régions de Drâa et de Dades, les Chtouka, les Ida ou Tanan, les Mesguina, et les Haouara.. Avec son armée partisane composée de Berbères du Souss et de l'Anti-Atlas ainsi que des tribus nomades du Sahara (Tekna, Ouled Dlim, Rgueybat), il entra à Marrakech le 14 août 1912 et s'y fit proclamer sultan.

ÉconomieModifier

Grâce à son emplacement au centre du Royaume, le Souss devient rapidement une zone incontournable de la logistique nationale. La région Souss-Massa est la 7e région en termes de PIB avec plus de 7 milliards d'euros soit 6,6 % du PIB marocain[3].

IndustrieModifier

Plusieurs zones industrielles sont présentes dans le Souss tel que la Zone Industrielle d'Ait Melloul, Anza, Tiznit, Sidi Bibi ou encore Tassila. Celles-ci sont concentrées dans le domaine du textile et de la transformation agro-industrielle mais la région commence à se mettre sur le segment des technologies avec la plus grande technopole d'Afrique basée à Agadir[4] et qui permettra d'améliorer la recherche scientifique et la mise en valeur des entreprises axées technologie.

CommerceModifier

Le principal port de la région est le port d'Agadir. Compte tenu de son Hinterland (arrière-pays), le port d’Agadir joue un rôle important dans le développement de l’économie régionale, et contribue au développement de l’économie nationale ; il constitue le débouché naturel des activités agroalimentaires de la plaine du Souss-Massa et de ses richesses halieutiques.

Le port d’Agadir, essentiellement dédié à la pêche dans le passé, est devenu progressivement un complexe portuaire, englobant à la fois le port de pêche, le port de commerce et le port de plaisance.

La ville d'Inezgane est réputée pour son activité commerciale. En effet, cette ville du Souss est la principale plateforme du commerce de fruits et légumes de tout le Maroc. Elle représente le deuxième pôle commercial du Maroc (après Casablanca) et approvisionne aussi en fruits et légumes plusieurs pays de l’Afrique subsaharienne ainsi que d'Europe de l'Ouest. Au départ d’Inezgane, ce sont en effet 300 à 400 tonnes de fruits et légumes par jour qui sont exportées dans l’informel vers ces marchés par camions.

ServiceModifier

La ville d'Agadir est la plus grande station balnéaire du Maroc et la deuxième destination touristique du pays après Marrakech avec plus de 5 millions de nuitées en 2019[5]. La majorité des touristes sont nationaux ou font partie de la diaspora marocaine, néanmoins les touristes et les résidents étrangers viennent nombreux, attirés par un climat doux tout au long de l'année ainsi que pour profiter des "spots" de Taghazout Bay.

AgriculturespotModifier

Le secteur agricole représente 18 % du PIB de la région. Une bonne partie des produits agricoles du Souss sont exportés en Europe de l'Ouest et en Afrique subsaharienne. Face à la raréfaction de l'eau et l’assèchement de l'eau notamment dans le bassin de Taroudant et de Chtouka, et malgré un ensemble de barrages hydrauliques dans toute la région, plusieurs usines de dessalement de l'eau de mer sont mises en place dont la plus grande au monde sera achevée à Tifnit[6].

PopulationModifier

Le Souss est habité majoritairement par des Berbères chleuhs ; hormis quelques tribus berbères arabophones, la majorité des habitants du Souss sont principalement berbérophones. Elle compte plus de 2 millions d'habitants en 2014[7] dont 57% vivent dans le milieu urbain.

On trouve aussi quelques villages arabophones. Les appellations de ces villages commencent par Oulad (fils de…). Comme Oulad-Dahou, Ou même Oulad-taïma (actuellement Oulataïma). Ces villages sont connus par Houara et les habitants Houaris.

Les habitants du Souss sont dits Ayt Sus /aït souss/ (pl. masc.) (u sus au singulier) ou Ist Sus /isst souss/ (pl. fém.) (ult sus au singulier) en tamazight.

Vie militaireModifier

Base aéronavale d'AgadirModifier

Créée en 1942 dans une enclave de la Base aérienne existante, la Base d’Aéronautique navale d’Agadir est d'abord utilisée comme plateforme de repli par les formations rescapées de la BAN Port-Lyautey après les combats qui suivent le débarquement américain du 8 novembre 1942. De 1943 à 1945, elle est principalement utilisée par l'US Navy comme base auxiliaire pour les avions patrouilleurs chargés de la protection des convois alliés contre les sous-marins allemands dans la zone des îles Canaries. En 1944, deux flottilles de l’Aéronautique navale, la 6FE et la 8FE, rejoignent Agadir pour participer à ces actions. Après la fin du conflit, elle abrite la flottille de lutte ASM 6F et l’escadrille de surveillance maritime 22S. Elle passe sous le contrôle de la Marine en 1949 et devient base école en 1950. Elle accueille l'escadrille de perfectionnement au pilotage sur multi-moteurs 55S et l'escadrille de l'École du personnel volant 56S. Pendant près de dix ans, elle forme de nombreux pilotes et  le personnel volant de toutes spécialités. Épargnée lors du séisme qui détruit la ville le 29 février 1960, elle intervient pour porter les premiers secours aux sinistrés et sert de plaque tournante pour les évacuations aériennes et l’arrivée de vivres et de matériels. Pendant les semaines qui suivent, elle accueille les victimes et leur procure hébergement, nourriture et soins médicaux. Après une reprise d'activité réduite au deuxième semestre 1960, elle est dissoute et remise aux Forces Royales marocaines en mars 1961[8].

Cité militaire d'InezganeModifier

Base aérienne de BensergaoModifier

Sites d'intérêtModifier

 
Marina d'Agadir
  • Une réserve naturelle qui tente de préserver des animaux en voie de disparition (addax, oryx, plusieurs espèces de gazelles et des autruches à cou rouge).
  • La Marina d'Agadir donne une magnifique vue sur la colline d'Agadir Oufella ainsi que sur l'océan Atlantique.
  • Le Musée Universitaire des météorites abrite la majorité des météorites retrouvés dans le Sahara.
  • Le Festival Timitar est un événement culturel annuel mettant en valeur les musiques soussi et marocaine.

Personnalités de la régionModifier

Notes et référencesModifier

  1. Mohamed Boujnikh et André Humbert, « L’eau dans le bassin du Souss : concurrences et désorganisation des systèmes paysans », Norois. Environnement, aménagement, société, no 214,‎ , p. 113–126 (ISSN 0029-182X, DOI 10.4000/norois.3178, lire en ligne, consulté le 31 mars 2019)
  2. Tawiza no 43, novembre 2000 اليماني قسوح لمحة عن تاريخ إمارة آيت يدر بسوس
  3. « Ce que pèse la région de Souss-Massa, futur pôle économique central du Maroc », sur Medias24 - Site d'information, (consulté le 6 mai 2020)
  4. LE MATIN, « Le Matin - Agadir se dotera de sa technopole en 2009 », sur Le Matin (consulté le 6 mai 2020)
  5. « Tourisme : Agadir dépasse les 5 millions d’arrivées en 2019 », sur La Vie éco, (consulté le 6 mai 2020)
  6. Antoine Boudet, « Le Maroc va accueillir la plus grande usine de dessalement au monde », sur Numerama, (consulté le 6 mai 2020)
  7. « Ce que pèse la région de Souss-Massa, futur pôle économique central du Maroc », sur Medias24 - Site d'information, (consulté le 7 mai 2020)
  8. « Base aéronavale d'Agadir (Maroc) », sur memorial-national-des-marins.fr (consulté le 10 mai 2020)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Atmane Hnaka (université Ibn Zohr), « Évolution démographique et dynamique urbaine dans la région du Souss (Sud du Maroc) », dans Migrations internes et urbanisation dans le monde arabe (séance 14 du XXVIe congrès international de la population de l'Union internationale pour l’étude scientifique de la population), Marrakech, , 14 p. (lire en ligne [PDF])