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Années de plomb

page d'homonymie de Wikimedia

Le chrononyme « années de plomb » est employé dans plusieurs pays pour désigner des périodes de l'histoire contemporaine marquées par la violence politique.

Cette expression, notamment employée en Italie[1],[2],[3], trouve son origine dans le film de Margarethe von Trotta Les Années de plomb (Die bleierne Zeit), qui raconte l'histoire d'une membre de la Fraction armée rouge. Le film a été distribué en Italie sous le titre Anni di piombo, ce qui a popularisé cette expression pour désigner les années postérieures à 1968 — principalement la décennie 1970 — marquées par la radicalisation des mouvements d'extrême gauche et d'extrême droite, et par de nombreuses affaires de terrorisme[4].

Sommaire

EuropeModifier

En Europe, les années de plomb désignent une période allant grossièrement de la fin des années 1960 à la fin des années 1980.

AmériqueModifier

États-UnisModifier

Aux États-Unis, des groupes tels que les Weathermen ou l'Armée de libération symbionaise (SLA) participeront à des attentats contre des cibles variées, rejoignant ainsi les pratiques de propagande par le fait adoptées par une minorité du mouvement anarchiste à la fin du XIXe siècle.

Amérique latineModifier

  • Brésil : avec la « dictature civile-militaire » qui a sévi durant 20 ans de 1964 à 1984, à partir d'un coup d'État (1964), appuyée sur la pratique de la torture et un phénomène de « disparus politiques »[5].

AfriqueModifier

NigériaModifier

Au Nigéria, sous plusieurs régimes, une répression féroce s'installait à chaque fois ponctuée par des coups d'État successifs. À la fin des années 1990, le général Abacha exerça un pouvoir très fort, ce qui lui a valu le surnom du « meilleur dictateur de cette fin de siècle ».[réf. nécessaire]

GuinéeModifier

En Guinée sous le règne de Sékou Touré, la théorie du complot était omniprésente. Certaines personnes apprenaient qu'elles allaient être arrêtées par le biais de la radio. De nombreux Guinéens choisirent l'exil.

MarocModifier

Article détaillé : Années de plomb (Maroc).

Période historique du Maroc contemporain marquée par la répression des opposants politiques sous le règne d'Hassan II. Au cours de cette période, le peuple marocain s'est révolté à plusieurs reprises contre le régime de Hassan II, notamment dans les grandes villes (Casablanca, Fès, Rabat…), réclamant plus de démocratie, ou dans le Rif qui a connu de violentes émeutes. Parmi les romans et témoignages d'anciens prisonniers de Tazmamart, terrible bagne du Sud marocain, on peut citer :

  • Cellule no 10 d'Ahmed Marzouki (Paris-Méditerranée) ;
  • Tazmamort d'Aziz Binebine (Denoël) ;
  • Années de plomb : Chronique d'une famille marocaine de Sietske de Boer (Le Fennec).

AsieModifier

JaponModifier

Au Japon, de nombreux mouvements de violence ont pu être observés dans les années 1970 et 80. On retiendra surtout le massacre de l'aéroport de Lod du perpétré par l'Armée rouge japonaise avec l'aide du FPLP, faisant 26 morts et 80 blessés ainsi que l'attentat à la bombe du contre la société Mitsubishi revendiqué par le Front armé anti-japonais d’Asie du Sud qui lui aura fait 8 morts et 376 blessés.

ChronologieModifier

Jean-Paul Sartre, Croissant, Me Leclerc, et Alain Geismar[6];

Notes et référencesModifier

  1. Carmela Lettieri, « L’Italie et ses Années de plomb. Usages sociaux et significations politiques d’une dénomination temporelle », Mots. Les langages du politique no 87, 2008, p. 43-55.
  2. Guido Panvini Claude Sophie Mazéas, « Terrorisme noir et terrorisme rouge durant les années de plomb : la guerre n'aura pas lieu », Mémoires/Histoire no 1, 2010, p. 50-63.
  3. Franck Laffaille, « Législation antiterroriste et « état d’exception ». L’État de droit italien à l’épreuve des Années de Plomb », Revue internationale de droit comparé, vol. 62 no 3, 2010, p. 653-683 (résumé).
  4. Carmela Lettieri, « L’Italie et ses Années de plomb. Usages sociaux et significations politiques d’une dénomination temporelle », Mots, les langages du politique, ENS Éditions, no 87, 2008, p. 43-55, ici p. 43-44. Article en ligne.
  5. Benito Bisso-Schmidt, « « Années de plomb » : la bataille des mémoires sur la dictature civile-militaire au Brésil », Cahiers d'histoire (compte rendu d'un séminaire EHESS) Revue d'histoire critique no 99, 2006, p. 85-102.
  6. a b c d e f g h i j k et l "LA VIOLENCE POLITIQUE AU PRISME DU GENRE À TRAVERS LA PRESSE FRANÇAISE (1970-1994) THÈSE DE DOCTORAT de Fanny Bugnon [1]
  7. "Libération, la biographie" par Jean GUISNEL - 2012
  8. a et b Gilles Ferragu, Histoire du terrorisme, Paris, Éditions Perrin, , 488 p. (ISBN 9782262033460, OCLC 876675343, notice BnF no FRBNF43796820), p. 236.
  9. Michaël Prazan, Les Fanatiques : Histoire de l'armée rouge japonaise, Seuil, coll. « L'épreuve des faits », , 302 p. (ISBN 2-0204-8686-5), p. 81.
  10. a b c d e et f [PDF] Bruce Allen Scharlau, Left-wing terrorism in the federal republic of Germany, université de Saint Andrews.
  11. (ja) Agence nationale de la police du Japon, « 国際化目立つ警備事象 » [« Événements à l'international »],‎ (consulté le 16 juillet 2017).
  12. "Chronologies of Modern Terrorism", par Barry Rubin, et Judith Colp Rubin, Editions Routledge, 2015
  13. Barthélemy Courmont, Géopolitique du Japon, Perpignan, Éditions Artège, coll. « Initiation à la géopolitique », , 264 p. (ISBN 9782916053967, OCLC 697467489), p. 174-175.
  14. a b c et d Interview par Jean-Noël Jeanneney de Laurent Martin, spécialiste de l’histoire des médias dans l’émission Concordances des temps, du 25 novembre 2006 [2]

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier


BibliographieModifier

  • Zakya Daoud, Maroc : les années de plomb, 1958-1988 : chroniques d'une résistance, Éditions Manucius, 2007.
  • Sandrine Lefranc & Daniel Mouchard, « Réconcilier, réprimer : les « années de plomb » en Italie et les transitions démocratiques dans le cône sud latino-américain », Cultures & conflits no 40, 2001, p. 63-89.
  • Carmela Lettieri, « L’Italie et ses Années de plomb. Usages sociaux et significations politiques d’une dénomination temporelle », Mots. Les langages du politique no 87, 2008, p. 43-55.
  • Mario Mieli, Éléments de critique homosexuelle : Italie, les années de plomb, M. Prearo (Éd.), EPEL, 2008.
  • Guido Panvini & Claude Sophie Mazéas, « Terrorisme noir et terrorisme rouge durant les années de plomb : la guerre n'aura pas lieu », Mémoires/Histoire no 1, 2010, p. 50-63 (http://www.cairn.info/l-italie-des-annees-de-plomb--9782746713833-page-50.htm résumé]).
  • Diana Quattrocchi-Woisson, « Autour des années de plomb ; Le débat », Mémoire du XXe siècle, 2002, (via CAIRN.info).
  • Isabelle Sommier, « « Les années de plomb » : un passé qui ne passe pas », Mouvements no 3, 2003, p. 196-202.
  • Isabelle Sommier, « Repentir et dissociation : la fin des « années de plomb » en Italie ? », Cultures & Conflits no 40, 2000.
  • Frédéric Vairel, « Le Maroc des années de plomb : équité et réconciliation ? », Politique africaine vol. 96 no 4, 2004, p. 181-195 (résumé).
  • Sophi Wahnich « L'amnistie des années de plomb vue de France (2002-2009) », Mémoires/Histoire no 1, 2010, p. 339-353.