Aziz Akhannouch

homme politique marocain

Aziz Akhannouch
Ɛaziz Axennuc
Illustration.
Aziz Akhannouch en 2011.
Fonctions
Président du Rassemblement national des indépendants
En fonction depuis le
(4 ans et 13 jours)
Prédécesseur Salaheddine Mezouar
Ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts
En fonction depuis le
Monarque Mohammed VI
Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane
Saâdeddine El Othmani
Gouvernement El Othmani I et II
Législature VIIIe
IXe
Prédécesseur Lui même
Ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime
Monarque Mohammed VI
Premier ministre Abbas El Fassi
Abdelilah Benkirane
Gouvernement El Fassi
Benkiran I et II
Prédécesseur Mohand Laenser
Biographie
Nom de naissance Aziz Akhannouch
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Tafraout
Nationalité Marocaine
Parti politique Rassemblement national des indépendants
(démissionné le , ensuite élu président le )
Conjoint Salwa Idrissi
Diplômé de Université de Sherbrooke
Profession Homme d'affaires
Religion Islam

Aziz Akhannouch (en berbère : Ɛaziz Axennuc; arabe : عزيز أخنوش) est un homme politique et homme d'affaires marocain, né en 1961 à Tafraout[1]. Il est l'un des actionnaires principaux d'Akwa Group. Sa fortune personnelle est estimée à 1,9 milliard de dollars d'après le classement 2019 du magazine américain Forbes.

Il est ministre de l'Agriculture depuis 2007 et, depuis 2016, président du RNI.

Éléments personnelsModifier

OriginesModifier

Aziz Akhannouch né en 1961 à Tafraout. Son père Ahmed Oulhaj Akhennouch est originaire de Aguerd Oudad, un douar proche de Tafraout, dont les forces vives ont émigré dès les années vingt à Casablanca. Arrivé à Casablanca en 1932, Oulhaj Akhennouch ouvre un magasin où il revend du pétrole au litre. Doué d'un remarquable sens du business, il développe rapidement un réseau de distribution comptant sept échoppes, dont certaines sont confiées en gérance. ll s'engage en soutenant le mouvement indépendantiste marocain. Il défend également dans les années 1940 un mouvement populaire de boycott économique contre les français. Les autorités du protectorat le mettent en prison, brûlent ses commerces. Libéré, ses affaires périclitent. Au lendemain de l’indépendance, Oulhaj peut se refaire grâce au renvoi d’ascenseur des nationalistes.

À l'indépendance du Maroc, Oulhaj rebondit dans les hydrocarbures en créant Afriquia SMDC, en association avec Mohamed Wakrim, un homme auquel il est lié par les affaires et une origine géographique commune. Soucieux de maintenir de bonnes relations avec le pouvoir, Oulhaj fournit des bonbonnes de Gaz lors de la Marche Verte.

Le père de Aziz Akhanouch garde cependant avec des contacts avec les résistants amazigh qui ont lutté pour l'indépendance du Marc et qui font de l'opposition politique contre Hassan II. Discrètement, il continue de financer le mouvement culturel Amazigh. La mère de Akhannouch est mariée avec un proche du trésorier de Mehdi Ben Barka.

FamilleModifier

Il est marié avec la femme d'affaires Salwa Idrissi, propriétaire de la holding Aksal, et petite fille de Haj Hmad Belfqih, richissime homme d'affaires, qui a fait fortune en partenariat avec Hassan Raji, le propriétaire des thés Sultan.

Son neveu, Mohamed Akhannouch, a épousé la fille de l'ancien Ministre de l'intérieur Taïeb Cherkaoui

Il est père de 3 enfants.

FortuneModifier

Sa fortune personnelle est estimée en 2019 à 1,9 Milliards de dollars selon Forbes [2] ce qui en fait le deuxième homme le plus riche du Maroc après le Roi. Il détient via sa holding Akwa une soixantaine d'entreprises dont notamment Afriquia, Tissir Gaz, National Gaz, Ultra Gaz, Mini Brahim, Speedy, Oasis Café, Maghreb Oxygène, Nissa Min Al Maghrib, Femmes du Maroc, la Nouvelle Tribune, Le Courrier de l'Atlas et La Vie Economique.

ParcoursModifier

Jeunesse et étudesModifier

Aziz Akhannouch fait ses études primaires et secondaires dans la ville de Casablanca. Après son baccalauréat, il effectue son cursus universitaire au Canada, à l'université de Sherbrooke où il obtient un MBA en 1986[3].

Retour au MarocModifier

Aziz Akhannouch retourne au Maroc au milieu des années 1990 et s'implique dans les affaires familiales.

Après la disparition de son père à la fin des années 1980, il se retrouve à la tête d’une entreprise florissante qui attise les convoitises. Grand propriétaire de foncier à Aïn Sebaâ, il doit faire avec le gouverneur Abdelaziz Laâfora, proche de Driss Basri. Il se retrouve ainsi mis en orbite dans la galaxie du puissant Ministre de l’Intérieur de Hassan II.

Basri appuie son projet de rachat de la Samir, mais Akhannouch doit abdiquer devant la surenchère des Saoudiens qui misent trois fois plus que lui pour l’acquisition de la raffinerie. Au milieu des années 1990, il est nommé au G14, un think-tank économique créé par Hassan II.

En 1996, il investit dans le secteur des médias en rachetant Caractères, devenant ainsi le propriétaire de :

  • Femmes du Maroc
  • Maisons du Maroc
  • Nissaa Min Al Maghrib
  • La Vie économique
  • Aujourd’hui le Maroc

Il acquiert également des actions dans le journal l’Économiste.

En 1999 il entre dans le capital de Meditelecom, 2e opérateur de la place, et en devenant son premier distributeur. La même année, deux sociétés du groupe sont introduites en bourse, à savoir, Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène.

Le virage des années 2000Modifier

Au début des années 2000, il s'éloigne rapidement de Driss Basri, en disgrâce et dont l'image est fortement dégradée.

Alors que ce dernier fait la une de la presse avec ses déclarations chocs depuis Paris, son journal La Vie éco ne parlera jamais du cas Basri. Soucieux de se rendre utile, il introduit ses connaissances d’extrême-gauche aux conseillers du Roi.

Il est élu président du Conseil de la région Souss-Massa-Drâa en 2003.

Il rachète en 2005 Somepi, une entreprise concurrente d'Afriquia SMDC pour 1 milliard de dirhams (93 millions d’euros), financé en grande partie par Attijariwafa, filiale de la holding royale SNI. En 2006, il entre au capital du journal La Nouvelle Tribune.

Ministre (2007-2019)Modifier

Gouvernement Abbas El FassiModifier

En 2007, sous Abbas El Fassi, il est nommé Ministre de l'Agriculture et de la Pêche par le roi Mohammed VI.

Dès sa première année au ministère, en 2008, il annonce le lancement du plan Maroc Vert.

Gouvernement BenkiraneModifier

Suites aux manifestations du Printemps Arabe en 2011, le roi annonce une modification de la constitution. La constitution l'oblige désormais à nommer comme Chef du Gouvernement le leader du premier parti politique arrivé aux législatives.

Aziz Akhannouch soutient publiquement Salaheddine Mezouar qui, comme président du RNI, appelle à une coalition de tous les partis politiques contre le PJD, ce qui n’empêchera pas le PJD de remporter les législatives de 2011.

En 2012, sous le Gouvernement Benkirane, il est renommé par le roi Mohammed VI comme ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime. Il annonce alors que il quitte le RNI. Le 23 août 2013, en plus de son portefeuille ministériel de l'agriculture, il est nommé par le chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, Ministre de l'Économie et des Finances par intérim, en remplacement de Nizar Baraka, démissionnaire du gouvernement Benkirane et est nommé par le Mohammed VI à la tête du Conseil économique, social et environnemental.

Gouvernement El OthmaniModifier

Lors des élections législatives de 2016, le PJD renforce son score, devenant le premier parti politique marocain en obtenant 125 sièges contre 37 sièges pour le RNI.

La campagne est marquée par des tensions. Alors que il était Ministre Apolitique nommé par le Roi, Akhanouch annonce au lendemain de l'annonce des résultats, qu'il revient au Rassemblement National des Indépendants. En moins d'un mois, il est élu par consensus avec plus de 95% des voix. Abdelilah Benkirane, leader du PJD, ne parvient pas à former un gouvernement, en raison de Akhannouch qui exige l'obtention de plusieurs Ministères clés.

Après plus de 5 mois sans gouvernement, Abdelilah Benkirane est limogé par le Roi et remplacé par Saadeddine El Othmani. Soucieux d'éviter de nouvelles tensions avec le Palais, El Othmani accepte immédiatement les demandes de Akhannouch, qui est renommé Ministre. Son portefeuille est cette fois élargi et il est désormais chargé de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts.

En février 2020, Aziz Akhannouch est chargé par le Roi Mohammed VI de la stratégie de développement agricole du royaume jusqu'en 2030. Ce nouveau plan, du nom de " Génération Green " prend la suite du Plan Maroc Vert[4].

En mars 2020, via sa société Afriquia, filiale du groupe Akwa, il participe à hauteur d'un milliard de dirhams au Fonds de gestion de la pandémie du Coronavirus fondé à l'appel du Roi Mohammed VI[5].

PolémiquesModifier

Relations avec la presseModifier

Propriétaire de nombreux journaux, il est réputé extrêmement soucieux de son image. Si d'autres grandes fortunes comme Moulay Hafid El Alamy sont réputées accepter les enquêtes ou les critiques sans réagir[6], les relations d'Aziz Akhannouch avec la presse marocaine sont plus tendues.

Chaque année, le Ministère de l'Agriculture achète plusieurs millions de dirhams de publicité massive dans tous les journaux du pays [7]. Si jamais un journal se permet de critiquer Akhannouch, ou de critiquer son plan Maroc Vert, il se voit immédiatement couper les publicités et également les publicités de la holding Akwa[7].

En 2017, il attaque en justice 3 journalistes du site d'information Badil pour l'avoir critiqué. Il exige qu'ils lui versent 1 million de dirhams[8].

Boycott de 2018Modifier

Au printemps 2018, le Maroc est secoué par un mouvement de boycott lancé contre Danone, Sidi Ali et Afriquia. Ces 3 marques, leaders sur trois produits de base – eau, lait et carburant –, sont accusées par la population de pratiquer des prix très élevés. Le mouvement est extrêmement suivi, entraînant des réactions de la part du gouvernement [9],[10],[11].

Selon le journaliste Abdellah Tourabi :« En réalité, peu importe qui est à l’origine du mouvement. L’important, c’est pourquoi cette dynamique, “nous les petites gens et les classes moyennes contre eux les puissants”, a pris une telle ampleur. » [12]

Fin novembre 2018, le Roi réagit en nommant les Membres du Conseil de la Concurrence [13].

Propos polémiquesModifier

En décembre 2019, lors d’un meeting à Milan auprès des Marocains vivant en Italie, il déclare : « Qui veut [vivre] au Maroc doit respecter sa devise et sa démocratie. Les insultes ne nous feront pas avancer. Et excusez-moi, mais ce n’est pas la justice qui doit faire ce travail. […] Nous devons rééduquer les Marocains qui manquent d’éducation »[14].

Ces propos déclenchent de vives réactions ainsi qu’un appel au boycott de ses entreprises[14].

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. TelQuel, « Parcours : Les success stories du Souss » (consulté le 30 septembre 2011)
  2. « Aziz Akhannouch & family », sur Forbes, 12/18/19
  3. « Aziz Akhannouch quitte le RNI », sur La Vie Eco,
  4. « Le modèle agricole marocain, un exemple à suivre », sur La Tribune (consulté le 26 mars 2020)
  5. « Coronavirus : Bank of Africa et Afriquia font don chacun de 1 MMDH au Fonds », Medias24,‎ (lire en ligne)
  6. Aicha Akalay, « Billion Dollar Baby », sur TelQuel,
  7. a et b « Maroc : Aziz Akhannouch, le magnat qui bouscule la politique », sur The Middle East Eye,
  8. « Akhannouch porte contre 3 journalistes marocains », sur Yabiladi,
  9. (en) « Morocco’s biggest businesses hit by online boycott campaign », sur The Financial Times
  10. « Maroc : le boycott aura coûté 178 millions d’euros à Danone – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 19 février 2020)
  11. Théa Ollivier, « Au Maroc, un boycott surprise contre la vie chère », sur Libération.fr, (consulté le 19 février 2020)
  12. Bozonnet Charlotte, « Au Maroc, le boycott qui dérange les autorités », sur Le Monde,
  13. El Mehdi Berrada, « Maroc : les dossiers qui attendent Driss Guerraoui, nouveau président du Conseil de la concurrence », sur Jeune Afrique,
  14. a et b « "Il faut rééduquer les Marocains" : les propos d’Akhannouch suscitent l'indignation », sur Telquel.ma (consulté le 13 février 2020)

BibliographieModifier

  • « Les 50 personnalités qui font le Maroc : Aziz Akhannouch. 48 ans, PDG d'Akwa Group et ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime », Jeune Afrique, nos 2545-2546,‎ , p. 41